Sous les pavés, la plage !

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Ne doit pas être confondu avec Sous les pavés, la plage.
graffiti.

« Sous les pavés, la plage ! » est un slogan de Mai 68[1].

La phrase reste un symbole des événements qui secouèrent la France au Printemps 1968, ainsi dans les premiers jours des manifestations, lorsque les premières barricades furent élevées, les étudiants constatèrent que les pavés des barricades étaient posés sur un lit de sable. Plus qu'une incitation à la construction de barricades et au jet de pavés sur les CRS, le slogan résume les aspirations de Mai 68, le désir de liberté. Scandé ou écrit sur les murs « Sous les pavés, la plage ! » reste avec « CRS=SS » et « Il est interdit d'interdire ! », l'un des slogans soixante-huitards les plus connus[2].

Origine[modifier | modifier le code]

L'auteur de cet aphorisme ne serait pas un étudiant, mais un jeune travailleur en grève. Il se nommerait Bernard Cousin[3],[4], qui le propose, le 22 mai 1968, dans un débat sur de possibles graffitis à effectuer sur les murs. À l'origine, il devait être : « Il y a de l'herbe sous les pavés ». Mais devant l'amalgame possible, le mot « herbe » (en allusion au haschich ou au cannabis) et que cela faisait « trop nature », le mot « sable », réellement utilisé sous les pavés dans la construction des rues, s'impose. Écrit au feutre rouge sur une feuille, la virgule est ensuite rajoutée au stylo bleu. Il est graffé pour la première fois à la place du Panthéon. Puis une centaine de réalisations sont effectuées par la suite sur les murs de Paris[5],[6],[7].

« On cherchait quelque chose à rechercher sous les pavés pour inciter le chaland à les retirer, c'est venu assez naturellement car pour noyer les grenades des CRS on ouvrait les vannes des trottoirs et l'eau coulait sur le lit de sable qui servait d'assise aux pavés parisiens. Pour évoquer un avenir paradisiaque commun aux deux compères, si différents de philosophie, nous n'avons trouvé que notre joie d'enfant à la plage. »

— Bernard Cousin, Sous les pavés, la plage. Quarante ans après.[7]

Par ailleurs, le pamphlétaire Jean-Edern Hallier, prétend dans son ouvrage Bréviaire pour une jeunesse déracinée être l'inventeur de ce slogan : « Ce mot d'ordre que j'inventai au tableau noir du grand amphithéâtre Richelieu à la Sorbonne en mai 68 : Sous les pavés la plage... »[8].

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

  • En 1972, Léo Ferré retourne ce slogan dans la chanson Il n'y a plus rien (album Seul en scène). Il dit : "Sous les pavés il n’y a plus la plage / Il y a l’enfer et la Sécurité".
  • En 1978, Daniel Cohn Bendit, figure du mouvement de la contestation de Mai 68 lance à Francfort un magazine politico-culturel anarchiste qu'il titre "Pflasterstrand"[11], traduction en allemand de "Sous les pavés, la plage".
  • En 1993, chez Fnac Music Production, en distribution chez WMD, paraît une compilation CD intitulée Sous les Pavés...La Plage sous-titrée Les tubes de Mai 68 et comprenant 23 chansons. Elle est éditée en partenariat avec la revue Le Nouvel Observateur.
  • En 1994, Gilles Caron publie un recueil de textes sous le titre Sous les pavés la plage : Mai 68 vu par..., Sirene, (ISBN 978-2840450474).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les murs parlent », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  2. « Mai 1968 », sur http://evene.lefigaro.fr/ (consulté le 3 septembre 2014)
  3. Christian Gambotti, « Les processus de rupture instruits par les slogans », Le nouvel Économiste,‎ (lire en ligne).
  4. Bernard Cousin, Pourquoi j'ai écrit « Sous les pavés la plage », éditions Rive Droite, mai 2008, (ISBN 2841521095), [lire en ligne].
  5. Anne Vidalie, « Sous les pavés, les slogans », LExpress.fr,‎ (lire en ligne).
  6. Michel Le Séac'h, La petite phrase : d'où vient-elle ? Comment se propage-t-elle ? Quelle est sa portée réelle ?, éditions Eyrolles, 2015, page 98.
  7. a et b « Sous les pavés, la plage. Quarante ans après. », sur Skynet.be
  8. Jean-Edern Hallier, Bréviaire pour une jeunesse déracinée, Albin Michel, 2012, [lire en ligne].
  9. Roger-Viollet, Évènements de mai-juin 1968, Paris. Slogan révolutionnaire : "Sous les pavés, la plage", voir en ligne.
  10. Sous les pavés, la plage !, Paris 1968, voir en ligne.
  11. Thomas Harms, « L’objet : le pavé », Karambolage, émission n°469, sur https://sites.arte.tv/karambolage/fr, Arte,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]