Gilles Caron

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Gilles Caron (, Neuilly-sur-Seine, France - , Cambodge) est un photographe et reporter de guerre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

1939 8 juillet : Gilles Caron naît à Neuilly-sur-Seine.
1946 à la suite de la séparation de ses parents, Gilles est envoyé en pension à Argentière (Haute-Savoie), il y restera sept ans. Il entretient dès lors une correspondance avec Marianne Montely, fille de son âge.
1952 Gilles apprend à monter à cheval.
1954 rencontre André Charlemagne Derain dit “Doby”, fils du grand peintre fauviste, à l’École anglaise de Port-Marly en Seine-et-Oise (aujourd’hui Yvelines).
1956 autorisé à « monter en course », Gilles gagne une coupe.
1957 mort d’Édouard Caron. Études à Janson de Sailly à Paris.
1958 Gilles fait un an d’études supérieures de journalisme à l’École des hautes études internationales à Paris. Se rend pendant l’été en Yougoslavie, Turquie et Inde en auto-stop.
1959 Gilles passe son brevet de parachutiste civil. Service militaire de vingt-huit mois, dont vingt-deux en Algérie. Gilles fait deux mois de prison à la suite de son refus de combattre après le putsch.
1962 Gilles termine son service avec interdiction de port d’arme. À son retour en France, il épouse Marianne Montely désormais Marianne Caron. Ils se connaissent depuis qu'ils ont treize ans et demie.
1963 9 mars : naissance de Marjolaine. [Mariée plus tard avec Louis Bachelot (des artistes nommés : bachelotcaron), ils ont trois enfants : Théodore, Carmen, William.]
1964 Gilles fait un stage chez Patrice Molinard, photographe de publicité et de mode.
1965 Gilles entre à l’agence Apis -Agence Parisienne d’Information Sociale - tournages de films, premières de spectacles, réunion de conseil des ministres et manifestations. Rencontre Raymond Depardon, photographe de l’agence Dalmas.

août : tournage de La guerre est finie d’Alain Resnais.

1966 19 février Gilles fait la Une de France-Soir avec Marcel Leroy-Finville (écroué dans le cadre de l’enlèvement et de l’assassinat de Ben Barka) durant sa promenade à la prison de la Santé.

mai : Gilles travaille à Paris pour l’agence de mode Photographic Service dirigée par Giancarlo Botti. décembre : Gilles rejoint l’équipe fondatrice de Gamma, Raymond Depardon, Hubert Henrotte, Jean Monteux et Hugues Vassal.

1967 tournage de Weekend de Jean-Luc Godard.

5-10 juin : guerre des Six Jours : Gilles entre à Jérusalem avec l'armée israélienne puis gagne le canal de Suez avec les forces de commandement dirigées par le général Ariel Sharon. La publication de ses images dans Paris Match fait de l'agence Gamma la première agence mondiale. novembre et décembre : Gilles est au Vietnam notamment à Đắk Tô, durant l’une des batailles les plus dures du conflit (colline 875). 8 décembre : naissance de Clémentine. [Mariée plus tard avec Franck Seguin, ils ont deux filles : Jeanne et Lila]

1968 février : tournage de Baisers volés de François Truffaut.

avril : Gilles couvre la guerre civile au Biafra. Il se retrouve aux côtés de Don McCullin, grand rival et ami, qui travaille pour le Sunday Times Magazine de Londres. mai : début des révoltes étudiantes à Paris qui gagnent toute la France et provoquent une grève générale. Gilles couvre au quotidien les manifestations étudiantes à Paris ; suit le président Charles de Gaulle en visite officielle en Roumanie entre le 14 et le 18 mai. juillet : deuxième voyage au Biafra, cette fois avec Raymond Depardon. tournage de Slogan de Pierre Grimblat., rencontre de Jane Birkin et Serge Gainsbourg. septembre : Gilles se rend à Mexico à la suite de manifestations estudiantines violemment réprimées à la veille des Jeux olympiques. novembre : troisième reportage au Biafra.

