Li Peng

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Dans ce nom chinois, le nom de famille, Li, précède le nom personnel.
Lĭ Péng
李鹏
Li Peng en 2004.
Li Peng en 2004.
Fonctions
4e Premier ministre de la République populaire de Chine
avril 1988mars 1998
Président Yang Shangkun
Jiang Zemin
Prédécesseur Zhao Ziyang
Successeur Zhu Rongji
9e Président du Comité permanent
de l’Assemblée nationale populaire
mars 1998mars 2003
Président Jiang Zemin
Prédécesseur Qiao Shi
Successeur Wu Bangguo
Biographie
Date de naissance 20 octobre 1928 (84 ans)
Lieu de naissance Chengdu, Sichuan
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Nationalité Chinois
Parti politique Parti communiste chinois
Conjoint Zhu Lin
Enfant(s) Li Xiaolin, Li Xiaopeng

Signature

Li Peng
Premiers ministres de la République populaire de Chine

Li Peng (en sinogrammes simplifiés 李鹏, pinyin Lĭ Péng), né le 20 octobre 1928) a été le président du Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire de la République populaire de Chine (RPC) de 1998 à 2003 et fut le numéro deux du Parti communiste chinois (PCC) après Jiang Zemin au sein du Comité permanent du bureau politique jusqu’en 2002. Il fut Premier ministre entre 1987 et 1998.

Obsédé par la stabilité sociale et politique, Li Peng a mené une politique prudente de réformes économiques en Chine. Durant son mandat de Premier ministre il a supervisé une économie qui progressait grossièrement au rythme de 10 % l’an en termes de produit national brut (PNB). Parce qu’il fut le responsable politique de la violente répression des manifestations de la place Tian'anmen en 1989, il ne fut jamais très populaire en Chine.

Origines[modifier | modifier le code]

Li Peng est né à Yibin, dans la province de Sichuan. Il est le fils de l’écrivain Li Shouxun, un des premiers martyrs révolutionnaires du PCC. Li Peng devint orphelin à l’âge de trois ans lorsque son père fut exécuté par le Guomindang en 1930[1]. L'orphelin fut adopté en 1939 par Zhou Enlai, peut-être le fondateur de la RPC le plus respecté après Mao Zedong[1]. En 1945, Li Peng, encore adolescent, rejoignit les rangs du Parti communiste chinois.

Accès au pouvoir[modifier | modifier le code]

Comme d’autres cadres du parti communiste de la troisième génération, Li Peng reçut une éducation technique. En 1941 il commença des études à l’Institut des sciences naturelles de Yan'an qu’il poursuivit au collège de Yan'an puis au lycée professionnel de Zhangjiakou jusqu’en 1946.

Il fut ensuite employé comme technicien à la Compagnie de l'énergie du Shanxi-Chahar-Hebei, puis comme cadre et secrétaire du parti de la succursale de cette entreprise Harbin Huile, dans la province du Heilongjiang.

En 1948, il fut envoyé poursuivre ses études à l’Institut de génie énergétique de Moscou où il se spécialisa et obtint son diplôme d’ingénieur en hydroélectricité[1]. Durant cette période il fut président de l’association des étudiants chinois en Union soviétique. Un an plus tard, Zhou Enlai devint Premier ministre de la République populaire de Chine nouvellement créée.

Après son retour en Chine en 1955, Li Peng devint directeur adjoint et ingénieur en chef de l’usine hydroélectrique de Fengman dans le nord-est de la Chine. Ultérieurement il fut nommé ingénieur en chef adjoint de l’administration de l’énergie de la Chine du Nord-Est, directeur du département de la distribution d’électricité, directeur de la centrale électrique de Fuxin et secrétaire adjoint du comité du parti de l’usine.

Li Peng évita les difficultés de la Révolution culturelle durant la période 1966-1976. Il occupa les postes de secrétaire par intérim du comité du parti du bureau de Pékin de l'alimentation électrique, président du comité révolutionnaire du bureau, secrétaire adjoint du comité du parti de l’administration de l’énergie de Pékin et président du comité révolutionnaire et secrétaire du groupe dirigeant du parti de l’administration.

Li Peng progressa politiquement en devenant en 1979 ministre adjoint du ministère de l'Industrie des énergies d’État puis ministre en 1981. Entre 1979 et 1983, il fut aussi le secrétaire du parti au sein du ministère de l’Industrie des énergies d’État et vice-ministre et secrétaire adjoint du parti au sein du ministère des Ressources hydrauliques et de l’Énergie.

