Parti politique réformé

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Parti politique réformé
(nl) Staatkundig Gereformeerde Partij
Image illustrative de l'article Parti politique réformé
Logo officiel
Présentation
Chef politique Kees van der Staaij
Fondation 24 avril 1918
Siège Gouda
Président Maarten van Leeuwen (nl)
Positionnement Droite à extrême droite
Idéologie Droite chrétienne
conservatisme social
euroscepticisme modéré
théocratie
Couleurs Bleu et orange
Site web Inactif le dimanche http://www.sgp.nl/ Inactif le dimanche
Présidents de groupe
Eerste Kamer Gerrit Holdijk
Seconde Chambre Kees van der Staaij
Parlement européen Syed Kamall (ECR)
Représentation
Sénateurs
1 / 75
Députés
3 / 150
Députés européens
1 / 25

Le Parti politique réformé (en néerlandais : Staatkundig Gereformeerde Partij, abrégé en SGP) est un parti politique néerlandais fondamentaliste chrétien protestant. Le terme « réformé » ne se réfère pas à la réforme politique, c'est ici un synonyme de calvinisme. Après avoir fait partie du groupe parlementaire eurosceptique Europe libertés démocratie, il rejoint le groupe des Conservateurs et réformistes européens en juin 2014.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le parti a été créé en 1918 sous l'impulsion du pasteur Gerrit Hendrik Kersten. Depuis 1922 jusqu'à aujourd'hui, le SGP a été représenté sans discontinuer dans la seconde Chambre des États généraux néerlandaise (Tweede Kamer van de Staten-Generaal), d'abord avec un député, et depuis 1925 avec 2 ou 3. C'est le seul des partis néerlandais créés avant la Seconde Guerre mondiale qui existe encore sous cette dénomination en 2013.

Dans les années 1920, il proposait à chaque débat annuel sur le budget la suppression de la nonciature apostolique aux Pays-Bas. Un autre parti protestant, pourtant allié au parti catholique au sein du gouvernement, votait en faveur de cette proposition, sans qu'elle aboutisse, jusqu'au jour où, dans le but de faire tomber la coalition gouvernementale, les libéraux et les sociaux-démocrates l'appuyèrent, provoquant effectivement cette chute. Cet événement est dénommé par les historiens la « nuit de Kersten ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kersten a dénoncé la résistance contre les nazis, sous prétexte qu'ils avaient été envoyés par Dieu en punition pour la désacralisation du dimanche. En 1941, il refusa également de signer une protestation de l'assemblée des églises néerlandaises contre la persécution des Juifs. Il aurait toutefois aidé la résistance à évacuer des Juifs de Rotterdam vers des refuges en Hollande du Sud. Cet acte humanitaire ne lui fut pas crédité à la fin de la guerre et il fut déchu de son mandat de parlementaire et du droit de se représenter aux législatives. Il mourut trois ans plus tard, après avoir consacré la fin de sa vie à l'écriture d'ouvrages théologiques.

Relations avec les autres partis[modifier | modifier le code]

Lors des discussions pour former une coalition gouvernementale après les élections de 2003, le CDA (parti démocrate-chrétien), vainqueur des élections, souhaitait étendre la coalition à l'Union chrétienne (un parti chrétien plus modéré sur le plan religieux et plutôt progressiste sur le plan socio-économique) et au SGP, mais les libéraux du VVD refusèrent cette option, surtout en raison de la position de ce parti envers les droits des femmes[1].

Même l'Union chrétienne a pris ses distances vis-à-vis du SGP, son leader avait déjà déclaré en 2002 que « Si le SGP ne modifie pas sa position concernant les femmes sur les listes électorales communes formées avec l'Union chrétienne (CU), ce dernier parti suspendra toute forme d'association aux prochaines élections municipales »[1].

Le SGP a connu des dissensions internes à ce sujet, notamment pendant la préparation des élections municipales de mars 2006, le SGP exigeant une fois de plus des listes sans femmes dans les communes où les deux petits partis protestants ne présentaient qu'une seule liste. Un bourgmestre, un échevin et des conseillers communaux du SGP ont rendu leur carte du parti pour protester contre cette attitude en décembre 2005[2]. Après ces élections communales, le leader de ChristenUnie a déclaré que "Je constate que dans les communes où nous nous étions associés au SGP nous n’avons pas progressé", alors que dans quelques communes où le SGP avait rompu avec la ChristenUnie parce qu’elle avait placé une femme sur sa liste, la ChristenUnie avait bel et bien progressé[3].

