Batterie de Bouviers

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Batterie de Bouviers
Image illustrative de l'article Batterie de Bouviers
Description
Type d'ouvrage Batterie
Dates de construction 1879
Ceinture fortifiée Paris
Utilisation Ensemble composé de deux forts, le fort de Villeras et le Fort du Haut-Buc, avec cinq ouvrages périphériques : la batterie de la Porte du Désert, la batterie de la station de St-Cyr, la batterie du Ravin de Bouviers, l'Ouvrage des Docks, et la batterie de Bouviers
Utilisation actuelle Salle de spectacle de musique amplifiée, studios de répétition et restaurant.
Propriété actuelle Ville de Guyancourt
Garnison
Armement de rempart
Armement de flanquement
Organe cuirassé
Modernisation béton spécial
Programme 1900
Dates de restructuration
Tourelles
Casemate de Bourges
Observatoire
Garnison
Programme complémentaire 1908
Coordonnées 48° 47′ 01″ N 2° 03′ 35″ E / 48.783584, 2.05976448° 47′ 01″ Nord 2° 03′ 35″ Est / 48.783584, 2.059764  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Batterie de Bouviers

La batterie de Bouviers, située sur la commune de Guyancourt dans les Yvelines, est une ancienne batterie militaire construite en 1879 et occupée par l'armée jusqu’en 1932. À partir de 1933, elle est louée à la société Hispano Suiza qui l'utilise comme usine et construit à sa périphérie des bâtiments industriels.

La société Hispano Suiza quittera le site en 1990. Après avoir été achetée au ministère de la Défense en 1999, la batterie a été transformée en 2006 en équipement culturel musical. Sur les cinq hectares de terrain situés autour de la batterie des immeubles de bureaux ont été construits en 2009 et une école municipale de musique a ouvert ses portes au public en septembre 2010.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1870, la France est en partie occupée par les armées prussiennes. À la suite de cette défaite, est mis en place le système Séré de Rivières dans le cadre duquel sont construites des fortifications pour défendre Paris. Au total, ce sont 18 forts, 5 redoutes et 34 batteries qui ont été construits entre 1874 et 1881.

Carte postale allemande antérieure à la guerre de 1914-18, montrant l'ensemble du système défensif du camp retranché de Paris

C'est dans ce cadre que la batterie de Bouviers est construite entre 1877 et 1879 à proximité du hameau de Bouviers dans la ville de Guyancourt. Aujourd'hui, du fait de la création dans les années 1980 d'un nouveau quartier plus proche de la batterie, celle-ci appartient au quartier des Saules.

La batterie de Bouviers fait partie d'un ensemble composé de deux forts, le fort de Villeras situé à Saclay et le Fort du Haut-Buc, avec cinq ouvrages périphériques : la batterie de la Porte du Désert aujourd'hui détruite, la batterie de la station de St-Cyr en partie détruite, la batterie du Ravin de Bouviers, l'Ouvrage des Docks, et la batterie de Bouviers[1].

La batterie du Ravin de Bouviers est de dimension très modeste, c'est pourquoi cette batterie était aussi appelée redoute. De cette double dénomination (batterie/redoute) et de la similitude de nom entre la « batterie de Bouviers » et la « batterie/redoute du Ravin de Bouviers » est née la confusion de dénommer la batterie de Bouviers : Redoute de Bouviers, cette dernière dénomination étant inexacte.

La stratégie présidant aux critères d'implantation des forts, batteries et redoutes, était celle de feux croisés interdisant le passage de troupes adverses entre les différents ouvrages. Ces constructions, prétendues inexpugnables, étaient difficiles à repérer. Mais l'évolution des technologies militaires, avec la mélinite, l'obus torpille et la poudre B sans fumée, va rendre obsolètes ces dispositifs de défense, à peine ceux-ci achevés.

Descriptif architectural[modifier | modifier le code]

L'entrée des casemates (2007)

Le bâtiment principal dit « caserne sous le parados » constitue un remarquable exemple d’architecture militaire de la fin du XIXe siècle. L’ensemble est constitué d’une juxtaposition de cellules longitudinales mono-orientées en façade nord-est et dotées de voûtes architectoniques, doublées à l’arrière d’un vaste volume sans aucune ouverture.

Les matériaux utilisés sont la pierre calcaire, la pierre meulière et la brique. La composition modulaire de la façade, ses modénatures et dessins de menuiserie sont des éléments qualitatifs. Le bâtiment d’accès, dit « de la gorge », et situé en vis-à-vis du bâtiment principal, présente une façade nord-est de qualité, dotée de diverses modénatures de pierres calcaire, de meulière et de brique, ainsi qu’une façade arrière plus modeste en meulière et en brique. Quelques éléments en béton ont été rajoutés après la construction de 1879, ces rajouts ont été conservés lors de la réhabilitation de l'année 2006.

