Sogyal Rinpoché

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Sogyal Rinpoché (tibétain : བསོད་རྒྱལ་རིན་པོ་ཆེ་, Wylie : Bsod-rgyal Rin-po-che) (aussi appelé Sogyal Lakar Rinpoché), né en 1947, est un lama de la tradition nyingma du bouddhisme tibétain. Il est l'auteur[1] d'un ouvrage ayant connu un succès international, Le Livre tibétain de la vie et de la mort[2], inspiré en partie du Bardo Thödol et présentant de façon complète l'ensemble des enseignements du bouddhisme tibétain. Sogyal Rinpoché, qui a commencé à enseigner en Occident en 1974, y donne des conférences publiques ou conduit des retraites d'étude et de pratique du bouddhisme tibétain. Ses communications dans des colloques internationaux portent notamment sur l'accompagnement spirituel des mourants, mais aussi sur le bouddhisme tibétain dans le monde moderne, la recherche de la paix et de la stabilité, le bonheur et ses sources.

Sogyal Rinpoché et ses disciples ont fondé les Centres Rigpa, un réseau international de centres bouddhistes dont il est le conseiller spirituel. L’organisation comprend 130 centres répartis dans 41 pays[3].

Depuis les années 1990, des accusations portées par des disciples de Sogyal, dont en 2016 son bras droit, Olivier Raurich, alimentent des controverses sur ses relations sexuelles avec des disciples féminins, son humiliation en public de proches collaborateurs et son goût immodéré pour le luxe[non neutre][4],[5],[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et éducation au Tibet (1947-1956)[modifier | modifier le code]

Né dans la région de Tréhor dans la province du Kham (Tibet oriental) en 1947, de Péma Tséring Wangmo, sœur ainée de Khandro Tséring Chödrön, de la famille Lakar et de Jamga (neveu de Dilgo Khyentsé Rinpoché), il est très tôt considéré par Jamyang Khyentsé Chökyi Lodrö[7] comme une des réincarnations de Tertön Sogyal (1856-1926)[8], un des maîtres spirituels de Jamyang Khyentsé Chökyi Lodrö et du 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso[9]. Le 7e Dzogchen Rinpoché est son frère. Le 16e karmapa est son oncle[10]. Jamyang Khyentsé Chökyi Lodrö supervise alors son éducation traditionnelle de lama tibétain au monastère de Dzongsar et l’élève comme son propre fils.

En 1950, l'Armée populaire de libération chinoise pénètre au Tibet oriental[11]. Jamyang Khyentsé Chökyi Lodrö décide de partir de son monastère de Dzongsar au cours de l'été ou de l'automne 1956. Sous prétexte d'un pèlerinage pour le Tibet Central, il part, accompagné seulement d'une cinquantaine de personnes, dont Sogyal Rinpoché et une partie de sa famille, laissant derrière eux la plupart de leurs possessions, textes et objets sacrés.

À leur arrivée à Lhassa, ils rencontrent au Potala pour la première fois le 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso[12]. Ils continuent leur pèlerinage en se rendant à Tsourphou, Mindroling, Samyé Chimphu et Lhodrak (lieu particulièrement sacré et lié à l'histoire de Padmasambhava au Tibet), où Jamyang Khyentse présente le jeune Sogyal Rinpoché à la nature de l'esprit au cours d'une cérémonie traditionnelle, lui conférant ainsi toutes les bénédictions de la lignée[13].

Exil en Inde et au Sikkim (1956-1971)[modifier | modifier le code]

Ils arrivent fin 1956 en Inde, se rendant à Tso Péma et Bodhgaya et dans d'autres lieux sacrés du bouddhisme. Ils s'établissent finalement à Gangtok, capitale du Sikkim, à l'invitation du roi ou chögyal du Sikkim Tashi Namgyal.