En septembre 2006, le maire SGP de Soest, Arie Noordergraaf, qui figurait en cinquième position, a été retiré de la liste de son parti aux élections législatives pour avoir affirmé à plusieurs reprises que les femmes devaient pouvoir devenir bourgmestres ou échevines[4].

Financement public[modifier | modifier le code]

SGP-jongeren.JPG

Depuis plusieurs années, des plaintes ont été déposées contre le SGP par des femmes estimant inconstitutionnelle et contraire aux traités internationaux signés par les Pays-Bas le refus de ce parti d'admettre des femmes comme membres à part entière, et a fortiori de les présenter comme candidates. Le 13 novembre 2003, l'Institut Clara Wichmann, qui a pour objectif l'émancipation de la femme, a officiellement porté plainte pour discrimination à l'égard des femmes contre le parti réformé constitutionnel SGP. L'Institut a également porté plainte contre l'État néerlandais, parce que le parti bénéficie d'une subvention publique.

En septembre 2005, le tribunal de La Haye a condamné le SGP sur base de la Convention sur les droits politiques de la femme du 31 mars 1953, précisant dans le jugement que "L’État n’a rien fait pour mettre fin à la discrimination des femmes par le SGP, il l’a au contraire soutenu en lui versant des subventions" (le SGP reçoit de l’État environ 800,000 euro par an). Le ministre de l’Intérieur a fait appel contre cette décision, mais en attendant le jugement en appel il a été obligé de mettre fin à la subvention de 800,000 euros par an, à partir du 1er janvier 2006.

Le 5 décembre 2007, le Conseil d'État a donné raison au SGP, forçant le gouvernement à verser la subvention (avec effet rétroactif): "Le Conseil d'État estime que la Convention internationale des femmes ne donne pas aux femmes le droit d'être membres de tous les partis politiques néerlandais. Elle contraint seulement les États à faire en sorte que les femmes puissent participer au processus démocratique. Il y a aux Pays-Bas suffisamment d'autres partis 'du spectre politique' auxquels les femmes peuvent s'inscrire. Le fait que le SGP n'admette pas que des femmes se portent candidates pour le parti ne porte donc pas atteinte au vote passif des femmes aux Pays-Bas. Les femmes qui souhaitent propager la philosophie du SGP peuvent aussi fonder leur propre parti." [1].

En février 2010, le quotidien chrétien progressiste Trouw titrait "Le SGP va écarter les femmes avec un truc – Les élues cèderont la place à un homme"[5].

Le 9 avril 2010, la Cour suprême des Pays-Bas (Hoge Raad) a décidé, dans le cadre d'un pourvoi en cassation faisant suite à la plainte de 2003, que l'État devait "prendre des mesures pour obliger le SGP à ne pas traiter les femmes différemment des hommes", notamment en ce qui concerne le droit de vote dans les instances internes. Cette décision est fondée sur la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes[6].

Principes et point de vue de SGP[modifier | modifier le code]

Principes[modifier | modifier le code]

Le programme du parti a été fondé en suivant la Bible. Selon le SGP, les mots de la Bible doivent être pris au pied de la lettre. Le parti a pour objectif une théocratie, car il croit que Dieu doit conduire le pays.

Plateforme[modifier | modifier le code]

La plateforme de son programme électoral d'élection en 2002 était:

  • mariage et famille
  • protection de la vie
  • soin des malades et des infirmes
  • sûreté

Points de vue controversés[modifier | modifier le code]

  • Le SGP a pour objectif l'établissement d'une théocratie aux Pays-Bas [7].
  • Le SGP veut interdire le travail des femmes.
  • Le SGP est opposé au droit de vote des femmes et refuse donc qu'elles deviennent membres du parti à part entière[1].
  • Le SGP est opposé à l'homosexualité. Il veut interdire par conséquent que des homosexuels puissent se marier et qu'ils puissent adopter des enfants.
  • Le SGP est un défenseur de la peine de mort.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Elections législatives[modifier | modifier le code]

