Réforme économique chinoise

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Panneau représentant Deng Xiaoping à Shenzhen, l'une des zones économiques spéciales les plus réussies créées par ses réformes.

La Réforme économique chinoise (改革开放; pinyin : Găigé kāifàng) fait référence au programme de changements économiques appelé « socialisme aux caractéristiques chinoises » en République populaire de Chine (RPC) en 1978 par les réformistes au sein du Parti communiste chinois dirigé par Deng Xiaoping.

L'économie chinoise avant la réforme[modifier | modifier le code]

Durant les années 1930, la Chine a développé un secteur industriel moderne, qui a stimulé la croissance économique modestement mais significativement. Avant l'effondrement du commerce international qui a suivi le début de la Grande Dépression, la part de la Chine dans le commerce mondial et son ratio du commerce extérieur au PIB atteint des niveaux qui n'avaient pas été recouvrés pendant plus de soixante ans.

L'économie a été fortement perturbée par la guerre contre le Japon et la guerre civile chinoise de 1937 à 1949, après quoi les communistes victorieux ont installé une économie planifiée[réf. souhaitée], réduisant l'extrême pauvreté et entreprenant de grands travaux d'infrastructure (centrales électriques, irrigation, extension des terres cultivables). Par la suite, l'économie a stagné et a été perturbée par la famine du Grand Bond en avant qui a tué entre 30 et 40 millions de personnes, et les purges de la Révolution culturelle ont davantage perturbé l'économie[réf. souhaitée]. Les citoyens chinois vivant dans les villes n'ont connu pratiquement aucune augmentation de leur niveau niveau de vie à partir de 1957. Sur le plan du commerce extérieur, il s'agit d'une période d'isolement sur la scène économique mondiale, la Chine n'ayant quasiment de relations commerciales qu'avec l'URSS ou des pays communistes d'Asie (Corée du Nord, Viêt Nam).

La performance économique de la Chine était ainsi pauvre en comparaison avec d'autres pays d'Asie voisins, comme le Japon, la Corée du Sud et la République de Chine de Tchang Kaï-chek. Après la mort de Mao Zedong, le Parti communiste chinois (PCC) se tourne vers des réformes plus libérales pour sauver l'économie défaillante.

Une réforme en deux étapes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Quatre modernisations.
Tendance du PIB nominal de la Chine de 1952 à 2012. À noter son augmentation rapide depuis la réforme de la fin des années 1970.

Les réformes économiques, introduisant les principes d'une économie de marché ont commencé en 1978 et ont été réalisées en deux étapes. La première étape, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, voit la décollectivisation de l'agriculture, l'ouverture du pays aux investissements étrangers et l'autorisation pour les entrepreneurs de se lancer dans des affaires. Cependant, la plupart des industries sont restée propriété de l'État. La deuxième étape de la réforme, à la fin des années 1980 et 1990, voit la privatisation et la sous-traitance de nombreuses industries d'État et la levée du contrôle des prix, des politiques protectionnistes et des régulations de l'économie, bien que l'État chinois conserve le monopole de certains secteurs tels que la banque et le pétrole. Le secteur privé a augmenté remarquablement, il représentera en effet près de 70 % du produit intérieur brut chinois en 2005[1]. De 1978 à 2013, une croissance sans précédent a lieu, l'économie enregistrant une croissance de 9,5 % par an. L'économie de la Chine a dépassé celle du Japon en 2010, plus grande économie asiatique, et est devenue la deuxième puissance économique mondiale (derrière les États-Unis) et devrait devenir la première puissance économique mondiale d'ici à 2025. L'administration Hu-Wen a néanmoins régulée et contrôlée davantage l'économie depuis 2005, mettant fin à certaines réformes[2].

Analyse et critiques[modifier | modifier le code]

Le succès des politiques économiques de la Chine (dues en partie à une stratégique fondée sur les exportations mais aussi à l'élan de 1989 en raison de l'effondrement du bloc soviétique, la Chine souhaitant éviter un sort semblable ainsi que les expériences ad hoc de la Russie du capitalisme de marché sous Boris Eltsine qui avait résulté en la hausse des puissants oligarques, de la corruption et la perte de recettes de l'État, exacerbant les disparités économiques), et les modalités de leur mise en œuvre ont donné lieu à d'immenses changements dans la société chinoise. Les programmes de planification gouvernementaux de grande envergure aux côtés des caractéristiques du marché ont réduit la pauvreté, tandis que les revenus et les inégalités de revenus ont augmenté, conduisant à un retour de bâton dirigé par la Nouvelle Gauche. L'accroissement des inégalités est attribué à la disparition de l'État-providence et les différences entre les provinces côtières (représentant le pôle économique et industriel du pays) et intérieures, rurales. De ce fait, on parle de « société à deux vitesses ». Sur la scène universitaire, les chercheurs ont débattu de la raison du succès de l'économie chinoise à « double vitesse » et les ont comparé aux tentatives de réformes du socialisme dans le bloc de l'Est et l'Union soviétique et à la croissance d'autres économies en développement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Engardio, Peter China is a private sector economy, http://www.businessweek.com/magazine/content/05_34/b3948478.htm (2005)
  2. (en) Scissors, Derek, Liberalization in reverse, http://www.heritage.org/Research/Commentary/2009/05/Liberalization-in-Reverse (2009)

Articles connexes[modifier | modifier le code]