Khouzistan

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Province du Khouzistan
استان خوزستان
(Ostān-e Khuzestān)
Image illustrative de l'article Khouzistan
Administration
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Type Province
Capitale Ahvaz
Démographie
Population 4 345 607 hab. (2005)
Densité 68 hab./km2
Géographie
Superficie 64 055 km2

Le Khouzistan, Khuzestan ou Khouzestan (en persan : خوزستان) est une des 30 provinces d'Iran. Elle est située au sud-ouest du pays, aux confins de l'Irak et du Golfe Persique. Sa capitale est Ahvaz et elle couvre une surface de 62 238 km². Les autres villes principales de la province sont: Behbahan, Abadan, Andimeshk, Khorramshahr, Bandar Imam, Dezful, Shushtar, Omidiyeh, Izeh, Baq-e-Malek, Mah Shahr, Dasht-e-Azadegan, Ramhormoz, Shadegan, Shush, Masjed Soleiman, Āghā Jārī, Ile Minu et Hoveizeh.

Histoire et origine du nom[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom Khouzistan, qui signifie « Pays des Khuzi »[1], se réfère aux noms des premiers habitants de la province, le peuple Khuzi. Ce nom dériverait de l'élamite Ūvja[2].

La province a aussi été appelée Arabistan ou Arabestan au cours de certaines périodes après le XVe siècle, particulièrement depuis le règne de Tahmasp Ier (deuxième chah de la dynastie des séfévides) au XVIe siècle, après que Muhammad ibn Falah, un arabe à la tête des Msha'sha'iya, aient lancé des attaques sur le Khouzistan à partir de 1440, causant ainsi une augmentation graduelle des populations d'origine arabe au Khouzistan[3]

Reza Pahlavi a restauré le nom original de la province en 1923.

Histoire préislamique[modifier | modifier le code]

La province du Khouzistan est un des centres de civilisation antique, basé autour de Suse. Des archéologues français comme Jacques de Morgan ont daté les traces de civilisation remontant à plus de 8 000 ans av. J.-C. dans des sites tels que Tal-i Ali-Kosh. Le premier grand empire basé dans cette région était l'Empire élamite, un royaume non sémite indépendant de la Mésopotamie.

Les ruines archéologiques montrent que toute la province du Khouzistan était sous l'influence de la civilisation élamite[4].

En -640, les Élamites sont battus par Assurbanipal, faisant ainsi passer la région sous le joug des Assyriens, qui ont détruit Suse et Chogha Zanbil. Un siècle plus tard, Cyrus le Grand reconquiert les terres élamites et fait de Suse une des capitales achéménides. Darius Ie fait construire un palais portant le nom de Hadish à Suse en -521.

La chute des Achéménides en -330 laisse place aux Séleucides, jusqu'à ce que Mithridate Ie (-171/- 135) regagne de l'influence sur la région, profitant alors du déclin de l'empire séleucide. Les Sassanides, qui prennent le pouvoir en 220 de notre ère, établissent le centre de leur pouvoir dans cette région, et construisent passablement à Ahvaz, Shushtar et au nord d'Andimeshk.

Au cours du temps, des missionnaires nestoriens ont amené le christianisme dans la région, introduisant ainsi la langue araméenne. Pendant les 500 premières années de notre ère, la région a été appelée Beth Huzaye. À partir de 639, le siège de l'Église nestorienne était à Mahoze, le complexe comprenant Ctésiphon et Séleucie du Tigre.

Pendant les premières années du règne de Shapur II, (309 - 379), les Arabes ont traversé le golfe Persique à partir de Bahreïn pour atteindre Ardashir-Khwareh dans le Fars et se sont dirigés vers l'intérieur des terres. En représailles, Shapur a traversé le golfe jusqu'à Bahreïn et défait les tribus arabes de Taghleb, Bakr bin Wael, et Abd Al-Qays, puis a avancé jusqu'à Al-Yamâma au centre du Nejd. Les Sassanides ont déplacé ces tribus à Kerman et à Ahvaz.

L'existence d'un centre culturel et scientifique comme l'académie de Gundishapur, qui regroupait des savants grecs, égyptiens, indiens... montre l'importance et la prospérité de cette région à cette époque.

La présence d'Arabes en Iran n'aurait pas commencé avec la conquête islamique mais serait le résultat d'infiltrations mutuelles entre les civilisations perses et arabes (entre les tribus arabes civilisées, ahl al-madar et les arabes du désert, ahl al-wabar). Les tribus arabes des Bakr bin Wael et des Thamim étaient déjà présents dans le Khouzistan et le Fars avant l'arrivée des conquérants arabes. Certaines tribus arabes se sont battus du côté des Sassanides (Taghleb, Eyad) alors que d'autres se sont alliées aux conquérants arabes (Lakhmides, Shayban, Bakr bin Wael) pour se battre contre les Persans.

