Mont Afrique

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Mont Afrique
Vue du mont Afrique depuis la ville de Dijon.
Vue du mont Afrique depuis la ville de Dijon.
Géographie
Altitude 600 m
Massif Côte d'Or
Coordonnées 47° 17′ 36″ N 4° 55′ 32″ E / 47.29333, 4.92556 ()47° 17′ 36″ Nord 4° 55′ 32″ Est / 47.29333, 4.92556 ()  
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Côte-d'Or
Ascension
Voie la plus facile Parcours Jean Sage

Géolocalisation sur la carte : Côte-d'Or

(Voir situation sur carte : Côte-d'Or)
Mont Afrique

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Mont Afrique
Relais de télécommunications
Relais de l'aviation civile

Le mont Afrique est un sommet de la cuesta de Côte d'Or, dans le département du même nom. Il est situé sur les communes de Corcelles-les-Monts et Flavignerot, à proximité de Dijon.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine exacte du toponyme Afrique, assez insolite pour la région bourguignonne, n'est pas clairement établie. Une légende locale ainsi que quelques auteurs pensent qu'il fait référence à un corps auxiliaire des légions romaines, constitué de troupes africaines, qui aurait stationné en ce lieu. En effet, il existe au sommet du mont les restes d'un campement antique, d'ailleurs encore appelé « Camp de César ». C'est la thèse, notamment, d'André Guillaume : « on y a découvert de nombreux objets et monnaies des époques gauloise et romaine, ainsi que des tuiles à rebords dont certaines avec estampille de la 8e légion appelée Africana »[1]. M. Beaulieu, un érudit du début du XIXe siècle, pense qu'il s'agit plus simplement d'un nom dérivé du latin anfractum, « croisée de deux chemins », ou d'apricus, « exposé au soleil », ce qui correspondrait mieux à la géographie du site[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Située à 5 km de Dijon qu'elle domine au sud-ouest, la montagne a une topographie tabulaire et relativement plate. Avec 600 mètres d'altitude, il s'agit du 2e plus haut sommet du massif de la Côte d'Or, juste derrière le Plain de Suzâne qui le dépasse de deux mètres. De par sa position, il est possible par temps clair d'apercevoir le massif du Mont-Blanc, situé à environ 215 km au sud-est.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le site est occupé du Ier siècle av. J.-C. au IVe siècle par un oppidum des Lingons[3].

Selon l'historiographie traditionnelle (largement remise en cause aujourd'hui), la bataille dite « de Dijon »[4] qui précède Alésia en 52 av. J.-C. oppose la cavalerie de Vercingétorix à l'armée romaine de César et à ses auxiliaires germains dans une plaine située aux environs de l'actuelle ville de Dijon[5],[6]. Bien que le site de cette bataille reste encore sujet à polémique, au même titre que celui du siège d'Alésia, quelques éléments de la toponymie locale (« Camp de César », « Mont-Afrique ») ainsi que quelques restes archéologiques semblent évoquer l'hypothétique présence dans la région de troupes africaines auxiliaires des légions romaines ; c'est la thèse, notamment, d'André Guillaume[1]. Néanmoins, aucun élément tangible ne permet de valider définitivement ces suppositions pour le site même du mont Afrique.

Un réduit du système défensif Séré de Rivières[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la défaite de 1870-1871, Dijon est choisie, avec Langres, Besançon, Reims, Laon et La Fère pour constituer la « deuxième ligne » du système de défense de Séré de Rivières (la première étant axée sur Verdun, Toul, Épinal et Belfort). Un ensemble de forts ceinture donc l'agglomération de 1875 à 1883 et donne naissance à la place fortifiée de Dijon. Le mont Afrique, situé à quelques kilomètres au sud-ouest du fort de la Motte-Giron, est choisi pour abriter un réduit, c'est-à-dire un ultime point de résistance d'une position comprenant un noyau (le réduit proprement dit) et des positions satellites. Bâti entre 1878 et 1879, ce réduit du mont Afrique, initialement prévu pour l'accueil d'une troupe de 600 hommes, se voit adjoindre trois positions annexes : la batterie du Camp Romain, celle de Flavignerot et celle de Roche Chainiènes. Dans le système Boulanger (1887), ce réduit est rebaptisé « réduit Lambert ». Un poste de communications optiques de forme circulaire est également construit au point culminant du mont.

