Liêm Hoang-Ngoc

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Liêm Hoang-Ngoc
Liêm Hoang-Ngoc en 2013.
Liêm Hoang-Ngoc en 2013.
Fonctions
Député européen
1er juin 20091er juillet 2014
Législature 7e Parlement européen
Biographie
Nom de naissance Liêm Hoang-Ngoc
Date de naissance 11 décembre 1964 (49 ans)
Lieu de naissance Saïgon (Viêt Nam)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de Université de Picardie
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Profession Maître de conférence (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

Liêm Hoang-Ngoc est un économiste et homme politique français, né le 11 décembre 1964 à Saïgon.

Cursus et expériences passées[modifier | modifier le code]

Après le lycée Louis Thuillier à Amiens, il intègre l'université de Picardie puis l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il obtient un doctorat en sciences économiques. Entre 1992 et 1994, il est chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales. Il est nommé maître de conférences à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne en 1994 et est membre du laboratoire Matisse (Unité Mixte de Recherche du Centre d'Économie de la Sorbonne, Paris I - CNRS). Il soutient sa thèse l'habilitant à diriger les recherches en 2003.

En 1996, il est l'un des initiateurs de l'« appel des économistes pour sortir de la pensée unique ». Il est le fondateur de l'éphémère revue Pétition en 1998. Il participe à la fondation d'ATTAC comme membre du conseil scientifique. En 2008, Il fait partie des animateurs du club de pensée « La Forge », initié par Noël Mamère et Benoît Hamon et est chroniqueur économique sur France Inter.

Engagé en politique au Parti socialiste, où il est proche d'Henri Emmanuelli, il est cofondateur du club Démocratie-Égalité (2001), secrétaire général du club Nouveau Monde (PS) (2002) et membre du conseil national du Parti socialiste depuis 2003. Il est secrétaire national adjoint à l'économie du Parti socialiste[1] de 2008 à 2012. Il est élu député européen socialiste le 7 juin 2009 sur la liste présentée par le Parti socialiste dans la région Est. Il est membre du bureau national du Parti socialiste depuis 2012.

Principales contributions[modifier | modifier le code]

Les travaux de Liêm Hoang-Ngoc proposent une lecture postkeynésienne de la réalité économique. Ils portent notamment sur les effets macroéconomiques de la répartition des revenus.

Dans Le Fabuleux destin de la courbe de Phillips (Presses universitaires du Septentrion, 2007), Liêm Hoang-Ngoc défend avec Marc Lavoie (auteur de la postface de l’ouvrage) une interprétation postkeynésienne de l’inflation et du chômage. La relation inverse entre l’inflation et le chômage, mise en évidence par Phillips en 1958[2], puis Samuelson et Solow en 1960[3], comporterait un plateau[4]. Dans une fourchette donnée de taux d’utilisation des capacités de production encadrant le taux normal (estimé à 85%), les fluctuations du chômage ne produirait pas d’effet sur l’inflation. La baisse du chômage ne créerait de l’inflation qu’au-delà d’un certain taux d’utilisation des capacités de production. Symétriquement, la hausse du chômage serait déflationniste en dessous d’un certain taux.

Article détaillé : Courbe de Phillips.

Dans Sous la crise, la répartition des revenus (La Dispute en 2009), Liêm Hoang-Ngoc propose une lecture de la crise des subprimes à partir d’un modèle néo-kaleckien[5],[6],[7]. Il montre en quoi, sous ses aspects financiers, la crise de 2008 est avant tout due à l’évolution inégalitaire de la répartition des revenus, intervenue au sein du capitalisme financier. La dynamique de l’économie est dès lors devenue tributaire du surendettement privé et public.

Plusieurs ouvrages de Liêm Hoang-Ngoc portent sur la question fiscale. Vive l’impôt (Grasset, 2007) trace ainsi les grandes lignes de l’histoire du système fiscal français depuis la Révolution. Il montre en quoi l’impôt progressif représente un pilier du modèle républicain où chaque citoyen participe à la solidarité nationale selon sa faculté contributive. Il confronte les projets de réforme fiscale défendus d’un côté par les néo-conservateurs, de l’autre par les progressistes. S’agissant du mode de financement de la protection sociale universelle, relevant de la solidarité nationale, il justifie son financement par l’impôt et non par la cotisation. Mais il critique le projet de remplacement de la cotisation sociale par la TVA, impôt dégressif, scénario privilégié par les conservateurs. Liêm Hoang-Ngoc prône, d’une part, le basculement de la cotisation sociale vers une contribution sociale généralisée (CSG) fusionnée avec l’impôt sur le revenu, d’autre part la création d’une CSG entreprise, assise sur l’ensemble de la valeur ajoutée (salaires + profits), en remplacement de la cotisation patronale.

