Didier de Lombardie

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Didier de Lombardie (en latin, Desiderius[1]), né vers 710, mort après 774), est le dernier roi des Lombards d'Italie de 757 à juin 774, vaincu et remplacé en 774 par Charlemagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aistolf, roi des Lombards, étant mort sans enfants, Didier rassemble une armée et force Ratchis, frère d'Aistolf, à lui céder ses droits en 757. En 759 il associe au trône son fils Adalgis.

Il attaque ensuite les territoires pontificaux (le pape est alors Etienne II) mais est repoussé grâce à une intervention de Pépin le Bref, devenu roi des Francs en 751 grâce à l'appui de la papauté, et qui est à l'origine de la création de l'État pontifical.

En 770, il donne sa fille Désirée en mariage à Charlemagne, roi des Francs depuis 768, espérant avoir en ce prince un allié sûr. Mais dès l'année suivante, Charlemagne la répudie.

En 773, Didier menaçant de nouveau l'État pontifical, le pape Adrien Ier fait appel à Charlemagne qui intervient avec des forces conséquentes. Le siège est mis devant Pavie, la capitale lombarde, en septembre 773 et le reste du royaume est occupé par les Francs. Didier capitule en mars 774. Charlemagne devient roi des Lombards. Didier est envoyé à l'abbaye de Corbie, dans l'actuelle Picardie[2] où il reste jusqu'à sa mort, peut-être en 786[réf. nécessaire].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Didier de Lombardie, roi des Lombards, duc de Toscane, duc d'Istrie 
  │    épouse Ansia (ou Ansa)
  │
  ├─Désirée : 
  │    ép. en 770 Charlemagne (cf. Carolingiens) (répudiée en 771)
  │
  ├─Adalgis († 788) : chassé d'Italie par Charlemagne en 774 ou 775, il se réfugie à Byzance.
  │  
  ├─Liutberge. 
  │    ép. Tassillon III de Bavière  (cf. Agilolfing)  
  │ 
  ├─Adalberge. 
  |    ép. Arigis, duc de Bénévent
  |
  |-Anselperga (en).
       abbesse du monastère de S. Michele et S. Pietro

La figure de Didier dans la littérature du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, le nom latin Désiderius, transcrit en italien Desiderio, est parfois transcrit en français sous la forme « Désirier » au lieu de « Didier. »

Le personnage de Didier, très idéalisé, apparaît dans plusieurs chansons de geste franco-italiennes, notamment dans L’Entrée d’Espagne, due à un poète padouan anonyme de la fin du XIIIe siècle et dans la La Prise de Pampelune, de Nicolas de Vérone, qui en est la suite. Ces deux chansons prolongent le cycle français de Charlemagne.

"L’épopée de Nicolas de Vérone, à l’instar d’autres textes franco-italiens, enjolive largement le personnage de Désirier qui devient une figure de l’héroïsme guerrier et militaire, en dépit du rôle qu’il a pu jouer historiquement, à tel point que la Prise de Pampelune apparaît comme une pure fiction."[3].

Didier devient par la suite un symbole du patriotisme italien naissant. La Prise de Pampelune et L’entrée d’Espagne seront réutilisées par plusieurs poètes italiens de la Renaissance, notamment Boiardo et l'Arioste.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes d'époque
  • Paul Diacre, De Gestis Langobardorum (Histoire des Lombards écrite vers 784/799), publiée récemment dans Barni, infra.
Ouvrages anciens
Ouvrages récents
  • Gianluigi Barni, La conquête de l'Italie par les Lombards, Albin Michel, coll. "Le Mémorial des Siècles", Paris, 1975, 427 p. En appendice : la traduction en français du texte de Paul Diacre et Les Évêchés italiens pendant l'invasion lombarde, de M. Duchesne. (ISBN 2226000712).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom sous sa forme latine est la seule connue de nous, puisque les textes d'époque sont tous écrits en latin.
  2. Ou à Liège[réf. nécessaire].
  3. Chloé Lelong, L’œuvre de Nicolas de Vérone : intertextualité et création dans la littérature épique franco-italienne du XIVe siècle, Université Lyon II, cf. [1]