Amédée Gordini

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Amedeo Gordini

Naissance 23 juin 1899
Bazzano (Drapeau de l'Italie Italie)
Décès 25 mai 1979 (à 79 ans)
Paris (Drapeau de la France France)
Nationalité Italien de naissance, naturalisé Français

Amédée Gordini (né Amedeo Gordini le 23 juin 1899 à Bazzano, mort le 25 mai 1979 Paris) et surnommé « Le sorcier » est un constructeur italien, naturalisé français de voitures de course des années 1950. Il a exercé les fonctions de mécanicien, de pilote, de préparateur et de constructeur d'automobile de course avec Fiat et Simca avant de fonder sa marque, Gordini, pour terminer sa carrière avec Renault.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gordini et Simca[modifier | modifier le code]

Simca Gordini Type 5 (1948)
Barquette Simca 8 Gordini

Amédée Gordini est né le 23 juin 1899 à Bazzano, près de Bologne en Italie. La mécanique le fascine, mais aussi la France où il imagine travailler sur les automobiles. Il émigre et trouve un emploi au garage Cattaneo, à Suresnes dans la proche banlieue de Paris. Au milieu des années trente, il entreprend d’améliorer les mécaniques de séries des Fiat-françaises, bientôt rebaptisées Simca-Fiat puis Simca. De réglages en transformations, il métamorphose leurs moteurs et parvient même à transformer les Simca 5 et Simca 8 en voitures de course, en vue des 24 Heures du Mans. Il participe lui-même à la course en 1935 (avec l'italien Carlo Nazarro sur Fiat), 1937 (désormais l'écurie est à son nom), 1938 et 1939.

Palmarès - conducteur - d'Amedeo Gordini :
en 1935:

  • Grand Prix d'Orléans (roadster Fiat 508 S Balilla prototype)
  • Grand Prix de Lorraine (id.)
  • Grand Prix de la Marne, catégorie tourisme en moins de 1 500 cm³ (id.)
  • Course de Miramas (id.)

en 1936:

en 1938:

en 1939:

  • Vainqueur de la catégorie 1.1L. aux 24 Heures du Mans avec José Scaron (10e au général; deuxièmes Guy Lapchin et Charles Plantivaux (13e), tous pilotes de l'écurie Gordini)

en 1945:

  • Coupe de Paris, en catégorie 1.5L. (sur Simca 8)

Après la Seconde Guerre mondiale, Amédée Gordini envisage de construire ses propres modèles. Dans le sillage de la reconstruction de l'industrie de l'automobile française, il décide d'élaborer des monoplaces de compétition en utilisant des composants d'origine Simca. Sa première création voit le jour en 1946, dans un atelier du boulevard Victor, près de la porte de Versailles, à Paris. En 1947, la cylindrée passe à 1 220 cm³, et l'année suivante, à 1 430 cm³. La parenté avec la Simca Huit reste toujours lisible au-delà des formes fuselées de la machine. Gordini remporte les premières éditions du Bol d'or après guerre, en 1947 (Cayla), 1948 (José Scaron sur TMM à châssis tubulaire et conduite centrale, premier du genre chez le constructeur), 1949 (Robert Manzon sur Coupé 1.1L) et 1951 (encore Scaron, cette fois sur 1.5L.).

En 1950, année de création du championnat du monde des conducteurs, Gordini se lance dans l'aventure car il dispose d'un bloc moteur capable d'accéder à la Formule 1, la réglementation limitant la cylindrée à 4 500 cm³ sans compresseur ou 1 500 cm³ avec compresseur. Gordini monte sur son bloc 1 430 cm³ un compresseur Wade à simple étage tournant à 10 000 tr/min, une fois et demie plus vite que le moteur. L'embase du bloc Simca à trois paliers, et les soupapes en particulier, s'avèrent naturellement fragiles lorsqu'elles se trouvent sollicitées par la suralimentation. Le châssis a une apparence plutôt frêle avec son cadre à fins longerons et sa suspension avant de série. Ces handicaps se transforment en arguments positifs en termes de poids car la Simca est plus légère que toutes ses rivales de Grands Prix. La monoplace est utilisée en Formule 1 et Formule 2, comme la HWM de Stirling Moss.

Les petites et fragiles Simca parviennent parfois à jouer les trouble-fêtes, Robert Manzon prenant la quatrième place du Grand Prix de l'Automobile Club de France. Aldo Gordini termine second de la deuxième édition du Grand Prix de Cadours en 1950, remporté par Simca-Gordini en 1951, 1953 et 1954, en Formule 2.

Gordini indépendant[modifier | modifier le code]

Gordini Type 32 et Gordini Type 16
Gordini Type 32

En 1951, Amédée Gordini dispose d'un nouveau moteur qui ne doit plus rien au groupe Simca. Le bloc comporte un vilebrequin à cinq paliers, arbore des cotes rigoureusement carrées (78 x78 mm) et est coiffé d'une culasse à double arbre à cames en tête. Le châssis ultra-léger, demeure pratiquement inchangé. Tout au long de la saison 1951, Gordini jongle entre la Formule 1 et la Formule 2. Les mécaniciens passent jours et nuits à monter et démonter les compresseurs pour s'adapter à l'une ou l'autre catégorie. Les hommes et le matériel arrivent sur les circuits épuisés et mal préparés. En outre, Gordini s'entête à participer aussi aux 24 heures du Mans et n'obtient de réussite dans aucun des domaines. Le patron de Simca s'impatiente et lui retire son soutien à la fin de la saison 1951. La seule victoire de Simca-Gordini est obtenue par Maurice Trintignant au Grand Prix d'Albi, disputé hors-championnat.

Durant l'hiver suivant, Gordini se retrouve pratiquement ruiné. Il dessine toutefois un moteur satisfaisant aux normes de la Formule 2, catégorie selon laquelle doit alors se disputer le championnat du monde en 1952 et 1953. Le six cylindres de deux litres a toujours des cotes carrées (75 x 75 mm) et dispose désormais d'un carter sec. L'atout majeur de la Gordini réside dans son rapport poids-puissance : 155 chevaux pour 450 kg. Après un galop d'essai à Marseille, la première manche du championnat du monde se déroule en Suisse. tandis qu'une seule voiture est convoyée pour la première séance d'essais, les mécaniciens, à Paris, s'affairent sur la seconde voiture. Comme le seul moyen d'arriver à temps pour se qualifier est de rejoindre le circuit par la route, on appose une fausse plaque d'immatriculation sur la monoplace que Jean Behra pilote jusqu'à Berne en se faufilant au milieu de la circulation. Behra arrive à temps pour prendre le départ du Grand Prix de Suisse et se classe troisième.

En juin 1952, au Grand Prix de la Marne, course hors-championnat qui se dispute sur le circuit de Reims, Jean Behra s'impose devant les Ferrari 500 de Giuseppe Farina et Alberto Ascari.

En 1954, avec le retour de la cylindrée fixée à 2,5 litres en Formule 1, Gordini développe une monoplace entièrement nouvelle qui dispose d'un moteur à huit cylindres associé à une boîte de vitesse à cinq rapports et d'une suspension à quatre roues indépendantes. Gordini s'entête jusqu'à la fin de saison 1956. Il jette définitivement l'éponge après le Grand Prix de Naples en 1957 et abandonne même ses participations aux 24 heures du Mans où il était présent depuis 1949. Ses meilleurs résultats dans cette épreuve restent les sixièmes places de 1953 et 1954.

Gordini et Renault[modifier | modifier le code]

Renault Dauphine Gordini, ici une version avec accessoires d'époque

En 1956, Amédée Gordini songe à sa reconversion et rencontre Pierre Dreyfus, le patron de la Régie Renault. La Dauphine Gordini apparaît en septembre 1957 et est suivie des R8 Gordini de 1964 à 1970, des R12 Gordini de 1970 à 1974 puis des R17 Gordini de 1975 à 1978. Au Royaume-Uni la R5 Alpine s'appelle R5 Gordini.

Les Alpine Renault des 24 heures du Mans sont animées avec succès par des moteurs Renault-Gordini.

Postérité[modifier | modifier le code]

À 75 ans, Amédée Gordini prend du recul et s'isole dans son atelier du boulevard Victor. L'usine de Viry-Châtillon est baptisée de son nom. Il s'éteint le 25 mai 1979. La place Amédée-Gordini, près de la porte de Versailles, porte depuis 1999 son nom.

Il fut lauréat du prix Henri-Deutsch-de-la-Meurthe de l'Académie des sports en 1952, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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