Pourpre de Tyr

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Murex brandaris, coquillage d'où les Phéniciens tiraient probablement leur teinture pourpre de Tyr.

La pourpre de Tyr, aussi appelé pourpre impériale, pourpre royale ou encore pourpre antique, est une teinture rouge violacée créée par les Phéniciens. Tyr (dans l'actuel Liban) était un site ancien de production de pourpre.

Pline l'Ancien écrit : « La pourpre la plus estimée est, en Asie, celle de Tyr »[1].

Très chère à produire et d'une exceptionnelle solidité, la pourpre de Tyr faisait partie des produits de luxe du monde méditerranéen antique. Les vêtements teints en pourpre étaient réservés à une élite. C'est ainsi qu'elle fut associée au pouvoir magistral et impérial romain et devint un emblème de l'Antiquité. Sa production cessa avec la chute de l'Empire romain (Ve siècle).

Fabrication[modifier | modifier le code]

La cité phénicienne de Tyr obtenait cette pourpre par le biais de gastéropodes du genre murex (i.e. Murex trunculus, Nucella lapillus, Helix ianthina et surtout Murex brandaris)[2] ou de sécrétions de certains serpents marins[réf. nécessaire]. Sa fabrication la rendait très chère. Mais l'Édit de Dioclétien de 301 montre qu'il y avait des différences considérables de prix selon les variétés et les procédés de fabrication.

Selon Pline l'Ancien, « on extrait le précieux liquide des plus grands pourpres, après avoir ôté la coquille ; on écrase les plus petits, vivants, avec leur coquille ; il faut pour cela qu'ils dégorgent leur suc »[1].

En 1908, Friedländer dut utiliser 12 000 murex pour produire 1,4 gramme de pigment[3].

La pourpre de Tyr était obtenue par mélange des extraits cuits de Murex brandaris et de Thais haemostoma, ou en deux bains, dans cet ordre[4].

Statut social[modifier | modifier le code]

Le statut social dans la civilisation romaine est indiquée par ce que porte la personne :

  • la largeur de la bande pourpre portée sur la toge,
  • la couleur plus ou moins vive des vêtements rouges

Ainsi, seuls les imperatores portaient des vêtements entièrement pourpres.

Origine[modifier | modifier le code]

Le mythographe Julius Pollux introduisit dans son Onomasticon l'idée que c'était Hercule qui aurait découvert la pourpre, à partir de serpents sur les côtes du Levant.

On trouve en fait des traces d'emploi de la pourpre royale chez les Minoens de Crète.

Chimie[modifier | modifier le code]

le 6,6′-dibromoindigo, principale molécule responsable de la coloration pourpre de Tyr.
Une petite quantité de dibromoindigo en poudre, et son effet sur une pièce de tissu.

La principale molécule responsable la coloration pourpre de Tyr est le 6,6′-dibromoindigo, une molécule quasi identique à l'indigotine, molécule responsable de la coloration indigo. Seuls deux atomes de brome différencient les deux molécules. Il est toujours accompagné de son isomère, la dibromoindirubine[3].

Comme tous les pigments naturels, celui extrait du murex associait en proportions variables plusieurs substances colorantes. La pourpre s'obtenait en plusieurs couleurs allant du rose au violet presque noir. Le Murex trunculus donne ainsi une pourpre tirant vers le bleu.[3].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs : 5000 ans de peinture racontée par les pigments [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan, , p. 54, 287-292
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 3, Puteaux, EREC, , p. 274-276

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pline l'Ancien, Histoire Naturelle.
  2. (en) https://www.ancient.eu/Tyrian_Purple/
  3. a b et c (PRV, p. 274).
  4. (PRV, p. 275).