Après le décès de son lama-racine, Jamyang Khyentse Chökyi Lodrö, au Sikkim en 1959, Sogyal Rinpoché continue à y étudier avec d'autres maîtres comme Khenpo Appé, Khenpo Lodrö Zangpo et Gyaltön Rinpoché. À cette époque il apprend aussi la calligraphie tibétaine avec Drungyik Tsering Tashi.

Il étudie ensuite dans une école catholique à Kalimpong, l'école saint-Augustin (en), où il apprend l'anglais. Il fait ensuite des études universitaires à Delhi[14].

Études en Angleterre (1971-1973)[modifier | modifier le code]

En 1971, Sogyal Rinpoché obtient une bourse pour aller étudier en Angleterre. Il étudie la religion comparée au Trinity College de l'université de Cambridge en tant qu'universitaire invité pendant plusieurs années[14].

Il poursuit aussi ses études et sa pratique du bouddhisme tibétain avec d'autres grands maîtres de la tradition nyingma, notamment Dilgo Khyentse Rinpoché, Dudjom Rinpoché et Nyoshül Khenpo Rinpoché[15]. Lors de leur venue en Occident, il leur sert souvent d'assistant et de traducteur.

En 1973, il aide à l'organisation du premier séjour du 14e dalaï-lama en Occident. Il l'accompagne notamment à Rome pour sa rencontre avec le pape Paul VI, puis en Suisse et en Angleterre.

Premiers enseignements et création de Rigpa (1974-1979)[modifier | modifier le code]

À partir de 1974, Sogyal Rinpoché commence à enseigner à Londres, puis en France et traduit souvent pour Dudjom Rinpoché, qu'il accompagne aux États-Unis en 1976, en tant qu'assistant et traducteur.

En août 1977, il crée avec ses disciples son premier centre du Dharma, appelé Dzogchen Orgyen Chöling, à Kilburn, à Londres. De nombreux grands maîtres de toutes les traditions du bouddhisme tibétain y enseigneront, notamment Dudjom Rinpoché, Sakya Trizin, le 16e karmapa et Tulku Urgyen Rinpoché.

Le sangha des étudiants français de Sogyal Rinpoché se réunit pour la première fois en septembre 1978 dans son centre au no 22 de la rue Burq à Paris, dans le 18e. L'année suivante, Sogyal Rinpoché donne le nom de Rigpa — un terme tibétain signifiant la nature ultime de l'esprit — à son organisation [16].

Poursuite des enseignements et développement de Rigpa (1980-1993)[modifier | modifier le code]

Jigdal Dagchen Sakya, Sogyal Rinpoché et Dagmola Sakya en 2009

En 1980, Sogyal Rinpoché enseigne aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Irlande, ainsi qu'en France et au Royaume-Uni.

Des centres ouvrent leurs portes dans de grandes villes, d'abord rue Denis Poisson à Paris puis, dans les années suivantes, à Dublin, Munich, Berkeley, Amsterdam, Sydney, Bruxelles et San Francisco. Dans chaque pays, Rigpa est constitué en association à but non lucratif.

À la requête de Sogyal Rinpoché et de Rigpa, le 14e dalaï-lama donne en 1982, à la pagode de Vincennes à Paris, la transmission de pouvoir de Padmasambhava et de ses huit manifestations, à partir des visions pures du 5e dalaï-lama.

Rigpa invite aussi le dalaï-lama en de nombreuses autres occasions, notamment en 1984 à Londres, où il donne une journée d'enseignement Dzogchen, et en 1989 à San José, où il donne deux jours d'enseignement Dzogchen[17].

En 1991, Rigpa se lance dans la création d'un centre de retraite international dans l'Hérault, près de Lodeve. Par la suite, un projet de construction de temple traditionnel tibétain verra le jour. Le temple, abouti en 2006 et entièrement financé par les étudiants de Rigpa, a reçu deux fois la visite du 14e dalai lama, en l'an 2000 pour la consécration du terrain, puis en 2008 pour l'inauguration du temple.

