Anesthésique local

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Un anesthésique local est un médicament qui inhibe de façon réversible la propagation des signaux le long des nerfs. S'il est utilisé au niveau de voies nerveuses spécifiques, il est susceptible de produire des effets tels l'analgésie (diminution de la sensation de douleur) et la paralysie (perte de puissance du muscle).


Les anesthésiques locaux diffèrent entre eux quant à leurs propriétés pharmacologiques.
Ils sont utilisés dans diverses techniques d'anesthésie locale telles :

  • anesthésie topique (surface)
  • infiltration
  • plexus block
  • blocage épidural (extradural)
  • anesthésie spinale

Anesthésies locales par infiltration : para-apicales ; intraseptales ; intradiploïques ; intraligamentaires ; intrapulpaires.

La lidocaïne, un anesthésique local, est également utilisée comme antiarythmique.

Anesthésiques de surface par contact[modifier | modifier le code]

Cocaïne[modifier | modifier le code]

  • Avantages
    • vasoconstricteur
  • Inconvénients
    • peu puissant
    • toxicité élevée
    • allergie
      • phénomènes de dépendance

Lidocaïne[modifier | modifier le code]

  • Avantages
    • non allergisant
    • beaucoup moins toxique que la cocaïne, concentration 5 à 10 %
  • Inconvénients
    • moyennement puissant
    • toxique à haute dose

Autres anesthésiques de surface[modifier | modifier le code]

  • Par réfrigération : cryoanesthésie
  • Chlorure d'éthyle. Nocif et inflammable, n’est plus utilisé
  • Fréon 114. Utilisé aussi pour les tests au froid

Anesthésiques par infiltration[modifier | modifier le code]

Amino-esters[modifier | modifier le code]

  • Procaïne.
    • Avantages : pas de pharmacodépendance
    • Inconvénients : très vasodilatateur, très allergisant, durée d’action courte
  • Tétracaïne
    • Action plus prolongée mais quand même vasodilatateur
  • Aptocaïne.
    • Utilisée uniquement si porphyrie hépatique où les amino-amides sont contre-indiqués.

Les amino-amides[modifier | modifier le code]

  • Lidocaïne.
    • Avantages : très peu vasodilatatrice, pas allergisante
    • Inconvénients : effets toxiques par surdosage.
  • Prilocaïne.
    • Avantage : durée d’action plus longue, métabolisme rapide
    • Inconvénient : risque méthémoglobinémie (interdit chez la femme enceinte, limitation chez enfant de moins de 3 mois)
  • Mépivacaïne.
    • Avantages : très légèrement vasoconstrictrice, bonne diffusion tissulaire.
  • Articaïne.
    • Avantages : anesthésie la plus puissante et la plus longue ; anesthésique local de choix pour la femme enceinte car forme ionisée faible, peu liposoluble, fortement liée aux protéines
    • Inconvénients : concentration un peu forte selon certains.
  • Ropivacaïne.
    • Molécule assez récente présentant beaucoup d’avantages : très faible liposolubilité, intrinsèquement vasoconstrictrice, peu toxique.
    • Rester prudent car peu de recul

Autres composants associés[modifier | modifier le code]

Les vasoconstricteurs[modifier | modifier le code]

Ils augmentent la durée d’action et l’efficacité, diminuent la quantité d’anesthésique, donc la toxicité. Ils diminuent le saignement.

L’adrénaline[modifier | modifier le code]

Agit sur les récepteurs α1 et 2 et β2 ( → vasodilatation). L'adrénaline augmente le rythme cardiaque et la contractibilité du myocarde. Un surdosage provoque : tachycardie, hypertension et augmentation du métabolisme basal

La noradrénaline[modifier | modifier le code]

Agit sur les récepteurs α1 et 2 mais pas sur les β2. Elle est moins efficace que l’adrénaline, et peut être plus nocive. Elle peut provoquer une augmentation de la tension artérielle, mais n’agit ni sur la contractibilité cardiaque ni sur le métabolisme basal.

