Johan Rudolf Thorbecke

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Johan Rudolf Thorbecke
Image illustrative de l'article Johan Rudolf Thorbecke
Fonctions
3e, 10e et 14e Président du Conseil des ministres des Pays-Bas
Monarque Guillaume III
Prédécesseur Jacobus Mattheüs de Kempenaer
Successeur Floris Adriaan van Hall
Monarque Guillaume III
Prédécesseur Jacob van Zuylen van Nijevelt
Successeur Isaäc Dignus Fransen van de Putte
Monarque Guillaume III
Prédécesseur Pieter Philip van Bosse
Successeur Gerrit de Vries
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Zwolle
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Drapeau : Pays-Bas La Haye
Nationalité néerlandaise
Parti politique Indépendant
Conjoint Adelheid Solger
Diplômé de Université de Leyde
Profession juriste
Religion Luthéranisme

Signature

Johan Rudolf Thorbecke
Chefs du gouvernement des Pays-Bas

Johan Rudolf Thorbecke, né le 14 janvier 1798 à Zwolle, mort le 4 juin 1872 à La Haye, est un homme politique néerlandais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de lettres gréco-latines à Amsterdam et à Leyde, Thorbecke a passé quatre ans en Allemagne, où il a rencontré bon nombre de professeurs et d'écrivains. Ces années ont exercé une profonde influence sur lui : il s'est vivement intéressé à la philosophie allemande, et spécialement à la philosophie de l'histoire.

Il ne pouvait s'imaginer d'autre avenir que celui de professeur de philosophie, mais aux Pays-Bas on redoutait quelque peu ces influences allemandes, et ce n'est qu'en 1825 qu'il obtint une chaire à l'université de Gand, mais c'était celle des sciences politiques et diplomatiques.

En raison de l'insurrection belge de 1830, il dut s'enfuir et quitter sa chaire; un an après, il fut nommé à l'université de Leyde. C'est là qu'il est devenu spécialiste des constitutions (historiques et internationales). Peu à peu, il s'est mis à critiquer la constitution des Pays-Bas d'alors. Il publia ses « Notes sur la constitution » (Aanteekening op de Grondwet), livre important qui le fit connaître d'un plus grand public, et c'est à partir de ce temps que certains commencèrent à voir en lui un leader de l'opposition dite « libérale ».

Ses débuts politiques[modifier | modifier le code]

Un an plus tard, en 1840, il fut élu au parlement, non pas en professionnel: il continuait à exercer sa fonction de professeur. En 1844, il proposait avec huit autres membres du parlement une réforme constitutionnelle, mais cette proposition fut rejetée par une grande majorité.

En 1848, le roi Guillaume II, voyant dans les pays voisins des révoltes et des insurrections, comprit qu'il fallait faire quelque chose pour éviter de pareils troubles aux Pays-Bas. Il nomma un comité chargé d'écrire une nouvelle constitution. Le président du comité était Thorbecke, et la constitution proposée fut en grande partie son œuvre.

Avec quelques modifications, cette constitution fut acceptée par le parlement (sans grand enthousiasme d'ailleurs). Elle était révolutionnaire à son tour en ce qu'elle introduisait des élections directes, la liberté des cultes (ce qui a mis fin à la discrimination des catholiques), la responsabilité ministérielle, et en ce qu'elle réduisait considérablement le pouvoir du roi.

À partir de 1849, Thorbecke a été chef de trois gouvernements ; son activité législative a été prodigieuse, et son influence a été durable.

Développement intellectuel[modifier | modifier le code]

Blason famille Thorbecke

À travers sa riche correspondance, on peut suivre son développement intellectuel. Jeune garçon, il ne peut voir en Napoléon Ier qu'un tyran, et il a la Révolution française en horreur. Plus tard, il en reconnaîtra les conséquences bénéfiques ; il ne la verra plus comme une aberration de l'histoire, mais comme en faisant partie intégrante.

Sa famille était d'origine allemande et luthérienne (une minorité aux Pays-Bas). Il a pu élargir son horizon intellectuel, d'abord à Leyde, puis pendant son voyage à travers l'Allemagne, et ensuite pendant son séjour à Gand, où pour la première fois de sa vie il vécut en terre catholique.

Il a toujours eu des lectures historiques très vastes et variées, mais il suivait également de près les développements de la politique internationale. C'est ainsi qu'il pouvait prendre ses distances par rapport à ce qui était considéré comme normal aux Pays-Bas, et voir ce qui était nécessaire en matière de législation pour faire du royaume des Pays-Bas une monarchie constitutionnelle moderne.

Liens externes[modifier | modifier le code]