Voir ci-dessous « Centres de l'association Rigpa en France » pour plus de détails.

En 2010, il fonde l'Institut Tenzin Gyatso aux États-Unis pour promouvoir la volonté du dalaï-lama d'un dialogue entre science et spiritualité[18],[19].

Activités dans le domaine de l'accompagnement spirituel lié à la fin de vie[modifier | modifier le code]

En 1983, Sogyal Rinpoché participe, en Californie, au colloque « Nouvelles dimensions sur la mort et la fin de vie », où il prend connaissance des travaux d'Elisabeth Kübler-Ross et de Kenneth Ring. Cela le conduit à réfléchir au rôle que pourraient jouer les enseignements tibétains dans le domaine de la mort et des soins palliatifs[20]. Il commença alors à donner des conférences internationales sur la philosophie tibétaine sur la mort, ce qui amena le public à lui demander un livre relatif à ses enseignements. Sogyal Rinpoché se donna le temps d'une évolution de son enseignement avant de d'accepter d'écrire l'ouvrage[21].

En 1992, il publie Le Livre tibétain de la vie et de la mort, co-rédigé par Patrick Gaffney et Andrew Harvey, des disciples anglais de longue date, à partir des enseignements du maître[22],[23]. Sogyal Rinpoché y présente la façon dont la sagesse et la compassion enseignées par le bouddhisme peuvent être utilisées pour prendre soin des personnes en fin de vie[24].

La psychologue Marie de Hennezel organise régulièrement des colloques avec Sogyal Rinpoché[25], notamment en 1992 à l'Espace Cardin[26].

En 1994, l’association Tonglen travaille en collaboration avec des services hospitaliers en France et en Europe à travers des équipes de bénévoles et anime des formations pour les professionnels des métiers confrontés à la souffrance[27],[28].

En 2007, à Dzogchen Beara (en), en Irlande, est posée la première pierre du centre d’accompagnement spirituel de Déchen Shying destiné aux personnes malades ou mourantes et à leurs accompagnants. Le centre, dont Sogyal Rinpoché est le directeur spirituel[29], est inauguré le 12 septembre 2007 par la présidente d'Irlande, Mary McAleese, qui en souligne l’importance de la mission[30],[31],[32]. Il ouvre officiellement en avril 2009.

En avril 2009, à Killarney, en Irlande, Sogyal Rinpoché fait un exposé intitulé The Heart of Compassion au colloque sur le thème « Compassion et présence - l'accompagnement spirituel pendant la vie et en fin de Vie » organisé par son association Rigpa[33],[34].

En Asie[modifier | modifier le code]

Sogyal Rinpoche effectuant un rituel d'empowerment au Bhoutan

Sogyal Rinpoché enseigne régulièrement en Inde, en particulier à Delhi à la Fondation pour la responsabilité universelle[35]. Il enseigne également dans les régions himalayennes du Sikkim, où il a vécu une partie de son enfance, et au Bhoutan. Il donne des enseignements tous les ans au Bhoutan depuis 2007, qui sont aussi régulièrement diffusées à la télévision là-bas[36]. Le premier Premier ministre du Bhoutan élu et champion de sa philosophie du bonheur national brut, Lyonchen Jigme Thinley Yoser, assiste régulièrement à ses enseignements[37]. Sogyal Rinpoché a déclaré avoir décidé de faire de l'enseignement au Bhoutan une priorité car c'est le dernier pays bouddhiste Vajrayana indépendant du monde. Il a également dit que « les jeunes d'aujourd'hui dans la région himalayenne doivent comprendre le Dharma d'une façon pratique » et que « la compréhension du Dharma d'une façon réelle est une partie importante et intégrante du développement du Bhoutan. »[37]

En 1998, Sogyal Rinpoché s'est vu officiellement offrir le trône du propre monastère de Tertön Sogyal au Tibet, le monastère de Kalzang, par son abbé, Sherab Özer Rinpoché, lors d'une cérémonie en France[38].

