Monastère de Sakya

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Vue du Lhakang Chempo et de ses alentours depuis une hauteur où se dresse six chörtens.
Le Lhakang Chempo, aux allures de forteresse derrière son mur d'enceinte et ses huit tours.

Le monastère de Sakya (tibétain : ས་སྐྱ་དགོན།, Wylie : sa skya dgon, THL : sakya gön ou tibétain : ས་དཔལ་ས་སྐྱ, Wylie : dpal sa skya, THL : sa pal sakya, « terre pâle » ; chinois : 萨迦寺 ; pinyin : sàjiā sì) a été fondé en 1073 par Khön Könchog Gyalpo dans la région du Tsang au Tibet[1]. Siège de l'école Sakyapa du bouddhisme tibétain jusqu'au départ en exil du Sakya Trizin en 1959, le monastère est situé dans l'actuel xian de Sakya, Région autonome du Tibet en République populaire de Chine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le monastère a été fondé en 1073, dans la province du Tsang du Tibet central, par Khön Könchog Gyalpo (1034-1102), premier Sakya Trizin et membre de la noble et puissante famille Khön, bouddhistes (nyingmapa) de longue date.

Sakya, « terre pâle », tire son nom de la terre grise des collines de Ponpori près de Shigatsé, où le monastère de Sakya, berceau de la tradition, a été construit. Ses abbés ont gouverné le Tibet pendant le XIIIe siècle, voire le milieu du XIVe siècle, après la chute de la dynastie Yarlung des rois du Tibet jusqu'à ce qu'ils soient éclipsés par les Phagmodrupa puis par la montée de l'école des Gelugpa.

À son apogée, le complexe monastique comportait plus de quarante chapelles et bâtiments répartis de part et d'autre de la rivière Trum. En 2000, la majeure partie du complexe au nord de la rivière, détruit durant la révolution culturelle[2], était en ruine mais nombre de bâtiments impressionnants susbsistaient dans le complexe méridional[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

Son architecture médiévale mongole est tout à fait différente de celle des temples de Lhassa et des Yarlung. Le seul bâtiment ancien à n'avoir pas trop souffert de la Révolution culturelle[4] est le grand temple dit Lhakang Chempo ou Sibgon Trulpa. À l'origine simple caverne dans le versant de la montagne, le temple a été construit en 1268 par Ponchen Sakya Sangpo et restauré au XVIe siècle. Il contient des chefs-d'œuvre de l'art tibétain parmi les plus magnifiques du Tibet. Le monastère couvre 18 000 mètres carrés, le grand hall principal 6 000 mètres carrés[5],[6],[7]. La salle principale comporte quarante énormes piliers de bois. Le bouddha au centre sert de châsse aux restes de Phagpa[2].

Moines au monastère.

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

En 1902, le lettré indien Sarat Chandra Das la décrit ainsi :

« Quant à la grande bibliothèque de Sakya, elle est disposée sur des rayons le long des murs du grand hall du Lhakhang chen-po. Là sont conservés de nombreux volumes écrits en lettres dorées ; les pages ont six pieds de long pour dix-huit pouces de largeur. Dans la marge de chaque page on trouve des enluminures, et les quatre premiers volumes sont illustrés d'images des mille Bouddhas. Ces livres reliés en fer ont été réalisés à la demande de Kubilai Khan et présentés à Phagpa lors de son second séjour à Pékin. »[8].

Il ajoute :

« Est aussi conservée dans le monastère une conque dextrogyre [tib. Ya chyü dungkar ; ch. Yu hsuan pai-lei], présent de Kubilai Khan à Phagpa. Un don de sept onces d'argent serait nécessaire pour solliciter des lamas qu'ils en jouent, mais on considère que donateur et lama acquièrent ainsi de grands mérites. »[8].

Monastère de Sakya en Inde[modifier | modifier le code]

L'actuel Sakya Trizin, détenteur du trône des Sakya et sa 41e incarnation, s'est exilé du Tibet en 1959 et réside aujourd'hui à Dehra Dun en Inde. Comme tous les chefs de lignée Sakya, il est marié. Il a eu deux fils et le plus jeune, Dungsey Gyana Vajra, né le 5 juillet 1979 à Dehra Dun, est moine et dirige le monastère de Sakya construit en Inde, dans l'Uttar Pradesh[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.hhthesakyatrizin.org/main_monastery.html
  2. a et b (en) Dorling Kindersley, DK Eyewitness Travel Guide: China, Dorling Kindersley Ltd, 2014, (ISBN 1409368181 et 9781409368182), p. 550
  3. (en) William M. Johnston, Encyclopedia of Monasticism, Routledge, 2013, (ISBN 113678716X et 9781136787164), p. 1279.
  4. C. Deweirdt, M. Masse, M. Monniez, Le Tibet, Les guides Peuples du monde, 3e édition, 2008, p. 377.
  5. (en) Dowman, Keith. The Power-Places of Central Tibet : The Pilgrim's Guide. Routledge & Kegan Paul, 1988, pp. 275-276. (ISBN 0-7102-1370-0) (pbk)
  6. (en) Buckley, Michael and Strauss, Robert. Tibet - A Travel Survival Kit. Lonely Planet Publications. 1986, pp. 170-174. (ISBN 0-908086-88-1).
  7. (en) Norbu, Thubten Jigme and Turnbull, Colin. Tibet: Its History, Religion and People. Chatto & Windus, 1969. Penguin Books reprint. 1987, p. 193.
  8. a et b (en) Sarat Chandra Das, Lhasa and Central Tibet, 1902, pp. 241-242 ; réimpression, Mehra Offset Press, Delhi, 1988.
  9. (en) Brief history of the Sakya Lineage and Order.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Victor Chan, Tibet. Le guide du pèlerin, Éditions Olizane, Genève, 1998, pp. 965-975 (Le monastère de Sakya : la massive citadelle des Sakyapa)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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