Marc Kravetz

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Marc Kravetz
Paris - Salon du livre 2012 -Marc Kravetz - 001.jpg
Marc Kravetz en 2012.
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Marc Kravetz, né le au Blanc-Mesnil et mort le à Paris, à l'âge de 80 ans, est un grand reporter français, journaliste à France Culture.

Il a reçu le prix Albert-Londres en 1980 pour ses reportages en Iran, alors qu'il travaillait pour le quotidien Libération et a présenté longtemps « Le portrait du jour », une chronique quotidienne dans Les Matins de France Culture

Biographie[modifier | modifier le code]

Marc Kravetz est né[1] durant la Seconde Guerre mondiale dans un milieu juif modeste. Son père, secrétaire de mairie au Blanc-Mesnil, est entré au Parti communiste en 1932 et sa mère travaille comme employée de mairie à Levallois-Perret. Adolescent, il a été champion de gymnastique d’Île-de-France par équipe, avec la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail)[2].

Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud (entré en 1961), Marc Kravetz figure parmi les militants du Front universitaire antifasciste (FUA), fondé en 1961, qui réunit des militants de la gauche de l’UEC mais comprend aussi en son sein un certain nombre d’étudiant du PSU et de la Jeunesse étudiante chrétienne[3]. Chef du service d'ordre du FUA[4], où milite aussi son ami Jean-Louis Peninou, qui l'accompagne en Algérie à l'été 1962 pour travailler comme enseignant volontaire[5], il organise un grand meeting du FUA en 1962 réunissant 3 000 membres du service d'ordre parmi les étudiants des facultés parisiennes[4].

Puis il a été secrétaire général du bureau national du syndicat étudiant UNEF sous la présidence de Bernard Schreiner (-). Il en démissionne en janvier 1965. Adhérent aux ESU (Étudiants socialistes unifiés, organisation du PSU), proche de Marc Heurgon[6] et d'André Gorz[7], il est alors suffisamment emblématique de l'engagement estudiantin pour que, sous la plume acide de Mustapha Khayati, son nom soit utilisé pour stigmatiser tout le mouvement politisé de l'époque dans le célèbre pamphlet situationniste, De la misère en milieu étudiant, publié anonymement (mais aux frais de l'UNEF) à Strasbourg en novembre 1966[8]. À cette époque, il adhère aux thèses de l'extrême gauche et participe en compagnie de Christian Blanc et de Pierre Goldman à une session de formation révolutionnaire et de guérilla à Cuba pendant l'été 1967. En mai 68, il participe au journal Action.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

À la date de création de Libération, en 1973, Marc Kravetz rejoint le journal Libération sur la proposition de Serge July. Il y officiera près de 20 ans[9].

Entre 1975 et 1990, il a couvert la plupart des conflits du Moyen-Orient : guerre du Liban, conflit israélo-palestinien...

En 1979, il effectue un reportage en Iran afin de couvrir un évènement d'importance : la révolution iranienne, qui démit le Shah de ses fonctions pour instaurer la république islamique. Il écrit Irano nox à la suite de ce voyage.

De 1997 à 2000, il dirige Air-France magazine avec Jean Bayle.

À partir de 2009, Marc Kravetz est membre du comité de parrainage de l'Institut régional du cinéma et de l'audiovisuel (IRCA) présidé par le réalisateur Magà Ettori et dont le siège social est à Bastia.

Après avoir tenu pendant plusieurs années une chronique aux Matins de France Culture, il participe entre janvier et à la nouvelle émission Cultures Monde, diffusée à 11 h du lundi au vendredi sur France Culture, mais ne fait plus partie de la grille de rentrée de 2011[10].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christophe Ayad, « Le grand reporter Marc Kravetz est mort », Le Monde, no 24208,‎ , p. 25 (lire en ligne Accès libre)
  2. Libération, la biographie' par Jean Guisnel. Édition La Découverte, en 2003
  3. "Jeunesse et engagement pendant la guerre d'Algérie", par Ludivine Bantigny dans Parlement, Revue d'histoire politique, en 2007
  4. a et b Témoignage de Guy Trastour, candidat sur la liste d’opposition à la corpo à la Faculté de droit de Paris-Panthéon, au Conservatoire des mémoires étudiantes?recueilli le 13 mars 2008 par Jean-Philippe Legois [1]
  5. "Génération. Les années de rêve", par Hervé Hamon, Patrick Rotman, 1987, aux Editions Le Seuil
  6. Cf. le témoignage de Jean-Daniel Benard diffusé par le Conservatoire des mémoires étudiantes.
  7. Willy Gianinazzi, André Gorz. Une vie, La Découverte, 2016, p. 137, 234.
  8. On y lit en effet, à la fin du deuxième paragraphe, après une récusation du travail critique des sociologues comme Bourdieu et Passeron : « Leurs disciples, les Kravetz se croient des milliers à se réveiller, compensant leur amertume petite-bureaucrate par le fatras d'une phraséologie révolutionnaire désuète. » Une note tout aussi agressive, mais biographiquement intéressante, précise : « Kravetz (Marc) connut une certaine notoriété dans les milieux dirigeants de l'UNEF ; élégant parlementaire, il commit l'erreur de se risquer dans la « recherche théorique » ; en 1964, publie dans les Temps modernes une apologie du syndicalisme étudiant qu'il dénonce l'année suivante dans le même périodique. »
  9. « Marc Kravetz, le coureur de planète », Libération,‎
  10. « disparition-de-marc-kravetz-journaliste-reporter-prix-albert-londres », sur www.grands-reporters.com, (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]