K-129

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К-129
Image illustrative de l'article K-129
Le K-129 (no  coque 722) en surface.

Autres noms B-103
Histoire
A servi dans Flotte du Pacifique
Naval Ensign of the Soviet Union.svg Marine soviétique
Commandé 26 janvier 1954
Quille posée 15 mars 1958[1]
Lancement 16 mai 1959[1]
Armé 6 mai ou 31 décembre 1959[1]
Statut Coule le 8 mars 1968
Partiellement renfloué grâce au Projet Jennifer (1974)
Caractéristiques techniques
Type SNLE du projet 629A
classe Golf-II
Longueur 98,9 m
Maître-bau 8,2 m
Tirant d'eau 8,5 m
Déplacement 2 820 tonnes (en surface)
3 553 t (en plongée)
Propulsion 3 moteurs diesel 37D (2 000 cv)
1 moteur électrique PG-102 (2 700 cv), 2 moteurs électriques PG-101 (1 350 cv)
1 moteur électrique silencieux PG-104 (140 cv)
3 lignes d'arbre
3 hélices à 6 pales[2]
Vitesse 17 nœuds (31 km/h) (surface)
30 nœuds (56 km/h) (plongée)
Profondeur 260 m (opérationnelle)
300 m (maxi.)
Caractéristiques militaires
Armement Système d'armes D-4
3 missiles R-21 4K55 (portée 1 400 km
6 tubes lance-torpilles (4 à l'avant, 2 à l'arrière)
6 torpilles type SET, 53-58[2]
Rayon d'action Carburant normal (370 t) :
  • 4 750 milles à 14 nœuds
  • 16 500 milles sur moteurs latéraux à 8,6 nœuds

Carburant en surcharge (563 t) :

  • 7 100 milles à 14 nœuds
  • 24 800 milles sur moteurs latéraux à 8,6 nœuds[2]
Autres caractéristiques
Équipage 83 personnes
Chantier naval no 402 Severodvinsk ou no 199 Komsomolsk-sur-l'Amour[3]
Port d'attache Rybatchi (base navale de Vilioutchinsk)
Localisation
Coordonnées 38° 05′ N 178° 57′ E / 38.08333333, 178.9538° 05′ Nord 178° 57′ Est / 38.08333333, 178.95  

Géolocalisation sur la carte : océan Pacifique

(Voir situation sur carte : océan Pacifique)
К-129
К-129

Le K-129 (en russe : К-129, anciennement B-103, Б-103) est un sous-marin lanceur d'engins soviétique du Projet 629A (en) (Code OTAN classe Golf-II) à propulsion diesel-électique (en). Il faisait partie de la flotte soviétique du Pacifique, l'un des 6 sous-marins du Projet 629 attaché au 15e escadron sous-marin basé à Rybatchi (maintenant base navale de Vilioutchinsk) au Kamtchatka.

Le K-129 sombre le 8 mars 1968 dans l'océan Pacifique, légèrement à l'ouest de la ligne de changement de date — coordonnées : 38° 05′ N 178° 57′ E / 38.083, 178.9538° 05′ N 178° 57′ E / 38.083, 178.95. Il s'agit de l'une des quatre disparitions mystérieuses de sous-marins en 1968 ; les autres étant le sous-marin israélien INS Dakar, le sous-marin français Minerve et le sous-marin américain USS Scorpion. La Marine soviétique déploie une importante flottille à sa recherche, sans parvenir à retrouver l'épave. Les États-Unis essayeront de renflouer le bâtiment en 1974 au cours d'une opération connue sous le nom de code Projet Azorian ou Projet Jennifer. Le sous-marin se trouvait à une profondeur de 4 800 m et aucune tentative de renflouage n'avait été réalisée à une telle profondeur. La CIA organise cette opération grâce à un navire construit sous couvert de procéder à l'exploitation minière de nodules de manganèse.

Service[modifier | modifier le code]

Vue de côté d'un sous-marin du projet 629A

Le K-129 est commandé le 26 janvier 1954, sa quille est posée le 15 mars 1958 au chantier navale no 402 de la Sevmash à Severodvinsk. Il est mis à l'eau le 16 mai 1959 et entre en service le 31 décembre de la même année sous le nom de « B-103 »[1].

En 1960, il est affecté à la 123e brigade de la 40e division de sous-marins de flotte du Pacifique, stationnée à Vladivostok. Le 1er juin, la brigade est subordonnée à la 10e division de sous-marins de la flotte du Pacifique. Le 16 juin, il est reclassé « croiseur sous-marin » et renommé K-129[1].

En juillet 1961, il est affecté à la 29e division de la 15e escadre de sous-marins de flotte du Pacifique. En IPER entre le 4 mars 1964 et le 10 avril 1967, il est modifié en projet 629A. Le 30 mai 1967, il est réadmis au service actif[1].

En janvier 1968, le 15e escadron sous-marin faisait partie de la 29e division de missiles balistiques à Rybatchi, commandée par l'amiral Viktor A. Dygalo. Le commandant du K-129 est alors le capitaine de 1er rang V.I. Kobzar. Le K-129 porte alors le numéro de coque 722 lors de sa dernière mission.

