Cimetière Volkovo

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Cimetière Volkovo
Image illustrative de l'article Cimetière Volkovo
Vue du cimetière Volkovo et de son église Saint-Job
Pays Drapeau de la Russie Russie
Ville Saint-Pétersbourg
Religion(s) Orthodoxe, Luthérien et non-orthodoxe
Superficie 26 hectares
Coordonnées 59° 54′ 09″ N 30° 21′ 54″ E / 59.9024, 30.3649 ()59° 54′ 09″ Nord 30° 21′ 54″ Est / 59.9024, 30.3649 ()  

Géolocalisation sur la carte : Russie

(Voir situation sur carte : Russie)
Cimetière Volkovo

Géolocalisation sur la carte : Saint-Pétersbourg

(Voir situation sur carte : Saint-Pétersbourg)
Cimetière Volkovo
Personnalités enterrées
Ivan Gontcharov, Nicolas Kostomarov, Dmitri Mendeleïev, Ivan Pavlov, Ivan Tourgueniev...

Le cimetière Volkovo ou Volkovskoïe est un cimetière dans la partie mériodionale de Saint-Pétersbourg, en Russie. Il doit son nom à l'ancien village de Volkovaïa[1] et de la rivière Volkovka à proximité. Il se divise en deux parties: une partie pour les orthodoxes et une partie pour les non-orthodoxes appelée cimetière luthérien, même si des Vieux Croyants ou des catholiques y étaient aussi enterrés. On estime que près de 100 000 personnes y furent inhumées. Il faisait à la veille de la révolution de 1917 trente-trois hectares avec cent-vingt allées sur douze kilomètres. Il s'étend aujourd'hui sur vingt-six hectares. Le cimetière est célèbre pour sa passerelle des écrivains, ainsi est nommée une allée longeant des monuments funéraires d'hommes de lettres et d'écrivains russes et par extension la partie du cimetière alentour.

Fondation[modifier | modifier le code]

Fondé en 1710, il est devenu un cimetière officiel de Saint-Pétersbourg en 1756 par un édit de l'impératrice Élisabeth, lorsqu'il est décidé de fermer le cimetière insalubre de l'Exaltation de la Sainte-Croix qui longeait la rue de Moscou.

Cimetière orthodoxe[modifier | modifier le code]

Façade de l'église Saint-Job
Tombes du cimetière Volkovo et église Saint-Job
Tombes du cimetière Volkovo

Une église vouée au Sauveur est construite en bois en 1759, une autre en 1777 reconstruite en pierre en 1785 et vouée à la Résurrection. Cette partie du cimetière est agrandie et réaménagée en 1812. On construit un nouveau portail et un clocher en 1832-1834 et une nouvelle église du Sauveur en 1837-1842. Tourguéniev y est enterré à proximité. Une troisième église, vouée à Tous-les-Saints, est consacrée en 1852, une quatrième, vouée au prophète Job en 1887. C'est la seule église du cimetière encore ouverte au culte aujourd'hui. La cinquième et dernière, bâtie entre 1910 et 1913, est vouée à l'Assomption.

Le cimetière est nationalisé en 1918. Il subit des déprédations dans les décennies qui suivent, des monuments sont profanés et une partie du cimetière est supprimée en 1932. L'église de l'Assomption est démolie en 1935, celle de Tous-les-Saints en 1937. le cimetière est toujours ouvert aujourd'hui et les inhumations continuent d'avoir lieu.

C'est dans cette partie du cimetière que se trouve la passerelle des écrivains où nombre de représentants de l'intelligentsia sont enterrés, comme Biélinski, le critique Nikolaï Dobrolioubov ou Dmitri Pissarev, Saltykov-Chtchédrine, Nikolaï Leskov, etc...

Cimetière luthérien[modifier | modifier le code]

Cette partie se trouve à l'ouest du cimetière orthodoxe. Il était divisé à l'origine en trois parties, celle des luthériens, celle des Vieux Croyants et celle de non-orthodoxes.

  • Le cimetière luthérien se trouve derrière la Volkovka. Le premier à y être enterré fut un marchand allemand du nom de Johann-Gebhard Bretfeld en 1773, d'où le surnom de Bretfoldov, donné à cette parcelle autrefois. L'entretien et la gestion du cimetière étaient assurés par la paroisse luthérienne Saint-Pierre-et-Saint-Paul (la Petrikirche). Des allées sont dessinées, les tombes numérotées, les inhumations enregistrées et les archives tenues en règle. Cette organisation servira de modèle aux autres cimetières de la ville. On construit un pont au-dessus de la rivière en 1790, un portail de pierre en 1842, et une chapelle consacrée en 1879. Un nouveau portail avec un grand catafalque de pierre imposant est construit en 1900. La chapelle est détruite dans les années 1920 et tous les bâtiments et monuments de bois utilisés pour faire des bûches. Les dépouilles de quelques personnages célèbres, comme Carlo Rossi, sont transférées dans d'autres cimetières (Laure de Saint-Alexandre-Nevski) dans les années 1930. La Société allemande de Saint-Pétersbourg répertorie la majorité des tombes dans les années 1990. Cette partie du cimetière accueillait aussi des anglicans et des catholiques.
  • Le cimetière des Vieux Croyants se trouve au nord du cimetière luthérien, mais leur maison de prières construite à la fin des années 1880 a été transformée en dispensaire dans les années 1930 et aucune tombe ancienne ne subsiste.
  • Le cimetière des non-orthodoxes a été réuni au cimetière luthérien et l'église de l'Annonciation, qui s'y trouvait depuis 1818, a été détruite dans les années 1930.

Personnalités enterrées dans ce cimetière[modifier | modifier le code]

Tombe de Tourgueniev

Ce cimetière est célèbre pour sa Passerelle des écrivains (Literatorskie Mostki)[2] où reposent des écrivains et des hommes de science. Le premier à y être enterré fut Vissarion Biélinsky en 1848 et l'habitude fut prise d'y enterrer des membres de l'intelligentsia, souvent critiques à l'égard de la société de leur époque[3]. Tourguéniev demandera à être enterré le plus près possible de son ami Biélinsky, mais il sera inhumé un peu plus loin, dans une autre parcelle réservée à l'aristocratie, près de l'église du Sauveur.

Grigori Elisseïev déclara en parlant de la Passerelle des écrivains, que tous les gens qui se trouvent ici furent en leur temps des défenseurs infatigables de la pensée et de la liberté russes, du développement et du progrès russes[4]. Cependant après la révolution, elle accueillit les dépouilles de propagandistes du marxisme, comme Gueorgui Plekhanov ou Véra Zassoulitch.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Volk signifie loup en russe.
  2. Les allées étant recouvertes de neige en hiver et de boue à l'arrière-saison, elles étaient recouvertes de planches de bois, d'où leur nom de passerelles ou mostki en russe.
  3. Georges Nivat, op. cité P. 433
  4. Georges Nivat, op. cité P. 434.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sous la direction de Georges Nivat, Les Sites de la mémoire russe, tome I, Paris, Fayard, 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]