Conquête arabe du Khouzistan et période islamique[modifier | modifier le code]

Masjed Jāme' de Dezful.

L'invasion arabe du Khouzistan a eu lieu en 639 sous le commandement de Abu Musa al-Achari, originaire de Bassorah, qui a chassé les persans de Ahvaz. Suse est tombée en deux jours, provoquant la fuite de ses habitants vers Shushtar, qui a été assiégée pendant 18 mois. Shushtar est finalement tombée aux mains des arabes en 642.

Par la suite ont eu lieu la conquête de Gundishapur et d'autres villes le long du Tigre. La bataille de Nahavand a finalement laissé place aux armées musulmanes dans le Khouzistan[5].

Les garnisons arabes dans le sud de l'Iran ont vite été suivies d'autres types d'installations. Des familles arabes ont par exemple profité de l'opportunité de contrôler de grands domaines terriens[6].

C'est à l'époque Omeyyade que de grands groupes nomades des tribus Hanifa, Banu Tamim, et Abd al-Qays ont traversé le golfe persique pour occuper les riches territoires autour de Ahvaz et dans la province du Fars, entre 665 et 680[7]. L'émigration de tribus arabes continuera pendant le califat abbaside.

Le Khouzistan a été sous le contrôle des califats Omeyyades et Abbassides jusqu'à ce que Ya'qub bin Laith as-Saffar se soulève contre leur règne et gagne l'indépendance du Khouzestan par les armes, fondant alors la dynastie persane des Saffarides.

Durant la seconde partie du XVIe siècle, les Bani Kaab, originaires du Koweït, se sont installés au Khouzistan[8]. Par la suite, de nombreux autres arabes s'installeront au Khouzistan à partir du sud de l'Irak, ce qui provoquera une « arabisation » du Khouzistan[9]. D'après C.E. Boswoth dans l'Encyclopædia Iranica, la province était un gouvernorat général connue sous le nom d'Arabistan à partir des Safavides jusqu'à l'époque qajare.

Au milieu du XIXe siècle, la Grande-Bretagne initie une guerre avec l'Iran afin de contrôler le Khouzestan. Les forces tribales du Sheikh Jabir al-Kaabi, le Sheikh de Khorramshahr (appelée Mohammerah en arabe) ont défendu la province.

La Guerre Iran-Irak[modifier | modifier le code]

De par sa position à la frontière avec l'Iraq, la province est celle qui a le plus souffert en Iran de la guerre Iran-Irak. Elle était un des objectifs prioritaires de Saddam Hussein au cours de la guerre.

La plus grande raffinerie du pays, à Abadan a été détruite et n'a pas encore récupéré sa capacité d'avant-guerre. La plupart des nakhlestans (champs de palmiers) ont été détruits, de même que des villes et sites historiques. Cette guerre et l'occupation par les troupes irakiennes ont causé un exode massif vers d'autres provinces plus éloignées du front.

En 1982, les forces iraniennes ont réussi à faire reculer les forces irakiennes. La bataille de la « Libération de Khorramshahr » est un tournant de cette guerre et est célébrée officiellement chaque année en Iran depuis qu'elle a eu lieu.

Autonomie de la province[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de la république islamique d'Iran ne fait pas de recensement ethnique, il est donc difficile de savoir quelle est la démographie exacte de la province. Depuis le début des années 1990, de nombreux persans khouzistanis ont commencé à retourner dans leur province d'origine.

Le siège de l'ambassade iranienne à Londres en 1980 a été effectué par un groupe séparatiste arabe, le « Mouvement Populaire Arabe en Arabistan », qui demandait au départ l'autonomie du Khuzestan, et qui a finalement demandé la libération de 91 de ses camarades emprisonnés en Iran[10]. Le groupe a, dans les mois suivants, donné des conférences de presse en se référant au « règne raciste de Khomeini ». Il a menacé de mener d'autres actions internationales dans le cadre de sa campagne pour un Khuzestan autonome. Les liens de ce mouvement avec Bagdad ont servi à démontrer le fait qu'ils n'étaient pas seulement un mouvement d'opposition complètement iranien, mais au contraire soutenu par l'Iraq. Le chef de ce groupe, « Salim » - Awn Ali Mohammed, et quatre autres membres ont été tués, alors que le cinquième, Fowzi Badavi Nejad, a été condamné à la prison à perpétuité[11].

Géographie et climat[modifier | modifier le code]

La province du Khouzistan peut être divisée en deux régions : les plaines et les régions montagneuses. Les plaines sont situées au sud et à l'ouest de la province. Cette zone est irriguée par les rivières Karoun, Karkheh et Jarahi. Les régions montagneuses sont situées au nord et à l'est de la province, et constituent le sud de la chaîne montagneuse des Zagros.

