Siège de Boulogne (1544)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Neuvième guerre d'Italie
Informations générales
Date 19 juillet-18 septembre 1544
Lieu Boulogne-sur-Mer
Casus belli conséquence de l'Auld alliance dans la guerre anglo-écossaise
Issue Victoire anglaise et traité d'Ardres
Changements territoriaux Boulonnais
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Commandants
Jacques de Coucy duc de Suffolk
Forces en présence
~2 000 ~16 000
Pertes
~2 000 prisonniers
Neuvième guerre d'Italie

Le siège de Boulogne (du 19 juillet au 18 septembre 1544) est une victoire d'Henri VIII sur François Ier. Cette conquête s'inscrit dans l'ouverture d'un deuxième front sur le territoire français au cours de la neuvième guerre d'Italie, et empêche les Français de reprendre le Milanais.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Le roi Henri VIII, désireux de reconquérir les territoires perdus par l'Angleterre à l'issue de la guerre de Cent Ans (notamment la Guyenne, la Normandie et le Ponthieu), ne lança pas moins de trois campagnes en Picardie au cours de son règne. À son accession sur le trône, l'Angleterre ne tenait plus que la région de Calais. L'alliance entre la France et l'Écosse, qui faisait de François Ier l'allié de Jacques V d'Écosse, offrait à la couronne d'Angleterre un casus belli permanent contre la France. La tension s'accrut lorsqu'Henri VIII rejeta l'autorité du pape sur l'Église d'Angleterre, lui aliénant les catholiques écossais, la France et l'Espagne. Après s'être préparé pendant des années à une coalition de ces puissances pour envahir son royaume, Henri, profitant des campagnes françaises en Italie du Nord, poussa son avantage dans le Nord de la France.

En 1544, il offre son appui à Charles Quint, trop heureux de pouvoir soulager la pression française après la déroute de Cérisoles dans le Piémont.

Le siège[modifier | modifier le code]

En 1544, un important corps expéditionnaire anglais part de Calais, se divise en deux corps d'armée, avec pour mission première de sécuriser les territoires adjacents. Le corps d'armée du duc de Norfolk marche sans interruption vers le sud et assiège Montreuil, tandis que celui du duc de Suffolk met le siège devant Boulogne. Quelques semaines plus tard, le roi Henri prend lui-même la direction du siège.

Les bas quartiers de la ville, peu protégés, tombent après quelques jours de bombardement, puis les tirs se poursuivent jusqu'en août. Au mois de septembre, une brèche est ouverte dans les remparts de la ville haute, mais le donjon tient toujours. Les tirs d'artillerie des défenseurs français empêchant toute approche, les Anglais entreprennent de saper les fondations de l'édifice.

Le 13 septembre, après 60 jours de siège, le gouverneur militaire Jacques de Coucy-Vervins, seigneur de Vervins, offre la reddition de la ville.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'armée du dauphin Henri, renforcée de contingents franco-italiens rappelés du Piémont, contre-attaque sur Montreuil, et contraint Norfolk à lever le siège ; Henri VIII lui-même était reparti pour l'Angleterre à la fin de septembre 1544, ordonnant à ses deux généraux, Norfolk et Suffolk, de défendre Boulogne à n'importe quel prix[1]. Mais les deux ducs ne laissent qu'une garnison de 4 000 hommes dans la citadelle, et replient prudemment le reste de leurs forces sur Calais[2]. L'armée anglaise, en infériorité numérique, est encerclée à Calais et le dauphin, maître du terrain, se consacre alors au siège de Boulogne[3].

Le 9 octobre, l'assaut est presque décisif ; toutefois, les régiments franco-italiens, livrés à eux-mêmes, commencent à se livrer au pillage : ils sont dispersés par la riposte anglaise et perdent environ 800 hommes[4]. L'officier anglais William Drury est capturé.

Dans les trois années qui suivirent, ni l'Angleterre ni la France ne purent disposer de suffisamment d'argent pour reprendre une guerre ouverte. Les Français ne parvinrent pas à reprendre Boulogne, et Henri VIII passa les dernières années de son règne à combattre la rébellion écossaise dans le nord de la Grande-Bretagne. Le 7 juin 1546, François Ier se décide finalement par le traité d'Ardres à racheter Boulogne aux Anglais. Mais ce traité va rester sans effet, et c'est celui d'Outreau, en 1550, qui va rendre Boulogne à la France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « First Siege of Boulogne » (voir la liste des auteurs)
  • Davis, Paul K. (2001). Besieged: 100 Great Sieges from Jericho to Sarajevo. Oxford: Oxford University Press

Références[modifier | modifier le code]

  1. J. J. Scarisbrick, Henry VIII (2004), éd. The Folio Society, Londres, pp. 395–396.
  2. Gervase Phillips, « Testing the Mystery of the English », in The Quarterly Journal of Military History (ISSN 1040-5992), vol. 19, n° 3 (printemps 2007), p. 47 ; et Scarisbrick, op. cit., pp. 396–397.
  3. G. R. Elton, England Under the Tudors. A History of England (1997), éd. par Felipe Fernández-Armesto pour The Folio Society, Londres, p. 195 ; Phillips, op. cit., p. 47 et pp. 51–52 ; Scarisbrick, op. cit., p. 397.
  4. Thomas F. Arnold, The Renaissance at War. Smithsonian History of Warfare (2006), éd. par John Keegan pour Smithsonian Books / Collins, New York (ISBN 0-06-089195-5).

Article connexe[modifier | modifier le code]