Intermittent du spectacle

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Équipe de tournage cinéma.

Un intermittent du spectacle est en France un artiste ou technicien qui travaille par intermittence (alternance de périodes d'emploi et de chômage) pour des entreprises du spectacle vivant, du cinéma, et de l'audiovisuel et qui bénéficie, suivant des critères de nombres d'heures travaillées, et après une cotisation supplémentaire appliquée uniquement à cette tranche socio-professionnelle, d'allocations chômages. Il y avait 9 060 allocataires en 1984, 41 038 en 1991[1], et 106 000 en 2013[2]. Ces annexes au régime général, spécifiques à la France, sont facteur de tensions entre partenaires sociaux[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Création de l'état d'intermittent[modifier | modifier le code]

Les productions des entreprises du spectacle sont souvent par nature limitées dans le temps, ce qui les amène à contracter avec des artistes, techniciens, ouvriers, sur des périodes définies, quand bien même elles salarient éventuellement par ailleurs du personnel « permanent », en contrat à durée indéterminée. Elles peuvent engager un artiste ou un technicien, dans le cadre d'une production, pour un contrat d'une journée ou plus[4].

En France, ils sont salariés, et n'exercent pas en libéral, contrairement à ce qui se pratique de plus en plus dans d'autres pays européens (et donc à des coûts supérieurs) comme l'Allemagne, l'Italie ou le Royaume-Uni qui n'ont pas de régime d'assurance chômage spécifique pour les emplois correspondants à ceux des « intermittents du spectacle » français[5], comme dans d'autres pays du monde, notamment aux États-Unis.

Cette situation particulière de succession de contrats à durée déterminée, d'alternance de périodes d'emploi et de chômage, a amené les partenaires sociaux siégeant à l'Unedic à aménager des dispositifs particuliers quant à leur accessibilité aux droits d'indemnité chômage.

En 1936 est créé le régime salarié intermittent à employeurs multiples pour les techniciens et cadres du cinéma[6]. Ce régime est encouragé par les producteurs de cinéma qui à l'époque ne trouvaient pas de techniciens, souvent des artisans et des ouvriers dans diverses corporations (menuisiers, peintres, décorateurs, ensembliers). Ceux-ci préféraient travailler chez un patron en fixe avec une paye toute l'année, d'où la difficulté pour le cinéma de trouver du personnel pour des périodes courtes et ponctuelles. Avec ce régime particulier, ils pouvaient travailler pour des films quelques mois et le reste du temps une caisse leur donnait une indemnité pour continuer à vivre et surtout à être disponibles. Le nombre de personnes concernées était à l'époque très modeste.

En 1965, Mise en place de l'annexe 8 au régime général d'assurance chômage qui s'applique au secteur cinématographique. Elle est ensuite étendue aux techniciens du disque et de l'audio-visuel.

En 1969, les artistes interprètes sont intégrés au régime d’intermittent, puis les techniciens du spectacle vivant[6].

En 1992 renégociation des annexes 8 et 10, en vue de corriger le déficit financier de l'assurance chômage.

En octobre 1998 un accord interbranches est conclu pour permettre l'utilisation d'un contrat de travail à durée déterminée « d'usage » (CDD d'usage).

Début d'une période de crise qui culmine à l'été 2003.

Accords de 2003[modifier | modifier le code]

Le 26 juin 2003, un protocole d’accord entre le MEDEF et trois centrales syndicales est signé, au cours duquel les annexes (8 et 10) sont modifiées. Depuis, 507 heures de travail sur dix mois sont nécessaires pour être indemnisé pendant huit mois[7]. Ces accords ont pour objet d'adapter à la convention d'assurance chômage en vigueur les dispositions des annexes à la convention du 1er janvier 1997. En outre, ces accords concourent au rétablissement de l'équilibre financier du régime d'assurance chômage.

La CGT, qui est fortement représentée dans ces catégories professionnelles, conteste le contenu de ces accords, considérant qu'ils dégradent les conditions d'indemnisation des intermittents du spectacle, de la production cinématographique et de l'audiovisuel, sans contribuer au rétablissement de l'équilibre du régime d'assurance chômage, ni remédier aux nombreux abus et fraudes qui seraient, selon elle, la cause essentielle de l'écart croissant entre les cotisations acquittées par ces professions et les prestations versées.