L'accident[modifier | modifier le code]

Le K-129, après avoir mené en 1967 deux patrouilles opérationnelles de 70 jours armé de missiles balistiques, est chargé d'une troisième patrouille à compter du 24 février 1968 alors qu'il venait juste de rentrer au port. Cette patrouille est alors prévue pour s'achever le 5 mai 1968. Le bâtiment est alors armé de trois missiles nucléaires. Le 24 février, au moment du départ, le K-129 plonge pour atteindre sa profondeur de croisière, effectue un test de plongée, avant de remonter à la surface afin de signaler par signal radio que tout était normal à bord et qu'il allait procéder à sa patrouille. Aucune autre communication ne sera émise par le K-129, alors qu'il aurait dû procéder à deux points radio prévues lorsque le sous-marin traverserait le 180e méridien et quand il arriverait sur sa zone de patrouille.

À la mi-mars, le commandement de la Flotte soviétique du Pacifique basé sur la péninsule du Kamtchatka commence à s'inquiéter alors que le K-129 avait manqué deux points radio consécutif. Dans un premier temps, des messages sont envoyés par des bâtiments de la flotte à destination du K-129 afin de l'inviter à rompre le silence radio et de contacter le quartier-général. Par la suite, des communications plus urgentes resteront également sans réponse. Les autorités navales soviétiques déclarent le K-129 « disparu » au cours de la troisième semaine du mois de mars 1968 et lance une opération de recherche et de sauvetage aérienne, maritime et sous-marine dans le Pacifique Nord à partir du Kamtchatka et de Vladivostok.

Ce déploiement soviétique inhabituel dans le Pacifique est analysé par les services de renseignement américains comme une réaction probable à la perte d'un sous-marin. Le réseau américain d'écoutes sonar SOSUS (Naval Facilities Engineering Command) dans le Pacifique Nord est alerté et il lui est demandé d'examiner les enregistrements acoustiques récentes pour identifier tout signal sonore indiquant un naufrage. Plusieurs microphones du SOSUS avaient enregistré, le 8 mars 1968, un événement possiblement lié au naufrage et les analystes de l'US Navy parviennent grâce à la triangulation à déterminer le site probable de l'épave. Une source a caractérisé le signal acoustique que « un son isolé, unique, caractéristique d'une explosion ou d'une implosion, “un important bang” »[4]. Le signal acoustique analysé proviendrait d'un point situé vers 40° Nord et 180° Est[4].

Les opérations de recherche soviétiques, ne disposant pas de l'équivalent du système américain SOSUS, se révèlent incapables de retrouver K-129, et l'activité navale soviétique dans le Pacifique Nord revient à la normale. Le K-129 sera alors déclaré « perdu corps et biens ».

Les services de renseignement américains parviendront plus tard à localiser précisément l'épave du K-129, à la photographier in situ à 16 000 pieds (4 877 m) de profondeur et (quelques années plus tard) à la renflouer partiellement.

La récupération[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet Jennifer.

L'épave du K-129 est identifiée par l’USS Halibut au nord-ouest d’Oahu à une profondeur d’environ 16 000 pieds (4 877 m) au début du mois d’août 1968. Elle est étudiée en détail au cours des trois semaines suivantes par le Halibut qui prend de 20 000 photos de l’épave et peut-être plus tard aussi par le bathyscaphe Trieste II. Représentant une occasion unique de récupérer un missile nucléaire soviétique R-21 (SS-N-5 Serb) à l'insu de l'Union soviétique, l’épave du K-129 retient l'attention des autorités américaines. Le président Nixon autorise une tentative de récupération de l’épave après s’être entretenu avec le Secrétaire de la Défense. Pour assurer le succès de la tentative de renflouage, celle-ci est organisée de manière clandestine et secrète et l’opération est confiée à la CIA, plutôt qu’à l’US Navy. Le Hughes Glomar Explorer est conçu et construit sous contrat de la CIA dans le seul but d'effectuer la récupération clandestine du K-129. L'opération, connue sous le nom de code Projet Azorian ou Projet Jennifer, sera l'une des plus secrètes et des plus chères de la guerre froide.

Fuites organisée dans les médias[modifier | modifier le code]

Seymour Hersh du New York Times découvre certains détails de Projet Jennifer en 1974, mais il est invité à ne pas publier les informations dont il dispose par le directeur de la CIA, William Colby . En février 1975, plusieurs mois après l'opération de renflouement, le Los Angeles Times publie une brève relatant l'opération de la CIA, ce qui a conduit le New York Times pour publier l'histoire de Hersh, à son tour. Jack Anderson dévoilera cette histoire sur une chaîne de télévision nationale en mars 1975[5]. Les médias ont surnommé cette opération « projet Jennifer », ce qui se révèle être incorrect, puisque en 2010 des documents déclassifiés révèlent que le projet Jennifer ne faisait référence qu’à un système de sécurité visant à compartimenter les données au sein du projet Azorian[5].