La corbadrine[modifier | modifier le code]

10 fois moins active que la noradrénalibne. Utilisée uniquement associée à l’aptocaïne en cas de porphyrie.

Les autres constituants[modifier | modifier le code]

Les antiseptiques[modifier | modifier le code]

Parabène = para-hydroxy-benzoïque : rôle anti-fongique et anti-microbien mais très allergisant, il est donc de moins en moins utilisé.

Les antioxydants[modifier | modifier le code]

EDTA = acide-ethylène-diamide-tétra-acétique : diminue les réactions d’oxydations dans les carpules

Les conservateurs[modifier | modifier le code]

  • Sulfites : comme le métabisulfite de sodium ou potassium. Cette molécule est obligatoire s'il y a des vasoconstricteurs.
  • L'eau

Mécanisme d'action au niveau cellulaire[modifier | modifier le code]

Les anesthésiques locaux bloquent la propagation des potentiels d'action en interagissant directement avec les canaux sodiques rapides. Le site d'action des anesthésiques locaux se trouve au niveau de la partie intracellulaire des canaux sodiques. En règle générale, les fibres de petit diamètre sont plus sensibles que les fibres larges. De même, les fibres non-myélinisées sont plus sensibles que les fibres myélinisées.

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

Système nerveux central[modifier | modifier le code]

Un anesthésique local, par définition, ne peut pénétrer le système nerveux central. Par accident (injection intra-veineuse au lieu de locale), les fortes doses peuvent provoquer des convulsions.

Système cardio-vasculaire[modifier | modifier le code]

Un anesthésique local, par définition, ne peut atteindre le cœur où les gros vaisseaux. Par accident (injection intra-veineuse au lieu de locale), Les fortes doses peuvent affecter le cœur et faire diminuer la pression artérielle.

Hypersensibilité/Allergie[modifier | modifier le code]

Methémoglobinémie[modifier | modifier le code]

Situation pathologique où l'hémoglobine porte au sein de chaque protoporphyrine IX (présente en 4 exemplaires) un atome de fer à l'état ferrique, c'est-à-dire sous forme oxydée Fe3+. Cette forme d'hémoglobine ne peut fixer le dioxygène et est dès lors toujours sous forme désoxy. Ainsi, le sang devient moins oxygénée, générant ainsi une moindre désaturation périphérique.

Accidents[modifier | modifier le code]

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Début semblable à un malaise vagal.

Signes neurologiques (souvent précoces) : tremblements musculaires, myoclonie du visage ; somnolence, perte de connaissance, coma ; état convulsif ; évolution vers détresse ventilatoire
Signes cardiocirculatoires : pouls irrégulier ; hypotension ; évolution vers l’inefficacité ou l’arrêt circulatoire

Evolution[modifier | modifier le code]

Habituellement favorable en quelques minutes pour les troubles mineurs.
Sans traitement symptomatique, les troubles majeurs évoluent vers l’arrêt respiratoire et circulatoire.

Traitements[modifier | modifier le code]

Prévention des accidents toxiques[modifier | modifier le code]

Injecter la solution tiédie lentement et pratiquer une aspiration pour vérifier que la solution n’est pas intra-vasculaire.

S’abstenir d’infiltrer les tissus inflammatoires ou infectés.

Surveiller le patient pendant l’injection et dans les 30 min qui la suivent afin de détecter précocement tout signe d’alerte ; Devant tout signe d’alerte, arrêter l’injection et surveiller les trois grandes fonctions : neurologique, respiratoire et cardiovasculaire.

De plus, le stress doit être considéré comme un facteur de risque diminué par le dialogue, le comportement, l’ambiance des locaux… et éventuellement une prémédication.

Conduite à tenir devant un accident toxique[modifier | modifier le code]

Accident mineur : arrêter les soins, allonger en décubitus dorsal, position déclive ; vérifier liberté et protection des voies aériennes supérieures, rassurer le patient ; surveiller l'état de conscience, les fonctions respiratoires et circulatoires.

Accident majeur[modifier | modifier le code]

Appeler les services d'aide médicale urgente.

Anesthésiques locaux utilisés de nos jours[modifier | modifier le code]