Une tractation aurait eu lieu entre François Chérèque (CFDT) et le Premier ministre de l'époque, Jean-Pierre Raffarin, en « échangeant » des conditions plus favorables pour les infirmières (dans le cadre de la réforme des retraites) contre un soutien de la CFDT au gouvernement sur la question des intermittents[8].

Force ouvrière dénonce également l'absence de mesures permettant de lutter contre les abus et la précarité du travail, ainsi que d'une réflexion liant la situation de l'emploi avec le mode de financement du régime d'assurance chômage. Elle affirme que ces accords seraient incompatibles avec les dispositions législatives et règlementaires relatives à la détermination de l'allocation journalière, à l'équilibre financier du régime d'assurance chômage, ainsi qu'aux sanctions qui peuvent être arrêtées à l'encontre des employeurs ne respectant pas les obligations prévues en matière de contributions. Ces arguments ont également été soulevés dans les nombreuses observations qui ont été adressées au ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité, à la suite de la publication au Journal officiel de l'avis engageant la procédure d'agrément de ces accords.

Au cours de l'été 2003, des grèves très suivies entraînent l'annulation de grands festivals d'été : Montpellier, Aix-en-Provence, Avignon, Francofolies[6].

Le nombre d'intermittents du spectacle est de plus de 254 000 personnes en 2011, soit un doublement en dix ans. Parmi ceux-ci, en 2011 également, 108 000 ont été indemnisés au moins une fois, soit une augmentation de plus de 50 % depuis 2002[9].

En 2012, la Cour des comptes dénonce la « dérive financière massive » du régime particulier des intermittents , qu'elle évalue à 1 milliard d'euros par an. L'Unédic conteste ce chiffre et estime le déficit à 300 millions, ajoutant que si ce régime spécial était supprimé, le coût pourrait être supérieur, en raison de la perception du RSA, dès lors, par beaucoup d'intermittents[réf. nécessaire].

En 2014, Le Medef demande la suppression du régime des intermittents dans le cadre plus général de l'assurance chomage. Un nouvel accord négocié qui durcit certains aspects du régime est fortement contesté.

Renégociations[modifier | modifier le code]

Cette réglementation est régulièrement renégociée au sein de l'Unedic de façon paritaire par les partenaires sociaux (les organisations et syndicats représentatifs des employeurs[6] — dont le MEDEF et la CGPME — et des salariés, dont la fédération CGT du spectacle). La présence de ces organisations pour négocier sur les modalités des annexes 8 et 10 est déduite de la solidarité inter-professionnelle.

Si les annexes 8 & 10 constituaient un régime "intermittent", seuls seraient présents les acteurs représentatifs du secteur. Le MEDEF par exemple y serait exclu car non représentatif de la majorité des employeurs du secteur d'emploi des intermittents.

Le cadre des négociations doit tous les 2 ans s'inscrire dans le principe de mutualisation des risques des différents secteurs d'emploi.

Ainsi, les intermittents font partie des salariés du privé et cotisent au régime d'assurance chômage selon des spécificités définies par leur contrat de travail, leur permettant d'accéder à des indemnités propres aux annexes correspondantes.

Dispositions conventionnelles[modifier | modifier le code]

Les annexes 8 et 10 de la convention de l'assurance chômage établissent les règles concernant les indemnités de chômage pour les intermittents du spectacle. L'annexe 8 concerne les ouvriers et techniciens de l'édition d'enregistrement sonore, de la production cinématographique et audiovisuelle, de la radio, de la diffusion et du spectacle vivant. L'annexe 10 concerne les artistes du spectacle : comédiens, musiciens, danseurs…

Critère des 507 heures[modifier | modifier le code]

Pour bénéficier des indemnités de chômage versées par l'Assedic, qui est une caisse interprofessionnelle de solidarité, l'intermittent doit justifier un certain nombre d'heures au minimum dans une période donnée.

Il faut avoir travaillé 507 heures ou 43 cachets au cours des 319 derniers jours pour les artistes ou des 304 derniers jours pour les ouvriers ou les techniciens[10].

À titre de comparaison, le régime général pour l'allocation chômage demande 122 jours d'affiliation ou 610 heures de travail au cours des derniers 28 mois pour les moins de 50 ans ou 36 mois pour les 50 ans et plus[11].

Pour un technicien, les journées sont de 8 ou 10 heures. 12 h à la condition sine qua non que l'employeur ait demandé (et obtenu, bien sûr) une dérogation de la part de l'inspection du travail. Faute de quoi, un technicien n'a pas le droit de travailler plus de 10 heures par jour, et 48 heures par semaine (du lundi 00.00 au dimanche 23.59).