La raison d’être officielle de l’Hughes Glomar Explorer était l’exploitation minière de nodules de manganèse présents sur le plancher océanique. Une fois que les objectifs réels du projet Azorian aient été divulgués par la presse, les autorités soviétiques découvrent finalement ce qui était arrivé. Selon un compte rendu, rédigé en juillet-août 1974, le Hughes Glomar Explorer n’a été en mesure de remonter que la partie avant de l'épave du K-129. En effet, alors que l’épave était remontée, un dysfonctionnement est survenu dans le système de levage et la partie centrale et arrière du sous-marin sont retombées au fond de l'océan. Ces parties du K-129 n’ont donc pas été récupérées et gisent toujours au fond de l’océan. La nature exacte des éléments récupérés est toujours classée NOFORN ou Top Secret, mais les Soviétiques ont supposé que les États-Unis avaient récupéré les missiles à ogives nucléaires, des manuels d'exploitation, des livres de code et des systèmes de codage. Une autre source (non officielle) affirme que les États-Unis ont récupéré la partie avant, qui contenait deux torpilles nucléaires[6]:111, mais sans les systèmes de codage ni les livres de code[7].

Les États-Unis annonceront que, dans la section qui avait été récupérée, se trouvaient les corps de six hommes[8]. En raison de contamination radioactive, les corps ont été immergés en mer un caisson en acier le 4 septembre 1974 avec les honneurs militaires à 90 milles marins (167 km) au sud-ouest d’Hawaï[6]. L’enregistrement vidéo de cette cérémonie a été remis à la Russie par le directeur américain de la CIA Robert Gates lors de sa visite à Moscou en octobre 1992[6]:359.

La perpétuation du secret et les objections officielles à une divulgation complète[modifier | modifier le code]

Le renflouage du K-129 est déclarée officiellement être un échec, n’ayant permis la récupération d'une quantité de pièces insignifiantes. La CIA fait valoir au cours d’un procès dans le cadre de la Freedom of Information Act que le projet devait être gardé secret parce que « toute reconnaissance officielle de la participation des agences du gouvernement américain reviendrait à divulguer la nature et le but du programme (en) »[9]. À ce jour les fichiers, les photos, les enregistrements vidéo et autres preuves documentaires restent inaccessibles au public. Quelques images ont été diffusées dans un documentaire 2010 montrant l’épave du K-129 : la proue, le kiosque et le compartiment des missiles apparaissent fortement endommagés avec un seul tube lance-missile fixé à la structure.

Localisation précise[modifier | modifier le code]

Lieu du naufrage (croix rouge)

La localisation précise de l'épave est maintenue secrète par les services de renseignements américains. Cependant, le Dr John P. Craven (en) indique que celle-ci se trouve à proximité du 40° Nord et du 180° méridien. Les documents de la CIA révèlent qu'il a coulé à « 1 560 milles au nord-ouest d'Hawaï », et que le Hughes Glomar Explorer a dû parcourir 3 008 milles depuis Long Beach (Californie), pour atteindre le site du naufrage. L'Agence internationale à l'énergie atomique affirme que deux ogives nucléaires du K-129 avaient été localisées dans l'océan Pacifique à 1 230 milles du Kamtchatka aux coordonnées géographiques 40°6'N 179°57'E, à une profondeur de 6 000 m, et les considère comme ayant été récupérés[10],[11]. Ces trois distances pointent à un point de coordonnées 38° 05′ N 178° 57′ E / 38.083, 178.95, qui se trouve proche de 600 milles marins (1 111,2 km) au nord de l'atoll Midway. La CIA donne une profondeur de 16 440 à 16 500 pieds[5].

Les causes du naufrage[modifier | modifier le code]

La thèse officielle soviétique est que le K-129, naviguant au schnorchel, serait descendu en dessous de sa profondeur opérationnelle. Cette erreur, combinée avec une défaillance technique ou une réaction fautive de l'équipage, peut provoquer une entrée d'eau suffisante pour couler le navire[12].

Cette version officielle a cependant été mise en doute par des ouvrages parus au début des années 2000 et quatre théories alternatives ont été émises :

  1. une explosion de l'hydrogène des batteries durant leur charge ;
  2. une collision avec le sous-marin américain USS Swordfish ;
  3. l'explosion d'un missile causée par la fuite de la trappe du silo de lancement ;
  4. l'explosion d'un missile suite à une tentative de tir non autorisé.

Il a été rapporté que 40 des 98 membres d'équipages étaient nouveaux sur le K-129 lors de cette mission. La thèse officielle et la première théorie s'accorderaient bien avec ce fait, s'il est vrai[6].

Explosion d'hydrogène[modifier | modifier le code]

Les batteries au plomb dégagent de l'hydrogène pendant leur charge. Cela induit un risque d'explosion si ce gaz n'est pas correctement évacué. Ce risque est connu depuis très longtemps et les sous-mariniers appliquent des procédures pour diminuer voire complètement faire disparaître tout risque d'explosion. Cette explication de l'accident est la moins probable.