Un amer pour la navigation aérienne[modifier | modifier le code]

En 1924, l'ancien poste de communications optiques, devenu de fait un amer pour les premiers aéronefs survolant la région, est remplacé par un puissant phare aéronautique ; celui-ci est inauguré en 1925[7] par Gaston Gérard, maire de Dijon, et le général Jacques Théodore Saconney[8]. Il s'agit alors du premier phare aéronautique terrestre pour avions, à une époque où la navigation aérienne s'effectue encore essentiellement à vue. Néanmoins, sa présence n'empêchera pas, quelques années plus tard, un Super Goliath du 22e régiment d'aviation de Chartres de s'écraser sur une hauteur toute proche suite à des soucis mécaniques (août 1930)[9]. Placé au croisement des routes Paris-Suisse-Italie et Paris-Méditerranée, le puissant faisceau lumineux du phare aéronautique est dans certaines conditions visible jusqu'à 400 km (en étant à une certaine altitude de vol). On dit même qu'il aurait été « visible » de Rouen, Bruxelles, Anvers ou Turin. Créé par huit lentilles de deux mètres de diamètre, ce faisceau illumine le ciel côte-d'orien toutes les dix secondes en délivrant une puissance d'un milliard de bougies. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, une antenne et des relais de communications sont installés à quelques centaines de mètres du phare aéronautique alors désaffecté. Le site du Camp Romain est, lui, occupé par un chenil de la police municipale dijonnaise. En 2004, le crash d'un avion belge sur sa barre rocheuse fait 4 victimes[10].

Description du réduit du mont Afrique (ou réduit Lambert)[modifier | modifier le code]

Le réduit du mont Afrique, ou réduit Lambert, est de forme rectangulaire (60 mètres sur 40 mètres). Il est cerné par un fossé présentant une escarpe et une contrescarpe non revêtues. Des lauzes recouvrent une partie du sommet de l'escarpe. Sur la contrescarpe, un tambour (ou un ravelin), avec des murs crénelés, précède le réduit. Un pont fixe franchit le fossé et mène à l'entrée présentant un fronton et des chronogrammes (1878-1879)[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b André Guillaume, La Côte d'Or, guide du touriste, de l'archéologue et du naturaliste, 1953, p. 56
  2. M. Beaulieu, « Dissertation sur le camp romain connu sous le nom de Cité d'Afrique, situé près de Nancy » in Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome VII, Smith, Paris, 1826, pp. 168-170
  3. Georges Duby (dir.), Paul Albert Février, Michel Fixot, Christian Goudineau et Venceslas Kruta, Histoire de la France urbaine I : La Ville antique, Seuil,‎ 1980 (ISBN 202005590-2), p. 227
  4. Site sur la bataille de Dijon (-52).
  5. César (Jules), La Guerre des Gaules, livre VII, 66 & 67.
  6. Dion Cassius, Histoire romaine, livre XL, 39.
  7. Selon les sources, on trouve deux dates pour cette inauguration : le 28 avril 1925 et le 1er juillet 1925.
  8. Le phare aéronautique du Mont-Afrique visible jusqu’à 350 km
  9. Le site de ce crash est encore matérialisé sur le site du parc de la Combe à la Serpent.
  10. Crash du Mont-Afrique : Une double enquête ouverte, Le bien public, 11 octobre 2004
  11. Index de la fortification française 1874-1914 - Mont Afrique (réduit du)