Pour les artistes, le cachet représente un forfait de :

  • 12 heures (cachets dit isolés) pour les contrats de moins de 5 jours.
  • 8 heures (cachets dit groupés) pour les contrats supérieurs ou égaux à 5 jours.

Étant donné le caractère particulier culturel et économique du secteur, l'artiste et le technicien travaillent souvent en amont de tout contrat de travail signé. L'écriture d'un projet, la pratique de l'instrument par exemple sont rarement pris en charge par l'employeur.

Métiers et entreprises concernées[modifier | modifier le code]

Les intermittents du spectacle relevant des annexes 8 et 10 de l’Assurance chômage doivent appartenir a une des deux catégories suivantes[10] :

  • artiste du spectacle engagé par contrat à durée déterminée ;
  • ouvrier ou technicien engagé par contrat à durée déterminée et :
    • employé par une entreprise dont l’activité est répertoriée, suivant une liste de code NAF[12] ;
    • occupant des fonctions figurant sur la liste officielle[12].

Situation budgétaire des annexes 8 et 10[modifier | modifier le code]

Le système de protection d'assurance chômage repose sur la solidarité interprofessionnelle et la mutualisation des risques entre les employeurs et les salariés, tous secteurs et catégories professionnelles confondus[13]. Les annexes 8 et 10 ne sont pas une caisse spécifique, il n’y a pas un régime spécifique d’assurance chômage pour les intermittents. Il y a simplement des annexes au règlement de l’UNEDIC qui fixent des règles spécifiques pour les intermittents. C’est le principe même de la solidarité interprofessionnelle[14].

Cependant, il est couramment admis d'utiliser le terme « déficit » afin de déterminer le surcoût que représente le régime des intermittents par rapport aux autres catégories.

Utiliser le terme de déficit revient donc à vouloir extraire le ratio allocation/cotisation des travailleurs sous contrat CDDU (intermittent) du reste des travailleurs au régime général, ce qui est contraire à la logique de mutualisation des risques de l'assurance chômage[réf. nécessaire]. Ce type de démarche intellectuelle nie donc l'apport du secteur culturel à d'autres secteurs (restauration, tourisme, hôtellerie, luxe...)[13][réf. insuffisante].

En 2002 ce déficit était de 866 millions d'euros. Celui-ci n'a ensuite jamais été inférieur à cette valeur malgré les réformes successives[3]. Mathieu Grégoire, sociologue et maître de conférences à l'Université de Picardie (CURAPP) note cependant, que selon un calcul analogue, qu'en 2011, les salariés en CDD représentaient plus de 350 % de "déficit" de l'Unedic[15]

En 2009, 105 826 intermittents du spectacle ont été indemnisés par l'Unedic qui leur a versé 1,276 milliard d'euros pour 223 millions de cotisations versées. Le ratio indemnités perçues/cotisations s'élevait ainsi à 1,054 milliard d'euros.

Un "déficit" que la Cour des comptes désigne comme une « une dérive massive »[16]. L'UNEDIC contredit ce diagnostic en notant que le ratio indemnités/cotisations a évolué à la baisse passant de 800 % en 2002 à 547 en 2010[17][réf. insuffisante].

Néanmoins, cette méthode de calcul est dénoncée par certains experts (comme Mathieu Grégoire[18]), ou certains représentants des intermittents comme Samuel Churin de la Coordination des Intermittents et Précaires d’Île-de-France qui estime que « le déficit des annexes 8 et 10 des intermittents n'existe pas ».

La ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, estime, reprenant les chiffres de l'Unedic, le montant du "déficit" à 300 millions d'euros[19]. Ce chiffre correspond au « coût » des 100 000 intermittents si on les mettait au régime général. Mais, au sein de l'Unedic, l'association paritaire qui gère l'indemnisation des chômeurs, ce mode de calcul est considéré comme simpliste[20]. Par ailleurs, selon le député du Parti socialiste Jean-Patrick Gille, aucun calcul n'a pris en compte le coût des intermittents exclus du régime général qui pourraient prétendre au revenu de solidarité active.

Selon le site Actuchomage, ces 1,276 milliard représentent 1 000 euros d'indemnité par mois par intermittent, soit sensiblement la même moyenne que pour les indemnités chômage dans le régime général (1 200 €). Les deux chiffres ne sont cependant pas directement comparables, puisque l'intermittence conduit, par nature, souvent à percevoir dans un même mois des salaires et des indemnités. Pour l'association qui publie ce site d'information, les « véritables abus » seraient du côté des employeurs[21],[22].