John P. Craven, ancien responsable scientifique du Bureau des projets spéciaux (Special Projects Office) de l'US Navy et ancien responsable des programmes DSSP et DSRV, déclare :

« Je n'ai jamais vu ou entendu parler d'un désastre impliquant un sous-marin qui n'ai pas été accompagné par l'idée que l'explosion d'une batterie en ait été à l'origine. […] Des enquêteurs naïfs, en examinant les dégâts dans des compartiments de batterie, avancent invariablement la thèse de l'explosion de batteries pour expliquer le naufrage jusqu'à ce qu'ils apprennent que toute batterie complètement chargée exposée soudainement à l'eau de mer va exploser. C'est une conséquence inévitable d'un naufrage mais cela n'en est presque jamais la cause[4]:215. »

Au moins un sous-marin américain, l'USS Cochino a été perdu au large de la Norvège en 1949 suite à une explosion d'hydrogène dans le compartiment des batteries. La plupart des membres de l'équipage du Cochino ont pu être sauvés et les causes de son naufrage sont donc connues[13].

Collision avec l’USS Swordfish[modifier | modifier le code]

La surveillance des sous-marins soviétiques lanceurs d’engins par les sous-marins d’attaque de l’US Navy était une pratique courante pendant la guerre froide. Les sous-marins soviétiques étaient pris en chasse à la sortie de leurs ports d’attache et suivis au cours de leurs missions dans l’océan Pacifique Nord ou dans l’Atlantique Nord[14].

La théorie de la collision avec un sous-marin américain est défendue (à titre privé) par de nombreux anciens officiers de la Marine soviétique [15] mais cette théorie est officiellement rejetée par l’US Navy. Selon les registres de l’US Navy, l’USS Swordfish fait bien escale à le 17 mars 1968 à la base navale de Yokosuka au Japon avec un périscope tordu, peu après la disparition du K-129, et fera l’objet de réparations en urgence. D’après ces mêmes registres, le périscope a été endommagé alors que le bâtiment faisait surface et qu’il est entré en contact avec un iceberg pendant une opération secrète menée en mer du Japon.

La saisie de l’USS Pueblo par le gouvernement de Corée du Nord avait eu lieu en mer du Japon le 23 janvier 1968, et la réponse de l’US Navy à cet incident comprenait le déploiement et le maintien de forces navales dans la zone, sur la côte orientale du la Corée du Nord.

En réponse aux interrogations soviétiques visant à déterminer si le K-129 avait été perdu suite aux dégâts causés par une collision avec un sous-marin américain, l’ambassadeur Malcolm Toon déclarera devant une délégation russe pendant une réunion au Kremlin en août 1993 :

« À ma demande, les services de renseignement de l’US Navy ont recherché dans tous les journaux de bord des sous-marins actif en 1968. Il en résulte que, notre directeur du renseignement naval a conclu qu’aucun sous-marin américain ne se trouvait à moins de 300 milles marins (556 km) de votre sous-marin au moment de son naufrage[16]:262. »

Un article publié en 2000 confirme que la suspicion des Russes et leur préférence pour la piste de la collision demeurent intactes :

« Aussi récemment qu'en 1999, les responsables gouvernementaux russes se sont plaints que Washington couvrait son implication [dans le naufrage du K-129]. L'un d'entre eux a accusé les Américains d'agir comme un « criminel qui avait été identifié et dont la culpabilité doit à présent être prouvée », selon les notes d'un participant américain lors d'une réunion sur le sujet en novembre 1999[17]. »

Une photo du Swordfish le 17 mars 1968 amarré à quai au Japon, publiée par un journal japonais, permet de distinguer un périscope tordu et une bosse au niveau du kiosque. Une collision suffisamment puissante pour rompre la coque externe d'un autre sous-marin aurait considérablement endommagé la voile[18].

Un rapport non confirmé affirme que le K-129 avait été suivi depuis sa base de Petropavlovsk-Kamtchatski par l'USS Barb, qui était alors en mission de renseignement au large de la capitale du Kamtchatka. L'USS Barb, selon ce même rapport, avait reçu l'ordre d'attaquer le K-129 dans l'éventualité où ce dernier se préparait à un tir de missile. Le rapport affirme que l'USS Barb aurait été témoin du naufrage du K-129 mais qu'il n'y était pas impliqué[18]

Explosion d'un missile suite à une fuite de la trappe du silo de lancement[modifier | modifier le code]

Le 3 octobre 1986, le sous-marin soviétique de la classe Yankee K-219, alors qu'il se trouvait en patrouille opérationnelle dans l'Atlantique, subit l'explosion d'un missile SS-N-6 présent dans l'un de ses 16 silo de lancement. L'explosion est due à une fuite de la trappe du silo de lancement. De l'eau de mer entre en contact avec des résidus du carburant liquide du missile, causant un incendie spontané qui conduira à l'explosion du propulseur du missile dans un premier temps puis à celle de la charge du détonateur de l'ogive. Dans le cas du K-219, les missiles étaient situés à l'intérieur de la coque et l'explosion ne causera pas des dégâts suffisants pour couler le bâtiment immédiatement. Elle déclenche cependant une importante contamination radioactive à l'intérieur du sous-marin, contraignant celui-ci à faire surface et à évacuation les hommes sur le pont, puis par la suite à un navire de sauvetage ayant reçu les signaux de détresse. Le K-219 coulera dans la plaine abyssale d'Hatteras avec 4 marins restés à bord à une profondeur de 18 000 pieds (5 486 m). La Marine soviétique affirmera par la suite que la fuite avait été causée par une collision avec l'USS Augusta.

