Ibrahim Maalouf

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Ibrahim Maalouf

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Ibrahim Maalouf en 2006.

Informations générales
Nom de naissance Ibrahim Maalouf
Naissance 5 novembre 1980 (33 ans)
Beyrouth (Liban)
Activité principale Trompettiste, compositeur, arrangeur musical
Genre musical Jazz, jazz-rock fusion, musique classique
Instruments Trompette
Années actives Depuis 1997
Labels MisTer Productions
Site officiel ibrahimmaalouf.com

Ibrahim Maalouf est un musicien (trompettiste et pianiste), compositeur, notamment de musiques de films, arrangeur, producteur et professeur d'improvisation et de trompette franco-libanais. Il est né le 5 novembre 1980 à Beyrouth (Liban).

Biographie[modifier | modifier le code]

Ibrahim Maalouf (arabe : ابراهيم معلوف) naît dans une famille d'intellectuels et d'artistes : fils du trompettiste Nassim Maalouf [1] et de la pianiste Nada Maalouf, neveu de l'écrivain Amin Maalouf, petit-fils de Rushdi Maalouf, journaliste, poète et musicologue. Ibrahim Maalouf est le seul trompettiste au monde à jouer la musique arabe avec la « trompette à quarts de tons », inventée par son père dans les années 1960. Ibrahim est également lauréat de grands concours de trompette classique au monde. En juillet 2010, il reçoit la Victoire de la révélation instrumentale de l'année (prix Frank Ténot)[2] aux Victoires du Jazz, à Juan-les-Pins. En 2013, il est à nouveau récompensé aux Victoires du Jazz, dans la catégorie Artiste ou formation de l'année [3]. Il reçoit également le titre de « Jeune artiste œuvrant pour le dialogue interculturel entre les mondes arabe et occidental » par la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, lors d’une cérémonie organisée le 13 avril 2011 au Siège de l’UNESCO. En 2014, Ibrahim reçoit une troisième victoire de la musique pour son 5ème album "Illusions", dans la catégorie Meilleur Album de Musiques du Monde. C'est une première dans l'histoire des Victoires de la Musique qu'un artiste de musique du monde récompensé soit un instrumentiste.

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Il naît le 5 novembre 1980, en pleine guerre civile au Liban. À cause des bombardements, sa famille ne peut l'enregistrer à l'état civil avant le 5 décembre[4].

Sa famille fuit le Liban en raison de la guerre, et Ibrahim Maalouf grandit en banlieue parisienne avec ses deux parents et sa sœur Layla de deux ans plus âgée que lui. Il y fait ses études jusqu'à l'âge de 17 ans et obtient un baccalauréat général scientifique avec une spécialité mathématiques au lycée Geoffroy-Saint-Hilaire d'Étampes (Essonne).

Ibrahim Maalouf débute l'étude de la trompette à l'âge de sept ans avec son père Nassim Maalouf, ancien élève de Maurice André au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Son père lui enseigne ainsi la technique classique, le répertoire baroque, classique, moderne, contemporain et également la musique arabe classique et l'art de l'improvisation et des modes arabes. Son père a aussi mis au point une trompette à quatre pistons ("trompette microtonale"), dont le quatrième piston offre la possibilité de jouer les quarts de ton, essentiels à la musique arabe. Ainsi, il fut son premier professeur, et il fut formé simultanément aux musiques occidentales et arabes. Autre particularité, Ibrahim a commencé à jouer de la trompette piccolo très jeune. Dès l'âge de neuf ans, il accompagne son père en duo à travers l'Europe et le Moyen-Orient sur du répertoire baroque de Vivaldi, Purcell, Albinoni, etc. C’est ainsi qu'il découvre le public et que le public le découvre lentement. À quinze ans, Ibrahim se fait remarquer par les professionnels, lorsqu'en concert avec orchestre de chambre, il interprète le 2e Concerto Brandebourgeois de Bach, considéré par de nombreux trompettistes comme étant l'œuvre la plus difficile dans le répertoire pour trompette classique[5]. Quelques années plus tard, Ibrahim rencontre Maurice André qui l'encourage à en faire son métier. Ibrahim décide alors d'abandonner ses études scientifiques, pour se consacrer définitivement à la musique.