La Batterie militaire[modifier | modifier le code]

Plan d'ensemble de la batterie de Bouviers (1880)

La partie centrale de la batterie de Bouviers est constituée de pièces rectangulaires de 6 m × 15 m, voûtées, séparées les unes des autres par des piédroits de 1,5 m à 2 m d'épaisseur, ce sont les casemates. L’importance de ces ouvrages s’explique par le fait que chaque voûte était auto-stable par rapport aux autres, ceci évitait l'effondrement de toutes les casemates en cas de destruction de l'une d'entre elles. Les casemates étaient recouvertes d'une couche de terre pouvant atteindre jusqu'à cinq mètres d'épaisseur, cette terre était celle extraite des douves entourant une partie de la redoute à laquelle on devait accéder par un pont. Les casernements étaient desservis, à l'arrière, par un couloir. Les portes et fenêtres donnant sur l'extérieur étaient munies de volets blindés de type persiennes, qui offraient une certaine protection contre les éclats d'obus, tout en procurant un peu d'éclairage. Les fixations de ces volets sont toujours en place.

À l'entrée de la batterie, il est inscrit sur le fronton sa dénomination « Batterie de Bouviers », sa date de construction « 1879 » et, sur la pierre de la clef de voûte, un mortier est sculpté.

Les eaux de pluie étaient récupérées par des canalisations noyées dans la pierre, ces eaux étaient par la suite stockées dans des cuves situées sous la redoute. La batterie de Bouviers permettait d'accueillir plus de deux cents soldats et dix-neuf pièces d'artillerie.

Avec l'invention de l'obus torpille et la mise au point des obus à mélinite, les fortifications en pierre devinrent obsolètes. Les forts et les batteries proches des frontières furent modifiés, pour tenir compte de ces évolutions. Par contre, les fortifications situées autour de Paris, ne furent pas renforcées certainement par manque de moyens financiers.

L'époque Hispano Suiza[modifier | modifier le code]

Bâtiment Hispano vers l'an 2000

La batterie est occupée par les militaires jusqu’en 1932, puis le fort fut loué à partir de 1933, à la société Hispano Suiza qui utilisera la batterie et construira à sa périphérie de nombreux bâtiments industriels. Hispano y fabriquait des munitions et procédait à des essais de moteurs et de canons. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la batterie de Bouviers est bombardée, la fabrication des munitions est envoyée en Charente. Après la guerre, seules les activités de conception et d’essais moteurs, bancs réacteurs, compresseurs et turbines (notamment celles destinées au Transsibérien reliant Moscou à Vladivostok) restèrent à Guyancourt. Puis la société Hispano Suiza ferma cette usine en 1990. Le site fut acheté en 1999 au ministère de la Défense.

Une cohabitation conflictuelle[modifier | modifier le code]

Dès le début les relations entre Hispano-Suiza et la municipalité de Guyancourt sont conflictuelles. Suite à l’enquête ouverte par le préfet en vue de l’installation d’Hispano-Suiza à Bouviers, le conseil municipal exprime sa protestation et donne un avis défavorable le 17 septembre 1933. « L’établissement sera une cause de troubles et d’ennuis pour les habitants qui verront leur tranquillité et leur sécurité compromises. La société Hispano-Suiza a dû quitter sa localisation précédente en raison de plaintes des habitants » [2]. En effet les habitants situés à la périphérie de l'usine de Bois-Colombes subissent des nuisances sonores en raison des essais de tirs quotidien des armes. Mais Hispano-Suiza s'installe, sans attendre l'avis de la commune.

Tout au long du siècle, les réclamations des Guyancourtois se répètent. Ainsi, dans le compte rendu du conseil municipal du 30 octobre 1951, il est indiqué que le centre d’essais, qui emploie alors 120 ouvriers, ne paye pas de « taxe » à la commune mais au département « alors que c’est la population de Guyancourt qui subit tous les inconvénients (et en particulier le bruit intolérable) »[3].

Par ailleurs, l’entreprise occulte souvent l’existence de Guyancourt. C’est ce que révèlent les plaquettes de communication de l’entreprise : la description du lieu géographique indique souvent « Bouviers près de Saint-Cyr ». Pourtant, la commune de Guyancourt profite de l’implantation de l’usine : les chemins ruraux sont remplacés par de véritables routes, aménagées pour un déplacement plus aisé et plus rapide des hommes et des produits. Mais pour la commune, les avantages économiques restent limités avec des nuisances nombreuses à supporter (bruits, fumées, pollutions). Enfin la municipalité a peu de marges de manœuvre pour changer cette situation.

