Anthelminthique

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Un anthelminthique est un médicament antiparasitaire.

Étymologiquement parlant, ce mot désigne spécifiquement les médicaments luttant contre les helminthoses, c'est-à-dire détruisant les helminthes (chez l'homme, l'animal ou la plante), mais il désigne en réalité plus souvent les antiparasitaires ciblant les nématodes et trématodes (Platyhelminthes) susceptible de parasiter les réseaux sanguin et lymphatique, des tissus conjonctifs ou des organes creux (cavités urogénitales, poumons avec par exemple Syngamus trachea, parasite hématophage des poumons des oiseaux), ainsi que tous les parasites intestinaux de type vers (oxyures, ascaris (Ascaris lumbricoides chez l'Homme), ankylostome, anguillule et ténia en particulier).

Les anthelminthiques sont classés dans les vermifuges (ou vermicides). Ce sont des pesticides et des biocides au sens des directives européennes concernant ces produits. Ils doivent aussi répondre aux réglementations concernant les médicaments humains et vétérinaires.

Toxicité et écotoxicité[modifier | modifier le code]

Ces médicaments étant pour la plupart écotoxiques, toxiques à très toxiques à faible dose, et pouvant contribuer à la « sélection » involontaire de souches antibiorésistantes, ils doivent être utilisés avec précaution, en respectant la règlementation, sous contrôle médical ou vétérinaire, et en sachant que les excréments des humains ou animaux traités avec certains de ces médicaments peuvent être également très toxiques pour les invertébrés (dont insectes) coprophages ; par exemple, les bouses des vaches traitées à l'ivermectine peuvent tuer toutes les larves de bousiers issues des pontes déposées sur ces bouses. Ces dernières se biodégradent alors beaucoup moins vite, en empêchant l'herbe de pousser.

Détournement illégal et dangereux d'usage[modifier | modifier le code]

Depuis 2003 surtout, le lévamisole est retrouvé[1] en quantité dans la cocaïne distribuée par les narcotrafiquants. Ceci a été identifié aux Etats-Unis d'abord, puis ailleurs dans le monde ; En 2009, la Drug Enforcement Administration ( DEA ) a estimé que 69% de la cocaïne saisie aux Etats-Unis contenaient déjà du lévamisole en entrant sur le territoire, alors que moins de 5% de la cocaïne saisie 2 ans avant (en 2007) en contenait. En France, le Système National d’Identification National des Substances et Toxiques SINTES a alerté en 2008 sur le fait que 29% des échantillons de cocaïne en contenaient.
Or, associée à la cocaïne cet antihelminthique peut provoquer de graves troubles (neutropénies, purpura pouvant évoluer en lésions nécrotiques et conduire à la mort. Les symptômes apparaissent quelques semaines après la consommation de cocaïne coupée au lévamisole)[2]. Comme on l'avait observé sur certains effets secondaires du médicament, l'oreille[3],[4], et en particulier le lobe de l'oreille fait souvent partie (mais pas toujours) des zones touchées par une vascularite nécrosante[5], de même que les joues, les arcs zygomatiques arc et les membres inférieurs.
Parmi les centaines de cas ayant fait l'objet d'une revue de la littérature scientifique (2012), les deux complications médicales les plus fréquemment rapportées par les médecins sont hématologiques et vasculaire[6],[7]s (140 cas de neutropénie sur 203 cas étudiés) et dermatologiques (rash et/ou nécrose de la peau[8] dans 84 cas sur 203), elles apparaissent souvent conjointement[9].

On a d'abord supposé que ce lévamisole était introduit dans la cocaïne par les fabricants ou des dealers comme simple adultérant (c'est-à-dire pour « couper » la drogue), mais ce produit est beaucoup plus cher que les adultérants classiques et il est trop utilisé pour n'avoir que ce rôle ; des travaux récents on montré que le lévamisole présente les caractéristiques d'un additif chimique psychoactif, qui pourrait encore augmenter la dépendance du cocaïnomane au produit[9] ; Ce produit augmente en effet la neurotransmission noradrénergique en inhibant la recapture[9], il agit sur les récepteurs nicotiniques ganglionnaires. De plus, il est partiellement métabolisé en un composé de type amphétamine[9] ; et il semble aussi pouvoir augmenter la production d'opioïdes endogènes et le taux de dopamine dans le « circuit de la récompense cérébrale »[9] très impliqué dans le phénomène d'addiction.

Le traitement de ces nécroses impose une chirurgie souvent difficile, car elles peuvent s'étendre sur une grande partie du corps. Elles doivent être stabilisées (par des excisions) avant toute greffe de peau (autogreffe). De plus, la nécrose peut aussi parfois atteindre le cartilage (nez, oreille fréquemment)[10], et l'os ce qui conduit à l'amputation si le système vasculaire est trop dégradé[8].
une autre molécule, la Phénacétine (qui est également un médicament toxique, ayant aussi été utilisé contre polyarthrite rhumatoïde), est de plus en plus fréquemment détecté comme adultérant de la cocaïne[11].

Exemples d'anthelmintiques synthétisés (pharmacochimie)[modifier | modifier le code]

Antihelminthiques synthétisés par les végétaux[modifier | modifier le code]

Certaines molécules naturellement synthétisées par des végétaux ont des propriétés antihelminthiques, avec par exemple

Précaution[modifier | modifier le code]

Un usage répété du même médicament peut conduire à l'apparition de souches résistantes aux anthelminthiques.

Ces produits doivent être utilisés avec précaution et aux justes dosages, en raison de leur toxicité et écotoxicité.

Certaines molécules sont rapidement dégradables, d'autres laissent des toxiques dans leurs produits de décomposition (Composés organoarsenicaux notamment)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Casale JF, Corbeil EM, Hays PA (2008) Identification of levamisole impurities found in illicit cocaine exhibits. Microgram J 2008;6:82-89
  2. Medscape France, Cocaïne et héroïne coupées au lévamisole expédient les usagers aux urgences
  3. Trevor T. Muirhead, M.D., and Melody J. Eide, M.D., M.P.H. (2011), Toxic Effects of Levamisole in a Cocaine User ; N Engl J Med 2011; 364:e52 2011-06-16 ; DOI: 10.1056/NEJMicm1008722résumé, et illustrations
  4. Chung C, Tumeh PC, Birnbaum R, Tan BH, Sharp L, McCoy E, Mercurio MG, Craft N. (2011), Characteristic purpura of the ears, vasculitis, and neutropenia - a potential public health epidemic associated with levamisole-adulterated cocaine. J Am Acad Dermatol. oct. 2011 ; 65(4):722-5. Epub 2011 Jun 11
  5. Bradford M, Rosenberg B, Moreno J, Dumyati G. (2010), Bilateral necrosis of earlobes and cheeks: another complication of cocaine contaminated with levamisole Ann Intern Med. 2010 Jun 1; 152(11):758-9 (Lien PubMed)
  6. Pearson T, Bremmer M, Cohen J, Driscoll M. (2012), Vasculopathy related to cocaine adulterated with levamisole : A review of the literature ; Dermatol Online J. 15 juillet 2012  ; 18(7):1. Epub 2012 Jul 15.
  7. Espinoza LR, Perez Alamino R. (2012), Cocaine-induced vasculitis: clinical and immunological spectrum ; Curr Rheumatol Rep. 2012 Dec; 14(6):532-8.
  8. a et b Ching JA, Smith DJ Jr. J (2012), Levamisole-induced necrosis of skin, soft tissue, and bone : case report and review of literature ; Burn Care Res. janv-fev 2012 ; 33(1):e1-5
  9. a, b, c, d et e Clin Toxicol (Phila). avril 2012 ;50(4):231-41. doi:10.3109/15563650.2012.665455. Larocque A, Hoffman RS (2012), Levamisole in cocaine: unexpected news from an old acquaintance (résumé)
  10. Arora NP, Jain T, Bhanot R, Natesan SK. (2012), Levamisole-induced leukocytoclastic vasculitis and neutropenia in a patient with cocaine use: an extensive case with necrosis of skin, soft tissue, and cartilage Addict Sci Clin Pract. 2012-09-24; 7(1):19. Epub:2012-09-24. (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23186390 résumé et illustrations])
  11. OFDT et CEIP DE CAEN, Phénacétine : Produit de coupe de la cocaïne en augmentation. Note d’information SINTES du 21 décembre 2007, Saint-Denis, OFDT, 2007, PDF, 6 p
  12. The Merck Index, 12th Éd., page 1119: entry 6611 Nicotine, Merck & Co. 1996
  13. Arnold, M.D., Harry L. (1968). Poisonous Plants of Hawaii. Tokyo, Japan: Charles E. Tuttle Co... pp. 51. (ISBN 0-80480-474-5).
  14. Peganum harmala" (consulté 2008-02-02).