Saulges

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Saulges
L'ermitage de St Cénéré au bord de l'Erve.
L'ermitage de St Cénéré au bord de l'Erve.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Arrondissement Laval
Canton Meslay-du-Maine
Intercommunalité Communauté de communes des Coëvrons
Maire
Mandat
Jacqueline Lepage
2014-2020
Code postal 53340
Code commune 53257
Démographie
Population
municipale
300 hab. (2011)
Densité 14 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 00″ N 0° 24′ 16″ O / 47.9833333333, -0.40444444444447° 59′ 00″ Nord 0° 24′ 16″ Ouest / 47.9833333333, -0.404444444444  
Altitude Min. 47 m – Max. 112 m
Superficie 21,81 km2
Localisation

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Saulges est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 300 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ce village médiéval construit en bordure d'une gorge creusée par la rivière l'Erve est blotti entre des falaises hautes de vingt-cinq mètres. En contrebas, le cours d'eau a façonné un important réseau de grottes. Étudié de près par les archéologues du monde entier, le site n'a pas encore livré tous ses secrets. Rien qu'en 2011, une dent vieille d'au moins 500 000 ans a été découverte, signe que la présence humaine pourrait remonter ici au Paléolithique inférieur, première période de la Préhistoire. Fiers de leur patrimoine, les villageois se sont totalement appropriés les lieux. Classé Natura 2000, le site abrite aussi des espèces devenues rares comme le grand rhinolophe, une chauve-souris sédentaire, ou le grand capricorne, le coléoptère le plus imposant de la faune française[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme latinisée Salicam au IXe siècle[2].

Il s'agit d'un type toponymique gaulois (celtique) *Salica(s)[3]. Il repose sur le terme gaulois salico-, « saule », dont on ne connaît pas le nominatif, peut-être *saliks, avec passage probable au féminin à *salicā comme de nombreux noms d'arbres[4].

Le mot se perpétue en celtique moderne par exemple dans l'irlandais au nominatif sail, au génitif sailech ou dans le breton halek (s étant passé à h en brittonique)[5].

L’évolution phonétique de *Salica(s) à Sau(l)ges est régulière en langue d’oïl (les mots latins comme fabrica ou *granica ont respectivement abouti à forge et à grange), elle a donné Saugues en langue d'oc[6].

Il existait un autre Salica chez les Cénomans, mais de localisation incertaine et la rivière Salica dans le Harz en Allemagne est devenue Selke en allemand. Le terme gaulois salico- est un proche parent du latin salix, salicis qui a abouti à l'ancien français saus, sausse, « saule », d'où les nombreux toponymes Saussay, Saussaye, Saussaie « saulaie ». Il est également apparenté au francique *salha (vieux haut-allemand salaha) qui a donné le mot saule en français.

Histoire[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 mars 2008 Philippe Auphan    
mars 2008[7] mars 2014 Jean-Pierre Griveau SE Retraité
mars 2014[8] en cours Jacqueline Lepage SE Agricultrice
Les données manquantes sont à compléter.

Liste des seigneurs de Saulges[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Saulges fut acquise en 1556, par Jean de Thévalle, le dernier et le plus célèbre de ce nom, qui réunit ce nouveau domaine à sa terre de Thévalle, dont le château féodal s'élève tout près de là, au-dessus du cours de l’Erve. Il laissa pour unique héritière Jacqueline de Thévalle, dont, il fallut, à l’époque de son mariage (1597) avec Charles de Maillé-Brezé, prouver par témoignage la légitimité, car les registres paroissiaux de Chémeré-le-Roi avaient été brûlés par les bandes de huguenots anglais qui avaient dévasté le pays en 1592.

Urbain de Maillé-Brézé, marquis de Brézé, issu de ce mariage, devint, par ses mérites personnels et surtout par la protection du cardinal de Richelieu, dont il avait épousé la sœur, maréchal de France et chevalier des Ordres du roi.