Centres de l'association Rigpa en France[modifier | modifier le code]

Rinpoché donnant un enseignement à Lerab Ling, France, 2006

L'association Rigpa France est fondée en 1982 par Sogyal Rinpoché.

En 1991, celui-ci crée à l'aide de ses étudiants le centre de retraite international de Lérab Ling près de Lodève, dans le Nord du département de l'Hérault[39]. La construction du temple dénommé Palri Péma Ösel Dargyé Ling, qui abrite l'Institut de sagesse et de compassion, est achevée en 2006. Le temple de Lerab Ling est inauguré par le 14e dalaï-lama, le 22 août 2008 en la présence de la première dame de France Carla Bruni-Sarkozy, du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner et de sa secrétaire d'État Rama Yade[40],[41],[42].

En 1998, l'association Rigpa France acquiert un centre à Levallois-Perret et y fonde un centre national d'étude et de pratique des enseignements bouddhistes[43]. D'autres centres sont établis à Toulouse, Nice (en 2004), Montpellier et Rennes (en 2006).

Conférences et colloques[modifier | modifier le code]

Sogyal Rinpoché donnant une conférence au monastère Sakya du bouddhisme tibétain à Seattle en 2009.

Sogyal Rinpoché donne régulièrement des conférences dans le monde, abordant des sujets comme l'héritage bouddhiste du Tibet, le bouddhisme dans le monde moderne, l'accompagnement spirituel en fin de vie, trouver la paix et la stabilité, le bonheur et ses causes.

En 2004, il est l’un des intervenants au Parlement des religions du monde, à Barcelone, en Espagne, réuni pour aborder les questions de violence liée à la religion[44].

En août 2008, à l’Institut Aspen, à Aspen, dans le Colorado, il converse avec Robert Thurman sur « L’héritage bouddhiste unique du Tibet », au cours du symposium intitulé « Le Dalaï-Lama à Aspen : une célébration de la culture tibétaine »[45].

En septembre 2010, lors du 10e festival culturel du Tibet et des peuples de l'Himalaya, à Paris, il fait un exposé intitulé « Trouver la paix et la stabilité dans un monde troublé »[46].

En octobre 2010, il prononce le discours d'ouverture du 3e forum international « Bouddhisme et Médecine » qui se tient à Lerab Ling sous son égide[18],[47].

La même année, il présente avec Robert Thurman un exposé sur « Le bouddhisme tibétain dans la culture occidentale moderne » à la Conférence Internationale sur le bouddhisme tibétain qui a lieu à l’université Emory[48].

En 2011, il est l’un des intervenants à la Congrégation bouddhiste mondiale, à Delhi[49], dont le thème était « la résilience du bouddhisme et sa capacité d’apporter des solutions aux questions les plus urgentes du monde moderne »[49].

En 2012, il participe au colloque de Sydney sur « le bonheur et ses causes »[50].

Controverses[modifier | modifier le code]

En 1994, en Californie aux États-Unis, Sogyal Rinpoché fait l'objet d'une plainte pour « mauvais traitements physiques, psychiques et sexuels » déposée par une personne sous le pseudonyme de Janice Doe. La procédure judiciaire se termine par un règlement financier à l'amiable et la non communication des détails de l'affaire au public[51].

Cette même année, le 14e dalaï-lama, informé de cette situation et d'autres problèmes entre maîtres et disciples au cours d'un colloque organisé par Lama Surya Das (en) (à laquelle participèrent 22 enseignants bouddhistes occidentaux, dont Jack Kornfield)[52],[53], avait donné sa bénédiction à la campagne menée par des disciples féminins de Sogyal Rinpoché accusant celui-ci de comportement sexuel abusif, tandis que le secrétaire du dalaï-lama, Tenzin Geyche Tethong, avait déclaré que ce qu'avaient vécu certaines de ces étudiantes était terrible et regrettable[54]. Selon le dalaï-lama, si des maîtres occidentaux ou orientaux avaient un comportement répréhensible, leurs disciples devaient les dénoncer, si nécessaire en citant leur nom dans les journaux[55].