Après que Li Peng fut élu membre du Comité central du PCC au douzième congrès national du PCC en 1982, il fut nommé au Politburo et au Secrétariat du parti en 1985, puis au Comité permanent du Politburo en 1987, quand il devint Premier ministre par intérim (dans le 13e Politburo). Début 1983, Li Peng devint vice-Premier ministre du Conseil des affaires de l'État de la République populaire de Chine. Début 1985, il fut aussi responsable de la commission d’État sur l’éducation.

Les travaux de Li Peng portaient sur les problèmes d’énergie, de communication et de matières premières. Les problèmes sociaux d’inflation, de migration urbaine et de demande d'extension des libertés individuelles, le forcèrent à prendre parti.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

En janvier 1987, Hu Yaobang, un proche de Deng Xiaoping et un fervent partisan des réformes, est tenu pour responsable d'une série de manifestations et est obligé de démissionner du poste de secrétaire général du PCC. Le Premier ministre Zhao Ziyang, un réformateur, est nommé secrétaire général. Afin de conserver un équilibre politique, le conservateur Li Peng quitte ses fonctions de vice-Premier ministre et de ministre de l’Électricité et de l’Eau pour devenir Premier ministre de la République populaire de Chine.

Après sa nomination comme secrétaire général, Zhao propose en mai 1988 d’accélérer la réforme des prix. L'importante inflation attise le mécontentement et permet au camp conservateur de réclamer une centralisation plus poussée de l’économie ainsi qu’une limitation plus grande des influences occidentales. Ceci entraîne un débat politique qui devint de plus en plus passionné au cours de l’hiver 1988-1989.

À la mort de Hu Yaobang le 15 avril 1989, des manifestations menées par des étudiants, des universitaires et des intellectuels demandent sa réhabilitation politique et une accélération des réformes. Ces manifestations de 1989 font suite à plusieurs mouvements semblables, en 1983, 1985, puis au cours de l'hiver 1986-1987.

Proche des conservateurs, en particulier de son mentor Chen Yun, Li Peng est partisan d'une centralisation économique planifiée plus grande et d'une croissance économique plus faible. Il prône que la croissance économique et la transition à une économie de marché doivent reposer sur la stabilité sociale et politique.

Dans la nuit du 21 avril, les manifestants s'installent sur la place Tian'anmen. Ils revendiquent une plus grande lutte contre la corruption et la défense des libertés garanties par la constitution de la RPC. Les manifestations s’étendent à d’autres villes, y compris Shanghai et Canton.

Le gouvernement de Zhao Ziyang, du camp réformiste, souhaite une solution négociée et pacifique. La venue de Mikhail Gorbatchev à Pékin et la déstabilisation des régimes communistes en Europe de l'Est le met en minorité. Les partisans d'une résolution du conflit par la force, conduite par Li Peng, mettent Zhao Ziyang en minorité. Zhao Ziyang est immédiatement limogé, et placé en résidence surveillée.

La loi martiale est proclamée le 20 mai 1989. Dans la nuit du 3 au 4 juin, les 27e et de la 28e armée entrent dans Pékin. Les affrontements sont violents. Le nombre de victimes civiles va de 300 selon le gouvernement chinois à un millier selon Amnesty International[2],[3],[4].

Après la crise de Tian'anmen, Li Peng est réélu au comité permanent du Politburo durant la première session plénière du quinzième comité central du PCC. Avec le soutien des conservateurs, il essaye de revenir sur les réformes du marché et d’accroître le rôle de la planification administrative. Les gouverneurs provinciaux et Deng Xiaoping s'y opposent avec succès.

Dans la décennie qui suit Li Peng rend de nombreuses visites en pays étrangers, contribuant au développement de relations de coopération entre la RPC et d’autres pays[réf. nécessaire].

Président de l'Assemblée nationale populaire[modifier | modifier le code]

Il est membre du 14e Politburo puis du 15e.

Après deux mandats de Premier ministre, limite constitutionnelle, Li Peng fut nommé président de l’Assemblée nationale populaire. Il consacra une grande partie de son temps à surveiller les travaux du barrage des Trois-Gorges qu’il considère comme le projet de sa vie.

Durant son mandat de président de l’Assemblée nationale populaire, Li Peng s’attacha à accroitre les prérogatives institutionnelles de l’Assemblée nationale populaire.

Héritage[modifier | modifier le code]

Bien que retiré des affaires, Li garde une certaine influence au sein du PCC. Luo Gan, membre du Comité permanent du bureau politique est considéré comme son protégé.