Armes de la maison de Condé à partir de 1588

Quand Claire-Clémence de Maillé-Brézé, fille du maréchal, eut atteint l’âge de treize ans, en 1641, le cardinal-ministre l'imposa comme épouse à Louis II de Bourbon-Condé, qui, deux ans plus tard, était le vainqueur de Rocroi, et qui, par une série de victoires, est devenu dans l’histoire le Grand Condé. Par son mariage avec Claire-Clémence de Maillé, le futur héros était devenu seigneur de Thévalle, seigneur de Saulges et patron temporel de cette église. Ce domaine était bien peu de chose dans l'immense fortune d'un prince du sang. Condé y fit cependant, dans plusieurs circonstances, acte de maître et seigneur, non en personne, mais par procureur. Puis, au temps où exilé pour ses multiples révoltes contre Mazarin et la cour, il voyait tous ses biens saisis, la terre de Thévalle et celle de Saulges, son annexe, l'étaient elles aussi[9]. Mais le prince rentra en grâce à la cour, rentra dans la jouissance de ses biens confisqués et fut depuis, jusqu'à sa mort, seigneur de Thévalle et de Saulges.

Henri Jules de Bourbon-Condé, fils du grand Condé, était seigneur de Saulges ; il était lui aussi grand maître de France.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 300 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
800 810 777 802 822 835 895 890 911
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
872 836 825 795 740 680 689 693 694
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
647 692 644 607 612 600 607 576 553
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
521 487 401 348 333 334 328 341 303
2011 - - - - - - - -
300 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Panneau Site des grottes de Saulges.jpg

Le canyon et les grottes[modifier | modifier le code]

  • Le site de Saulges, classé Natura 2000, est réputé pour ses grottes préhistoriques et son patrimoine naturel (le canyon de Saulges, sur la rivière l'Erve).

La formation calcaire de Saulges est exceptionnelle dans le Massif armoricain par ses formes d'érosions souterraines et superficielles de type karstique, donnant en particulier un réseau de grottes : les Grottes de Saulges[12] (situées sur les territoires des communes de Saint-Pierre-sur-Erve et Thorigné-en-Charnie). La roche s'est constituée dans une mer peu profonde au Carbonifère (340 millions d'années). Puis, prise dans le plissement hercynien, elle a émergé. Longtemps après, il y a 1,8 million d'années, l'Erve a creusé une vallée aux flancs abrupts, sorte de canyon. En agrandissant des fissures, l'eau a creusé latéralement un réseau souterrain. Vingt entrées de grottes sont recensées.

Les églises[modifier | modifier le code]

La cité de Saulges abrite aussi deux édifices religieux, la chapelle Saint-Pierre et l'église Notre-Dame, et un ermitage, fondé par saint Cénéré de Saulges.

La chapelle Saint-Pierre, église carolingienne[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint-Pierre de Saulges
Article détaillé : Église Saint-Pierre de Saulges.

La chapelle Saint-Pierre est l'ancienne église paroissiale de Saulges. Elle a été construite au VIIIe siècle selon un plan en croix grecque. Seule une partie de la nef d'origine est conservée. La chapelle sud est dédiée à saint Céneré. Construite et peinte au XVIe siècle à l'emplacement du bras sud du transept pré-roman, elle constitue une grande partie de la nef actuelle.

L'église Notre-Dame[modifier | modifier le code]

L'église de Saulges est mentionnée pour la première fois dans les textes en 1060 : Guy de Saulges qui la détenait (ainsi que l'église Saint-Pierre) « en fit l'abandon partiel puis total aux moines de la Couture au Mans, à condition qu'ils y missent un prêtre. Il leur assigna un terrain au Plessis pour y bâtir leur demeure, et réclama pour lui la faveur d'être enterré à l'abbaye, et le droit pour un pauvre d'une ration de pain et de vin. » (Alphonse-Victor Angot).

L'église Notre-Dame de Saulges

La nef conserve les baies romanes en plein cintre d'origine ; obstruées, leur tracé est visible à l'extérieur. La croisée du transept et la tour élevée au XIe siècle illustrent également la période romane. La tour, considérée comme la partie la plus authentique de l'édifice, est voûtée en berceau et coiffée d'un toit pyramidal. Elle est flanquée à l'ouest d'une tourelle d'escalier. Au XIVe siècle, la nef et le chœur sont transformés : le chœur est éclairé par une baie en arc brisé à deux compartiments ajourés d'un quatre-feuilles. Les chapelles nord et sud ont été ajoutées à l'occasion d'importants travaux à partir de 1848.

