Dryas récent

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Le Dryas récent ou Dryas III est l'ultime oscillation froide du Tardiglaciaire. S'étendant approximativement de 12.700 à 11.700 ans avant le présent, il précède le Préboréal (début de l'Holocène).

Le Dryas récent est marqué par une avancée de certains glaciers[1],[2], par une importante chute de la température moyenne de 7 °C dans l'hémisphère Nord et une chute maximale de 10 °C au Groenland. Il est enregistré dans les sédiments, les carottes glaciaires et les dépôts de pollens fossiles des tourbières. Au sein de ces dernières, il est marqué par l'abondance de pollen de Dryas octopetala qui lui a donné son nom. Le Dryas récent est suivi d'une remontée importante des températures.

Courbes de températures reconstituées à partir de carottes de glace prélevées sur les forages de Vostok (tracé bleu) et d'Epica (tracé noir) en Antarctique et du forage GRIP (tracé rouge), dans le Groenland, qui montrent l'importance de l'événement du Dryas récent dans l'hémisphère nord

Étymologie, synonymes[modifier | modifier le code]

Le Dryas doit son nom à la Dryas octopetala, plante de la toundra et de la flore alpine, car le pollen fossile de cette plante est particulièrement abondant dans les couches de sédiments ou de tourbe qui se sont accumulées à cette époque.

En Irlande, la période est connue en tant que « stade Nahanagan », alors qu'au Royaume-Uni elle est appelée « stade de Loch Lomond ».

Causes[modifier | modifier le code]

Ce refroidissement pourrait être dû, conjointement ou non, à :

  • une modification des courants de l'océan Atlantique qui auraient cessé de convoyer de l'eau réchauffée de l'équateur vers l'Europe. L'hypothèse est appuyée par de nombreux indices, en particulier par la débâcle du lac Agassiz de fonte de l'inlandsis canadien, mais est pour partie contredite par les taux reconstitués de 14C dans l’atmosphère : le taux de 14C a augmenté au début du Dryas récent, mais a diminué bien avant le réchauffement de l'Atlantique-Nord ;
  • une diminution de l'activité solaire, qui selon certains chercheurs s'accompagne d'une diminution des taches solaires et se traduit par une production plus importante de 14C dans l’atmosphère et par suite dans les sédiments. Un autre isotope considéré comme marqueur climatique est produit dans l'atmosphère dans ce cas, le 10Be (Béryllium 10) ; il a effectivement été retrouvé dans les carottes de glaces, produit de manière anormalement irrégulière au cours de la dernière période glaciaire[3]. Une modélisation laisse penser qu'une modification des courants a aussi eu lieu ; la diminution de l'activité solaire ne pourrait expliquer à elle seule le refroidissement qui a affecté l'hémisphère nord pendant le Dryas[4].
  • des émissions intenses d'aérosols et de cendres volcaniques[5].
  • l'arrivée des êtres humains en Amérique du Nord et du Sud et la disparition concomitante de la mégafaune qui produisait de grandes quantités de méthane, a entrainé la diminution du méthane atmosphérique et donc de l'effet de serre[6].
  • une météorite.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Cette période de glaciation brutale a servi de modèle scientifique au film Le jour d'après.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ballantyne C. K., 1989, « The Loch Lomond readvance on the isle of Skye, Scotland glacier reconstruction and palaeoclimatic implications » (= Nouvelle avancée des glaciers pendant le stade Loch Lomond sur l'île de Skye, en Écosse : reconstitution des glaciers et implications paléoclimatiques), Journal of Quaternary Science, vol. 4, n° 2, pp. 95-108 ISSN:0267-8179.
  2. Benn, D. I. et Ballantyne, C. K., 2005, « Palaeoclimatic reconstruction from Loch Lomond Readvance glaciers in the West Drumochter Hills, Scotland », Journal of Quaternary Science, vol. 20, pp. 577-592. ISSN 0267-8179.
  3. Finkel R.C., Nishiizumi K., 1997, « Beryllium 10 concentrations in the Greenland ice sheet project 2 ice core from 3– 40 ka », Journal of Geophysical Research, 102, 26, 699–26 706.
  4. « Pourquoi un soudain retour du froid à la fin de la dernière période glaciaire ? » (EAWAG news 58)
  5. Long, D. et Morton A. C., 1987, « An ash fall within the Loch Lomond Stadial » (= Une pluie de cendre pendant le stade du Loch Lomond), Journal of Quaternary Science, vol. 2, n° 2, pp. 97-101, ISSN:0267-8179.
  6. voir les articles de Felisa A. Smith.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]