1969 août : Gilles couvre les manifestations catholiques à Londonderry et Belfast en Irlande du Nord, “The Troubles”. Quelques jours plus tard, il suit l’anniversaire de l’écrasement du Printemps de Prague en Tchécoslovaquie par les chars soviétiques. Dans son numéro du 30 août, Paris Match publie simultanément les deux reportages.
1970 janvier-février : Gilles fait partie d’une expédition dans le Tibesti tchadien organisée par Robert Pledge, avec Raymond Depardon et Michel Honorin, pour couvrir la rébellion des Toubous contre le pouvoir central de Fort Lamy (N’djamena) soutenu par le gouvernement français. Tombés dans une embuscade, les quatre journalistes sont retenus un mois prisonniers par les forces gouvernementales.

avril : Gilles se rend au Cambodge au lendemain de la déposition du prince Norodom Sihanouk par le général Lon Nol. Le 5 avril, premier d’une vingtaine de journalistes et de coopérants de toutes nationalités, il disparaît avec deux autres français, le reporter Guy Hannoteaux et le coopérant Michel Visot, sur la route n°1 qui relie le Cambodge au Vietnam dans une zone contrôlée par les khmers rouges de Pol Pot. Il a 30 ans.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il a couvert, durant sa courte carrière, la plupart des événements dramatiques de son temps, révoltes, famines et guerres. Il est resté proche, entre deux voyages, du milieu du spectacle, et en particulier du cinéma, photographiant acteurs, scènes de tournage ou vedettes du show-business.

Il n'a pas publié de son vivant de recueils de ses images qui ne parurent que postérieurement. Une exposition majeure est consacrée à son travail en 2006 aux Rencontres d'Arles (France) et au musée de l'Élysée à Lausanne en 2013. Intitulée Gilles Caron, le conflit intérieur[1], cette exposition révèle la recherche de sens et la quête de la responsabilité qui sont au cœur de l’œuvre du photojournaliste.

Fondation Gilles-Caron[modifier | modifier le code]

Fondation Gilles-Caron
Logo de l'organisation

Création
Siège Genève, Drapeau de la Suisse Suisse
Langue Français
Site web fondationgillescaron.org

La Fondation Gilles-Caron a été créée à Genève le par Marianne Caron[2], épouse du photographe Gilles Caron (1939-1970).

Membres de la fondation[modifier | modifier le code]

  • Marianne Caron : présidente
  • Louis Bachelot : directeur
  • Marjolaine Caron
  • Clémentine Caron
  • Jean Marc Falconnet
  • Christine Cybert

Missions[modifier | modifier le code]

La fondation a pour principaux objectifs l'acquisition, la conservation, la diffusion et la valorisation de l’œuvre de Gilles Caron dans l’histoire du journalisme, de la photographie et de l’art[3]. Elle entreprend de répertorier et de retrouver de nombreuses photos considérées comme disparues, engageant un travail universitaire autour de reportages photographiques afin de rendre les archives du photographe accessibles à l’ensemble de la communauté des chercheurs et des universitaires.

La diffusion du travail de Gilles Caron est réalisée à travers des expositions, des éditions d’ouvrages et toutes autres formes de supports validées par Conseil consultatif de la fondation et par ses partenaires.

Activités[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

De nombreuses expositions : voir sur le site de la fondation.

Fonds filmographique[modifier | modifier le code]

Un travail filmographique est en cours de réalisation pour recueillir des témoignages de personnes ayant côtoyé Gilles Caron ou qui ont travaillé sur son œuvre afin de constituer un fonds d'archives nécessaire à la fondation et aux historiens.

En 2008, le témoignage d’un vétéran de la guerre du Viêt Nam est recueilli à Los Angeles. Cet homme avait été photographié par Gilles Caron lors de l’assaut de la colline 875 à Dak To.

En 2009, Don McCullin, son confrère et rival au Tchad et au Biafra est interviewé à Londres.

Édition[modifier | modifier le code]

En 2010, à l'occasion du 40e anniversaire de la disparition de Gilles Caron, la fondation publie le livre Gilles Caron Scrapbook, fruit du travail d’archivage effectué par Marianne Caron.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Caron, Sous les pavés la plage : Mai 68 vu par..., Sirene, (ISBN 978-2840450474).
  • Gilles Caron, J'ai voulu voir, Éditions Calmann-Levy, 2012 (ISBN 978-2-7021-4275-2)
  • Gilles Caron, Scrapbook, Montreuil-sous-Bois, Lienart, 2012 (ISBN 978-2-359060-33-1), prix FILAF d'or 2012
  • Gilles Caron, pour la liberté de la presse, Reporters sans frontières no 21, 2005
  • Gilles Caron, no 73, coll. Photo Poche, éd. Actes Sud
  • Michel Poivert, Gilles Caron : Le conflit intérieur, Arles, Photosynthèses/Musée de l'Élysée, , 410 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]