Tashilhunpo

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Monastère de Tashilhunpo à Shigatse en 2009

Le monastère de Tashilhunpo (tibétain : བཀྲ་ཤིས་ལྷུན་པོ་, Wylie : bkra shis lhun po, pinyin tibétain : Zhaxilhünbo, THL : Trashilhünpo, littéralement, monastère de montagne propitiatoire [1]), construit en 1447 par le premier dalaï-lama[1], est un monastère Gelugpa d’importance historique et culturelle à Shigatse, au Tibet. Situé sur une colline au centre de la ville.

Le monastère est le siège traditionnel des panchen-lamas successifs, les tulku de la lignée de la seconde autorité spirituelle du Tibet.

Depuis plus de 500 ans, ce monastère accueille tous les ans la fête du déroulement d'image de bouddha, ou un thangka géant représentant Maitreya est déroulé le long d'un mur à thangka[1].

Avec Séra, Ganden et Drépung, c'est un des quatre grands monastères du Tibet Central à être supervisés les dalaï-lamas et les panchen-lamas de la tradition des Gelugpa (ou « bonnets jaunes »).

Histoire du Tashilhunpo[modifier | modifier le code]

En 1447, le monastère de Tashilhunpo a été fondé par Gendun Drub, 1er dalaï-lama à titre posthume, à Shigatse, deuxième plus grande ville du Tibet.

En 1600, Lobsang Chökyi Gyalsten, le 4e panchen-lama, entreprend l'extension du monastère.

En 1642, le Tibet passe sous le contrôle des Mongols qoshots, ils placent l'école des bonnets jaunes, à la place de l'école kagyu, comme école principale du bouddhisme au Tibet. C'est la fin de la période Phagmodrupa (1351 — 1642), gouvernée par des rois tibétains, et le début du Ganden Phodrang (1642 — 1959), où le Tibet sera tour à tour contrôlé par les Mongols et les Mandchous. Le monastère devient de ce fait un des monastères les plus importants du Tibet soutenu par ces pouvoirs.

En 1791, les Gurkhas pillent le monastère de Tashilhunpo lors de leur invasion du Tibet. En 1793, l'Empereur sino-mandchou Qianlong envoie une armée de 17 000 hommes à la demande des Tibétains, pour chasser les Gurkhas, les forçant à rendre les trésors pillés[2].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le zoologue SS nazi, Ernst Schäfer, au monastère en 1938

En 1938, le zoologue SS nazi, Ernst Schäfer visite le monastère et est accueilli par les lamas.

Durant la vie du 10e panchen-lama, Lobsang Choekyi Gyaltsen, il y avait plus de 3 000 moines au monastère et en 1959 il y en avait 5 000, avec encore 2 000 moines affiliés au monastère habitant hors de Tibet.[réf. nécessaire]

Bouddha de 26,2 mètres dans une des chapelles en 2006

Selon Michael Buckley, fin 1960, l’Armée populaire de libération (APL) entoura le monastère de Tashilhunpo (qui jusque là avait échappé aux réformes) et arrêta ses 4000 moines. Certains furent par la suite exécutés, d'autres se suicidèrent, un grand nombre furent emmenés dans des camps de travail[3].

En 1961, le monastère est classé dans la liste des sites historiques et culturels majeurs protégés au niveau national.

Selon Ardy Verhaegen (nl), une bonne partie du monastère de Tashilhunpo fut détruite par l'APL en 1960, ses moines envoyés en camp de travail et le 10e panchen-lama fit dès lors ouvertement ce qu'il put pour préserver la religion du Tibet, répétant que le 14e dalaï-lama était l'authentique dirigeant du Tibet[4].

L'intervention militaire chinoise au Tibet en 1959 et la révolution culturelle de 1966-1980 ont entraîné la destruction des institutions monastiques du Tibet, occasionnant la perte de nombreuses écritures précieuses, de statues et de représentations religieuses. Beaucoup de moines ont été tués ou ont été emprisonnés et seulement 250 purent suivre le dalaï-lama en exil.

En 1962, le 10e panchem-lama commença la rédaction de sa Pétition en 70 000 caractères dans son monastère de Tashilhunpo.

