Pépin le Bossu

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Charlemagne et Pépin le Bossu

Pépin le Bossu, né vers 770, mort en 811, est un grand noble franc de la famille carolingienne, fils considéré comme illégitime de Charlemagne. Compromis dans une conspiration contre son père, il est enfermé en 792 à l'abbaye de Prüm, où il termine ses jours.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éginhard, dans sa Vita Karoli, décrit Pépin comme un individu pourvu de traits agréables et normalement proportionné, si ce n'est une malformation dorsale, d'où provient son surnom de « Pépin le Bossu »[1].

Circonstances de sa naissance[modifier | modifier le code]

Il naît peu de temps après que Charlemagne soit devenu roi des Francs (768). Charlemagne a alors comme compagne Himiltrude, dont le statut matrimonial n'est pas clairement établi[2]. Leur lien subit les effets du mariage de Charlemagne avec Désirée, fille de Didier, roi des Lombards. Himiltrude est répudiée et Pépin désormais considéré comme illégitime. Par la suite, ayant très vite répudié Désirée, Charlemagne épouse Hildegarde de Vintzgau, qui lui donne plusieurs fils légitimes.

Son éviction de la succession paternelle[modifier | modifier le code]

En tant que premier fils de Charlemagne, il semble être à l'origine un héritier valable[3], comme en témoigne son nom[4], celui de son grand-père, Pépin le Bref. Il perd sa place avec la naissance des fils d'Hildegarde : Charles, Carloman et Louis.

En 781, Charles déshérite officiellement Pépin en faisant rebaptiser Carloman du nom de "Pépin", couronné roi d'Italie, tandis que Louis est couronné roi d'Aquitaine. Pépin le Bossu est autorisé à rester à la cour dont il est un membre apprécié. Charlemagne traite d'ailleurs son fils avec égard, lui donnant prééminence sur ses plus jeunes demi-frères[réf. nécessaire].

La conspiration de Pépin le Bossu[modifier | modifier le code]

Le prince, qui a sans doute eu des espoirs concernant la succession de son père, devient une cible facile pour une faction de nobles mécontents, qui nouent des amitiés intéressées avec lui. Ils excitent la déception de Pépin en déplorant le traitement subi jadis par sa mère.

En 792, ces nobles mécontents convainquent le prince de se mettre à la tête de leur rébellion. À cette époque, Charlemagne se trouve à Ratisbonne, en Bavière. Le projet des conspirateurs est de mettre Pépin le Bossu sur le trône où il serait un roi plus affable (et plus facilement manipulable), et pour cela ils prévoient d'assassiner Charlemagne, son épouse, à cette date, Fastrade de Franconie, ainsi que les trois fils d'Hildegarde. Le jour prévu, Pépin prétend être malade pour rencontrer les comploteurs. Le complot est dénoncé par un clerc d'origine lombarde nommé Fardulf[5]. Notker le Bègue, chroniqueur de la fin du IXe siècle, donne une version assez piquante de cet épisode : selon lui, Fardulf serait arrivé auprès de Charlemagne alors que celui-ci était occupé en compagnie de plusieurs jeunes femmes. Mais l'ouvrage de Notker n'est pas entièrement fiable.

Charlemagne convoque une assemblée pour juger les comploteurs : tous sont déclarés coupable de haute trahison et condamnés à mort. Mais Charlemagne semble toujours garder une certaine affection pour son fils car il commue la sentence[6] de Pépin en peine d'enfermement à perpétuité. Conformément à la pratique habituelle en ce cas, Pépin devient moine, en l'occurrence à l'abbaye de Prüm.

Il y meurt une vingtaine d'années plus tard en 811, probablement de la peste.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Voir aussi Pépinides et Carolingiens

   ┌─ Pepin le Bref (715-† 768), maire du palais de Bourgogne, de Neustrie, d'Austrasie, roi des Francs. 
┌─ Charlemagne († 814), roi des Francs et des Lombards, empereur d'Occident. 
│  └─ Bertrade de Laon dite Berthe au Grand Pied († 783). 
│
Pepin dit le Bossu
│
│  ┌─ X
└─ Himiltrude (?-?), concubine
   └─ X

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éginhard, Vie de Charlemagne, Paris, Les Belles Lettres,‎ 2007, 125 p. (ISBN 978-2-251-34000-5), p. 63.
  2. Georges Minois, Charlemagne, 2010, page 168. Les statuts matrimoniaux sont soit germaniques, soit chrétiens. Le statut chrétien n'est pas encore absolument de règle dans les familles de l'aristocratie franque. La valeur du statut est parfois définie a posteriori, en fonction de divers rapports de force.
  3. Le fait qu'il soit l'aîné ne signifie pas qu'il aurait été le seul héritier : la pratique des partages est de règle chez les Carolingiens comme chez les Mérovingiens.
  4. À l'époque, les gens n'ont qu'un seul nom : on ne peut donc pas parler de "prénom" ("pré-nom").
  5. Minois, page 280-281.
  6. En 788, Charlemagne a déjà commué la sentence de mort de Tassilon, duc de Bavière, un cousin.