Tabarka

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Tabarka
Vieux port de Tabarka
Vieux port de Tabarka
Administration
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Jendouba
Délégation(s) Tabarka
Maire Chokri Zouaoui[1]
Démographie
Gentilé Tabarkois
Population 15 634 hab. (2004[2])
Géographie
Coordonnées 36° 57′ 18″ N 8° 45′ 18″ E / 36.955, 8.75536° 57′ 18″ Nord 8° 45′ 18″ Est / 36.955, 8.755  
Localisation

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Tabarka

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Tabarka

Tabarka (طبرقة) est une ville côtière du nord-ouest de la Tunisie située à 175 kilomètres de Tunis et à quelques kilomètres de la frontière algéro-tunisienne. Son nom est étymologiquement d'origine berbère et signifierait « pays des bruyères ».

Rattachée au gouvernorat de Jendouba, elle constitue une municipalité comptant 15 634 habitants en 2004[2]. Peuplée de descendants des tribus kroumirs, la ville est le centre d'attraction des populations villageoises de la Kroumirie, région montagneuse parsemée de chênes-lièges. Ses habitants sont aujourd'hui dénommés Tabarkois ou parfois Tabarquois. Ces termes sont en opposition avec celui de Tabarquins qui désigne les Génois présents jusqu'au XVIIIe siècle sur l'île de Tabarka (Tabarque).

C'est une ville touristique connue pour les activités de plongée sous-marine (fonds marins poissonneux où la pêche au mérou et à la langouste est pratiquée) et le corail utilisé dans la bijouterie. On y vient aussi pour ses festivals dont le célèbre Tabarka Jazz Festival. La ville est surplombée d'un rocher sur lequel est construit un fort génois.

Tabarka est desservie par un aéroport international situé à une quinzaine de kilomètres à l'est de la ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de la ville est un panachage des civilisations berbère, phénicienne, romaine, arabe et turque. Thabraca, fondée par les Numides, devient ensuite une colonie romaine. Elle est alors utilisée comme port principal pour l'exportation du marbre polychrome extrait des carrières de la ville de Simitthus située dans les monts voisins de Kroumirie. Plus tard, sous le règne du roi vandale Genséric, la ville se dote de deux monastères, l'un pour les hommes et l’autre pour les femmes.

En 702 se déroule à Tabraqua la dernière bataille entre la civilisation berbère, dirigée par leur reine Kahena, et les Arabes dirigés par Hassan Ibn Numan qui, après avoir pris Carthage, reçoit 50 000 hommes en renfort du calife Abd al-Malik[3].

Île de Tabarka vers 1770

Sachant sa défaite imminente, la reine aurait fait pratiquer la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l'envahisseur de s'approprier les terres. Elle fait détruire les châteaux, les réserves alimentaires et brûler les récoltes et les vergers, s'aliénant ainsi une partie de son propre peuple et la défection de certains Berbères qui se soumettent aux Arabes. Finalement, après une tentative de trahison de la reine, celle-ci est capturée et décapitée dans un ravin et sa tête ramenée au calife.

De 1542 à 1742, l'île de Tabarka est habitée par de nombreux colons, appelés Tabarquins, venant de Pegli. Principalement pêcheurs de corail et commerçants, ils sont organisés par la noble famille génoise des Lomellini, qui avait reçu l'île en concession de Khayr ad-Din Barberousse (droits confirmés par l'empereur Charles Quint), selon une légende, pour prix de leur intermédiation lors de la libération du corsaire Dragut.

En raison du déclin économique de l'île et de sa surpopulation, des membres de la colonie commencent à émigrer en 1738 sur l'île San Pietro, près de la Sardaigne, où ils fondent la ville de Carloforte avec l'appui du roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne. L'assaut de l'île par le bey de Tunis en 1742 déclenche la dispersion des habitants libres ou esclaves.

La municipalité de Tabarka est créée par le décret du 27 juin 1892[4].

En 1952, le dirigeant nationaliste Habib Bourguiba, qui deviendra par la suite président de la Tunisie, est exilé à Tabarka puis sur La Galite par les autorités coloniales françaises.

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 11 avril 2014 modifiant le décret du 19 novembre 2012 portant dissolution du conseil municipal de Tabarka du gouvernorat de Jendouba et la désignation d'une délégation spéciale, Journal officiel de la République tunisienne, n°31, 18 avril 2014, p. 916
  2. a et b (fr) Recensement de 2004 (Institut national de la statistique)
  3. Mohamed Sadok Bel Ochi, La conversion des Berbères à l'islam, éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1981, p. 78
  4. (fr) Arfaoui Khémais, Les élections politiques en Tunisie de 1881 à 1956 : colonialisme et libertés politiques, éd. L'Harmattan, Paris, 2011, p. 139

Lien externe[modifier | modifier le code]