Résultats du SGP aux élections législatives de 2003
Année Sièges Rang Tête de liste
1922
1 / 100
9e Gerrit Kersten
1925
2 / 100
8e
1929
3 / 100
7e
1933
3 / 100
8e
1937
2 / 100
10e
1946
2 / 100
7e Pieter Zandt

Zandt, Pieter - SFA002008862.jpg

1948
2 / 100
7e
1952
2 / 100
8e
1956
3 / 150
7e
1959
3 / 150
7e
1963
3 / 150
8e Cornelis van Dis

Dis, C.N. van - SFA002019219.jpg

1967
3 / 150
10e
1971
3 / 150
9e Hette Abma

Ds-hg-abma.jpg

1972
3 / 150
10e
1977
3 / 150
5e
1981
3 / 150
7e Henk van Rossum Fractievoorzitters Van Rossum (SGP) - NL-HaNA Anefo 932-3202 WM466.jpg
1982
3 / 150
6e
1986
3 / 150
5e Bas van der Vlies Bas van der Vlies (1986).jpg
1989
3 / 150
6e
1994
2 / 150
9e
1998
3 / 150
8e
2002
2 / 150
9e
2003
2 / 150
5e
2006
2 / 150
11e
2010
2 / 150
9e Kees van der Staaij

Kees van der Staaij.jpg

2012
3 / 150
9e

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Affiche du SGP et de la CU lors des européennes de 2014 : Collaboration oui. Super-Etat non.
Année Voix Sièges Rang Groupe
1979 2,2 %
0 / 25
5e
1984[8] 5,2 %
1 / 25
5e NI
1989[8] 5,9 %
1 / 25
6e NI
1994[9] 7,8 %
1 / 31
5e EN/I-EN
1999[10] 8,7 %
1 / 31
5e EDD
2004[11] 5,9 %
1 / 27
7e ID
2009[11] 6,8 %
1 / 25
8e ELD
2014[11] 6,8 %
1 / 26
8e ECR

Communes[modifier | modifier le code]

Le SGP compte actuellement (2007) 5 bourgmestres, 40 échevins et 256 conseillers communaux dans 107 communes. Aux dernières élections municipales (mars 2006), les listes communes SGP/ChristenUnie ont obtenu plus de 50 % des voix dans quatre communes, les listes purement SGP dans six communes, toutes en province de Gueldre, où le SGP compte 3 élus sur les 53 du conseil provincial. Aux élections provinciales de mars 2007, le SGP a obtenu 13 sièges sur 564. Outre celles gérées par lui seul ou avec ChristenUnie, le SGP participe à des coalitions avec les sociaux-démocrates et/ou les libéraux dans certaines municipalités, y imposant par exemple le maintien de la fermeture des commerces le dimanche.

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Le Staatkundige Gereformeerd Partij (SGP), l'exclusion politique des femmes et le financement des partis » (consulté le 2007-12-16)
  2. « Presse néerlandaise du mardi 13 décembre 2005 », Ambassade de France à La Haye (consulté le 2007-12-16)
  3. « Presse néerlandaise du vendredi 10 mars 2006 », Ambassade de France à La Haye (consulté le 2007-12-16)
  4. « Presse néerlandaise du mardi 26 septembre 2006 », Ambassade de France à La Haye (consulté le 2007-12-16)
  5. Revue de la presse néerlandaise du lundi 8 février 2010, Ambassade de France à La Haye
  6. (nl) SGP moet vrouwen meer rechten geven, Trouw, 9 avril 2010
  7. « Le Staatkundige Gereformeerd Partij (SGP), parti fondamentaliste protestant, traduction du programme du parti concernant l'établissement d'une théocratie » (consulté le 2007-12-16)
  8. a et b Liste commune avec la Ligue politique réformée et la Fédération politique réformatrice, qui n'ont pas obtenu de siège
  9. Liste commune avec la Ligue politique réformée et la Fédération politique réformatrice, la seconde ayant obtenu un siège
  10. Liste commune avec la Ligue politique réformée et la Fédération politique réformatrice qui ont chacune obtenu un siège
  11. a, b et c Liste commune avec la CU qui a elle obtenu un siège