En 1995, Sandra Pawula, porte-parole de Rigpa à Santa Cruz en Californie, tout en ne souhaitant pas commenter les allégations, déclare cependant que Sogyal Rinpoché n'est pas marié et ne prétend pas être un moine célibataire[54]. La même année, le Daily Telegraph rapporte que d'autres étudiantes de Rinpoché se seraient senties obligées d'avoir des relations sexuelles avec lui, et le centre INFORM rapporte au journal The Sunday Times avoir reçu deux témoignages d'anciens membres allant dans le même sens (ces dernières allégations ne sont pas datées)[51].

L’affaire suscita un débat, au sein et autour du bouddhisme tibétain. Sogyal Rinpoché est soutenu par diverses personnalités, entre autres à cause de son apport globalement reconnu aux soins palliatifs[53] et à sa transmission authentique du bouddhisme tibétain. L’auteur et journaliste irlandais, Eoghan Harris (en), publie en 2000, dans le Sunday Times, un article soutenant sans réserve Sogyal Rinpoché[56]. questionné sur son soutien malgré les allégations, il répond finalement  : « (...) Je ne doute pas que Rinpoché, comme d’autres prêtres, pasteurs ou gourous, drague les femmes. Mais il drague des adultes. Ce n’est pas bien, mais ce n’est pas inhabituel et ça n’a aucun impact sur le message du bouddhisme »,[57].

À la suite d'une émission sur le sujet en mai 2011, Sex scandals in religion (« scandales sexuels dans la religion »), dont le troisième épisode In the name of enlightenment (« Au nom de l'éveil ») aborde cette affaire[58], diffusée sur Vision TV, Rigpa publie un communiqué indiquant qu'elle ne « trouve pas très utile de rentrer dans un débat public via une chaîne de télévision sur les expériences d'un individu », « confiante dans la sincérité, l'authenticité et la conduite de Sogyal Rinpoché », l'ayant seulement vu « agir pour le bien de toute personne », mais qu'elle « prend très au sérieux toute allégation de conduite incorrecte »[59],[56].

En 2011, Elodie Emery, journaliste à Marianne, dénonce[60] les dérives de Sogyal Rinpoché, parmi lesquelles, les humiliations publiques de ses collaborateurs, des plaisanteries racistes et le fait qu'il n'hésite pas à prononcer « Heil Hitler » en public[4]. Cette même année, Mary Finnigan déclare que certains cyniques expliquent l'apparente conspiration du silence repose sur le fait qu'une partie de l'argent qui afflue vers Sogyal, va à la cause tibétaine[5].

Pour Olivier Raurich, bras droit et traducteur de Sogyal Rinpoché pendant 30 ans, ainsi qu'ancien directeur de Rigpa France, Sogyal Rinpoché « aime le luxe, la mode, les films américains violents ; l'écologie et les questions sociales ne l'intéressent pas du tout. ». Il s'étonne que le dalaï-lama, qui a pourtant « exprimé clairement que les comportements abusifs des maîtres doivent être exposés publiquement et explicitement », garde le silence sur ses agissements[4],[61].

En 2016, Marion Dapsance, anthropologue des religions, relate les dérives du bouddhisme dans un livre intitulé Les Dévots du bouddhisme. Elle y brosse un portait de Sogyal Rinpoché qui tranche avec l'aura quasi-divine dont il jouit aux yeux de ses disciples. Elle voit en lui un « enfant » ultra-matérialiste gérant Rigpa comme une multinationale, chaque retraite vouée à l'apprentissage dans un centre coûtant plusieurs centaines d'euros, et une partie du travail sur soi consistant à satisfaire les besoins du maître (en anglais lama care). D’anciennes « dakinis » au service de Sogyal lui auraient raconté que, lors de leur passage dans la chambre du maître, celui-ci retournait les peintures de divinités pour laisser apparaître des photos de nus, avec manifestement un fort intérêt pour la comédienne Emmanuelle Béart[6]. Elle se refuse toutefois à utiliser le mot péjoratif de secte pour qualifier l'organisation[6].

