Timothy Leary

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Timothy Francis Leary

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Timothy Leary en 1989

Activités Psychologue, Écrivain et philosophe
Naissance
Springfield, Massachusetts États-Unis
Décès (à 75 ans)
Beverly Hills, Californie États-Unis
Langue d'écriture Anglais

Œuvres principales


Timothy Francis Leary, né le à Springfield dans le Massachusetts, décédé le à Beverly Hills en Californie, est un écrivain américain, psychologue, neuropsychologue et militant pour l'utilisation scientifique des psychédéliques. Il est le plus célèbre partisan des bienfaits thérapeutiques et spirituels du LSD. Pendant les années 1960, il a inventé et popularisé le slogan « Turn on, tune in, drop out » (« Viens, mets-toi dans le coup, décroche »), synonyme de contestation et de libération.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Timothy Leary est né à Springfield dans le Massachusetts, dans une famille de notables de la Nouvelle-Angleterre. Il étudie pendant une courte période au College of the Holy Cross (en), à Worcester, Massachusetts, mais réagit mal à la discipline de cet établissement jésuite. Il fréquente également l'académie militaire de West Point, mais se fait renvoyer au bout de 18 mois. Il obtient une licence en psychologie à l'université d'Alabama en 1943, puis un doctorat en psychologie à l'université de Californie à Berkeley en 1950. Il devient professeur auxiliaire à Berkeley de 1950 à 1955, puis directeur de recherche de la fondation Kaiser (1955-1958), et conférencier en psychologie à l'université Harvard (1959-1963). Leary a décrit ces années avec dédain, se voyant comme :

« Un employé anonyme qui se joint à la longue file des banlieusards pour aller au boulot le matin et qui rentre chez lui le soir pour ingurgiter des martinis… comme des millions de robots intellectuels issus de la classe moyenne libérale. »

L'expérience des drogues[modifier | modifier le code]

Couverture du livre Neurologique.

En vacances au Mexique, il consomme des champignons hallucinogènes contenant de la psilocybine, une expérience qui changera radicalement le cours de sa vie. Dès son retour à Harvard en 1960, Leary s'associe notamment avec Richard Alpert (connu plus tard sous le nom de Ram Dass), et entreprend avec ses étudiants des recherches sur les effets de la psilocybine, puis sur le LSD.

Il affirme que le LSD, correctement dosé, de préférence avec les conseils d'un professionnel, peut changer radicalement le comportement. Ses expériences ne sont suivies ni de meurtres, ni de suicides, ni de psychoses, ni, en principe, de « bad trip ». Ses recherches ont pour but de trouver, grâce à l’expansion de conscience, de meilleurs traitements pour l'alcoolisme, de réhabiliter les criminels et de dynamiser la libido. Plusieurs participants à ses recherches disent avoir vécu des expériences mystiques et spirituelles profondes, qui, prétendent-ils, ont changé leur vie d'une façon très positive.

Leary et Albert sont écartés de Harvard en 1963 : leurs collègues sont incommodés par la nature de leurs recherches et certains parents influents portent plainte auprès de l'administration lorsqu'ils constatent que l'on distribue des hallucinogènes à leurs enfants. Ils poursuivent alors leurs recherches dans un grand manoir à New York appelé Millbrook. Leary écrira plus tard :

« On se voyait comme des anthropologues du XXIe siècle qui auraient voyagé à travers le temps pour se retrouver dans les ténèbres des années 1960. Dans cette colonie de l'espace, on voulait créer un nouveau paganisme et une nouvelle existence vécue comme un art. »

Ennuis judiciaires[modifier | modifier le code]

Timothy Leary lors de son arrestation par la DEA en 1972.

Les incursions répétées du FBI entraînent la fin de l'ère Millbrook. Leary est condamné pour détention de drogue. Il est considéré comme l'homme le plus dangereux des États-Unis, et malgré un procès fleuve, il est incarcéré pendant plusieurs années. Il y subit à son entrée les tests psychologiques standards assignés aux détenus pour l'attribution des tâches. Ayant lui-même créé ces tests, il donne des réponses qui vont le prédisposer à travailler dans le jardin de la prison, d'où en 1970, la Weather Underground Organization, mouvement de gauche radicale, le fait s'évader.

Avec son épouse Rosemary, il quitte clandestinement les États-Unis pour l'Algérie. Son plan est de se réfugier en compagnie du black panther Eldridge Cleaver, ce qui s'avère une mauvaise idée lorsque celui-ci tente de le prendre en otage. Le couple parvient à s'enfuir en Suisse. Séparé de Rosemary, il est arrêté par des agents du gouvernement américain en Afghanistan et extradé aux États-Unis en 1974. Il coopère avec le FBI aux enquêtes menées sur le Weather Underground et il est libéré le 21 avril 1976 par le gouverneur Jerry Brown.