Li Peng est un des politiciens les plus impopulaires en Chine, en raison de son manque de charisme, de son image de jusqu’au-boutiste et de son rôle dans la répression des protestations de Tian'anmen.[réf. nécessaire]

Plainte pour génocide au Tibet[modifier | modifier le code]

À la suite du dépôt d'une plainte par le Comite de Apoyo al Tibet, la Casa del Tibet et son président-fondateur Thubten Wangchen, député du Parlement tibétain en exil ayant la nationalité tibétaine[5], le 11 janvier 2006, la Cour suprême d'Espagne avait annoncé qu'elle allait instruire une enquête concernant l'implication de sept anciens dirigeants chinois, entre autres l'ancien président Jiang Zemin et l'ancien Premier ministre Li Peng, dans un « génocide au Tibet ». Cette instruction était la conséquence d'un arrêté de la Cour constitutionnelle espagnole du 26 décembre 2005 qui autorisait le traitement des plaintes pour génocides, même si elles n'impliquaient pas de nationaux espagnols[6]. Si, à la suite de pressions émanant d'Israël, de la Chine et des États-Unis, le Sénat espagnol est amené, le 19 mai 2009, à limiter la loi de compétence universelle de sorte qu'elle ne s'applique qu'à des cas impliquant des Espagnols ou à des suspects présents sur le territoire de l'Espagne[7],[8], cela ne gène nullement la procédure, Thubten Wangchen, un Tibétain en exil possédant la nationalité espagnole[9]. Le 19 novembre 2013, la Cour nationale espagnole a rendu un arrêt qui devrait entraîner l'émission de mandats d'interpellation de Li Peng et de 4 autres anciens dirigeants chinois soupçonnés d'avoir bafoué les droits de l'homme au Tibet : Jiang Zemin, ancien président et secrétaire du Parti, Qiao Shi, ancien chef de la sécurité chinois et responsable de la Police armée du peuple pendant la période de la loi martiale au Tibet à la fin des années 1980 ; Chen Kuiyuan, secrétaire du Parti de la région autonome du Tibet de 1992 à 2001 et Deng Delyun (également connu sous le nom Peng Pelyun), ministre de la planification familiale dans les années 1990[10],[11]. Le 10 février 2014, la cour suprême espagnole demande l'émission d'un mandat d'arrêt international contre Jian Zemin, Li Peng et d'autres dirigeants pour génocide au Tibet[12].

Famille[modifier | modifier le code]

Article connexe : Princes rouges.

Sa soeur est Sun Weishi, elle aussi adoptées par Zhou. Lors de la révolution culturelle, Jiang Qing et Ye Qun (femme de Lin Biao) ont conspiré pour faire arréter secrétement Sun. Celle-ci a été condamnée sans procès et elle a été torturée dans une prison secrète avant de mourir.[réf. nécessaire]

Sa fille, Li Xiaolin, dirige l'entreprise de production d'énergie China Power International Development (en), l’un des cinq plus gros producteurs d’énergie, en Chine. Depuis 2013, son fils Li Xiaopeng, est gouverneur de la province de Shanxi[13].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) The man who took on the dissidents, CNN.com, 2001 : « His father, Li Shuo-hsin, was a writer with Communist sympathies who was executed in 1930 by Chiang Kai-shek's Nationalist Party, or Kuomintang. »
  2. How Many Really Died? Time magazine, June 04, 1990
  3. La tragédie Chinoise, Alain Peyrefitte, page 271
  4. (fr) « Massacre place Tiananmen », Radio-Canada (consulté le 09-07-2007)
  5. (en) Tibetan Genocide Victim to Testify before Spain's National Court, Phayul.com, 3 juin 2006].
  6. La justice espagnole se déclare compétente pour statuer sur une plainte pour "génocide contre le peuple tibétain"
  7. La compétence universelle de la justice espagnole remise en cause, 7sur7, 13 mai 2009.
  8. Sharon Weill, De Gaza à Madrid, l’assassinat ciblé de Salah Shehadeh, Le Monde diplomatique, septembre 2009 : « Par ailleurs, les pressions exercées par les gouvernements israélien, chinois et américain incitèrent le Sénat espagnol à limiter, le 19 mai 2009, la loi sur la compétence universelle à des cas impliquant des Espagnols ou des suspects présents sur le sol espagnol. »
  9. Tibet: la justice espagnole va enquêter sur Hu Jintao pour "génocide", AFP, 11 octobre 2013
  10. (en) Spanish court orders arrest of Chinese leaders including Hu Jintao, Phayul.com, 19 novembre 2013
  11. Jiang Zemin et Li Peng pourraient être arrêtés à l'étranger-Espagne, Reuters, 19 novembre 2013
  12. Tibet. L'Espagne demande l'arrestation de l'ex-président chinois, Ouest-France, 10 février 2014
  13. Patrick Boehler, Fils de princes, affaires et corruption, Le Monde Diplomatique, septembre 2012.