Moines au monastere de Tashilhunpo en 2003, lors d'une cérémonie

D'après le « gouvernement tibétain en exil », en 1995, Chadrel Rinpoché était l'abbé en exercice du monastère de Tashilhunpo. Il a découvert Gendhun Choekyi Nyima, la réincarnation du 11e panchen-lama qui est officiellement reconnu par le dalaï-lama. Chadrel Rinpoché a été inculpé par le gouvernement chinois de collaboration avec le dalaï-lama et condamné à 6 ans de prison. Selon le TCHRD, Chadrel Rinpoché a été libéré avec un an de retard, en janvier 2002 de la prison numéro 3 de Chuandong dans la province du Sichuan[5]. Pour autant, il a aussitôt été placé en résidence surveillée. Il est mort en 2011, peut-être empoisonné.

Selon la radio anticommuniste américaine créé pendant la guerre froide, Radio Free Asia, en 2007, deux moines du monastère de Tashilhunpo se suicident, à la suite d'une campagne d'exclusion mené par des officiels chinois[6]. Selon le site bouddhique Buddhachannel citant Asianews et le site catholique italien, Asianews, ces deux moines avaient participé à la reconnaissance du 11e panchen-lama, Gendhun Choekyi Nyima, et pouvaient donc être appelé à reconnaître le prochain dalaï-lama[7],[8].

Second Tashilhunpo en Inde[modifier | modifier le code]

En 1972, sous l’égide de Tenzin Gyatso, 14e dalaï-lama, le monastère de Tashilhunpo a été réétabli dans l'état indien Méridional du Karnataka. Le monastère est composé de moines qui viennent du Tibet et des régions de l'Himalaya du Spiti, Khunu, Ladakh, Ghashar et Sangkhar. Occupant une position centrale dans le camp de réfugiés tibétains de Bylakuppe, il y a plus de 250 moines dont de nombreux Tulkus étudiant diverses pratique religieuses.

Beaucoup de moines s’échappent du Tibet, fuyant l'emprisonnement ou la mort qu’ils risquent en essayant de pratiquer le bouddhisme à l’intérieur du Tibet. L'afflux de nouveaux réfugiés met une tension sur les monastères réétablis en exil. Le monastère de Tashilhunpo est un des plus pauvres des monastères tibétains réétablis en exil.

En 1960, beaucoup d’anciens lamas ont quitté le Tibet et ont aidé au réétablissement de nouveaux monastères en Inde, au Népal et au Bhoutan. Le dernier panchen-lama n'a pas quitté le Tibet, où sont aussi restés beaucoup d’anciens lamas du Monastère de Tashilhunpo. Alors que les autres monastères en exil se sont développés sous la direction d’anciens lamas, le Tashilhunpo est ainsi resté dans une situation difficile.

Le monastère de Tashilhunpo donne une éducation de la religion bouddhiste ainsi qu’une éducation moderne, et a un rôle vital dans la préservation de bouddhisme[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « Buddha-Painting Unfolding Festival Underway in Tibet »
  2. (en) Kate Teltscher, The High Road to China : George Bogle, the Panchen Lama, and the First British Expedition to Tibet, New York, Farrar, Straus and Giroux, , 244-246 p. (ISBN 978-0-374-21700-6)
  3. (en) Michael Buckley, Tibet, Bradt Travel Guides, 2006, (ISBN 1841621641), page 184 : « In 1960, the PLA surrounded Tashilhunpo Monastery (which had hitherto escaped reforms) and seized all 4000 monks within. Some were later executed, some committed suicide, and large numbers were taken to labour camps. »
  4. Ardy Verhaegen, The Dalai Lamas: the Institution and its history, 2002, (ISBN 8124602026), page 154 : « In 1960 the People's Liberation Army (PLA) destroyed much of Tashi Lhunpo Monastery, and its monks were put into forced labour. From this time the Panchen Lama openly did what he could to preserve the religion of Tibet, and he repeatedly told the people that the Dalai Lama was Tibet's true leader. »
  5. (en) Chadrel Rinpoche released from prison but under house arrest, TCHRD
  6. Two Monks from Panchen Lama's Monastery Commit Suicide
  7. "Suicides" de deux Moines tibétains chargés de reconnaître le prochain Dalai Lama, buddhachannel.tv citant Asianews
  8. Tibetan monks commit “suicide,” victims of pre-Olympic repression, Asianews.it, site catholique
  9. Official website of Tashilhunpo monastery in India

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]