Dmitri Pissarev

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Dmitri Pissarev

Dmitri Ivanovitch Pissarev (en russe : Дми́трий Ива́нович Пи́сарев, né le 14 octobre 1840 dans le gouvernement d'Orel, mort noyé le 16 juillet 1868 dans la région de Riga), était un révolutionnaire et nihiliste russe, critique littéraire.

Dans des articles parus dans Rousskoïe Slovo (La Parole russe), Pissarev expose ses idées : lutte contre le pouvoir, transformation révolutionnaire de la société.

Il considère l'art comme une forme inférieure de la connaissance scientifique.

Il fait partie du cercle Tchernychevski avec le critique Nikolaï Dobrolioubov, l'économiste Nikolaï Tchernychevski, les scientifiques Lavrov et Kropotkine. Ils prônent des actions directes et violentes pour renverser le régime afin de reconstruire, de façon scientifique, un monde qui assurera le bonheur des masses.

Il périt noyé dans le golfe de Riga.

Critique[modifier | modifier le code]

Dmitri Ivanovitch Pissarev arriva, après Dobrolioubov, au nihilisme esthétique. Aux yeux de ce pamphlétaire, Lermontov et Pouchkine furent des « caricatures de poètes », des « aèdes pour jeunes filles poitrinaires » ; Goethe fut « un aristocrate bouffi raisonnant en vers sur des sujets dépourvus d'intérêt ». Il n'y eut d'intéressant pour l'humanité que le progrès des sciences naturelles. L'art, l'idéal, apparurent comme des mots vides de sens.

Ce devait être à peu près le point de vue de Bazarow, le fameux prototype des nihilistes spéculatifs dans le roman de Tourgueniev. Quand le roman parut (1862), Pissarev ne s'est pas fait faute aussi d'entreprendre l'apologie du personnage. Il joua avec complaisance le rôle d'enfant terrible du journalisme contemporain, non sans y déployer un grand talent, qui peut servir d'excuse aux succès prodigieux dont ses ébats furent accompagnés.

Citation[modifier | modifier le code]

  • « Lorsqu'il y a contact entre le rêve et la vie, tout est pour le mieux. »
  • « J'aimerais mieux être un cordonnier russe qu'un Raphaël russe. » (cité par Albert Camus, dans L'homme révolté)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Essais critiques, Éditions du progrès, traduit du russe par Harald Lusternik, 1976
  • Notre science universitaire : récit, traduit du russe et présenté par Anatole Abragam, Actes Sud, 1999 (ISBN 2-7427-2495-8)

Sources[modifier | modifier le code]

  • K. Waliszewski, Littérature russe, Paris, A. Colin, 1900
  • Arnold Miller, Pisarev and Diderot, Diderot studies, 1964 (vol. 6), p. 157-182

Lien externe[modifier | modifier le code]