Statue de la Trinité (croisée du transept) : cette œuvre du XVe siècle représente Dieu le Père qui tient dans ses mains le Christ en Croix. De la bouche du Père sort le Saint-Esprit symbolisé par une colombe qui se dirige vers la tête du Fils. « Cette vision "hiérarchique" a été totalement remise en cause par le Concile de Trente (1542-1563), et remplacée par une représentation "horizontale" des trois personnages divins. »

Le retable du Christ au calvaire
Le retable (chœur)

Le retable du Christ au calvaire (transept sud) a été réalisé en 1401 à la demande de Foulques du Rocher, seigneur de Valtrot, pour manifester la piété de son père Robin et la sienne. Le panneau représente le Christ au calvaire : Marie et saint Jean se trouvent de part et d'autre de la Croix. Saint Julien, qui a évangélisé le Maine, présente le groupe des hommes de la famille des seigneurs de Valtrot à la Vierge, tandis que saint Gilles s'avance vers saint Jean à la tête du groupe des femmes.

Le retable (chœur) date de 1689. Exécuté par Michel Lemesle sur un dessin de François Langlois, il est consacré à l'Assomption de la Vierge. On remarque son étroitesse, due à l'exiguïté du chœur.

Louis II de Bourbon, Prince de Condé, par Joost van Egmont

La statue de saint Louis, portant la couronne d'épines et les clous de la passion[13], figurée sous les traits du Grand Condé, située dans la niche du retable. Il s'agit d'une statue représentant un homme de guerre, à la riche parure, à la cuirasse travaillée avec finesse et au manteau fleurdelisé. Quel était ce saint, placé là depuis 1692 ?… On l'ignora longtemps.

Grand Condé du sculpteur français Antoine Coysevox en 1688 au musée du Louvre

En 1898 seulement, un érudit, l'abbé Angot, établit que le personnage en question n’avait rien de saint. C'était… Louis de Bourbon, le grand Condé, que son mariage en 1641 avec Claire-Clémence de Maillé-Brézé, nièce du cardinal de Richelieu avait fait seigneur de Saulges. Le curé de Saulges était, en 1692, André Chériotty[14], qui, par flatterie pour le prince, avait fait placer la statue en pied de son puissant protecteur… six années après la mort de celui-ci... Pendant son administration, il eut l'occasion de faire reconstruire le maître-autel de son église. C'était en 1690. Il s'adressa, pour cela, à un architecte de Laval, François Langlois, qui, en deux ans, exécuta ce travail[15]. Le travail des sieurs Langlois et Lemesle, est daté du chiffre 1692, aux pieds mêmes de la statue, tandis qu'au-dessus de sa tête est l’un des écussons dont la gravure avait été demandée au sculpteur. Cet écusson est double : à dextre, de Bourbon, c'est-à-dire de France avec le bâton en bande ; à senestre, de Thévalle, d'argent à trois annelets de sable[16]. Ainsi, dès 1692, une statue en pied, de grandeur presque naturelle, était placée sur un autel, dans cette petite église de campagne, alors que le héros qu’elle représente n'avait dans sa famille, pour conserver ses traits, qu'un buste modelé après sa mort[17]...

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la ville de Laval a été un centre de création de retables très important, au point de donner naissance à une véritable école : les retabliers lavallois ont diffusé leur art dans tout l'Ouest de la France.

Article détaillé : Oratoire de Saint-Céneré.

À voir aussi[modifier | modifier le code]

Escalade au canyon de Saulges
Four à chaux de Saulges.

