Claire-Clémence de Maillé

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Claire Clémence de Maillé, princesse de Condé
Armes de la princesse

Claire-Clémence de Maillé, princesse de Condé est née le 25 février 1628 à Brézé et décédée le 16 avril 1694 à Châteauroux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claire-Clémence de Maillé descend de la famille de Maillé, elle est la fille d'Urbain de Maillé, marquis de Brézé et de Nicole du Plessis de Richelieu. Son frère ainé, Jean Armand (1619-1646), grand maître de la navigation est tué à 27 ans à la bataille d'Orbitello. Elle fut fiancée à cinq ans par son oncle le cardinal de Richelieu à celui qui devint le grand Condé. Sous prétexte d'éducation, elle fut enlevée à sa famille et confiée à Mme Boutillier, femme du surintendant, qui lui donna une instruction médiocre.

L'union de sa nièce, demoiselle noble mais non de famille royale, avec un prince du sang permettait au cardinal de caresser l'espoir de placer un membre de sa famille sur le trône de France. D'une part, après 20 ans de mariage, l'union du roi Louis XIII et la reine Anne était restée stérile. La discorde des époux royaux était patente et attisée par le cardinal. D'autre part le frère du roi, veuf, n'avait qu'une fille qui ne pouvait monter sur le trône. Il avait épousé en secondes noces la princesse Marguerite de Lorraine mais sans l'autorisation du roi. Le cardinal poussait le roi à ne pas reconnaître la validité du mariage et les époux vécurent longtemps séparés; le prince vivant en France et la princesse étant réfugiée aux Pays-Bas espagnols. Le couple ne pouvait espérer une descendance. L'ambitieux cardinal pouvait légitimement penser que le trône reviendrait un jour au futur Louis II de Condé et que sa nièce serait un jour reine de France. Cependant, entre l'époque des fiançailles et le mariage du prince de Condé, le roi avait eu deux fils.sa santé et celle du cardinal commençait à décliner. Le cardinal mourut l'année suivante demandant au roi de confier le gouvernement du royaume au cardinal mazarin. le roi suivit ce conseil avant de mourir à son tour.

Du mariage à la prison[modifier | modifier le code]

Lorsque Claire-Clémence eut treize ans, autoritairement, le mariage fut conclu à Milly-le-Meugon et célébré le 11 février 1641 au Palais Cardinal. Son mari, le jeune duc d'Enghien, fier de son sang mais aussi amoureux ailleurs, protesta inutilement contre la violence paternelle.

Jeune mariée de 13 ans méprisée par son mari, Claire-Clémence donna un héritier à la Maison de Bourbon-Condé. Cette maternité précoce ne rapprocha pas les époux. Lors de la disgrâce au cours de la Fronde, quand son mari fut arrêté et emprisonné au château de Vincennes, elle s'illustra par sa conduite énergique et dévouée, poursuivant la lutte, soulevant ses amis, tenant tête au danger, bravant la colère du roi, les ordres de Mazarin et les menaces populaires.

Pour se rendre au château fort de Montrond, le cardinal lui avait tracé un long itinéraire partant de Bordeaux et passant par le Poitou, l'Anjou et la Touraine. Elle s'arrête à Milly ; elle y utilise son trop court séjour pour recruter de toutes parts des amis à son époux prisonnier d'État. Pendant que le fidèle intendant des Condé, Pierre Lenet, parcourt la France et l'Espagne, et met Montrond en état de soutenir un siège en règle qu'il faudra plus d'une année à l'armée française pour faire lever, Claire-Clémence rassemble autour d'elle ses affidés, leur offre à Milly des fêtes splendides à la faveur desquelles tous les chefs de la Fronde organisent la résistance. Toute la noblesse de la province s'était jointe à elle.

Ces efforts de la courageuse princesse ne purent faire, hélas, que Condé n'ait encore langui de longs mois dans la prison de Vincennes.

La princesse dut se soumettre à la régente et à Mazarin en 1651. Elle rejoignit alors son époux en Flandre espagnole avec son fils, lui donna deux enfants qui moururent en bas âge. Ils ne rentrèrent en grâce qu'en 1660. Ils se réinstallèrent à Chantilly.

Mais, à la suite du scandale provoqué en janvier 1671 par sa liaison avec un valet[1], le prince fit enfermer son épouse à Châteauroux, où elle demeura jusqu'à sa mort, en 1694. Condé meurt en 1686, mais l'enfermement de la princesse sera pérennisé par son propre fils Henri Jules de Bourbon-Condé qui en la circonstance se montrera aussi cruel que son père.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La princesse fut légèrement blessée à l'arme blanche, dans sa chambre, à Paris, en voulant s'interposer lors d'une violente altercation entre un de ses valets (ou protégé, selon d'autres sources), nommé Duval († 1671), et son (ancien) page, Jean-Louis de Rabutin (1642-1717). D'après la relation qu'en fait la marquise de Sévigné dans une lettre (23 janvier 1671) à son cousin, le comte de Bussy-Rabutin, les deux impétrants auraient eu les faveurs de la princesse, faveurs qui semblent avoir été la principale raison de la dispute.
    Les circonstances de l'affaire restent néanmoins obscures : Duval fut d'ailleurs rapidement condamné aux galères (vraisemblablement plus pour s'être battu avec un gentilhomme que pour autre chose) et mourut empoisonné avant d'atteindre Marseille, selon Maurepas. Jean-Louis de Rabutin (un lointain cousin des deux épistoliers) semble visiblement avoir été contraint à l'exil et s'installa en Transylvanie, où il mena une brillante carrière militaire.
    Condé, qui n'avait jamais aimé la princesse et considérait son mariage comme une mésalliance, profita du scandale pour obtenir de Louis XIV l'exil de sa femme. Asselineau, biographe de la princesse émet des doutes sur la réalité de cette liaison, liaison pourtant évoquée par de nombreux contemporains : voir la lettre de la marquise et les annotations de Monmerqué sur cette affaire (lettre n°128, tome II de l'édition complète de la correspondance de la marquise, tome II, pages 39-40, Edition critique d'H. Monmerqué, 1862-1868).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Lenet, (1826) Mémoires de Pierre Lenet, procureur général du parlement de Dijon, et conseiller d'État, contenant l'histoire des guerres civiles des années 1649 et suivantes, principalement celles de Guienne et autres provinces. Paris: Foucault. Seulement la 1ère partie, 1649-1650, publiée en 1729. Les autres parties sont publiées en 1838 dans la "Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France," de Michaud et Poujoulat; 3e série, t. 2.
  • Charles Asselineau, Vie de Claire-Clémence de Maillé-Brézé, Princesse de Condé, Léon Techener, Paris 1872
  • Octave Homberg et Fernand Jousselin, La femme du Grand Condé, Claire-Clémence de Maillé-Brézé, princesse de Condé, Plon-Nourrit 1905, 253 pages

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