Marcantonio Raimondi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marc-Antoine (homonymie).
Portrait de Marcantonio dit Bolognese illustrant sa biographie parue dans Le vite de Vasari (1568).

Marcantonio Raimondi[1], né vers 1480[2] à Sant'Andrea près de Bologne et mort vers 1534, est un orfèvre et graveur italien, connu pour être le premier graveur de seconde main.

Son nom francisé peut se rencontrer sous la forme « Marc Antoine Raimondi » mais cet emploi est considéré comme désuet par les critiques d'art. Quant à Giorgio Vasari, il l'appelait « Marcantonio Bolognese ».

Carrière[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Suonatore di viola da mano (cir. 1510), gravure représentant le philosophe italien Giovanni Filoteo Achillini (it), d'après une peinture de Francesco Francia aujourd'hui perdue.

Marcantonio Raimondi naît vers 1480 dans un petit village proche de Bologne, en Italie. Il y reçoit une formation aux côtés de Francesco Squarcione dans l'atelier du peintre et orfèvre Francesco Raibolini, surnommé « Francia ». Sa première production datée, achevée en 1505, illustre l'histoire de Pyrame et Thisbé. Son biographe Giorgio Vasari écrit que Marcantonio montre rapidement plus d'aptitudes que Francia, et commence à concevoir et produire des boucles de ceintures, waist-buckles, entre autres articles, en niello, un remplissage au noir d'un support d'or ou d'argent gravé.

Marcantonio commence alors à développer de meilleures techniques pour graver de la vaisselle, aptes à la reproduction en utilisant une presse à impression. Bien que des méthodes rudimentaires de préparation des plats en série aient été utilisées par les ateliers de Vénétie, d'Émilie-Romagne, de Toscane, et de Lombardie, elles n'étaient pas capables de la complexité désirée par Marcantonio dans son travail.

De 1505 à 1511, Marcantonio grave environ 80 pièces, affichant une grande variété de thèmes, avec beaucoup de références à la mythologie païenne et d'autres illustrant des histoires et idéaux chrétiens. Ces gravures démontrent clairement l'effet de la formation de Francia, tempérée par la technique, particulièrement dans l'arrière-plan des paysages, contenant des motifs issus d'artistes allemands.

Reproductions[modifier | modifier le code]

Essayant de tirer profit de son talent dans la copie, Marcantonio déménage à Venise et crée 69 contrefaçons en cuivre de gravures sur bois originalement faites par Albrecht Dürer : il n'hésite pas en effet à signer avec le monogramme du maître allemand. Il y a des histoires contradictoires au sujet de ce qui arrive ensuite. Selon Vasari, l'indignation de Dürer provoquée par ces contrefaçons était la cause de son voyage à Venise, où on dit qu'il déposât une plainte légale contre Marcantonio. Cependant, l'information de Vasari est incertaine, puisque le voyage de Dürer vers Venise a eu lieu avant que les copies de Marcantonio ne soient éditées[réf. nécessaire].

Rome[modifier | modifier le code]

Lucrèce, épreuve d'après gravure sur cuivre (vers 1510-1511).

Vers 1510, Marcantonio voyage à Rome et entre dans le cercle des artistes entourant Raphaël. Cette influence commence à se révéler dans les gravures intitulées Les Grimpeurs, dans lesquelles il reproduit une partie de la Bataille de Cascina de Michel-Ange. Selon Giorgio Vasari, dans son recueil biographique Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, Raphaël décide de former Marcantonio après avoir vu une copie de sa Lucrèce mais là encore les dates permettent de douter de cette version des faits.

Il travaille à partir des dessins préparatoires de Raphaël, dont la facture diffère des ébauches préalables à la peinture.

Les deux créent ainsi une imprimerie, sous la charge du coloriste de Raphaël, Il Baveria. Grâce à son succès, l'établissement se transforme bientôt en une école de gravure dirigée par Marcantonio. On compte parmi ses élèves les plus brillants Marco Dente dit « Marco da Ravenna », et Agostino dei Musi dit « Agostino Veneziano ».

Par ailleurs, la gravure la plus réputée de Rembrandt, La Pièce aux cent florins, porte ce nom après que Rembrandt aurait échangé cette œuvre contre une série de gravures de Marcantonio estimées par un marchand romain à cent florins[3].

Ses dernières années[modifier | modifier le code]

L'une des 16 gravures inspirées de Giulio Romano et produite pour illustrer les poèmes de L'Arétin (1524).

Marcantonio et ses élèves (dont Caraglio) continuent à faire des gravures basées sur le travail de Raphaël, même après sa mort en 1520.

Vers 1524, Marcantonio est brièvement emprisonné sur l'ordre du pape Clément VII pour avoir produit des gravures érotiques, telles que l'ensemble d'I Modi (en), d'après des dessins de Giulio Romano, le tout accompagné des sonnets de L'Arétin.

Pendant le sac de Rome en 1527, il est contraint par les Espagnols à payer une lourde rançon puis il s'enfuit dans la pauvreté. Les sources sont contradictoires et parfois inexistantes sur l'endroit exact où il vécut entre son départ de Rome et sa mort, dont la date supposée est 1534[4].

Élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La BNF recommande l'utilisation de cette forme patronymique conformément à l'usage international.
  2. D'après Lothe (2008), l'écart raisonnable se situe entre 1474 et 1480.
  3. G. L., « Fiche de La Pièce aux cent florins », sur BnF (consulté le 14 novembre 2014).
  4. Vasari indique Bologne comme ville refuge.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Encyclopædia Britannica 1911 (11th edition) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Henri Delaborde, Marc-Antoine Raimondi, étude historique et critique, suivie d'un catalogue raisonné des œuvres du maître, coll. « Bibliothèque internationale de l'art », Paris, Librairie de l'art, 1888 - lire en ligne.
  • « Initiation à l’histoire de la gravure », conférence de José Lothe in Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques, 139, Paris, 2008, p. 287-303.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Monographies
Reproductions de ses œuvres


125 le vite, marcantonio bolognese.jpg
Giorgio Vasari cite Marcantonio Raimondi et décrit sa biographie dans Le Vite et le nomme Marcantonio Bolognese
page ?? - édition 1568