Le rapport 2012 de la Cour des comptes souligne que le "déficit" du régime des intermittents du spectacle représente « un tiers du déficit total de l'assurance chômage, alors même que seules 100 000 personnes en bénéficient ». Ainsi, selon ce rapport, durant les dix dernières années, « le déficit cumulé du régime des intermittents s'est établi à un montant proche de l'endettement total du régime d'assurance chômage, soit 9,1 milliards d'euros à la fin 2010 ».

Début 2013, la Cour des comptes, dans une analyse concernant la forte dégradation des comptes de l'Unedic, pointe en particulier du doigt les plus grandes faiblesses du système actuel. Parmi celles-ci, sont à nouveau mises en cause les règles d'indemnisation des intermittents du spectacle du fait du « caractère massif des sommes en cause » et de leur impact sur le déficit global[23].

Cependant, entre 2008 et 2011, la dégradation du solde global du régime d'assurance chômage résulte d'abord de celui des CDI du régime général, qui avec la crise a diminué de près de 2 milliards d'euros, reconnaît la Cour des comptes.

Le rapport met en avant à quel point ce régime est favorable en comparaison du statut des intérimaires : les intermittents du spectacle « cotisent moins longtemps que les intérimaires (507 heures suffisent pour toucher le chômage, contre plus de 600 heures dans l'intérim) et profitent d'un niveau d'indemnisation supérieur à ces derniers ». La Cour des comptes évalue le niveau de fraude à « au moins 15 % des intermittents »[24],[25],[26]. Selon les chiffres de l'Unedic, cités par le rapport Gille, cette pratique concernait, en 2009, 5,9% des techniciens et 2,4% des artistes[27].

Selon Donald Hebert du Nouvel Observateur, « la Cour cependant ne prend pas en compte le temps de travail réalisé par les intermittents en dehors du secteur, pour combler leurs fins de mois (enseignement, petits boulots, etc.), via lesquels ils cotisent aussi au régime général sans y faire appel »[28]. Le CIP-IDF, collectif appelé en 2014 à la concertation par le gouvernement en place, rappelle également que la Cour des Comptes ne tient pas compte des 300.000 permanents du secteur (administrateurs de théâtre, salariés de boîte de production en CDI, etc.), qui cotisent au régime général, mais dont l'emploi dépend de celui des intermittents employés dans les mêmes entreprises[réf. nécessaire].

Selon d'autres sources, les intermittents du spectacle ne représentent que 3,5% des bénéficiaires des allocations chômage, et 3,4% des dépenses de l’Unédic[29],[30].

En novembre 2013, la Cour des comptes publie un nouveau rapport dans lequel elle souligne que les intermittents du spectacle sont « la catégorie de demandeurs d'emploi indemnisés bénéficiant, de loin, des règles les plus favorables »[31]. Elle ne prend cependant pas en compte le fait que les conditions d'emplois y sont les plus précaires toutes catégories confondues[réf. insuffisante][32],[33].

Michel Sapin, le ministre chargé du Travail, de l'Emploi et de la Santé, en 2013, indique que d'une façon générale, le diagnostic de la situation du régime des intermittents du spectacle, et a fortiori l'évaluation de son efficacité, sont extrêmement difficiles à réaliser en raison de la fragilité des données physiques ou financières existantes[réf. nécessaire].

Le rapport du 26 novembre 2013 de la Cour des comptes ouvre la porte pour la première fois à une conclusion différente de celle donnée habituellement : les intermittents ne seraient pas les principaux responsables du déficit de l’Assurance chômage. Les magistrats de la rue Cambon précisent néanmoins que cette situation est simplement conjoncturelle, alors que le déficit des intermittents du spectacle « présente un caractère structurel »[34].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Équipe de tournage télévision.

Le nouveau calcul de droits sur environ dix mois (au lieu du calcul annuel qui existait jusqu'en 2003) élimine de ce régime spécifique un grand nombre d'artistes[réf. nécessaire][Combien ?].