Parcours classique et récompenses[modifier | modifier le code]

Ibrahim Maalouf entre alors sur concours au CNR de Paris dans la classe de Gérard Boulanger pour une formation de deux ans, où il obtient le Premier prix. Puis il entre sur concours au CNSM de Paris dans la classe d'Antoine Curé pour une formation de trois ans, et y obtient le Premier prix.

Pendant ces cinq années d'études, il se présente à de nombreux concours nationaux, européens et internationaux de trompette dans le but de découvrir le maximum de répertoires pour trompette et développer ainsi sa technique. Ainsi entre 1999 et 2003, il est lauréat de quinze concours à travers le monde parmi lesquels le 1er prix du concours International de trompette de Hongrie à Pilisvörösvár en 2001, le 1er prix du National Trumpet Competition (Washington DC) en 2001 et le 2e prix (ex aequo) au Concours International de la ville de Paris Maurice-André en 2003. La fondation Cziffra et la Fondation Européenne de la Culture Pro-Europa parrainée par le prince du Danemark l'aident également beaucoup à démarrer sa carrière classique internationale.

Depuis 2006, Ibrahim Maalouf est professeur de trompette au CNR d'Aubervilliers-La Courneuve. Il a succédé au pédagogue André Presles. En mai 2013, il annonce sa démission du CNR d'Aubervilliers-La Courneuve, en raison du décalage entre sa vision de l'enseignement de la musique dans un conservatoire et celle de la direction.

Il est régulièrement invité pour donner des master classes et récitals en France et dans le monde, notamment aux États-Unis où il se lie avec l'Université d'État du Kansas. Il est également souvent invité pour représenter la France lors de la conférence d'ITG (International Trumpet Guild) qui réunit tous les ans les trompettistes du monde entier pour des concerts et master classes.

Ibrahim Maalouf compose également pour différentes formations classiques. Ses œuvres pour trompette et orchestre ou pour orchestres seuls, ou divers ensembles sont régulièrement créées ou jouées, dans de nombreux festivals tels que le Printemps de Bourges ou le festival de Saint-Denis, notamment en 2012 la pièce "Point 33" créée avec l'Orchestre philharmonique de Radio France et la Maîtrise de Radio France.

En 2014 il reçoit la Victoire de l'album de musiques traditionnelles ou de musiques du monde, pour son album Illusions.

Ses rencontres et collaborations[modifier | modifier le code]

Ibrahim Maalouf n'a jamais laissé de côté la trompette arabe. Si les concours lui prennent la majeure partie de son temps, il continue cependant à aborder la musique sous d'autres aspects notamment l'improvisation et la composition à travers la musique arabe et le jazz. Durant ses études au CNSM de Paris, Ibrahim va aussi souvent écouter les cours de jazz que les cours de trompette classique. Sa formation autodidacte en jazz a été principalement construite à partir d'expériences en big band et en groupes divers auxquels il participe. Il joue ainsi assez régulièrement dans les clubs de jazz parisiens, mais change très souvent de formation à la recherche du son qui l'intéresse.

En 2000, il rencontre le producteur Marc-Antoine Moreau qui le présente au violoncelliste Vincent Ségal. C'est le début d'une longue série de rencontres. Amadou & Mariam, Matthieu Chedid, Lhasa de Sela, Angel Parra, Jeanne Cherhal, Arthur H, Marcel Khalifé... Ibrahim Maalouf se produit entre 2000 et 2007 avec de nombreux chanteurs et musiciens mondialement connus, et continue ainsi à découvrir le métier, tout en recherchant sa propre sonorité.

Il collabore avec son ami et chanteur français Vincent Delerm qui lui demande de l'accompagner sur sa tournée de l'album Les piqûres d’araignées, achevée en juin 2007. La même année, il assure la première partie de certains concerts de Vanessa Paradis lors du Divinidylle Tour.

En novembre 2008, Ibrahim Maalouf participe à l'opéra Welcome to the Voice composé par Steve Nieve (claviériste d'Elvis Costello) et mis en scène par Muriel Teodori, au théâtre du Châtelet. À cette occasion Ibrahim rencontrera sur scène entre autres, Elvis Costello, la soprano anglaise Sylvia Schwartz, et dans le rôle principal Sting qui lui demandera de jouer sur un des titres de son album If on a Winter's Night... sorti fin octobre 2009.