Les cigognards[modifier | modifier le code]

Documents et photographies[modifier | modifier le code]

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L'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La batterie de Guyancourt (78) Rue de la Redoute 78280 Guyancourt : vue actuelle avec la salle de concert et l'entrée du restaurant.

Le pôle musique[modifier | modifier le code]

Le pôle musique regroupe deux équipements permettant ainsi une synergie entre des lieux de diffusion et d'enseignement.

Le Café Musiques[modifier | modifier le code]

La Batterie[4] a été transformée en 2006 en « Café Musiques » et ainsi préservée et ouverte au public. Les architectes de cette réhabilitation sont Ivan Franic et Michel Garcin avec la collaboration de l'acousticien Maurice Auffret, les travaux étant réalisés par l'entreprise Colas. La maîtrise d'ouvrage a été assurée par la Communauté d'Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Le nouvel équipement communal, situé 1, rue de la Redoute dans le quartier des Saules à Guyancourt, s'étend sur 1 685 m2 dont 867 m2 rénovés et 818 m2 créés. Le « Café Musiques » propose une salle de concert de musique amplifiée pour 450 spectateurs avec une scène à l'italienne de 80 m2, trois studios de répétition et d'enregistrement, un espace restaurant - bar - salle de réception et l'ensemble des locaux logistiques (trois loges d'artistes, régies techniques, locaux administratifs, locaux de stockage, etc.).

L'école de musique[modifier | modifier le code]

Première pierre de l'école de musique (18 octobre 2008)

La première pierre de l'école de musique a été posé le 18 octobre 2008 en présence de la sénatrice Catherine Tasca, de Robert Cadalbert président de la Communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, de François Deligné le maire de Guyancourt et de l'architecte Yann Brunel.

Les nouveaux immeubles de bureaux[modifier | modifier le code]

Les terrains des anciens bâtiments industriels permettent aujourd'hui de réaliser des immeubles de bureaux accueillant des grandes sociétés.

  • Le siège de Sodexho France va s'implanter en mai 2009, rue de la redoute à proximité de la batterie de Bouviers. Les travaux de construction ont commencé en octobre 2007. Ce nouveau siège social de 18 000 m2 sera de Haute qualité environnementale, il sera essentiellement transparent et faiblement consommateur d'énergie avec en particulier un système de récupération des eaux et des capteurs solaires. C'est une œuvre de l'architecte Jean-Paul Viguier. Sodexho France emploie plus de 30 000 salariés sur 3 000 sites et réalise 2 milliards de chiffre d'affaires. Le groupe Sodexho emploie 330 000 collaborateurs dans 28 000 sites répartis dans 80 pays et réalise un chiffre d'affaires de 13 milliards d'euros.
  • La société Malakoff-Médéric, a déménagé, fin 2009, ses bureaux précédemment situés rue de la Mare de Troux, dans le centre du quartier des Saules, vers cette nouvelle extension de la zone d'activité du quartier des Chênes.

Personnage connu[modifier | modifier le code]

  • Le prince Roland Bonaparte (1858-1924) résida à Guyancourt vers 1880 en tant que sous-lieutenant, au 36e régiment d'infanterie[5], de la batterie de Bouviers[6]. Sorti de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr dans la promotion de Novi-Bazar (1877-1879)[7], il sert dans l'infanterie mais doit renoncer à la carrière militaire après la loi du 4 juin 1886 interdisant aux membres d'une famille ayant régné sur la France de servir dans l'armée.

À voir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Lectures singulières[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Redoute de Bouviers et Hispano Suiza : Réhabilitation d'un bâtiment du patrimoine industriel de Fanny Dupont dans le cadre de l'IUP ASCM M1 A, établi en avril 2007.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Les dispositifs Séré de Rivières dans les Yvelines :

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le site de fortiff http://www.fortiff.be/iff/index.php?p=0
  2. Délibération du conseil municipal du 7 septembre 1933, Archives Municipales de Guyancourt cote 177W7.
  3. Délibération du conseil municipal du 30 octobre 1951, Archives Municipales de Guyancourt cote 177W9
  4. ville-guyancourt.fr, « La Batterie reprend vie »
  5. persee.fr
  6. Bulletin de la Société géologique de France, page 340, publié par la Société géologique de France, 1882
  7. « Les Promotions de Saint-Cyr de 1818 à 1912 » rédigé par l'annuaire de la Saint-Cyrienne et publié par la librairie Militaire Universelle, Paris, Page 268.