Ding Zilin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Dans ce nom, le nom de famille, Ding, précède le nom personnel.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ding.

Ding Zilin

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Ding Zilin (2009 ou 2010)

Naissance 20 décembre 1936
Shanghai
Nationalité Chinoise
Profession professeur de philosophie
Autres activités
fondatrice et leader des Mères de Tiananmen
Conjoint
Jiang Peikun

Ding Zilin (chinois : 丁子霖), née le 20 décembre 1936, ancienne professeur de philosophie, est une des fondatrices et leader des Mères de Tiananmen[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Ding Zilin est la mère d'un étudiant mort en 1989 lors des manifestations de la place Tian'anmen[3]. Membre du parti communiste chinois de 1960 à 1992, se décrivant elle-même comme ayant été une « communiste sincère », elle considère le gouvernement de Beijing comme une dictature et appelle à un changement de régime[4].

Malgré la surveillance policière, le licenciement de son travail en tant que tuteur universitaire et l'expulsion du parti communiste, elle est devenue, selon la journaliste Susan Jakes du Time Magazine, le « leader symbolique de nombre de gens en Chine qui veulent que le gouvernement rende compte de ses actions cette nuit-là »[5]. Placée en résidence surveillée dès les années 1990, Ding a été à l'initiative d'une plainte contre l'ancien premier ministre Li Peng, responsable selon elle des 3 000 morts du 4 juin 1989. Ding Zilin tente depuis de recenser toutes les victimes de ces manifestations du 4 juin[6].

Lors de la quatrième conférence mondiale sur les femmes organisée par l'ONU en 1995 à Pékin, Ding est retenue pendant six semaines, avec son mari, pour empêcher les journalistes venus en Chine à cette occasion de la rencontrer[7].

En 2004, Amnesty International demande la libération de Ding Zilin, emprisonnée certainement pour l'empêcher de commémorer le 15e anniversaire des événements du 4 mai 1989 selon l'organisation non gouvernementale[8].

En 2005, elle produit une liste de 186 personnes tuées lors des manifestations et publie, à Hong Kong et un livre de 417 pages racontant les récits des familles en deuil[9].

Ding Zilin est l'une des 303 intellectuels chinois signataires de la charte 08, manifeste publié le 10 décembre 2008, pour promouvoir la réforme politique et le mouvement démocratique chinois[10].

Après l'attribution du prix Nobel de la paix à l'écrivain chinois Liu Xiaobo en octobre 2010, Ding Zilin et son époux Jiang Peikun sont incarcérés puis détenus en un lieu tenu secret[11]. Zhang Xianling, autre membre de l'association des Mères de Tiananmen, condamne alors « le gouvernement qui prive de sa liberté Ding Zilin »[12].

En mai 2014, Ding Zilin est de nouveau placée en résidence surveillée à l'approche du vingt-cinquième anniversaire des évènements[13].

Point de vue sur le Tibet[modifier | modifier le code]

Dans Tibetans' Rights and Chinese Intellectuals' Responsibility, livre du professeur James D. Seymour de l'université Columbia et professeur associé de l'université chinoise de Hong Kong[14], Ding Zilin déclare, au sujet du servage au Tibet, que l'idée qu'aurait existé un système brutal de servage dans lequel le peuple aurait vécu dans des conditions terribles est un élément de propagande du gouvernement chinois pour l'étranger[15].

Prix[modifier | modifier le code]

En 1996, Ding Zilin reçoit le prix de la Mémoire décerné à Paris par Danielle Mitterrand[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ding-zilin, 72-ans fondatrice des mères de Tian Anmen Arte. Tv,
  2. China Detains 3 Relatives Of Victims At Tiananmen The New York Times, 30 mars 2004
  3. Tiananmen figures: Victim's mother BBC News, 28 mai 2009
  4. Frédéric Koller, La révolte de Ding Zilin L'Express, 12 septembre 2009
  5. Susan Jakes Mother Courage Time Magazine, 5 avril 2004, « Despite police surveillance, dismissal from her job as a university tutor and expulsion from the Communist Party, she has become the symbolic leader for many people in China who want the government to account for its actions that night. »
  6. Michel Bonin, La Chine oubliée Persée, Accueil critique de l'ouvrage Chine : on ne bâillonne pas la lumière de Marie Holzman et Noël Mamère, 1997
  7. a et b Franklin Romain, Ding Zilin, ne pas oublier Tian AnmenLa dissidente chinoise recense depuis 1989 les victimes du massacre de Pékin. Libération, 20 décembre 1996
  8. Françoise Guillitte, Chine : Arrestation de trois Mères de Tiananmen Amnesty International, 14 avril 2004
  9. Perry Link, Ding Zilin Time magazine, 13 novembre 2006
  10. Charte 08 Le Figaro
  11. « Plusieurs militants proches de Liu Xiaobo auraient été arrêtés », Le Monde,‎ 18 octobre 2010 (lire en ligne)
  12. Chine: Des militants pro-démocratie réprimés Europe 1.fr, 18 octobre 2010
  13. Chine : les persécutions visant des militants de Tiananmen trahissent les mensonges du président à propos des réformes Amnesty international, 28 mai 2014
  14. Columbia University : James D. Seymour
  15. (en) Ding Zilin et Jiang Peikun, Tibetans' Rights and Chinese Intellectuals' Responsibility. in , Tibet Through Dissident Chinese Eyes: Essays on Self-Determinaton, ed Changqing Cao, Chʻang-chʻing Tsʻao, James D. Seymour, p. 33 : « The Chinese government disseminates unending propaganda abroad to the effect that Tibet once had a brutal system of serfdom, with people living under terrible conditions. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]