Collier d'épaule

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Collier (homonymie).
Deux colliers d'épaule

Le collier d'épaule est un élément du harnais du cheval attelé pour tirer une charge, qui s'appuie sur les épaules, à la différence de son prédécesseur, le collier de cou. L'apparition du collier semble s'être faite progressivement à partir de l'évolution des harnais du nord-ouest de l'Empire romain à partir des IIIe et IVe siècles de notre ère[1],[2]. On le voit apparaître avec les attelages des équipages des armées carolingiennes au Xe siècle ; il sera utilisé dans les campagnes deux siècles plus tard[3].

On a longtemps pensé, à la suite des travaux de Richard Lefebvre des Noëttes que son apparition autour de l'an mille avait bouleversé l'agriculture, parallèlement à l'invention de la charrue à soc dissymétrique. Les recherches récentes sur les attelages antiques ont permis de relativiser quelque peu cette théorie, en mettant en évidence la qualité des attelages antiques[4].

Il n'empêche que la propagation en Europe du collier d'épaule a favorisé l'emploi des chevaux lors des travaux de labour, au détriment des bœufs qu'on leur préférait jusque-là. En effet, les colliers de cou exerçaient une pression sur la trachée des chevaux de labour dès que la résistance du terrain ou de la charge se faisait plus importante, diminuant ainsi leur capacité respiratoire, et donc leur aptitude à la traction. Le collier d'épaule, au contraire, en rendant possible un attelage plus bas sur le poitrail, permit aux chevaux de mieux respirer et donc de mieux tracter. Plus agiles et endurants que les boeufs, ils se révélèrent logiquement plus productifs grâce à cette innovation technique, ce qui explique qu'ils aient progressivement supplanté ces derniers à partir du XIIe siècle pour les travaux de labour et de débardage[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. Molin, « Quelques considérations sur le chariot des vendanges de Langres (Haute-Marne) », Gallia, 42-1, 1984, p. 97-114 lire en ligne
  2. M.-C. Amouretti, « L’attelage dans l’Antiquité. Le prestige d’une erreur scientifique », Annales, 1991, 46-1, p.226
  3. Terroirs et communautés rurales dans l'Europe occidentale au Moyen Age, Gérard Sivéry, Presses Univ. Septentrion, 1990.
  4. M.-C. Amouretti, « L’attelage dans l’Antiquité. Le prestige d’une erreur scientifique », Annales, 1991, 46-1, p. 219-323 [1]
  5. (en) Weller, J. A., « Weller, J. A. "Roman Traction Systems – Conclusion" », humanist.de,‎ (lire en ligne)