Robert Manzon

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Robert Manzon

Date de naissance 12 avril 1917 (97 ans)
Lieu de naissance Marseille, France
Nationalité Drapeau de France Français
Années d'activité 1950 - 1956
Qualité Pilote automobile
Équipe Équipe Gordini
Scuderia Ferrari
Écurie Rosier
Nombre de courses 33 (28 départs)
Pole positions 0
Podiums 2
Victoires 0
Champion du monde 0

Robert Manzon (né le 12 avril 1917 à Marseille) est un ancien pilote automobile français. Il s'est illustré lors des premières années du championnat du monde de Formule 1 (de 1950 à 1956), avec deux podiums comme meilleurs résultats.

Depuis le décès de José Froilán González, il est le dernier survivant de la première saison de Formule 1 et le dernier survivant des mousquetaires qu'il formait avec Elie Bayol, Maurice Trintignant, Eugène Martin et Jean Behra. Depuis le 31 mai 2012 et la mort de Paul Pietsch, il est également le doyen des pilotes de Formule 1.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il effectue ses débuts en sport automobile en 1946, participant notamment à la Coupe des Alpes sur une Simca 8, où il est le meilleur de la catégorie 1100 cm³ avec le minimum de points de pénalités (100)[1],[2]. En 1947, à 30 ans, Robert Manzon effectue ses débuts en circuit, sur une Cisitalia D46. Il réalise plusieurs coups d'éclat dans des épreuves nationales (2e place à Angoulême derrière Eugène Martin pour sa deuxième apparition en compétition) ce qui lui vaut en fin d'année d'être incorporé à l'équipe d'usine Gordini. En 1948 et 1949, au volant de la Gordini[3], Manzon confirme qu'il est l'un des meilleurs pilotes français mais ne parvient pas à étoffer son palmarès à cause du manque de fiabilité de sa monture. Il est cependant le premier triple vainqueur d'après guerre de la course de côte du Mont Ventoux sur Simca-Gordini, en 1948 (modèle T11)[4], 1950 (T15)[5], et 1952 (T15)[6].

En 1950, le championnat du monde de Formule 1 est créé et les Gordini sont de la partie, même si elle s'avèrent rapidement incapables de rivaliser avec les Alfetta ainsi qu'avec les Ferrari et Maserati. Absent du Grand Prix d'ouverture à Silverstone, Manzon effectue ses débuts à Monaco où il est victime comme beaucoup du carambolage du premier tour. C'est à l'occasion du Grand Prix de France qu'il inscrit, grâce une quatrième place, ses seuls points de l'année.

Après une saison 1951 désastreuse, ponctuée de nombreux abandons et sans la moindre arrivée dans les points (14 abandons en 23 courses) Manzon connaît un début d'année 1952 à nouveau frappé du sceau de la malchance, avec de nombreuses belles performances (comme au Grand Prix de Suisse où il lutte avec le futur vainqueur Piero Taruffi ou en catégorie sport aux 24 Heures du Mans où il domine la course avec son équipier Jean Behra) gâchées par des soucis mécaniques. La chance tourne enfin en Belgique où une cascade d'abandons parmi les favoris lui permet de décrocher la troisième place. Durant la deuxième moitié de saison, il décroche de nouvelles places d'honneur et termine le championnat à la sixième place. Manzon a surtout séduit en étant l'un des rares pilotes du plateau capable de se mêler ponctuellement à la lutte avec les Ferrari. En catégorie Sport, Manzon remporte l'épreuve monégasque alors qu'il part dernier, cette victoire reste un fait historique puisqu'aucun pilote à part lui n'a réussi un tel exploit sur le circuit monégasque.

Les performances à la hausse des Gordini en 1952 sont porteuses d'espoir pour 1953 mais dès l'épreuve d'ouverture en Argentine, alors que Manzon est en lice pour un podium, la fragilité chronique des Gordini se rappelle à lui sous la forme d'une roue baladeuse. Particulièrement courroucé par l'incident (c'est la troisième fois depuis qu'il est chez Gordini qu'il perd une roue), Manzon claque la porte de l'écurie. Sans volant en Formule 1, c'est en catégorie "sport" chez Scuderia Lancia qu'il passe la saison 1953, avant de revenir à la F1 en 1954 au volant d'une Ferrari privée. Il décroche, au Grand Prix de France, le deuxième podium de sa carrière. En 1955, Manzon retourne chez Gordini mais les monoplaces bleues sont désormais totalement dépassées et après deux années sans le moindre résultat notable en Formule 1, il met un terme à sa carrière après deux victoires à Naples et à Pescara.

En mars 2004, Robert Manzon participe à la Rétrospective du Grand Prix d'Aix les Bains. Une épreuve à laquelle il a participé quatre fois. À cette occasion, il retrouve sa voiture une Ferrari F2 212 pour participer à la parade. Il reprend encore une fois le volant d'une Gordini pour le Grand Prix de Marseille historique en 2008. Désormais il vit à Cassis.

Résultats en championnat du monde de Formule 1[modifier | modifier le code]

Tableau synthétique des résultats de Robert Manzon en Championnat du monde de Formule 1
Saison Écurie Châssis Moteur Pneus GP disputés Points inscrits Classement
1950 Equipe Gordini Simca Gordini Type 15 Gordini L4 compressé Englebert 3 3 17e
1951 Equipe Gordini Simca Gordini Type 15 Gordini L4 compressé Englebert 4 0 Nc.
1952 Equipe Gordini Gordini Type 16 Gordini L6 Englebert 7 9 6e
1953 Equipe Gordini Gordini Type 16 Gordini L6 Englebert 1 0 Nc.
1954 Écurie Rosier
Scuderia Ferrari
Ferrari 625
Ferrari 553
Ferrari L4 Pirelli 5 4 15e
1955 Equipe Gordini Gordini Type 16 Gordini L6 Englebert 3 0 Nc.
1956 Equipe Gordini Gordini Type 16
Gordini Type 32
Gordini L6
Gordini L8
Englebert 5 0 Nc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alpine Trials & Rallies: 1910-1973, chap. France takes over 1938-1971 - Towards the Golden Years, par Martin Pfundner, Veloce Publishing Ltd (6 octobre 2005), p. 41
  2. Michel Morelli et Gérard Auriol, Histoire des rallyes : De 1951 à 1968, t. 1, Boulogne-Billancourt, ETAI,‎ 2007, 208 p. (ISBN 978-2-7268-8762-2)
  3. « Gordini vécu par Robert Manzon », sur Mémoires des Stands,‎ 1er août 2005
  4. Motor Sport, novembre 1948, Page 467.
  5. Motor Sport, décembre 1950, Page 616.
  6. Motor Sport, janvier 1953, Page 11.