Cinématographie[modifier | modifier le code]

Sogyal Rinpoché joue le rôle de Khenpo Tenzin[62], en 1993, dans le film de Bernardo Bertolucci Little Buddha[63],[64].

Publications traduites en français[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Avant-propos et préfaces[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rédaction ou auteurs secondaires : Patrick Gaffney et Andrew Harvey; Traduction française : Gisèle Gaudebert et Marie-Claude Morel.
  2. Le livre est paru dans 80 pays, s'est vendu à plus de deux millions huit cent mille exemplaires, a été édité en 34 langues
  3. Rigpa.org À propos de Rigpa.
  4. a, b et c Elodie Emery, « Bouddhisme : l'imposture Sogyal Rinpoché », sur Marianne,‎ .
  5. a et b (en) Mary Finnigan, « Lama sex abuse claims call Buddhist taboos into question », sur The Guardian,‎ « A more cynical view of this apparent conspiracy of silence hinges on the fact that Sogyal pulls in a lot of money – some of which is channelled into Tibetan worthy causes. »
  6. a, b et c Olivier Philippe-Viela, « Le bouddhisme en France, fausses idées et vraies dérives », sur 20 minutes,‎  : « Pour autant, l’auteure des Dévots du bouddhisme ne veut pas utiliser le mot secte : « Certes, il y a une hiérarchisation, avec une sélection par paliers en éliminant les gens au fur et à mesure que l’on se rapproche du maître. C’est le modèle des écoles initiatiques, Rinpoché prenant de grandes libertés avec les enseignements traditionnels. Mais le mot secte n’a pas de définition claire, il est devenu péjoratif et sert surtout à désigner, dénigrer puis exclure un groupe », explique-t-elle. »
  7. Également appelé Dzongsar Khyentse Chökyi Lodrö, le nom actuel de sa « réincarnation » est Dzongsar Jamyang Khyentse Rinpoché.
  8. Il est aussi considéré par d'autres maîtres comme la réincarnation de Do Khyentsé Yéshé Dorjé, Lingtsang Gyalpo et Dési Sangyé Gyatso.
  9. sous-section de l'article 'Lakar family' sur le Rigpa Shedra Wiki.
  10. (en) Best-selling Buddhist closes book on fame, The Australian, 17 janvier 2000
  11. Histoire du Tibet après 1950.
  12. Dzogchen : L'essence du cœur de la Grande Perfection, Sa Sainteté le Dalaï-Lama, The Tertön Sogyal Trust, 2000, pages 8-9 de l'avant-propos.
  13. (en) Biographie de Sogyal Rinpoché écrite par Nyosul Khen Rinpoché.
  14. a et b (en) Stephen Batchelor, The Awakening of the West: The Encounter of Buddhism and Western Culture, Aquarian Press, Londres, et Parallax Press, Berkeley, 1994. p. 79.
  15. (en) A Brief Biography of Sogyal Rinpoche by Nyoshul Khen Rinpoche.
  16. (en) The History of Rigpa, The Rigpa Journal, volume 2.
  17. Dzogchen : L'essence du cœur de la Grande Perfection, Le 14e dalaï-lama, The Tertön Sogyal Trust, 2000, et Le Seuil, 2005.
  18. a et b Nicolas d'Inca, Bouddhisme et Médecine. Avec Sogyal Rinpoché, Bouddhisme actualités, no 129, novembre 2010, reproduit sur le blog Psychologie et Méditation de l'auteur
  19. (en) Grand Opening for Tenzin Gyatso Institute, View The Rigpa Journal, July 2014
  20. Une interview de Sogyal Rinpoché.
  21. Patrick Gaffney, Trouver la voix, The Tibetan blog of living and dying, 19 septembre 2012.
  22. Marion Dapsance, Les dévôts du bouddhisme, Max Milo, 2016.
  23. Patrick Gaffney, Trouver la voix, The Tibetan blog of living and dying, 19 septembre 2012.
