Antoinette de Bourbon

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Antoinette de Bourbon, portrait par Léonard Limosin

Antoinette de Bourbon-Vendôme (Ham le 25 décembre 1494 - Joinville le 20 janvier 1583) fut la première duchesse de Guise.

Princesse du sang issue de la maison de Bourbon, son destin est lié à celui de la maison des Guise dont elle a été une personnalité centrale. Elle épousa en 1513 Claude de Lorraine, premier duc de Guise, dont elle eut douze enfants. Elle est la mère de Marie de Guise, reine-régente d'Écosse, de trois ducs et de deux cardinaux. Sa petite-fille Marie Stuart, reine d'Écosse dès sa naissance en 1542, fut également par mariage reine de France de 1559 à 1560. Le chef de la Ligue catholique Henri de Lorraine, duc de Guise était un de ses petit-fils.

À la mort de son époux, elle fait figure de chef de sa maison.

Au début des guerres de religion, elle encouragea ses fils à défendre la foi catholique et intervint elle-même pour défendre les intérêts de sa Maison. Elle mourut à l'âge de 89 ans sous le règne du roi Henri III de France lequel avait épousé Louise de Lorraine, une de ses petite-nièces.

Ascendance[modifier | modifier le code]


Biographie[modifier | modifier le code]

Elle était l'avant-dernière enfant de François de Bourbon-Vendôme, duc de Vendôme, et de Marie de Luxembourg, comtesse de Saint-Pol.

Sa famille est illustre, et elle est une lointaine descendante de Saint Louis, roi de France, par son fils, Robert de Clermont. Charles, son frère aîné, est le grand-père d'Henri IV, roi de France.

Elle se marie le 9 juin 1513, à Paris, en l'hôtel des Tournelles (d'autres sources nous disent que c'est à l'Hôtel d'Etampes), avec Claude de Lorraine, fils puîné du Duc de Lorraine, René II.

C'est le roi Louis XII qui lui a désigné son futur époux. La cérémonie se fait en présence du roi et également de François d'Angoulême, le futur François Ier, dont Claude sera le serviteur émérite. Antoinette devint duchesse lorsque François 1er créera le titre de duc de Guise pour Claude, en 1528.

Elle s'installa d'abord avec Claude dans le duché de Bar, où elle donna naissance à Marie et François, qui devint seigneur de Joinville après le décès de son père. Tous ses autres enfants sont nés à Joinville

Toute sa vie sera centrée sur sa famille et sa foi. Elle donnera le goût de l'ambition à ses enfants sur lesquels elle disposera d'un fort ascendant. Ils réussiront dans cette tâche. Avec son époux Claude, elle va créer ainsi le clan des Guise, qui marquera la France du XVIe siècle. Antoinette de Bourbon-Vendôme, empreinte d'un catholicisme intransigeant, marque sa famille de cette foi. La Réforme prenant de l'ampleur, elle ne dira mot sur le massacre de Wassy, perpétré par son fils François et sa troupe, et n'aura de cesse de lutter contre les protestants.

En 1547, elle est choisie pour être une des marraines de la princesse Claude de France, seconde fille du roi Henri II et de la reine Catherine de Médicis.

Antoinette de Bourbon-Vendôme, décédée à 89 ans, vivra 33 ans après la mort de son époux Claude en 1550. Elle ne quittera plus guère le Château de Joinville par la suite.

On lui doit indirectement la construction du Château du Grand Jardin à Joinville : en effet, la tradition rapporte que :

« Claude n'était pas toujours fidèle à Mme. de Bourbon et que la chasse n'occupait pas toujours ses loisirs. Souvent, prenant le chemin qui mène à la ville, et, s'arrêtant à mi-côte, à l'endroit qu'on appelle toujours aujourd'hui "la Viergeotte", il entrait dans une humble demeure, et, près d'une jeune fille charmante, il oubliait-, dit-on-, le luxe de son palais d'en Haut et l'illustre rang d'Antoinette. Cette dernière prépara sa vengeance et l'exécuta sans bruit. Claude fut bien surpris, un jour, lors d'une de ses visites à "La Viergeotte", de trouver la modeste maison ornée comme un château, et de voir sa maîtresse, qui n'avait habituellement que ses charmes pour parure, habillée comme une duchesse. Il reconnut la grandeur d'âme de son épouse et sa générosité. Il quitta définitivement la maison de "La Viergeotte" pour faire construire, un peu plus bas, un petit château, essayant ainsi d'oublier les plaisirs de l'amour dans les tracas de la bâtisse »

Associée à son fils François de Guise, qui deviendra prince de Joinville à la suite de l'érection de la Seigneurie en Principauté par Henri II en 1551, on lui doit la construction d'un hôpital et de l'Auditoire de Joinville, en 1561, Tribunal de Haute Justice, qui conserve encore aujourd'hui ses prisons, ses cachots, sa salle d'audiences.

Ses armes, Guise et Bourbon-Vendôme ornent la façade de l'auditoire encore aujourd'hui.

Antoinette et Claude eurent beaucoup de libéralités pour les habitants de Joinville : ceux-ci, en remerciement, frappèrent une médaille en leur honneur.

Enfants[modifier | modifier le code]

  1. Marie (1515 † 1560), mariée en 1534 à Louis († 1537), duc de Longueville, puis en 1538 à Jacques V (1512 † 1542), roi d'Écosse et mère de Marie Stuart,
  2. François (1519 † 1563), 2e duc de Guise, chef catholique, lieutenant général du royaume,
  3. Louise (1520 † 1542), mariée en 1541 à Charles II de Croÿ († 1551), duc d'Arschot,
  4. Renée (1522 † 1602), abbesse de Saint-Pierre de Poulangy, puis Saint-Pierre à Reims,
  5. Charles (1524 † 1574), cardinal de Lorraine, archevêque de Reims,
  6. Claude (1526 † 1573), duc d'Aumale,
  7. Louis (1527 † 1578), cardinal de Guise, évêque de Metz, archevêque de Sens,
  8. Philippe (1529 † 1529),
  9. Pierre (1530 † jeune),
  10. Antoinette (1531 † 1561), abbesse de Faremoutiers,
  11. François (1534 † 1563), grand prieur de l'Ordre de Malte,
  12. René II (1536 † 1566), duc d'Elbeuf.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Eliane Viennot, « « Veuves de mère en fille au XVIe siècle : le cas du clan Guise », in N. Pellegrin & C. Winn (dir.), Veufs, Veuves et veuvage dans la France d’Ancien-Régime, Paris, H. Champion, 2003, p. 187-198.
  • G. de Pimodan, La mère des Guise, Antoinette de Bourbon, 1494-1583, Paris, 1925.