Dans Il faut faire payer les riches (publié avec Vincent Drezet au Seuil en 2010), les auteurs explorent quelques scénarii de fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. L’assiette de la CSG est la plus large qui soit parce qu’elle concerne tous les revenus. Elle est individualisée et ne comporte pas de niches fiscales. La fusion peut consister à greffer sur l’assiette de la CSG un barème progressif, afin de financer les dépenses à caractère universel selon le principe de la faculté contributive du citoyen. La politique familiale ne passe plus, dans ce scénario, par le canal du quotient familial, mais par un crédit d’impôt universel et forfaitaire par enfant. Liêm Hoang-Ngoc et Vincent Drezet montrent que cet impôt sur les flux (le revenu) ne suffit pas à freiner l’accumulation de la rente, s’il n’est pas complété par un impôt sur le stock de patrimoine des individus. Les auteurs justifient ainsi l’existence d’impôts sur le patrimoine, dont l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est la version française. Ils discutent de l’assiette et du barème d’un futur impôt général sur le patrimoine.

Liêm Hoang-Ngoc questionne enfin le statut de science dure parfois attribué à une science économique réputée neutre de tout jugement de valeur. Dans Les Théories économiques, petit manuel hétérodoxe (La Dispute, 2011), il remet en cause les présentations orthodoxes de la pensée économique et propose une histoire hétérodoxe des théories économiques, des classiques à nos jours, en mettant en exergue leurs implications politiques et leur fonction idéologique.

Au Parlement européen[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de ses activités au Parlement européen, le député Liêm Hoang-Ngoc a siègé dans plusieurs commissions [8]. Ainsi, il est :

Membre[modifier | modifier le code]

  • De la Commission des affaires économiques et monétaires (ECON)
  • De la Délégation pour les relations avec les pays de l'Asie du Sud-Est et l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE).

Membre suppléant[modifier | modifier le code]

  • De la Commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO)

Autres repères[modifier | modifier le code]

  • Membre de la Mission interministérielle pour la célébration de la loi de 1901 (2000)
  • Secrétaire général du club Démocratie-Égalité (2000-2002)
  • Membre du Conseil National du Parti socialiste (depuis 2002)
  • Secrétaire général du club Nouveau Monde (2002-2005)
  • de Politis dans la rubrique « à contre-courant » (depuis 2003)
  • Membre du cercle de réflexion La forge (depuis 2007)
  • Chroniqueur économique sur France Inter, en binôme avec Bernard Maris pour la rubrique de 6h50 « l’autre économie » (2008)
  • Membre du Bureau National Parti socialiste Français depuis novembre 2012[9]
  • Représentant élu du Parlement européen au Comité consultatif européen de la statistique[10]

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 1990, il reçoit le prix Jacques Tymen de l'Association d'économie sociale.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Salaires et emploi, une critique de la pensée unique (1996)
  • la Monnaie unique en débat (1996)
  • Pour un nouveau plein emploi (1997)
  • La Facture sociale (1998)
  • Contre la dictature des marchés (1999), ouvrage collectif d'ATTAC
  • Politiques économiques (2000)
  • Politiques de l'emploi (2000)
  • Refermons la parenthèse libérale ! (2005).
  • Vive l'impôt ! (2007)
  • Le fabuleux destin de la courbe de Phillips (PUS, 2007)
  • 10+1 questions à Liêm Hoang-Ngoc sur la dette (2007)
  • Sarkonomics (Grasset, 2008)
  • Sous la crise, la répartition des revenus (La Dispute, 2009)
  • Il faut faire payer les riches (Seuil, 2010) coécrit avec Vincent Drezet
  • Les politiques de sortie face aux déséquilibres macroéconomiques en Europe (La Dispute, 2011)
  • Les théories économiques : petit manuel hétérodoxe (La Dispute, 2011)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Nos élus au Parlement européen », L'Hebdo des socialistes, no 534, samedi 13 juin 2009.
  2. Alban William Phillips, "The relation between Unemployment and the Rate of Change of Money Wages Rates in the UK, 1861-1957", Economica novembre 1958.
  3. Paul Samuelson, Robert Solow, "Problem of Achieving and Maintaining a Stable Price Level, Analytical Aspects of Anti-inflation Policy" American Economic Review, may, 1960, p. 177-194.
  4. C. Freedman, G.C Harcourt, P. Kriesler, "Consensus among economists revisited", Journal of Economic Education, Volume 34, no 4, 2003, p. 369-387.,Peter Kriesler, Marc Lavoie, "The new view on monetary policy: The new consensus and its post-Kenesian critique", document de recherche WP05-01, 2005, ROBINSON, Université d'Ottawa.
  5. Bob Rowthorn, "Demand, real wage and economic growth", Studi Economici, no 18, 1982.
  6. Lance Taylor, Income Distribution, Inflation and Growth, Lectures on Structuralist Macroeconomic Theory, The MIT Press, Cambridge, 1991.
  7. Marc Lavoie, Foundation of Post Keynesian Economics, Edward Elgar, Cheltenham, 1992.
  8. commissions
  9. [1]
  10. [2]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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