  24. (en) THE TIBETAN BOOK OF LIVING AND DYING By Sogyal Rinpoche. Edited by Patrick Gaffney and Andrew Harvey. HarperSanFrancisco, The New York Times Book Review, 1994, Volume 99, p. 32.
  25. Van Eersel 2016, p. 121.
  26. Marie de Hennezel, Mourir les yeux ouvert, p. 24
  27. Site de l'association Tonglen.
  28. (en) Andy Fraser, The Healing Power of Meditation: Leading Experts on Buddhism, Psychology, and Medicine Explore the Health Benefits of Contemplative Practice, Shambhala Publications, 2013, (ISBN 0834828936 et 9780834828933), p. 159.
  29. (en) Spiritual Care Ireland.
  30. (en) The Irish Times, 'President Visits Buddhist Hospice'.
  31. (en) Irish President Visits Dzogchen Beara.
  32. La Présidente d'Irlande visite Dzogchen Beara, vidéo sur youtube.
  33. (en) Mary Kangataran, Conference Review: 1st International Spiritual Care Conference, Dzogchen Beara Retreat Centre, Beara Peninsula, Co. Cork., Irish Association of Humanistic and Integrative Psychotherapy, April 27th/ 28th 2009
  34. (en) Site spiritualcareconference.com
  35. (en) « Teachings on Buddhist Meditation by Sogyal RInpoche, 16th April, India Habitat Centre » (consulté le 28 avril 2012)
  36. Rigpa | Bhutan TV teachings available
  37. a et b (en) « The pursuit of happiness in a Buddhist vehicle », Kuenselonline (consulté le 27 avril 2012)
  38. (en) Matteo Pistono, In the Shadow of the Buddha: Secret Journeys, Sacred Histories, and Spiritual Discovery in Tibet, New York, Dutton, , 237 p. (ISBN 978-0-525-95119-3)
  39. Lerab Ling (site web de) et Rigpa France (portail de).
  40. Henri Tincq, Le dalaï-lama appelle Pékin à une « marche vers la démocratie », Le Monde, 24 août 2008.
  41. Carla et le dalaï-lama, C dans l'air 22 août 2008.
  42. Le dalaï-lama rencontre M. Kouchner et la 1ère dame, Vidéo France24, 23 août 2008.
  43. Site web de Rigpa Paris.
  44. (en) The Parliament of the World's Religions 2004, Council for a Parliament of the World's Religions, 2004
  45. (en) « The Dalai Lama at Aspen: A Celebration of Tibetan Culture Video », The Aspen Institute (consulté le 28 avril 2012).
  46. 10e Festival culturel du Tibet et des peuples de l'Himalaya, 2010, Maison du Tibet, p. 10.
  47. (en) Daniel Goleman Foward, in Andy Fraser, op. cit..
  48. (en) « ICTB Video » (consulté le 2 mai 2012) : « Tibetan Buddhism in Modern Western Culture. Keynote speakers : Sogyal Rinpoche and Dr. Robert Thurman ».
  49. a et b (en) Alpo Ratia, Global Buddhist Congregation (November 2011)
  50. (en)Headspace | Happiness and Its Causes 2012.
  51. a et b (en) Richard Oakley, « Shock at lama Sogyal Rinpoche's past », The Sunday Times,‎ (lire en ligne)
  52. (en) Mary Finnigan, Sexual Healing, The Guardian, 10 janvier 1995.: « Although not all Tibetan teachers are monks – many have renounced their vows and some are from non-celibate traditions – if a sexual relationship arises, the imbalance of power in the teacher-pupil relationship can lay the student open to abuse. Many Buddhists see this as a contravention of the moral code which frowns on all actions that cause harm. At a conference of western Buddhist teachers in India last year, the Dalai Lama urged delegates not to be afraid of criticising corrupt gurus. “If you cannot find any other way of dealing with the problem,” he said, “tell the newspapers.” »