Certaines entreprises du spectacle, notamment dans le secteur de la télévision, sont accusées d'abuser du système, en multipliant les contrats d'intermittent au détriment des contrats de travail à temps plein. Ce régime est parfois utilisé pour des employés précaires techniciens ou administratifs (standardistes, maintenance, etc.). La réforme de l'intermittence de 2003 a tenté de mettre fin à ces pratiques, mais elles n'ont pas diminué depuis cette date[22]. L'économiste Pierre-Michel Menger a proposé la création d'un « compte employeur » qui ferait apparaître ce que chaque employeur fait dépenser à l’UNEDIC par ses pratiques d’emploi génératrices de droits à indemnisation. La création de ce compte employeur irait de pair avec l'introduction d'un principe de modulation des cotisations employeur à l’assurance-chômage, en fonction du comportement de chaque employeur, selon le mécanisme inventé pour les accidents du travail[35].

En février 2008, la Cour des comptes met à jour plusieurs irrégularités de la caisse des congés spectacle des intermittents : indemnités payées avec un an de retard, bénéficiaires fantômes, détournement des excédents de la caisse[36].

L'assiette de calcul du déficit est un sujet de controverse : pour le régime général, ce sont les cotisations et indemnisation de l'ensemble des salariés, chômeurs ou pas, qui sont prises en compte; pour le régime des intermittents du spectacle, ce sont leurs seules cotisations et indemnisation, sans tenir compte de celles des autres cotisants du monde du spectacle et de l'audiovisuel qui ne pourraient travailler sans les intermittents[réf. nécessaire]: de nombreuses structures, prestataires de services, radios, télévisions, théâtres, etc. ont également du personnel employé au régime général.