Ibrahim Maalouf repart en tournée avec Vincent Delerm (janvier 2009) dans une formule réduite où il s'amuse à jouer du piano, du Wurlitzer, du vibraphone, du synthétiseur, de la batterie et de la trompette, le temps de terminer son deuxième album qui voit le jour à l'automne 2009.

En 2013, Ibrahim Maalouf compose plusieurs titres de l'album Funambule de Grand Corps Malade.

Sa musique[modifier | modifier le code]

Ibrahim Maalouf compose depuis son plus jeune âge. Il présente ses compositions pour la première fois en 1999 seulement. Son premier groupe, "Farah", avait une couleur "jazz oriental" assez prononcée puisqu'il était accompagné d'un saxophone, un ney, une flûte traversière, un piano, une contrebasse, une guitare, un buzuq, et de percussions arabes. Un enregistrement de concert de ce groupe a été diffusé sur des chaînes musicales entre 2004 et 2005. Le groupe fera des essais studios, mais il n'y aura pas d'album.

En 2004, sa rencontre avec Lhasa de Sela lui ouvre la porte du monde de l'electro. Ses collaborations avec des chanteurs de pop et de rock lui font découvrir d'autres couleurs que le jazz, que le classique ou la musique arabe. C'est peu à peu qu'Ibrahim redirige ses compositions vers un univers plus actuel. En 2006, après de nombreuses tentatives et essais musicaux il rencontre Alejandra Norambuena Skira (du Fonds d'action Sacem) qui le présente au producteur Jean-Louis Perrier. Ce dernier l'aide à monter le groupe avec lequel il jouera en concert le 12 février 2006 au New Morning de Paris, concert qui l'installera définitivement sur la scène française de Jazz’Electro Oriental Rock.

Sa musique et sa façon de jouer la trompette sont fortement inspirées de sa culture d'origine libanaise, mais l'instrumentation autour de lui (basse, guitare électrique, batterie, percussions arabes et vibraphone) et les musiciens avec qui il se produit lui permettent de donner une couleur plus actuelle avec un peu rock, un peu électro et un peu Jazz-Funk. Pour son album "Diagnostic", il fait également appel à un ensemble féminin de percussions brésiliennes, la batucada Zalindê. On peut ainsi entendre du surdo, des caisses claires, et du chékéré sur une grande partie des morceaux qui composent l'album. Elles sont invitées à en parler à ses côtés, lors de l'émission "Le Pont des Artistes" sur France Inter, le 5 novembre 2011[6].

Ses concerts sont généralement construits autour de musiques entraînantes, donnant envie de danser. Mais il y a toujours une petite partie de ces concerts plus méditative, plus mystique, aux accents mélancoliques, qu'il aime comparer à des « prières collectives universelles ».

Filmographie[modifier | modifier le code]

Ibrahim Maalouf s'inspire beaucoup de sa culture d'origine, sujet qui a été traité d'ailleurs dans le documentaire Souffle !, réalisé par Christophe Trahand entre 2005 et 2006, et produit par la société cocottesminute productions. Christophe Trahand l'a suivi pendant quelques mois à la recherche de son inspiration et de son rapport avec son pays d'origine et la distance qui l'en sépare. Ce documentaire très poétique a été diffusé sur TV5 Monde et reste disponible en DVD.

Discographie[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive d'albums dans lesquels apparaît Ibrahim Maalouf :

Récompenses[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) http://www.lejournalinternational.fr/Les-Maalouf-le-Liban-et-la-trompette-orientale_a1170.html « Les Maalouf, le Liban et la trompette orientale », Samuel Chalom, Le Journal International, 16 août 2013
  2. Victoire de la Révélation Instrumentale de l'année
  3. « Ibrahim Maalouf honoré aux Victoires du Jazz », sur Le Parisien
  4. Dossier de presse d'Ibrahim Maalouf, accent-presse.com : « en fait, je suis né le 5 novembre mais à cause des bombes, mes parents ne purent me déclarer à l'état civil qu'un mois plus tard ».
  5. (en) The trumpet part is still considered one of the most difficult in the entire repertoire (…), article Brandenburg Concerto No. 2 in F major, sur Wikipedia en anglais
  6. http://www.franceinter.fr/emission-le-pont-des-artistes-carte-blanche-a-ibrahim-maalouf-sarah-nemtanu-zalinde-vincent-delerm-e

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]