  53. a et b Dialogue Ireland, « Briefing document on Sogyal Rinpoche », sur dialogueireland.org (consulté le 17 juin 2011) : « In 1994 the Tibetan Buddhist leader the Dalai Lama hosted a conference for Western Buddhist teachers. One of the items on the agenda was how to deal with the increasing number of charlatans posing as qualified gurus who were using their positions of power to inflict physical and mental abuse on unwitting disciples: a question prompted in part by Sogyal Rinpoche’s ‘enlightened activities’. The Dalai’s advice? ‘Criticize openly,’ His Holiness declared. ‘That’s the only way. If there is incontrovertible evidence of wrongdoing, teachers should be confronted with it. They should be allowed to admit their wrongs, make amends, and undergo a rehabilitation process. If a teacher won’t respond, students should publish the situation in a newspaper, not omitting the teacher’s name,” His Holiness said. “The fact that the teacher may have done many other good things should not keep us silent.” Again, in 2001, when answering a similar question, he advised potential converts to check a guru’s qualifications carefully; ‘The best thing is,‘ the Dalai Lama said, ‘whenever exploitation, sexual abuse or money abuse happen, make them public. »
  54. a et b (en) Don Lattin, Best-selling Buddhist author accused of sexual abuse, San Francisco Free Press, 10 novembre 1994 : « Sandra Pawula, spokeswoman for the Rigpa Fellowship of Santa Cruz, [...] declined to comment about the allegations, but said that Rinpoche is not married and does not claim to be a celibate monk. »
  55. (en) Kate Wheeler, Toward an New Spiritual Ethic, Yoga Journal, (présentation en ligne), p. 36 : « If there is incontrovertible evidence of wrongdoing, teachers should be confronted with it (…) if a teacher won’t respond, students should publish the situation in a newspaper, not omitting the teacher’s name, His Holiness said. »
  56. a et b (en) Time for Ireland to See the Light, Eoghan Harris, p.20, 23 juillet 2000.
  57. Cité dans (en) Dialogue Ireland : « American victim culture, of which weird sexual suits are an integral part…. I do not believe gurus are perfect, nor the women who follow them, do not believe that adults who make messy choices are victims of anybody except themselves, do not believe that adult women (or men) who have consensual sex with a guru, superiors, bosses, film producers etc are really in the same boat as Cuban refugees who are sexually exploited because they have no real choice, and certainly not in the same boat as rape victims. I have no doubt but that Rinpoche, like many priests, ministers, gurus, comes onto women. But he comes onto adults. It is not nice, but it is not unusual and it has no bearing on the general message of Buddhism, no more than Paisley behaviour can discredit the message of Christianity. »
  58. (en) Vision TV, « In the name of enlightenment », sur earthbook.tv (consulté le 23 juin 2011)
  59. (en) Rigpa, « Statement From The Rigpa Organization in Response », sur earthbook.tv (consulté le 23 juin 2011)
  60. Elodie Emery, Le lama Rinpoché à Paris : pas si zen, ces bouddhistes..., marianne2.fr, 6 novembre 2011.
  61. Elodie Emery, « Le silence coupable du Dalaï Lama face au sulfureux Sogyal Rinpoché », sur Marianne,‎ .
  62. (en) Bernardo Bertolucci: interviews, par Bernardo Bertolucci, Fabien S. Gérard, Thomas Jefferson Kline, Bruce H. Sklarew.
  63. Référence IMDb.
  64. Fiche sur Allociné.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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