Par la suite, il propose un modèle qui suppose que l'esprit humain est composé de « huit circuits de conscience ». Selon lui, la plupart des gens n'accèdent qu'à quatre de ces circuits au cours de leur vie. Les quatre autres seraient des ramifications révolutionnaires des quatre premiers et devraient permettre d'accéder à la vie dans l'espace et à l'élargissement de conscience nécessaire au progrès scientifique et social. Selon Leary, certains peuvent accéder à ces quatre autres circuits par la méditation et par d'autres voies spirituelles. Il cite comme preuve de ces quatre circuits « plus élevés » le sentiment de mouvement sans inhibitions éprouvé par l'utilisateur de marijuana. Dans son modèle des huit circuits de la conscience, l'une des fonctions premières du cinquième circuit, le premier à se manifester pendant la vie dans l'espace extra-atmosphérique, permettrait aux humains de s'acclimater à un environnement sans air et à faible pesanteur.

À la recherche de voies nouvelles[modifier | modifier le code]

À plusieurs occasions, Leary a flirté avec l'occulte et il était membre de l'ordre magique, les Illuminés de Thanatéros. Un mois avant de mourir d'un cancer inopérable de la prostate, Leary a écrit un livre intitulé Design for Dying, qui tentait de montrer une nouvelle manière d'envisager la mort.

En 1964, il coécrit un livre avec Ralph Metzner, The Psychedelic Experience, qui serait basé sur le Livre des morts tibétain. Il écrit :

« Une expérience psychédélique est un voyage dans de nouveaux champs de conscience. La portée et la teneur de l'expérience sont sans limites, mais ses caractéristiques sont la transcendance des concepts verbaux, des dimensions d'espace-temps et du moi ou de l'identité. De telles expériences de conscience élargie peuvent se produire par une multitude de moyens : la privation sensorielle, les exercices de yoga, la méditation disciplinée, les extases religieuses ou esthétiques, ou spontanément. Très récemment, ces expériences sont devenues accessibles à tout un chacun par l'ingestion de drogues psychédéliques telles que le LSD, le psilocybine, la mescaline, le DMT, etc. Bien sûr, ce n'est pas la drogue qui produit l'expérience transcendante. Elle agit comme une simple clef chimique — elle ouvre l'esprit, libère le système nerveux de ses modèles et structures ordinaires. »

Ce type d'expérience rappelle le voyage astral ou l'expérience hors du corps ; c'est ainsi que partant du prélude de préoccupations psychologiques, Leary est passé à des préoccupations physiques, en s'intéressant aux voyages stellaires.

Décès[modifier | modifier le code]

Atteint d'un cancer de la prostate inopérable, Leary a demandé à ce que sa mort soit enregistrée en vidéo. Il décède des suites de son cancer le 31 mai 1996 à Beverly Hills, en Californie. Dans son délire final, il répète les mots « Why not » (« Pourquoi pas »). Sa dernière parole, selon son fils Zach Leary, est « Beautiful » (« Superbe »). Un film intitulé Le Dernier Voyage de Timothy Leary en a été tiré mais a suscité des controverses en raison d'une scène qui aurait été truquée.

Pendant plusieurs années, Leary avait été fasciné par les possibilités de la cryonie. En tant que scientifique, il ne croyait pas qu'il serait lui-même ressuscité, mais il croyait en l'importance de la cryonie et a prôné les sciences de l'avenir. Il s'agissait pour lui d'un « devoir en tant que futurologue ». Leary a été en relation avec deux organismes de cryonie, l'ALCOR (en) et sa filiale CRYOCARE, mais il demanda finalement que son corps soit incinéré, cependant sa tête fut conservée ; ses cendres furent distribuées à ses amis et à sa famille.

Sept grammes des cendres de Leary furent transmis par un ami à l'entreprise Celestis (en) pour être envoyés dans l'espace à bord d'une fusée portant les restes de 24 autres personnes, notamment Gene Roddenberry, créateur de Star Trek, Gerard O'Neill, physicien de l'espace, et Krafft Ehricke, scientifique spécialisé dans les fusées.

Influences[modifier | modifier le code]

De son vivant, Leary, en tant que chantre de la liberté de conscience et de son expansion, a souvent côtoyé Allen Ginsberg, Aldous Huxley, Carlos Castaneda, John Cunningham Lilly et John Lennon.

Allen Ginsberg, Timothy Leary et John Lilly

Son slogan de campagne pour le poste de gouverneur de Californie en 1969 (« Come Together, join the party ») est à l'origine de la chanson Come Together des Beatles. Il a été le sujet d'une chanson des Moody Blues Legend of a Mind, qui a rendu célèbre l'expression : « Timothy Leary's dead. No, no, he's outside looking in » (« Timothy Leary est mort. Non, non, il nous regarde depuis l'extérieur »). À peu près à la même époque, une chanson des Who, The Seeker, fait allusion à lui. Le protagoniste, recherchant une certaine vérité universelle, déclare : « I asked Timothy Leary, but he couldn't help me either » (« J'ai demandé à Timothy Leary, mais il ne pouvait pas m'aider non plus »). En 1972, il s'associe au groupe de space rock allemand Ash Ra Tempel pour l'album Seven Up. Dans la comédie musicale Hair traitant du mouvement Hippie des années 1970, la dernière chanson Let the Sunshine in (« Laissez entrer le soleil ») fait référence à Timothy Leary, disant que
"[…] La vie est autour de toi et en toi, sauf pour ce cher Timothy Leary". (trad. libre)
« Singing our space songs on a spider-web sitar
Life is around you and in you
Except for Timothy Leary, dearie [1]»

Le groupe de metal progressif Tool fait également référence à ses écrits sur le morceau épique Third Eye (version live) de l'album Salival, en commençant la chanson par « Think For Yourself, Question Authority » (« Pensez par vous-même, remettez en cause l'autorité ») et en développant son idée « Au cours de l'histoire humaine, comme notre espèce était confrontée au fait effrayant que nous ne savons pas qui nous sommes ou où nous allons dans cet océan de chaos, ce sont les autorités, politiques, religieuses ou éducatives, qui ont tenté de nous réconforter en nous donnant des ordres, des règles, des régulations, en nous informant et formant dans notre esprit leurs vues de la réalité. Pour penser par vous-même vous devez remettre en cause l'autorité et apprendre comment vous mettre dans un état vulnérable, d'esprit ouvert, chaotique, confus, de vulnérabilité pour vous informer… »[2]. (chanson traitant de cette ouverture d'esprit vers les zones inexplorées et méconnues de notre esprit).

L'œuvre du groupe de metal américain Nevermore a elle aussi été grandement inspirée par Timothy Leary. La piste no 7 de leur premier album éponyme, Nevermore (album) (1994) a pour titre « Timothy Leary ». Dans leur album de 1996 intitulé The Politics of Ecstasy, la piste no 1 a pour titre « The Seven Tongues of God », tout comme le premier chapitre du livre de Leary, La Politique de l'Extase (The Politics of Ecstasy en version originale). Plus récemment, dans The Obsidian Conspiracy (2010), le groupe fait une nouvelle fois référence à Timothy Leary avec la piste no 9 intitulée « She Comes In Colors », tout comme le septième chapitre du livre La Politique de l'Extase. C'est surtout pour le chanteur du groupe, Warrel Dane (en), responsable du choix des titres et des paroles des chansons, que Timothy Leary a été un personnage marquant. Son album Turn on, Tune in, Drop out (1967) a été recréé par Gestalt OrchestrA.

Anecdotes et citations[modifier | modifier le code]

  • L'expression « Timothy Leary tickets » désigne les petits carrés de papier buvard imbibés de LSD, vraisemblablement parce qu'ils offrent un « billet » pour un nouveau spectacle : un « voyage » dans des univers jusqu'ici encore inconnus.
  • Leary est le parrain de l'actrice américaine Winona Ryder.
  • « Paradoxe admirable ! On ne peut naviguer à l'extérieur que dans la mesure exacte où l'on navigue de l'intérieur »[3]
  • Il est cité dans la chanson Let The Sunshine In (en) et dans la chanson The Seeker du groupe The Who ainsi que dans "La caravane" de Louis Mau (Album: Topographie des nuages)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Future History Series[modifier | modifier le code]

  • Vol. I : What Does WoMan Want ? Adventures Along the Schwartzchild Radius (1976), l'unique roman de Timothy Leary ; une version révisée a été publiée par New Falcon Press en 1987
  • Vol. II : Exo-Psychology (1977), révisé et ré-édité sous le titre Info-Psychology, a Revision of Exo-Psychology (1987) (La révolution cosmique)
  • Vol. III : Neuropolitics, The Sociobiology of Human Metamorphosis (1977), avec Robert Anton Wilson et George Koopman
  • Vol. IV : The Intelligence Agents (1979)
  • Vol. V : The Game of Life (1979), avec Robert Anton Wilson

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Comme scénariste[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.elyrics.net/read/h/hair-lyrics/let-the-sunshine-in-lyrics.html
  2. “Throughout human history, as our species has faced the frightening, terrorizing fact that we do not know who we are, or where we are going in this ocean of chaos, it has been the authorities, the political, the religious, the educational authorities who attempted to comfort us by giving us order, rules, regulations, informing, forming in our minds their view of reality. To think for yourself you must question authority and learn how to put yourself in a state of vulnerable, open-mindedness; chaotic, confused, vulnerability to inform yourself.”
  3. extrait d'une interview publiée dans le premier numéro de la version française du magazine Rolling Stone paru au milieu des années 1980.

Liens externes[modifier | modifier le code]