Rade de Toulon

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Vue satellite de l'ouest de la rade
La petite rade vue depuis le mont Faron

La rade de Toulon est une grande rade située sur la côte française de la Méditerranée. Elle abrite aujourd'hui le port civil et militaire de Toulon mais a été utilisée depuis l'Antiquité par les navires grecs puis romains.

43° 05′ 37″ N 5° 55′ 53″ E / 43.09361, 5.93139

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La rade est fermée à l'est par la presqu'île de Giens et au sud par celle de St-Mandrier qui la séparent de la pleine mer, elle se divise en une grande rade (appelée rade des Vignettes) à l'est et une petite rade à l'ouest, contigüe entre Toulon, La Seyne-sur-Mer et Saint-Mandrier-sur-Mer. Elle est séparée de l'Arrière-pays varois au nord par les Monts toulonnais; dans l'ordre, d'ouest en est : le Baou des Quatre Oures - "Colline des quatre vents" en provençal - 576 m, le mont Caume - 804 m, le mont Faron - 584 m, le mont Coudon - 702 m. Ces sommets protègent la rade, de par les diverses fortifications militaires qui y ont été installées pour prévenir des attaques maritimes et par le peu de passages qu'offre le relief escarpé ; passages qui sont par ailleurs également défendus par des fortifications.

La grande et la petite rade[modifier | modifier le code]

La grande et la petite rade sont séparées par une digue réalisée au XIXe siècle par les ingénieurs de la Marine du Roy de France et par les bagnards de Toulon. Dans la petite rade, on trouve l'arsenal militaire et le port de commerce de Toulon, ainsi que la base des écoles de plongée de la marine nationale de Saint-Mandrier, diverses fortifications telles que la Tour royale ou le fort Balaguier, une base scientifique de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER) à La Seyne-sur-Mer, des parcs de pisciculture et le site de Tamaris qui fut une station balnéaire à la mode dès le XIXe siècle, lancée par Michel Pacha et fréquentée entre autres par George Sand et Frédéric Chopin[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

La petite rade de Toulon vue de Saint-Mandrier-sur-Mer au petit matin
La ville de Toulon et le port en 1756, par Joseph Vernet.

Plusieurs communes ont une façade maritime ouverte sur la rade. Elles font toutes parties de la Communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée. D'ouest en est, on retrouve :

  • Saint-Mandrier-sur-Mer (sa façade maritime nord)
  • La Seyne-sur-Mer (sa façade maritime est)
  • Ollioules (sa façade maritime sud sur 150 m environ)
  • Toulon (son unique façade maritime, orientée vers le sud)
  • La Garde (son unique façade maritime, orientée vers le sud)
  • Le Pradet (façade maritime orientée sud et ouest puis de nouveau sud après le cap de Carqueiranne)

Au-delà du cap de Carqueiranne s'ouvre le golfe de Giens, pouvant être quelquefois considéré comme une extension de la rade de Toulon et appartenant au territoire de deux communes également membres de la TPM :

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Deux fleuves côtiers se jettent dans la rade :

  • L'Eygoutier, petite rivière de 15 kilomètres, se jette dans la grande rade près du fort Saint-Louis après sa traversée de Toulon,
  • Le Las, petit fleuve côtier de 8 kilomètres se jette dans le port militaire de l’arsenal.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'escadre de Toulon lors de manœuvres dans la rade en 1777.

La Rade de Toulon s'est formée il y a 8000 ans, lorsque la remontée du niveau des mers consécutive à la fin des glaciations a envahi la large vallée séparant les pentes du mont Faron de celles de Saint Mandrier (estuaire du Las). Pendant l'Antiquité, une pêcherie de Murex (pour l'extraction du pourpre) fonctionnait à l'embouchure de l'Eygoutier. Petit-à-petit, ce qui n'était qu'une escale est devenu un port, nommé Telo Martius. L'histoire de la rade est ainsi étroitement liée à l'histoire de Toulon et à celle de son port militaire, établi ici par les rois de France. Elle fut choisie pour sa position géographique, abritée des éléments et permettant de disposer une défense militaire efficace et sur 360°. C'est dans cette rade que les trois pionniers français de la plongée : Philippe Tailliez, Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas surnommés depuis 1975 « les trois mousquemers », ont commencé leurs carrières et expérimenté leurs premiers engins sousmarins.

La protection de la rade[modifier | modifier le code]

C'est après l'annexion du royaume de Provence au royaume de France en 1481 que Toulon a acquis une place importante dans le système de défense maritime français. Le roi Louis XII fit construire à l'est de la rade la première défense fortifiée de cette dernière, la Tour royale, en 1514. En 1636, Richelieu compléta ce dispositif au sud-ouest avec l'édification du fort Balaguier qui pouvait croiser le feu avec la tour et assurer la protection de la Petite rade.

La création d'un grand port militaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Port militaire de Toulon.

Sous le règne de Louis XIV la rade de Toulon est devenue un grand port militaire et les travaux entrepris à partir de 1679 par Vauban vont changer sa physionomie.

Plusieurs forts furent construits pour la protéger : le fort Saint-Louis et le fort de l'Éguillette. La rade fut le théâtre militaire d'affrontements entre la France et différents belligérants au fil des siècles ; par exemple, au cours du siège de Toulon en 1793 ou lors du sabordage de la flotte française en 1942.

C'est dans cette rade que les trois pionniers français de la plongée, Philippe Tailliez, Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas surnommés depuis 1975 les trois mousquemers, ont commencé leur carrière et expérimenté leurs premiers engins.

Activités[modifier | modifier le code]

Le port de commerce de Toulon est le premier port français pour la desserte de la Corse. En 2009, plus d'un million de passagers ont embarqué vers diverses destinations méditerranéennes ; la ville enregistre aujourd'hui 65 % du trafic à destination de la Corse, ceci dû à la présence depuis 2001 de la compagnie maritime Corsica Ferries, qui a supplanté la SNCM. Une autre compagnie, Grimaldi Ferries, assure aussi une liaison maritime régulière à destination de Rome. La ville accueille également, occasionnellement, des navires de croisière ainsi que des navires militaires de pays alliés[2].

Les divers ports de la rade continuent d'abriter de petites flottes de navires de pêche de faible tonnage, mais la majorité de leurs places à quai sont désormais occupées par des navires de plaisance, des voiliers et yachts de luxe en escale. Des navires scientifiques de l'Ifremer, ainsi qu'une partie des activités de France Télécom Marine, sont également implantés à La Seyne-sur-Mer[3].

La rade est aussi un site touristique privilégié de l'aire urbaine toulonnaise qu'il est possible de visiter en bateau de tourisme[4].

Vue panoramique de la rade de Toulon vue depuis le Mont-Faron.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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