La commune est un village fleuri (trois fleurs) au concours des villes et villages fleuris[18].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. GEO no 397 de mars 2012 p.121
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 639b
  3. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Errance, coll. « Hespérides »,‎ 2003 (ISBN 2-87772-237-6), p. 264 - 265
  4. Ibid., p. 264.
  5. Ibid., p. 265.
  6. Ibid., p. 265.
  7. « Le maire Jean-Pierre Griveau et trois adjoints élus », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 5 juillet 2014)
  8. « Saulges (53340) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 5 juillet 2014)
  9. Le 14 janvier 1655, Jean Doujat, Nicolas Chevalier, Michel Ferrand, commissaires députés, par arrêt de la cour du 27 mars précédent, « pour la direction des biens qui ont appartenu », dit le texte, « au sieur prince de Condé », donnaient bail des deux seigneuries à Julien Coignard, au prix de 3 900 livres par an. Archives nationales (R 3, 82).
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  12. Voir le site du canyon et des grottes
  13. L'abbé Angot avait cru dans un premier temps, sur un examen superficiel, que le Grand Condé était représenté à cette place sans attributs religieux. Il s'est rétracté et corrigé depuis...
  14. Le prieuré et l'église de la paroisse de Saulges étaient à la présentation de l'abbé de la Couture, du Mans. Or, depuis 1580, sauf une période de quelques années, la Couture était comme un fief héréditaire dans la maison de Bourbon. Quand le personnage de la famille qu'on voulait gratifier de ce bénéfice n'était pas dans les conditions d'âge ou d'état qui permissent de l'en investir, un prête-nom tenait sa place à son profit. Louis-Henri de Bourbon, fils légitimé de Louis de Bourbon, comte de Soissons, et connu sous le nom de chevalier de Soissons, avait été pourvu de l'abbaye en 1658 ; ayant, de son côté, à doter un prêtre du diocèse de Carpentras qui remplissait, auprès de sa personne, les fonctions d'aumônier, il trouva tout naturel de le faire nommer, en 1678, à la cure de Saulges. André Chériotty devint donc curé au Bas-Maine. Il le fut jusqu'en l'année 1700, puis il songea à se démettre, mais avec pour l'abbé Angot des procédés et des retours qui annoncent ou une tête malade, ou des sentiments trop peu scrupuleux.
  15. On a du procureur de la fabrique de Saulges, une note dans laquelle il donne décharge à l'architecte et reconnaît que les conditions stipulées au marché ont été fidèlement exécutées. « Je soubsigné, procureur de la fabrice de Sauges, tiens quitte et décharge Me Langlois, Me architecte, de la façon de notre autel, au moyen qu'il parachève de graver les armes dudit autel qu'il a encommencées, et reconnois à ce moyen qu'il est conforme au dessain sur lequel nous avions marchandé, sans préjudice de mes prétentions et à me faire rembourser du nommé Lemesle, aussi architecte, ouvrier dudit sieur Langlois, de ce qu'il a receu plus que je ne debvois audit Langlois, ainsi que je voiré l'avoir affaire, — dont il y a instance encommencée au siège de Sainte-Suzanne qui demeure réservée — contre ledit Lemesle. Fait ce dix septembre mil six cens quatre vingt douze. »
  16. L'abbé Angot s'interroge : « À qui conviennent ces armes, sinon au prince qui, par son alliance avec l’héritière du seigneur de Thévalle, était devenu patron et fondateur de l’église de Saulges ? Sans doute Claire-Clémence de Maillé avait ses armoiries de famille qu'on aurait pu unir à celles de son mari, mais pour les paroissiens, Thévalle restait toujours, par souvenir, la terre de ceux qui en avaient porté si longtemps le nom. L'écusson aux trois annelets était encore partout aux murs et aux vitres de l'église. C'est celui-là que les habitants voulaient voir accolé aux trois fleurs de lys de Bourbon, plutôt que celui d’une femme, grande et estimable dans son malheur, mais qui n'avait jamais partagé la gloire et l'affection de son époux, qui avait toujours été poursuivie du mépris de l'illustre famille à laquelle on l’avait unie. Il est bien certain d'ailleurs qu'il n'y eut jamais d'alliance directe entre la maison de Bourbon et la famille de Thévalle. »
  17. Pour l'abbé Angot, Condé est là avec ses traits ressemblants, avec les attributs de sa charge de grand maître de France : dans la main droite, le bâton ornementé qu'on aurait tort de prendre pour un bâton de maréchal ; ce dernier est beaucoup plus simple et Condé ne fut jamais maréchal de France ; dans la main gauche, une serviette, parce que le grand maître était le chef de tous les officiers de la maison et de la bouche du roi. La cuirasse, légère et élégante, le grand, manteau de cour fleurdelisé de la statue, ne peuvent convenir qu'au prince dont le type bourbonien est, du reste, facile à reconnaître. Le personnage représenté, semble assez jeune. Au-dessus de la tête de la statue, sont les armoiries de Bourbon-Thévalle, c'est-à-dire de l'alliance qui a mis dans la maison de Condé la seigneurie de Saulges, c'est-à-dire celles du grand Condé. Au côté opposé de l'autel, au-dessus de Pierre (apôtre), patron de la paroisse, est l'écusson de Bourbon, mais seul, avec le collier des deux ordres, ce qui ne peut convenir à l’abbé de la Couture, qui n'eût pas eu ces décorations, mais dont l’écu eût été surmonté de la crosse abbatiale. Ces dernières armoiries sont celles de Henri Jules de Bourbon-Condé, le patron temporel de l'église.
  18. Villes et Villages Fleuris

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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