Minerve (S647)

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Minerve
Image illustrative de l'article Minerve (S647)
La Minerve en escale à Bergen en 1962.

Histoire
A servi dans Forces sous-marines
Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Statut Coule le 27 janvier 1968 au large de Toulon
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin d'attaque de la classe Daphné
Longueur 57,75 m
Maître-bau 6,74 m
Tirant d'air 5,25 m
Déplacement 869 t en surface
1 043 t en plongée
Propulsion 2 moteurs diesel SEMT Pielstick-Jeumont-Schneider Type 12 développant 603 cv (450 kW) chacun (en surface)
2 moteurs électriques développant 1 000 cv (746 kW) chacun (en plongée)
2 hélices
Vitesse 12 nœuds (22 km/h) en surface
8 nœuds (15 km/h) au snorkel
16 nœuds (30 km/h) en plongée
Profondeur 300 m
Caractéristiques militaires
Armement 12 tubes lance-torpilles de 550 mm (8 à l'avant, 4 à l'arrière)
20 torpilles ou missiles
Rayon d'action 10 000 milles marins (18 520 km) à 7 nœuds (13 km/h) en surface
Autres caractéristiques
Électronique Radar DRUA 31
Sonar DUUA 2B
Sonar passif DSUV 2
Télémètre acoustique DUUX
Détecteur radar ARUR 10B
Équipage 6 officiers, 17 officiers mariniers, 27 quartiers maîtres et matelots
Indicatif S647
Localisation

La Minerve (indicatif visuel S647) est un sous-marin d'attaque à propulsion diesel-électrique français de la classe Daphné (800 tonnes, dit « à hautes performances »). Il coule au large de Toulon le 27 janvier 1968.

La Minerve est l'un des quatre sous-marins à avoir mystérieusement disparu en 1968 ; les autres étant le sous-marin israélien INS Dakar, le sous-marin américain USS Scorpion et le sous-marin soviétique K-129.

La Minerve[modifier | modifier le code]

Construction et mise en service[modifier | modifier le code]

La Minerve fait partie de la classe de sous-marins français de classe Daphné, comptant 11 sous-marins construits pendant les années 1950 et années 1960 pour les forces sous-marines de la Marine nationale. Mis sur cale en mai 1958 par les chantiers Dubigeon à Nantes, il est baptisé le 30 mai 1960 et mis à flot le 19 juin 1962. Entré en service actif le 10 juin 1964, il est affecté à la première escadrille des sous-marins et ne naviguera que dans les eaux de la Méditerranée.

Disparition[modifier | modifier le code]

Le 27 janvier 1968, la Minerve disparait corps et biens au large du cap Sicié avec 52 marins à son bord. Après avoir débarqué l'officier d'entrainement suite à une semaine de stage de mise en condition opérationnelle suivant la prise de commandement du lieutenant de vaisseau Fauve, le sous-marin faisait route dans le secteur T-65 afin d'effectuer des exercices avec un avion de patrouille maritime Breguet Atlantic. À environ 8 heures du matin, navigant a priori au schnorchel à environ 25 nautiques de la base de Toulon, il informe l'avion d'accompagnement qu'il serait à son poste d'amarrage dans une heure environ. Ce fut le dernier message reçu et on ne vit plus le sous-marin qui a coulé par des fonds entre 1 000 et 2 000 mètres de profondeur

Recherches de l'épave[modifier | modifier le code]

L'épave ne sera jamais retrouvée malgré trois campagnes de recherche. La première immédiatement après le naufrage, la seconde un an plus tard et la troisième après la disparition de l’Eurydice en 1970 en utilisant les moyens mis en œuvre pour retrouver l'épave de ce second sous-marin. De ce fait, la cause de l'avarie qui causa la perte de la Minerve n'a jamais été élucidée. Le seul facteur connu est que la météo était très mauvaise à ce moment. Néanmoins, le sismographe de Nice a enregistré une onde de choc au large de Toulon, pouvant être la résultante de l'implosion de la coque. L'endroit exact du naufrage reste inconnu, au moment de la perte du contact radio, l'avion situait le sous-marin en dehors du secteur T-65 et dans le sud-est de celui-ci.

Les premières opérations de recherche débutèrent le dimanche 28 janvier vers h 30, le commandement de celles-ci étant assuré par un contre-amiral à bord de l'escorteur d'escadre Cassard. Les échantillons d'hydrocarbures prélevés en mer ne purent être identifiés comme appartenant au sous-marin. La campagne REMINER (« REcherche MINERve ») se déroula entre septembre 1968 et octobre 1969 à l'aide du bâtiment hydrographe La Recherche et du bathyscaphe Archimède mais ne permettra pas de localiser l'épave. Une autre opération eut lieu en 1970 en utilisant un traîneau sous-marin baptisé « troïka » mais se soldera par un échec.

Dans les années 1980, une épave disloquée a été repérée dans le secteur 65 par des moyens magnétiques américains et photographiée, mais elle n'a pu être formellement identifiée.

Cérémonie d'hommage[modifier | modifier le code]

Lors de la cérémonie d'hommage en présence du général Charles de Gaulle, le 9 février 1968, celui-ci effectua une plongée symbolique à bord de l’Euridyce qui devait disparaître dans les mêmes circonstances deux ans plus tard. Le général confiera au ministre des armées Pierre Messmer qu'il voulait à cette occasion discuter directement avec des marins pour comprendre ce qui s'était passé. Dans ses mémoires le fils du général, Philippe de Gaulle, indique que son père porta pendant un mois un brassard noir au bras gauche en signe de deuil.

Le capitaine de vaisseau Philipe Bouillot a indiqué plus tard que le nouveau commandant de la Minerve, le lieutenant de vaisseau André Fauve avait plus de 7 000 heures en plongée durant ces quatre dernières années à bord de ce type de sous-marin et n'avait jamais rencontré de problème.

L'équipage[modifier | modifier le code]

Officiers[modifier | modifier le code]

Commandant 
Lieutenant de vaisseau André Fauve
Officier en second 
Lieutenant de vaisseau Jean Agnus
Lieutenants de vaisseau 
Bernard Gadonnet, Patrice Cailliau
Enseignes de vaisseau 
Jean-Louis Renard, Alain Jean dit Prugnaud

Officiers mariniers[modifier | modifier le code]

Premiers maîtres 
Bernard Doré, Richard Rich
Maîtres 
Robert Cléren, Michel Dannay, Francis Le Blois, Auguste Le Mens, Daniel Pottier
Seconds maîtres 
Jules Descamps, Bernard Allix, Claude Saussaye, Daniel Nass, Michel Obrenovittch, Jean-Pierre Naudin, Maurice Guicherd, Jacques Malarne, Nicolas Migliaccio

Quartiers-maîtres et matelots[modifier | modifier le code]

Quartiers-maîtres 
Jean-Claude Bulher, Raymond Dumont, Dominique Faure, Jean-François Fort, Serge Gomez, Alain Guérin, Bernard Hélies, Bernard Helmer, Gérard Lambert, Gilbert Leporq, Daniel Leprête, François Meunier, Jean-Luc Moal, Jean-Marc Mouton, Christian Nicolas, Gilles Plottin, Guy Ropart, Daniel Schultz, Roger Teyssandier, Michel Vaugelade, Jacques Vigneron.
Matelots 
Edmond Rabussier, Michel Paillard, Pierre Ampen, Jacques Priard, Claude Goutorbe, Marcel Coustal, Alain Michel, Patrick Messiaen, Maurice Loichet.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Ouvrage : Accidents des sous-marins français 1945-1983 par Georges Kévorkian (2006 - Marines-éditions)