Himiltrude

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Himiltrude, active dans le troisième tiers du VIIIe siècle, est une concubine ou épouse de Charlemagne, à qui elle donne un premier fils, Pépin le Bossu.

Biographie[modifier | modifier le code]

On sait assez peu de choses d'Himiltrude. Paul Diacre la désigne comme femme noble. Son nom apparaît dans les livres de certains monastères d'Alémanie, ce qui pourrait être une indication sur son origine. D'autres sources font d'elle la fille d'un comte de Bourgogne et une petite-fille de Grimbert I, comte de Paris[1]. Le fait que sa famille n'ait pas protestée lors de sa répudiation laisse supposer que celle noblesse est peu élevée[2].

Elle est la compagne de Charlemagne à l'époque où celui-ci devient roi des Francs (768), avec son frère Carloman. Elle lui aurait auparavant donné une fille, Amaudru[3].

Leur statut matrimonial n'est pas clairement établi. Elle peut avoir été une concubine de Charlemagne, comme l'indique Eginhard[4], suivi par Pierre Riché, ou une épouse de statut germanique (système de la Friedelehe), selon par exemple Dieter Hägermann (cf. bibliographie).

Leur liaison est perturbée lorsqu'un projet de mariage est lancé entre les deux rois francs et des princesses lombardes, filles du roi Didier. Le projet semble avoir été soutenu par la mère de Charlemagne, Bertrade[5], plus que par ses fils. La papauté est alors adversaire des Lombards et alliée des Francs depuis Pépin le Bref ; le pape Etienne III s'oppose catégoriquement au projet : on dispose encore de lettres adressées par lui à Charlemagne, dans lesquelles il affirme que le mariage avec Himiltrude est parfaitement légitime et ne doit en aucun cas être annulé au profit de Désirée de Lombardie[6].

Il semble que malgré cela, et malgré la naissance de Pépin le Bossu en 769, Himiltrude ait été répudiée en faveur de Désirée, qui sera d'ailleurs elle-même répudiée en 771.

Bannie Himiltrude est envoyée pour le restant de ses jours dans un couvent où elle décède à une date non connue[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Minois, Charlemagne, Perrin, Paris, 2010, pages 168-170Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dieter Hägermann, Karl der Große, Herrscher des Abendlands, Ullstein, 2003, p. 82 et suivantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Gerd Treffer, Die französischen Königinnen. Von Bertrada bis Marie Antoinette,‎ 8.-18. Jahrhundert (lire en ligne), p. 30
  2. a et b Gabriel Wengler, documentaire « Charlemagne » sur Arte, 2013
  3. Référence sur la page anglaise.
  4. Vita Caroli, chapitre 20, selon la page anglaise.
  5. Bertrade de Laon, dite Berthe au grand pied.
  6. Lettres citées par Minois, 2010, page 168.