Années 510 av. J.-C.

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Événements[modifier | modifier le code]

  • 519 av. J.-C. (date présumée) : Sermon de Bénarès, exposé de la révélation qu’a eu le Bouddha. L’idée essentielle est que tous les êtres vivants transmigrent sans fin d’une existence à une autre, passant par des états divers, en fonctions de leurs actes antérieurs. La doctrine primitive est exprimée dans les quatre « saintes Vérités », exprimées dès le premier sermon : la Vérité de la douleur, la Vérité de l’origine de la douleur, la Vérité de la cessation de la douleur et la Vérité de la voie qui mène à la cessation de la douleur.
  • 512 av. J.-C. : Hégémonie de Chu en Chine. Le royaume de Chu procède plus souvent que ses prédécesseurs à des annexions de cités et de territoires, considérées longtemps comme une impiété majeure, et a moins souvent recours aux serments. Ces annexions sont cependant réalisées par un triomphe solennel et des sacrifices : lorsque Chu détruit, en 513 av. J.-C., la petite cité de Cai, au Henan, il estime nécessaire de sacrifier aux montagnes le prince héritier.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

Lancier, détail de la frise des archers du palais de Darius à Suse. Briques siliceuses à glaçure, vers 510 av. J.-C. conservé au Musée du Louvre
  • 520 av. J.-C. : Darius Ier, débarrassé de ses ennemis et reconnu roi par tout le Proche-Orient réorganise l’empire achéménide : il remodèle le système administratif sur le modèle assyrien, augmente le nombre des satrapes tout en diminuant leurs pouvoirs, en leur adjoignant des gouverneurs militaires, des collecteurs d’impôts, et des inspecteurs dépendant du palais. Il crée un vaste réseau de routes, impose une loi commune et un système monétaire unique, la darique d’or[1].
    • L’impôt devient obligatoire dans l'Empire perse (sous Cyrus, les sujets contribuaient à l’entretien de l’État par des dons ou des tributs à leur convenance) et son versement doit se faire en métaux précieux. C’est sur l’agriculture que pèse essentiellement le poids des impôts.
  • 520-515 av. J.-C. : Les Juifs rentrés en Palestine, sous la suzeraineté des Perses, entament la reconstruction du temple de Jérusalem. 40 000 Juifs exilés sont conduits par le prêtre Josué et le prince de Juda Zorobabel, nommé « gouverneur de Juda », qui rétablissent l’autel sur les fondations du temple et le déroulement normal des sacrifices et des fêtes. Encouragés par les prophètes Aggée (août-décembre 520 av. J.-C.) et Zacharie (novembre 520/novembre 518 av. J.-C.), témoins de l’agitation religieuse et du zèle pour le temple animant les rapatriés, ils reprennent la reconstruction du temple qui est achevé en février-mars 515 av. J.-C.. Les exilés qui restent en Babylonie constitueront la première Diaspora (dispersion). Le mouvement de retour en Judée se poursuit jusque dans le courant du IVe siècle.
  • 518 av. J.-C. :
  • 518-515 av. J.-C. : Darius Ier lance une expédition vers la vallée de l'Indus. Elle occupe le Nord-Ouest de l’Inde. Le Pendjab et le Sind forment la vingtième satrapie jusqu'en 330 av. J.-C.[4].
Persépolis, par Charles Chipiez (1884)
  • 518-460 av. J.-C. : Construction de Parsa (Persépolis).
    • Les grands travaux entrepris par Darius Ier ne sont pas seulement destinés à glorifier le Grand Roi. Darius cherche à réunir tous les peuples de l’empire dans une réalisation commune, de façon à cimenter ses diverses composantes. L’empire apparaît au faîte de sa puissance. Mais les forces de désagrégation et les tendances autonomistes se réveillent à tout moment comme le montrent les différentes révoltes. Il n’y a pas donc d’assimilation dans un ensemble unique. À l’idéal de justice, d’universalité et d’harmonie proposé par Cyrus a succédé une centralisation à outrance et un despotisme qui se moule dans les vieilles traditions orientales.
  • 517 av. J.-C. : Darius Ier finit de l'emporter sur tous ses rivaux et renforce son autorité sur les satrapes qui s'étaient rendus indépendants lors des troubles ayant suivi la mort de Cambyse II.
  • Vers 517 av. J.-C. : Expédition du grec Scylax de Caryanda, envoyé par Darius explorer le cours de l’Indus[5]. Il descend le fleuve, puis navigue sur l’Océan Indien et sur la Mer Rouge jusqu’à Suez. De nombreux Grecs au service des Perses, la plupart Ioniens, s’installent en Inde.
  • 515 av. J.-C. :
    • 12 mars : Achèvement du second Temple de Jérusalem, qui est inauguré à l’occasion de la Pâque.
    • Le peuple juif tente de nommer roi de Juda Zorobabel, descendant de David. Darius Ier s’y oppose. Hananah (ou Hananyah), semble avoir succédé à son père Zorobabel comme gouverneur de Judée. Elnatan, époux de Shelomit, fille de Zorobabel, lui succède. À partir de ce moment, la charge de gouverneur échappe à la lignée de David. Yehôzer et Ahzay seront gouverneurs dans la première moitié du Ve siècle av. J.-C..
    • Recensement de la province de Judée : la province ne représente qu’une étroite bande de territoire autour de Jérusalem, depuis Jéricho à l’est jusqu’à Lob et Ono à l’ouest, et de Bethléem et Nétopha au sud jusqu’à Béthel et Aï au nord. Sa population est vraisemblablement de 50 000 habitants. Elle est rattachée à la cinquième satrapie transeuphratène. Le gouverneur perse, tolérant en matière religieuse, est très strict quant au paiement des impôts. Le gouverneur de chaque province doit remettre en nature une somme fixe au gouvernement central. En retour le trésor royal aide au fonctionnement des grands travaux publics (Temple). Cette protection du culte national renforce le prestige du grand-prêtre de Jérusalem.
  • Vers 515 av. J.-C. : Destruction de la colonie grecque de Tocra en Cyrénaïque.
  • Vers 520/510 av. J.-C. : Une expédition spartiate en Cyrénaïque est repoussée en Tripolitaine puis battue une seconde fois en Sicile où elle avait tenté de s’installer.

