K-129

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K-129
Image illustrative de l'article K-129
Le K-129 (n°coque 722) en surface.

Histoire
A servi dans Pavillon de la marine soviétique Marine soviétique
Commandé 26 janvier 1954
Lancement 1960
Statut Coulé le 8 mars 1968
Caractéristiques techniques
Type SNLE
Longueur 98,9 m
Maître-bau 8,2 m
Tirant d'eau 8,5 m
Déplacement 2 820 tonnes (en surface)
3 553 t (en plongée)
Vitesse 17 nœuds (en surface)
30 nœuds (en plongée)
Profondeur 300 m (maxi.)
Caractéristiques militaires
Armement 3 rampes de missiles
6 tubes lance-torpilles
Autres caractéristiques
Équipage 83 personnes
Coordonnées 38° 05′ N 178° 57′ E / 38.08333333, 178.95 ()38° 05′ Nord 178° 57′ Est / 38.08333333, 178.95 ()  

Le K-129 est un sous-marin lanceur d'engins soviétique du Projet 629A (en) (Code OTAN classe Golf-II (en)) à moteur Diesel-électrique (en). Il faisait partie de la flotte soviétique du Pacifique, l'un des 6 sous-marins du Projet 629 attaché au 15e escadron sous-marin basé à Rybachiy (maintenant Vilioutchinsk) au Kamtchatka.

Construit en 1960, il est équipé de missiles nucléaires. Il a sombré le 8 mars 1968 dans le Pacifique, légèrement à l'ouest de la ligne de changement de date —- coordonnées : 38° 05′ N 178° 57′ E / 38.083, 178.95 ()38° 05′ N 178° 57′ E / 38.083, 178.95 (). Son épave fut partiellement récupérée par les services secrets américains au cours de l'été 1974.

L'accident[modifier | modifier le code]

Lieu du naufrage (croix rouge)

La récupération[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet Jennifer.

Causes du désastre[modifier | modifier le code]

La thèse officielle soviétique est que le K-129, naviguant au schnorchel, serait descendu en dessous de sa profondeur opérationnelle. Cette erreur, combinée avec une défaillance technique ou une réaction fautive de l'équipage, peut provoquer une entrée d'eau suffisante pour couler le navire[1].

Cette explication n'a pas été acceptée par tout le monde, et quatre théories alternatives ont été émises :

  1. une explosion de l'hydrogène des batteries durant leur charge ;
  2. une collision avec le sous-marin américain USS Swordfish (SSN-579) ;
  3. une explosion de missile causée par la fuite de la trappe du silo de lancement ;
  4. des violences dues au non-respect des procédures et/ou des ordres de mission.

Il a été rapporté que 40 des 98 membres d'équipages étaient nouveaux sur le K-129 lors de cette mission. La thèse officielle et la première théorie s'accorderaient bien avec ce fait, s'il est vrai[2].

Explosion d'hydrogène[modifier | modifier le code]

Les batteries au plomb dégagent de l'hydrogène pendant leur charge. Cela induit un risque d'explosion si ce gaz n'est pas correctement évacué. Ce risque est connu depuis très longtemps et les sous-mariniers appliquent des procédures pour diminuer voire complètement faire disparaître tout risque d'explosion. Cette explication de l'accident est la moins probable.

Explosion après une fuite[modifier | modifier le code]

En 1986, le sous-marin K-219 a vu un de ses missiles exploser après qu'une fuite de la trappe du silo ait provoqué une explosion en permettant le contact d'eau de mer avec du liquide propulseur du missile.

Une cause similaire aurait pu causer une explosion de missile sur le K-129.

Collision[modifier | modifier le code]

La collision avec le sous-marin américain USS Swordfish (SSN-579) est la thèse soutenue par la marine soviétique pour expliquer la perte du K-129. Ceci a été formellement démenti par la marine américaine, qui avance la thèse de l'explosion d'hydrogène.

Le Swordfish a bien été aperçu le 17 mars à Yokusuka au Japon avec un périscope tordu (suite à une collision avec un iceberg, d'après l’US Navy), nécessitant des réparations en urgence.

Tir non autorisé et explosion du missile[modifier | modifier le code]

En 2005, Kenneth Sewell publie le livre d'investigation Red Star Rogue — The Untold Story of a Soviet Submarine's Nuclear Strike Attempt on the U.S. où il développe la thèse du lancement non autorisé d'un missile nucléaire, cause de l'accident.

Le sous-marin aurait été détourné par des putschistes russes et n'obéissait donc plus aux ordres de Moscou. L'objectif était probablement, en se faisant passer pour un sous-marin chinois (comme le K-129 était très semblable aux derniers sous-marins chinois qui avaient récemment fait des essais nucléaires), de lancer un missile nucléaire sur le port de Pearl Harbour. L'équipage ayant échoué dans la manœuvre, la tête nucléaire d'un missile explosa, et le sous-marin sombra. Les services de renseignement américains, découvrirent le lieu du crash avant les russes dont les recherches restèrent vaines. Ils remarquèrent par ailleurs dans cette zone une immense nappe de pétrole, qui correspondait au carburant des sous-marins soviétiques, ainsi qu'une radioactivité élevée.

Le lieu supposé de disparition du K-129 serait bien éloigné du secteur normal d'opération du sous-marin, à seulement 600 km d'Hawaï.

Les Soviétiques soutinrent que le K-129 avait été pris en chasse par un sous-marin de l’US Navy et qu'il avait sombré suite à une collision avec ce dernier. Les Américains s'employèrent à remonter à la surface le K-129 (dans le cadre du projet Jennifer), en utilisant des moyens colossaux (les Soviétiques crurent d'abord à un bluff).

Conséquences[modifier | modifier le code]

Dans le livre All hands down : The True Story of the Soviet Attack on the USS « Scorpion », Kenneth Sewell et Jerome Preisler expliquent la disparition de l'USS Scorpion.

L'accident du K-129 serait à l'origine du torpillage dans les Açores par un hélicoptère de la marine soviétique, du sous-marin américain USS Scorpion, en représailles à la perte du K-129.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Podvig, 2001, Russian Strategic Nuclear Forces, p. 290
  2. Polmar, 2004, Cold War Submarines

Voir aussi[modifier | modifier le code]