Certains éléments pourraient suggérer que le K-129 ait subi une explosion similaire en 1968. Premièrement, la contamination radioactive mesurée sur la proue remontée par la CIA et sur les corps des 6 marins du K-129 est caractéristique du plutonium employé dans les ogives nucléaires et indique que l'explosion de la charge du détonateur de l'ogive d'un des missiles a eu lieu avant que le bâtiment n'atteigne sa profondeur d'écrasement (en). Le rapport affirme que la section avant avait été écrasée et que les traces de carbonisation retrouvées indiquaient un dieseling caractéristique d'une implosion (ou d'un incendie), et tendaient à indiquer que l'explosion avait eu lieu alors que le K-129 se trouvait en plongée. Le rapport fourni dans l'ouvrage Blind Man's Bluff (en français : Guerre froide sous les mers) indique que l'épave du K-129 comporte un orifice de 10 pieds (3 m) de diamètre situé juste derrière la tourelle appuierait la théorie d'une explosion de l'un des trois missiles dans le kiosque (probablement le missile no 3). Les silos de lancement des missiles du K-129 étant situés dans le kiosque, celui-ci disposait d'une masse structurelle moindre (comparée à celle des sous-marins de la classe Yankee) pour contenir une telle explosion, la perte de contrôle de la profondeur du sous-marin aurait été instantanée.

Le K-129 hors de sa zone de patrouille[modifier | modifier le code]

Selon John P. Craven, le K-129 traverse la ligne de changement de date à une latitude de 40° Nord, bien plus au sud que sa position attendue :

« Lorsque le K-129 passe la longitude 180, il aurait dû se trouver bien plus au nord, à une latitude de 45 degrés, soit à une distance de plus de trois cent milles de là. S'il devait s'agir d'une erreur de navigation cela serait une erreur aux proportions historiques. Ainsi, si le sous-marin n'était à proximité de l'endroit où les Soviétiques pensaient qu'il était, il y a une forte probabilité, si ce n'est la certitude, pour que le sous-marin ait été un sous-marin mutin, agissant hors de tout contrôle, en désobéissance complète des ordres qu'il avait reçu[4]:206. »

Craven n'explique pas pourquoi il élimine la possibilité que K-129 ait reçu des ordres modifiant sa mission et qu'il se soit vu assigner une nouvelle zone de patrouille, ou qu'il ait emprunté une nouvelle route pour se rendre sur la zone de patrouille initiale, ni pourquoi il conclut que le K-129 agissait d'une manière anormale ou criminelle pour un sous-marin soviétique lanceur de missiles stratégiques.

Craven note également que :

« Alors que le sous-marin russe était présumé être en mer, un navire océanographique de l'Université d'Hawaï était en train d'effectuer des recherches sur les eaux océaniques au large des Îles sous le vent d'Hawaï. Les chercheurs découvrent une grande nappe de pétrole à la surface de l'océan, en recueillent un échantillon et a constatent que ce carburant était hautement radioactifs. Ils signalent cette découverte à George Woolard, le directeur de l'Institut de recherche géophysique d'Hawaï[4]:216. »

Craven ne réconcilie pas un lieu du naufrage à une latitude de 40° N avec la nappe de carburant découverte à des centaines de milles au sud de cette latitude, il ne réconcilie pas non plus les date et heures du naufrage avec la date et l'heure de la récupération du pétrole radioactifs par le navire de recherche océanographique.

Une autre source possible pour la nappe de pétrole radioactif pourrait être le carburant utilisé par un Lockheed SR-71, qui était connu pour contenir un additif au césium destiné à obscurcir la signature radar de l'avion. Un SR-71 avait été perdu en mer et n'a jamais été récupéré.

Anatoli Chtyrov (Анатолий Штыров), un ancien commandant-adjoint du renseignement de la Flotte du Pacifique soviétique, déclara que le K-129 , dont la zone de patrouille normale se situait au large de la côte ouest des États-Unis, avait été envoyé sur une patrouille de combat imprévue à l'est du Pacifique seulement un mois et demi après le retour de sa précédente patrouille[19]. Vladimir Evdasine (Владимир Евдасин), qui sert à bord du K-129 de juin 1960 à mars 1961, affirmera que le K-129 avait été envoyé en mission secrète en réponse à la présence massive de forces navales américaines au large des côtes coréenne après l'incident du Pueblo[20]. La mission du K-129 consistait à soutenir la Corée du Nord, qui était un pays allié de l'Union soviétique, et était dirigée contre les opérations navales américaines, les bases du Pacifique et les ligne de soutien américains en Asie du sud-est[21][22].

Tir non autorisé et explosion du missile[modifier | modifier le code]

En 2005, Kenneth Sewell publie le livre d'investigation Red Star Rogue — The Untold Story of a Soviet Submarine's Nuclear Strike Attempt on the U.S. où il développe un thèse selon laquelle le K-129 aurait été détourné par des putschistes russes et n'obéissait donc plus aux ordres de Moscou. La route du bâtiment aurait été déviée vers le sud, à 300 milles marins (556 km) au nord-ouest d'Oahu le 7 mars 1968, avec pour objectif de tirer l'un des trois missiles nucléaires sur le port de Pearl Harbour en se faisant passer pour un sous-marin chinois et deux déclencher ainsi une guerre nucléaire entre la République populaire de Chine et les États-Unis, deux ennemis de l'Union soviétique.

Pour que l'origine chinoise du tir, les putschistes comptent sur plusieurs éléments. Premièrement, le K-129 était très semblable aux derniers sous-marins chinois qui avaient récemment fait des essais nucléaires. Deuxièmement, en se plaçant à un point de coordonnées précis (ce qui simplifie la visée pour un missile) à 350 milles d'Hawaï (une distance qui correspond alors à la portée des missiles chinois, alors que les missiles soviétiques pouvaient dépasser les 800 milles) et en faisant surface pour tirer (les Chinois ne maîtrisaient pas encore le tir de missile en plongée) alors que les sous-marins de la classe Golf-II avaient la possibilité de tirer immergés. L'explosion en surface sera enregistrée par un satellite d'observation américain.

Dans Red Star Rogue Sewell affirme que le naufrage du K-129 a été causée par l'explosion d'un des missiles balistiques alors que ce dernier s'apprêtait à être lancé. Il poursuit ensuite en affirmant qu'un mécanisme de sécurité secret avait été ajouté aux missiles, afin d'empêcher tout lancement non autorisé d'une ogive nucléaire en cas de détournement d'un sous-marin. Dans The Silent War : The Cold War Battle Beneath the Sea, John P. Craven soutient une thèse similaire[4]:218.

Des éléments viennent néanmoins contrarier la théorie de l'opération sous fausse bannière défendue par Sewell : la CIA affirme que le sous-marin a coulé à 1 560 milles marins (2 889 km) au nord-ouest d'Hawaï[5] ce qui est incompatible avec la portée de 750 milles marins (1 389 km) du missile et qui écarte Hawaï comme cible viable. L'atoll de Midway aurait été la seule cible à se trouver à portée du missile. Alors que la Chine disposait d'au moins un sous-marin de classe Golf – construit à partir de plans soviétiques – la Marine de l’Armée populaire de libération chinoise ne parviendra pas à développer de système de lancement de missiles balistiques avant les années 1970. Par ailleurs, Sewell n'apporte aucune preuve des efforts menés par le K-129 pour se faire passer pour un bâtiment chinois. La théorie de Sewell pointe du doigt un groupe d'idéologues communistes fanatisés haut placés dans le commandement soviétique, un groupe qui comprenait notamment le chef du KGB, Iouri Andropov. Cette théorie est également suspecte car elle soulève la question de savoir pourquoi les dirigeants du KGB - qui avaient accès à des armes nucléaires - auraient eu besoin de contourner des mesures de sécurité pour procéder à un lancement non autorisé.

La théorie du tir non autorisé a inspiré le film Phantom sorti en 2013, qui comprend des références au caractère imprévu de la mission, à l'équipage exceptionnellement nombreux et aux motivations politiques, mais il introduit une version de l'histoire selon laquelle les putschistes auraient désobéi à la fois au commandement de la Marine soviétique mais également aux dirigeants de l'Union soviétique.

Dans son ouvrage suivant intitulé All Hands Down, Sewell affirme que les Russes croyaient à tort que le K-129 avait été coulé par la marine américaine, peut-être suite à une collision avec l'USS Swordfish, et que l'USS Scorpion avait été coulé en représailles par une torpille tirée depuis un hélicoptère Kamov Ka-25.

Incohérences administratives[modifier | modifier le code]

Le président russe Boris Eltsine accordera à titre posthume l'Ordre du Courage aux 98 marins qui sont morts à bord de K-129. Certains observateurs ont analysé à ce niveau d'effectifs comme étant anormal, car l'effectif normal d'un sous-marin russe à propulsion diesel-électrique de la classe Golf est d'environ 83 marins[23]:156. Augmenter l'effectif total du sous-marin de près de 20% est susceptible d'amoindrir les capacités logistiques du sous-marin (en réduisant la durée de la patrouille) et pouvait potentiellement nuire aux opérations à bord du bâtiment. Aucune explication pour ce niveau d'effectifs n'a été fourni par la Marine russe.

Théories alternatives à propos du Projet Azorian[modifier | modifier le code]

L'ouvrage Red Star Rogue prétends que le Projet Azorian a permis de récupérer pratiquement l'intégralité de l'épave du K-129 et à la remonter du plancher océanique[23]:243 et « malgré une opération de couverture élaborée et les affirmations tendant à faire croire que le projet avait été un échec, la majeur partie du K-129 et les restes de l'équipage ont, en réalité, été renfloués depuis le fond de l'océan Pacifique et hissés à bord du Glomar Explorer[23]:22. »

En août 1993, l'ambassadeur Malcolm Toon présentera à une délégation russe la cloche du K-129[16]:262. Selon Red Star Rogue, cette cloche avait été attachée de façon permanente au milieu du kiosque du K-129, prouvant ainsi que, en plus de la proue du sous-marin, la section médiane du sous-marin avait été elle aussi remontée, au moins partiellement, Projet Azorian.

Craven suggère que l'objectif du Projet Azorian n'était pas de récupérer les armes nucléaires ou les systèmes de codage ; mais plutôt de déterminer ce que le K-129 faisait à 40N/180E « où il n'avait rien à faire ». De telles informations pourraient être (et ont probablement été) utilisées par Henry Kissinger dans le cadre de sa politique de « dissuasion par l'incertitude », afin de « susciter une question sans réponse dans l'esprit de Leonid Brejnev à propos de son commandement et de son contrôle sur ses forces armées[4]:221. »

Un accord mutuel ? Le lien entre les disparitions du K-129 et de l'USS Scorpion[modifier | modifier le code]

Le capitaine de US Navy à la retraire, Peter Huchthausen, ancien attaché naval à Moscou, a une brève conversation en 1987 avec des amiraux soviétiques concernant le K-129. Huchthausen affirme que l'amiral Piotr Navojtsev lui aurait dit : « Capitaine, vous êtes très jeune et inexpérimenté, mais vous apprendrez qu'il y a des sujets dont les deux nations ont convenu de ne plus discuter, et l'un d'entre eux est la raison pour laquelle nous avons perdus le K-129 »[15]. En 1995, lorsque Huchthausen commença à travailler sur un ouvrage à propos de la flotte sous-marine soviétique, il interviewa l'amiral Victor Dygalo, qui l'informa que la véritable histoire du naufrage du K-129 n'avait pas été révélée en raison d'un accord informel entre les haut-commandements des marines de deux pays. Le but d'un tel secret est, d'après Dygalo, de faire cesser toute recherche supplémentaire sur la perte de l'USS Scorpion et celle du K-129. Huchthausen affirme que Dygalo lui aurait dit d'« ignorer ce sujet, et [qu'il] espèr[ait] que le temps viendra où la vérité sera dite aux familles des victimes. »

La visite de Gates à Moscou[modifier | modifier le code]

En octobre 1992, le directeur de la CIA Robert Gates se rend à Moscou pour rencontrer Boris Eltsine, le Président de la Fédération de Russie. « Comme un geste d'intention, pour symboliser une nouvelle ère, je portais avec moi le drapeau navale soviétique qui avait enveloppé les cercueils de la demi-douzaine de marins soviétiques dont les restes avaient été remontés par le Glomar Explorer quand il a renfloué la coque du sous-marin lanceur de missile balistiques soviétique du plus profond de l'océan Pacifique au milieu des années 1970, j'apportais également à Eltsine une cassette vidéo de leur inhumation en mer, avec des prières pour les morts et l'hymne national soviétique - un service funéraire digne et respectueuse même au milieu de la guerre froide »[24].

La décision de Gates de fournir l'enregistrement des funérailles était motivée par le fait que les États-Unis souhaitaient que la Russie les aide à trouver des informations sur des soldats portés disparus lors de la guerre du Vietnam. Avant cela, « nous n'avions jamais rien confirmé aux Russes, si ce n'est dans des termes vagues », déclarera Gates dans un entretien. « Peu après la chute de l'URSS, l'administration Bush avait informé les Russes à travers un intermédiaire qu'ils ne pouvaient pas leur en dire plus à propos de ce qui s'était passé à bord du Golf/Glomar. Mais, quand nous avons commencé à demander aux Russes ce qui était arrivé aux pilotes américains abattus au-dessus du Vietnam et si des prisonniers de guerre américains avaient été transférés en Russie, ces derniers nous ont répondu “Qu'en est-il de nos gars dans le sous-marin ?” À l'époque, l'administration avait seulement répondu aux Russes qu'il n'y avait pas de survivants et que seuls des restes épars avaient été récupérés. » Une recherche ultérieure dans le cadre du Freedom of Information Act pour trouver si des prisonniers de guerre avaient été libérés à la suite de cette visite donnera des résultats négatifs[25].

« Des officiers américains ont réfuté dès le début l'accusation russe prétendant que sous-marin nucléaire USS Swordfish était le sous-marin américain impliqué dans le naufrage - une accusation basée uniquement sur l'arrivée signalée de ce dernier dans la base navale de réparations de Yokosuka, Japon, le 17 mars 1968 avec la coque gravement endommagée. L'amiral de l'US Navy à la retraite William D. Smith a informé Dygalo par une lettre envoyée suite à une réunion du 31 août 1994, d'une commission mixte États-Unis/ Russie chargée d'examiner les questions relatives aux disparus pendant la guerre froide et les guerres précédentes, que l'allégation de la participation du Swordfish ne était pas correct et que le Swordfish ne était nulle part à proximité du Golf le 8 mars 1968. La commission mixte, dirigé par le général Volkogonov et l'ambassadeur Toon, informe les Russes qu'aucun sous-marins américains ne se trouvait le 8 mars 1968 à moins de 300 milles marins (556 km) du site où le K-129 avait été trouvé[26]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Projet 629A - Unités
  2. a, b et c Projet 629A - Caractéristiques
  3. (en) « 629 GOLF - Russian and Soviet Nuclear Forces », Federation of American Scientists,‎ 2012 (consulté le 11 septembre 2012)
  4. a, b, c, d, e, f et g Craven 2001, p. 205
  5. a, b, c et d (en) Projet Azorian : L'Histoire du Hughes Glomar Explorer, la CIA déclassifie le document secret NOFORN partir du milieu des années 1980
  6. a, b, c et d Polmar 2004
  7. « Profil Pour Ray Feldman : avis », Amazon.com (consulté le 28 février 2010)
  8. http://www.projectjennifer.at/
  9. Philippi v. CIA (Turner et al.), 211 US App. D.D> 95 (US Court of Appeals 25 juin 1981)
  10. (en) « Inventory of accidents and losses at sea involving radioactive material, IAEA-TECDOC-1242, Appendix I.3 » [PDF], Agence internationale à l'énergie atomique,‎ septembre 2001 (consulté le 18 février 2010)
  11. (en) Agence internationale à l'énergie atomique, « LC 33/INF.5 Matters related to the management of radioactive wastes : Inventory of waste disposals, accidents and losses at sea involving radioactive materials », Organisation maritime internationale,‎ 15 juillet 2011 (consulté le 11 septembre 2012)
  12. Podvig 2001, p. 290
  13. Sontag et Drew 1998, p. 12–24
  14. (en) Robert C. Toth, « Change in Soviets' Sub Tactics Tied to Spy Case : Material Reportedly Available to Walkers May Have Tipped Kremlin to Vessels' Vulnerability », Los Angeles Times,‎ 17 juin 1985 (lire en ligne)
  15. a et b (en) Ed Offley, Scorpion Down : Sunk by the Soviets, Buried by the Pentagon, Paperback, 24 mars 2008
  16. a et b (en) Sewell (2005) Minutes of the Sixth Plenary Session, USRJC, Moscou, 31 août 1993
  17. (en) Robert Burns, « Decades later, Russians press suspicion of U.S. role in sinking Soviet sub », Associated Press,‎ 22 août 2000
  18. a et b (en) Mike Kemble, « The Amazing Story of the K129 – Project Azurian »,‎ mai 2008 (consulté le 1er novembre 2011)
  19. (ru) Anatoli Chtyrov, « The tragedy of submarine K-129 : Behind the scenes of operations "Jennifer" », sur flot.com,‎ 14 juin 2008 (consulté le 19 février 2010)
  20. (en) Robert E. Newton, « The Capture of the USS Pueblo and Its Effect on SIGINT Operations » [PDF], U.S. Cryptologic History, Special Series, Crisis Collection, Vol. 7, NSA,‎ 1992 (consulté le 19 février 2010)
  21. (ru) Vladimir Evdasine, « K-129 : How was it? », sur flot.com,‎ 14 juin 2008 (consulté le 20 février 2010)
  22. (en) « Has the "Fire!" Command Sounded in the Compartments of the Cold War? », sur rusnavy.com (consulté le 20 février 2010)
  23. a, b et c (en) Sewell, Russian Strategic Nuclear Forces, Centre pour l'étude du contrôle des armes, Institut de Physique et de Technologie de Moscou, 2005, édité par Pavel Podvig
  24. (en) Robert Gates, From the Shadows, Touchstone,‎ 1996, 553–554 p. (ISBN 0-684-81081-6)
  25. Sontag et Drew 1998, p. 486
  26. (en) Huchthausen Peter, K19, The Widowmaker, National Geographic Society,‎ 2002 (ISBN 0-7922-6472-X), p. 177

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Piña Craven, The Silent War : The Cold War Battle Beneath the Sea, New York, Simon & Schuster,‎ 2001, 198–222 p. (ISBN 0-684-87213-7), « The Hunt for Red September : A Tale of Two Submarines »
  • (en) Sherry Sontag et Christopher Drew, Blind Man's Bluff : The Untold Story of American Submarine Espionage., New York, Harper,‎ 1998 (ISBN 0-06-103004-X)
  • (en) Kenneth Sewell, Red Star Rogue : The untold story of a Soviet submarine's nuclear strike attempt on the U.S., New York, Simon & Schuster,‎ 2005 (ISBN 0-7432-6112-7)
  • (en) Norman Polmar, Cold War Submarines : The Design and Construction of U.S. and Soviet Submarines., Dulles, Potomac Books,‎ 2004 (ISBN 978-1-57488-594-1)
  • (en) Pavel Podvig, Russian Strategic Nuclear Forces, Cambridge, Massachusetts, MIT Press,‎ 2001 (ISBN 0-262-16202-4)
  • (en) David Sharp, The CIA’s Greatest Covert Operation : Inside the Daring Mission to Recover a Nuclear-Armed Soviet Sub, Lawrence, Kansas, University Press of Kansas,‎ 2012, 344 p. (ISBN 978-0-7006-1834-7, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]