Europe[modifier | modifier le code]

Héraclès au repos, amphore du Peintre d'Andokidès, v. 520 av. J.-C., Staatliche Antikensammlung de Munich
Monnaie incuse de Sybaris, nomos d'argent (550-510)
  • 511 av. J.-C. :
    • Sybaris déclare la guerre à Crotone qui refusait d’extrader les Sybarites, partisans de l’oligarchie et chassé par les démocrates. Crotone prend la tête d'une ligue de cités contre Sybaris.
    • Échec d'une première tentative de renversement d'Hippias à Athènes.
  • 510 av. J.-C. :
    • Crotone, à la tête d'une ligue de cités, prend Sybaris et la détruit jusqu'à modifier le cours du fleuve Crathis (actuel Crati) pour qu'il coule sur les ruines.
    • Sybaris était le seul port d’accès des Étrusques vers l’Orient (marchandises de luxe de Milet) : la destruction de la ville signifie pour eux un début d’asphyxie économique et une aggravation des conflits avec les Grecs.
    • Échec d'une expédition dirigée par le spartiate Dorieus contre la cité indigène d'Égeste. Lui et sa troupe s'établissent alors à Héracléa Minoa, à l'embouchure de l'Halycos, aux frontières du territoire d'Agrigente.
    • Chute du tyran Hippias à Athènes, obtenue par la famille des Alcméonides avec l'aide des Spartiates. Il se réfugie en Perse où il sera le conseiller des Perses durant la bataille de Marathon. La famille des Alcméonides, exilée par Pisistrate, rentre à Athènes à la demande de l’oracle de Delphes. L’aristocratie triomphe. La chute d'Hippias voit ensuite s'opposer deux factions, celle d'Isagoras qui représente l'oligarchie, et qui l'emporte au départ (jusque vers 508 av. J.-C., et la faction démocratique dirigée par Clisthène.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Roux, La Mésopotamie, Seuil,‎ 1995 (ISBN 9782020086325, présentation en ligne)
  2. M. A. Dandamaev, A Political History of the Achaemenid Empire, BRILL,‎ 1989 (ISBN 9789004091726, présentation en ligne)
  3. M.A. Oraizi, L'Iran: un puzzle ?, Éditions L'Harmattan,‎ 2010 (ISBN 9782296251830, présentation en ligne)
  4. Sailendra Nath Sen, Ancient Indian History and Civilization, New Age International,‎ 1999 (ISBN 8122411983, lire en ligne)
  5. Sailendra Nath Sen, op. cit, p. 16.
  6. Pierre Briant, Histoire de l'Empire perse : De Cyrus à Alexandre, Fayard,‎ 1996 (ISBN 9782213639468, présentation en ligne)