Aubette (Strasbourg)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aubette.
Aubette
Strasbourg Aubette février 2014.jpg
Présentation
Style
Architecte
Statut patrimonial
Logo monument historique Classé MH (1929, façade sur place, toitures)
Logo monument historique Classé MH (1985, ancien ciné-dancing, escalier central aile droite)
Logo monument historique Classé MH (1989, salle des Fêtes, foyer-bar)
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
Localisation
Coordonnées
Localisation sur la carte de Strasbourg
voir sur la carte de Strasbourg
Red pog.svg

Le bâtiment de l'Aubette de Strasbourg est un long immeuble de facture classique, fermant la face nord de la place Kléber, la place centrale de Strasbourg. Ancien bâtiment militaire puis centre de loisirs, il fut construit de 1765 à 1778.

Le bâtiment de l'Aubette est pendant un siècle à destination militaire : il est prévu pour abriter des logements et un corps de garde. Son nom correspond sans doute à l'un des sens anciens du mot aubette (abri). On dit aussi qu'il viendrait du mot aube, car c'était à l'aube qu'on y donnait le mot d'ordre.

L'Aubette est classé monument historique depuis 1929, ainsi qu'en 1985 et 1989[1].

Un élément d'un vaste projet d'embellissement[modifier | modifier le code]

Ce bâtiment faisait partie du projet de place d'Armes élaboré par Jacques-François Blondel, architecte du roi, dans le cadre d'un plan directeur destiné à moderniser et embellir la cité.

À cet effet, Blondel prévoit de régulariser l'espace de la place en accentuant sa forme en fer-à-cheval. Les deux côtés, au nord et au sud, sont infléchis avec des façades construites uniformément sur le modèle du bâtiment militaire de l'Aubette. À l'ouest, un arc de cercle, prévu à l'origine pour une salle de spectacles, est réservé pour une vaste auberge, la future Maison rouge.

La conjoncture pré-révolutionnaire et le manque de finances entraveront ce programme ambitieux, qui ne sera concrétisé qu'avec le bâtiment de l'Aubette.

Au XIXe siècle, l'Aubette abrite le bureau de l'état-major et un café-concert au premier étage. Celui-ci cède sa place en 1869 au musée municipal de peinture et de sculpture.

Reconstruction et nouvelle destination[modifier | modifier le code]

L'incendie de l'Aubette dans la nuit du 24 août 1870 (Émile Schweitzer)

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, les troupes allemandes font le siège de la ville et la bombardent. Le 24 août 1870, l'Aubette et son musée sont victimes d'un violent incendie, qui ne laissera subsister que la façade.
L'architecte officiel de la Ville de Strasbourg, Jean Geoffroy Conrath, dirige la reconstruction à partir de 1873 et conserve cette façade tout en y apposant des ajouts sculptés et réalise un nouveau toit en ardoise à comble brisé, tout à fait étranger au projet de Blondel. La façade est alors ornée de médaillons représentant les portraits de musiciens célèbres (Mozart, Haendel, Gluck, Mendelssohn...) La reconstruction est achevée en 1877.

Le bâtiment abrite alors au rez-de-chaussée des boutiques et au premier étage le conservatoire de musique ainsi qu'une grande salle de concert.

Un monument de l'avant-garde des années 1920[modifier | modifier le code]

En 1922, les frères Paul et André Horn, concessionnaires de l'aile droite du bâtiment, projettent d'y installer un vaste complexe où s'imbriqueraient restauration et loisirs, avec une dizaine de salles comprenant notamment un bar américain, un caveau-dancing, un restaurant, une salle de billard, un ciné-bal, une salle des fêtes et un foyer-bar.

La conception est confiée à Theo van Doesburg, en collaboration avec Jean Arp et son épouse, Sophie Taeuber-Arp. Ils mettent alors entre 1926 et 1928 en pratique les théories du mouvement néerlandais De Stijl, alors en vogue en Europe, sur la conception de l'espace et de la décoration.

Sur le plan artistique, l'Aubette abritait l'un des programmes les plus ambitieux réalisé par l'avant-garde des années 1920, au point que les commentateurs les plus enthousiastes qualifient alors le bâtiment de « chapelle Sixtine de l'art moderne ».

Une redécouverte tardive[modifier | modifier le code]

En 1938, les frères Horn cessent d'être gérants et leur successeur décide de masquer les décorations défraîchies et dont l'aspect avant-gardiste n'avait pas suscité l'adhésion populaire des strasbourgeois. Elles sont redécouvertes dans les années 1970 et classées monuments historiques en 1985 (ciné-dancing et escalier d'accès au premier étage) et 1989 (foyer-bar et salle des fêtes)[1].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

La restauration de la salle de ciné-bal s'effectue de 1985 à 1994. De 2004 à 2006, une seconde campagne de restauration permet de remettre à neuf l'escalier d'accès au premier étage, la salle des fêtes et le foyer-bar.

L'aile gauche du bâtiment, indépendante du complexe de loisirs, a été transformée en un espace commercial, qui a ouvert ses portes en septembre 2008.

Visites[modifier | modifier le code]

L'aubette se visite gratuitement du mercredi au samedi de 14h à 18h. Les jeudis et vendredis matin pour les scolaires sur inscription auprès du Service éducatif des Musées[2].

Photos[modifier | modifier le code]







Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00085014 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Aubette 1928 », sur musees.strasbourg.eu (consulté le 22 janvier 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Guigon, Hans van der Werf, Mariet Willinge (dir.), L'Aubette : ou la couleur dans l'architecture : une œuvre de Hans Arp, Sophie Taeuber-Arp, Théo van Doesburg, Musées de Strasbourg, Strasbourg, 2006, 221 p.
  • Marie-Christine Périllon, « La résurrection du Ciné-bal : l'Aubette hisse les couleurs », in Strasbourg magazine, 1993, no 34

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :