Abbie Hoffman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hoffman.
Abbie Hoffman

Abbott « Abbie » Hoffman (30 novembre 1936, 12 avril 1989) était un activiste anarchiste sur la scène politique et sociale américaine durant les années 1960 et 1970. Il est connu entre autres pour être un des fondateurs du Youth International Party (yippies). Encore maintenant, il reste un symbole de la rébellion et du courant révolutionnaire qui animait une partie de la jeunesse américaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hoffman est né dans une famille juive dans la ville de Worcester dans le Massachusetts. Il est diplômé en 1959 à l'université de Brandeis, où il étudie Herbert Marcuse, un philosophe de gauche. Il épouse Sheila Karklin en 1960 et a deux enfants avec elle. Il divorce en 1966, puis se remarie avec Anita Kushner, avec qui il n'a qu'un seul enfant. Il divorce à nouveau en 1980. Avant de s'engager dans le mouvement Yippie, Hoffman militait aussi au sein du Student Nonviolent Coordinating Committee. Il organise également le Liberty House, qui vend des objets pour soutenir le mouvement des droits civiques dans le sud des États-Unis.

Au cours de la guerre du Viêt Nam, il utilise souvent l'humour et la comédie lors de manifestations. Par exemple, il tente de faire léviter le Pentagone en utilisant l'énergie psychique. Il réussit également à mobiliser et à politiser plusieurs hippies.

Un des plus brillants exploits de Hoffman est de se présenter avec un groupe d'activistes sur la galerie de la bourse de New York. De là, il jette des faux billets de banque sur les gens qui se trouvent plus bas. Ceux-ci se ruent sur les faux billets. Depuis, on a installé des barrières à cet endroit pour éviter le même genre d'évènement.

Hoffman a été arrêté pour conspiration et incitation à une émeute pour le rôle qu'il a joué durant la Convention nationale démocrate de 1968 à Chicago. Il fait partie du groupe connu sous l'appelation de Chicago Seven, parmi lesquels se trouvent également Jerry Rubin et d'autres activistes radicaux, dont le futur Sénateur de Californie, Tom Hayden. Durant son jugement, Abbie Hoffman aurait conseillé au juge l'usage de LSD.

Au festival de Woodstock en 1969, on se rappelle son interruption pendant le Spectacle des Who. Hoffman monta sur la scène et interrompit Townshend en criant « I think this is a pile of shit, while John Sinclair rots in prison… ». Mécontent, le musicien lui répondit « Back off! Back off my fucking stage! ». Les versions divergent, mais il semble que l'anglais fit fuir l'activiste assez brutalement à coups de guitare. Townshend déclara plus tard qu'il était d'accord avec Hoffman sur le sort de John Sinclair, un activiste anarchiste mis en prison, mais qu'il était prêt à recommencer si jamais il était pris dans la même situation.

Hoffman est aussi l'auteur des livres Steal This Book et Fuck the System, où on apprend diverses choses, comme la culture de marijuana et la confection de bombes artisanales.

En 1973, la police l'accuse de trafic de cocaïne. Après une chirurgie esthétique et des années de clandestinité Hoffman se livre aux autorités. Il réapparaît en 1981.

On lui doit l'article déclenchant le débat sur les circonstances de la libération des otages américains détenus en Iran, connu sous le nom de October Surprise.

Hoffman a été retrouvé mort à son domicile le 12 avril 1989 d'une surdose de médicaments, la version officielle concluant à un suicide. L'annonce a été faite par le coroner de Doylestown : « La mort a résulté des effets combinés du phénobarbitol et de l'alcool » a déclaré le coroner Thomas Rosko (source AFP).

Représentation dans la culture[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jack Hoffman, Daniel Simon : Run Run Run: The Lives of Abbie Hoffman. New York : G.P. Putnam's Sons (1994) ;
  • Marty Jezer : Abbie Hoffman: American Rebel. New Brunswick : Rutgers University Press (1992) ;
  • Jonah Raskin : For the Hell of It: The Lives and Times of Abbie Hoffman. Berkeley : University of California Press (1996).

Lien externe[modifier | modifier le code]