Le Karoun, qui est la rivière la plus longue d'Iran (850 km), contribue à l'irrigation et à la fertilité de la terre avant de se jeter dans le golfe Persique.

Le climat du Khouzistan est généralement chaud et humide en été, particulièrement au sud, alors que les hivers sont plus secs et plus doux.

Population et culture[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

Traditions et religion[modifier | modifier le code]

Cuisine[modifier | modifier le code]

Le Khouzistan dans la littérature iranienne[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de l'Iran dépense de grosses sommes dans la province du Khouzistan. Le barrage Karoun-3 a été inauguré au début du XXIe siècle afin de satisfaire les besoins croissants en énergie du pays.

Le Khouzistan est la région produisant le plus de pétrole en Iran et est donc une des provinces les plus riches du pays. Le gouvernement d'Iran classe la province 3e d'Iran par son PIB[12].

En 2005, le gouvernement iranien a annoncé qu'il prévoyait de construire dans la province du Khouzistan[13] la Centrale nucléaire de Darkhovin, seconde centrale nucléaire du pays après la Centrale nucléaire de Bouchehr.

Le Khouzistan accueille aussi une des six zones franches d'Iran, la Zone franche d'Arvand[14].

Transport de marchandises[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

Éducation supérieure[modifier | modifier le code]

    1. Université des sciences et technologies nautiques de Khorramshahr
    2. Université des sciences médicales de Ahvaz Jundishapur
    3. Université technologique du pétrole
    4. Université Shahid Chamran de Ahvaz
    5. Université Shahid Chamran-Dezful
    6. Université islamique libre de Shushtar
    7. Université islamique libre de Abadan
    8. Université islamique libre de Omidiyeh
    9. Université islamique libre de Ahvaz
    10. Université islamique libre de Behbahan
    11. Université islamique libre de Izeh
    12. Université de technologie Amirkabir, campus de Mahshahr
    13. Université libre de Mahshahr

Lieux d'intérêt au Khouzistan[modifier | modifier le code]

L'organisation de l'héritage culturel de l'Iran liste 140 sites historiques ou culturels au Khouzistan.

Les sites les plus connus sont :

  • Chogha Zanbil: un des sièges de l'empire élamite. Cette ziggourat est un temple de 5 étages. Le temple a été construit en l'honneur de Inshushinak, le dieu protégeant la ville de Suse.
  • Shush-Daniel : Lieu où est enterré le prophète Daniel, qui était vénéra par Cyrus le Grand. Il serait mort à Suse, sur le chemin de Jérusalem où l'avait envoyé Darius. La tombe de Ya'qub bin Laith as-Saffar, qui s'est élevé contre l'oppression du califat omeyyade est située à proximité.
  • Dezful (Dezh-pol) : le nom de la ville vient d'un pont bâti sur la rivière Dez sur ordre de Shapur Ier.
  • Shushtar : une des plus vieilles villes fortifiées d'Iran, connu sous le nom de « ville des 40 anciens » en dialecte local. La mosquée du Vendredi de Shushtar a été construite par les Abbassides
  • Izeh, ou Izaj : une des cibles de l'armée islamique ayant envahi l'Iran lors de la conquête islamique.
  • Masjed-e Soleyman, une ville antique qui possède des autels du feu et des temples tels que Sar-masjed et Bard-neshondeh. C'est aussi l'endroit où les tribus Bakhtiari passent l'hiver et où William Knox D'Arcy a creusé le premier puits de pétrole en Iran.
  • Abadan serait la ville où est enterré le prophète hébreu Élie (Ilyâs en arabe).
  • Iwan de Hermès, et Iwan de Karkheh, deux ruines énigmatiques au nord de Suse.

Personnalités célèbres originaires du Khouzistan[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. voir l'article « Khuzestan » dans le Dictionnaire Dehkhoda
  2. The Cambridge History of Iran, 2, 259, (ISBN 9780521200912)
  3. (en) Encyclopaedia Britannica
  4. S. Percy Sykes, A History of Persia, RoutledgeCurzon Publishers. 3e édition, 2003, ISBN 0-415-32678-8 p.38
  5. Encyclopedia Iranica, p.206
  6. Encyclopedia Iranica, p.212
  7. Encyclopædia Iranica, p.215, article « Arab Tribes of Iran »
  8. J.R. Perry, « The Banu Ka'b: An Amphibious Brigand State in Khuzestan », Le Monde Iranien et L'Islam I, 1971, p.133
  9. Encyclopedia Iranica, p2.16
  10. Voir
  11. BBC link: http://news.bbc.co.uk/1/hi/in_depth/uk/2000/iranian_embassy_siege/720640.stm
  12. (fa) Site du gouvernorat du Khuzestan
  13. (en) BBC http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/middle_east/4498932.stm
  14. Lien: http://www.iftiz.org.ir

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Liens généraux[modifier | modifier le code]