Chez France Télévisions, l'intermittence limitée aux techniciens (monteurs, opérateurs de prises de vue…) représente un peu plus de 10 % de la masse salariale. Les sociétés de production qui fournissent aux chaînes leurs programmes, celles qui fabriquent des films, mais aussi les parcs de loisirs sont de gros utilisateurs de ces contrats. En 2011, Euro Disney a recruté environ 1 500 « artistes » en contrat d'intermittence pour ses parades et autres spectacles. Radio France est le premier employeur d'intermittents, avec 6 000 contrats signés, et les seuls employés permanents ne pourraient assurer son fonctionnement[réf. nécessaire]. La réunion de tels personnels permanents et des intermittents dans un hypothétique « régime du spectacle » aboutirait vraisemblablement pour ce dernier â un déficit moindre que celui de l'actuel régime des intermittents. Le 20 décembre 2012, Mathieu Grégoire, maitre de conférences à l'Université de Picardie (CURAPP), avance à l'Assemblée Nationale pour la mission d'information sur l'emploi dans les métiers artistiques, qu'« il n'est pas pertinent de comparer le déficit supposé des annexes 8 et 10 aux résultats comptables de l'Unedic en général et encore moins de dire qu'il est responsable de "x"% du déficit général »[37],[38].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le régime des intermittents du spectacle, toujours déficitaire - Francis Kessler, Le Monde, 6 février 2012
  2. Déficit du régime des intermittents : « Au loup, un milliard ! » - Étienne Baldit, Public Sénat, 22 février 2013
  3. a et b Leïla de Comarmond, « Le régime des intermittents plombe les comptes de l'Unedic », Les Échos,‎ 28 janvier 2011 (lire en ligne)
  4. Pénibilité intermittente et intermittents pénibles, cee.e-toile.fr, 24 juin 2014
  5. Étude de législation comparée n° 241 - décembre 2013 - L'indemnisation du chômage des intermittents du spectacle - Sénat français, décembre 2013
  6. a, b, c et d Régime des intermittents : un peu d'histoire - Alain Rabot, Légi Spectacle
  7. Rapport relatif à l'indemnisation du chômage des intermittents du spectacle
  8. Le "deal" Chérèque-Raffarin de 2003 - Christophe Jakubyszyn, Le Monde, 27 septembre 2007
  9. Le dossier miné des intermittents du spectacle, lepoint.fr, 19 juin 2014
  10. a et b Les intermittents du spectacle - Pôle emploi
  11. Les conditions d'attribution de l'Aide au Retour à l’Emploi - Pôle emploi
  12. a et b Avenant no 1 à l'annexe VIII au règlement général à la convention du 19 février 2009 relative à l'indemnisation du chômage - Pôle emploi [PDF]
  13. a et b « UNEDIC Dossier de Presse »
  14. « Le deficit des annexes 8 et 10 n'existe pas »
  15. « Le régime des intermittents n'est pas un privilège »
  16. Des intermittents au prix fort - Marc Landré, Le Figaro, 13 mai 2012
  17. Rapport Cour des comptes
  18. Le déficit des annexes 8 et 10 des intermittents n’existe pas - Audition de Mathieu Grégoire à l’Assemblée Nationale, 20 décembre 2012
  19. La Matinale du 22-02 : Aurelie Filipetti - La Matinale, 22 février 2013 [vidéo]
  20. « Le régime des intermittents coûte-t-il un milliard d'euros ? »
  21. Régime des intermittents : un faux procès, Sophie Hancart, Actuchomage.org, 28 janvier 2011
  22. a et b La gestion du régime d’indemnisation des intermittents du spectacle - Cour des comptes, 2006
  23. Chômage : les indemnités des cadres dans le collimateur - Marc Landré, Le Figaro, 23 janvier 2013
  24. Cour des comptes : La « dérive massive » des intermittents du spectacle - Thomas Morel, France-Soir, 8 février 2012
  25. Intermittents du spectacle : une dérive « insoutenable » - Véronique Le Billon, Les Échos, 8 février 2012
  26. Le régime des intermittents du spectacle : la persistance d’une dérive massive - Rapport de la Cour des comptes, février 2012 [PDF] (voir archive)
  27. « Quatre batailles de chiffres autour des intermittents du spectacle »
  28. « Regime des intermittents. 4 questions pour comprendre. »
  29. « Greve des Intermittent. Pour tout comprendre. »
  30. « Intermittents, leur plan de bataille »
  31. La Cour des comptes fustige une nouvelle fois l'indemnisation des intermittents - Marc Landré, Le Figaro, 26 novembre 2013
  32. « La précarité des intermittents, c'est pas du cinema »
  33. Intermittents et Précaires solidaires Place Gre'net, 6 juillet 2014
  34. Déficit de l'assurance-chômage : les intermittents ne sont pas les principaux responsables, selon la Cour des comptes - Le Monde, 29 novembre 2013
  35. Qui doit payer pour les intermittents ? - P.-M. Menger, Telos, mars 2006
  36. Nathaniel Herzberg, « Comment les intermittents du spectacle ont été lésés par leur caisse professionnelle », Le Monde,‎ 2 février 2008 (lire en ligne)
  37. Audition intégrale de Mathieu Grégoire sur l'intermittence du spectacle - YouTube [vidéo]
  38. Audition de la Coordination des Intermittents et Précaires d'Île-de-France (CIP-IdF), le 13 décembre 2012 à l'Assemblée Nationale - YouTube, 18e minute [vidéo]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Employeurs et intermittents du spectacle, Millénaire Presse, 2004
  • Le Guide des intermittents du spectacle, Millénaire Presse, 2003
  • Pierre-Michel Menger, Portrait de l'artiste en travailleur, Le Seuil / La République des idées, 2002
  • Pierre-Michel Menger, Les intermittents du spectacle. Sociologie d'une exception, Éditions de l'école des hautes études en sciences sociales, 2005
  • Frédéric Chhum, Les Intermittents du spectacle, Guide juridique, Lexisnexis, février 2013
  • Frédéric Chhum, L'Intermittent du spectacle, les nouvelles règles après la réforme de 2003, Litec, 2004
  • Frédéric Chhum, Intermittents du spectacle, quels sont vos droits ?, Prat, 2004
  • Pascal Nicolas-Le Strat, L'Expérience de l'intermittence dans les champs de l'art, du social et de la recherche, L'Harmattan, 2005
  • Frédéric Chhum, « La répression du travail illégal dans le spectacle : entre sanctions pénales et sanctions administratives », article de Légipresse, décembre 2006, p. 158 et suivantes
  • Frédéric Chhum, « Le régime d'assurance chômage 2007-2008 des salariés, intermittents du spectacle », article de Légipresse, juin 2007, p. 69 et s.
  • Michel Surya, Portrait de l'intermittent du spectacle en supplétif de la domination, Nouvelles Éditions Lignes, septembre 2007
  • Éric Gaulupeau, article Sono Magazine, octobre 2003 et octobre 2007
  • Antonella Corsani et Maurizio Lazzarato, Intermittents et Précaires, Éditions Amsterdam. 2008
  • Jérémy Sinigaglia, Artistes, intermittents, précaires en lutte. Retour sur une mobilisation paradoxale, Presses universitaires de Nancy, 2012
  • Chloé Langeard, Les intermittents en scènes. Travail, action collective et engagement individuel[1], Presses universitaires de Rennes, 2013
  • Mathieu Grégoire, Les intermittents du spectacle : enjeux d'un siècle de luttes, La Dispute, 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]