Thubten Gyatso

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Thubten Gyatso
Image illustrative de l'article Thubten Gyatso

Nom de naissance
Nom de réincarnation Thub-bstan rgya-mtsho
Date de naissance
Lieu de naissance Langdun, Tibet
Date de décès (à 57 ans)
Lieu de décès Lhassa, Tibet
Successions
Précédent Trinley Gyatso Tenzin Gyatso Suivant

Thubten Gyatso aussi Thupten Gyatso (tibétain : ཐུབ་བསྟན་རྒྱ་མཚོ་, Wylie : thub bstan rgya mtsho, à Langdun, Dagpo à Lhassa), est le 13e dalaï-lama, surnommé le « Grand Treizième ». Intronisé en 1879, il accède au pouvoir en 1895, à la suite du régent Lobsang Trinley et gouverne jusqu'à sa mort.

À une date qui varie selon les sources (c.1898, 1913 ou c.1920), Thubten Gyatso abolit la peine de mort, sauf en cas de haute trahison. En 1904, il fuit en Mongolie puis dans l'Amdo devant l'irruption d'une force expéditionnaire britannique, avant de retrouver son trône en 1909 à la suite des accords passés par la Chine avec la Grande-Bretagne. En 1910, il fuit à nouveau Lhassa, cette fois-ci pour l'Inde britannique, devant les troupes envoyées par le gouvernement impérial mandchou de la dynastie Qing. Il revient en 1913 à la faveur de la chute de l'Empire et de l'instauration de la République de Chine.

En 1912, proclamant ce qui est diversement interprété comme l'indépendance du Tibet ou la fin de la relation prêtre-protecteur entre dalaï-lama et empereur, il entame une série de réformes visant à moderniser l'administration, la justice, l'enseignement et la médecine (Institut de médecine et d'astrologie tibétaine). Ainsi, il crée les premiers billets de banque tibétains, organise une poste tibétaine, modernise l'armée tibétaine ou fait installer une centrale hydroélectrique dans la vallée de Dodé. Cependant, en 1926, face au mouvement de rejet chez les éléments conservateurs de l'élite tibétaine et aux revendications des jeunes officiers de l'armée, il met un terme au programme de modernisation de l'armée ainsi qu'à d'autres réformes[1],[2]. La même année, l'école anglaise de Gyantsé est fermée. En 1932, un an avant sa mort, le Grand Treizième publie son testament, insistant en particulier sur la nécessité de ménager l'Inde et la Chine, d'entretenir une armée garante du territoire, de refouler le communisme pour éviter au Tibet le sort de la Mongolie.

Qualifié de « forward-thinking reformer »[3],[4], de « visionnaire » par les avertissements de ce qui est considéré comme son testament politique[5],[6],[7], le 13e dalaï-lama dirigea, de 1912 à 1933, un Tibet indépendant de facto[8], sans lui obtenir de reconnaissance internationale (de jure) ni parvenir à en faire un État moderne selon Laurent Deshayes[9], tandis que Roland Barraux se demande si l'ouverture par la Chine et par l'Inde britannique de représentations diplomatiques à Lhassa et la poursuite de son œuvre de réorganisation administrative intérieure après sa mort ne sont pas la marque de sa réussite à titre posthume[10].

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Thupten Gyatso, est né le , dans le village de Langdun dans le Dagpo, une région au sud du Tibet, dans une famille paysanne. Des signes particuliers, rapportés par ses biographes, entourèrent sa naissance, comme le fait que dans le village, seule la maison familiale resta intacte après un tremblement de terre survenu un an avant sa naissance[11], la nuit de sa conception. Interrogé à ce sujet par la future mère de l'enfant, Dagpo Lama Rinpoché répondit qu'un séisme pouvait être de bon ou mauvais augure, et qu'il pouvait accompagner l'arrivée de bodhisattva, précisant que le 12e dalaï-lama récemment disparu pouvait avoir choisi de renaître dans la région[12].

Recherche et reconnaissance de la réincarnation du 12e dalaï-lama[modifier | modifier le code]

Deux ans plus tard, le 11e kuten, Lhalung Shakya Yarphel, oracle de Nechung, désigne Lobsang Dargyé, ancien abbé du monastère de Gyumé, pour rechercher la réincarnation du 12e dalaï-lama. Lobsang Dargyé se rend sur les rives du lac Lhamo Lhatso, réputé livrer des visions après de longues méditations. Dans la nuit du 7e jour, il voit l'enfant, ses parents, leurs noms, et leur maison. Le 11e kuten confirme les visions. Une mission d’enquête menée par Lobsang Dargyé découvre au Dagpo la maison d'un bûcheron abritant le jeune garçon. Son père s'appelle Kunzang Rinchen, et sa mère Lobsang Dolma. Interrogé, en transe, le 11e kuten confirme qu'il s'agit du 13e dalaï-lama[13].

Comme il n'y a pas d'autres candidats, le Régent, Ngawang Pelden Chokyi Gyeltsen (1875-1886), fait part du nom du jeune garçon et des circonstances de sa découverte à l'empereur mandchou Guangxu, lequel lui fait parvenir son aval[14]. Escorté d'une centaine de soldats et de moines, le jeune garçon est alors conduit à Lhassa. La petite troupe fait une halte de trois mois à Tsel Gungtang, un monastère situé à 24 km de Lhassa, le temps que la ville fasse ses préparatifs pour accueillir le nouveau dalaï-lama. C'est là que le Régent, les membres du Kashag , les abbés des trois grands monastères, l'amban Songgui – le représentant des Qing au Tibet de 1874 à 1879 – et le Vikal – le représentant des Gurkhas au Tibet – viennent lui présenter leurs devoirs[15]. L'arrivée imminente du nouveau dalaï-lama début 1878 suscite un grand émoi à Lhassa. On passe une couche de lait de chaux sur tous les bâtiments et on installe de nouveaux drapeaux de prières sur les terrasses des maisons. Une fois au Potala, le jeune garçon reçoit ses vœux de moine du 8e panchen lama et le nom de Ngawang Lobsang Thupten Gyatso Jigdral Chokley Namgyal[16]. Sa famille est anoblie et prend le nom de Yabzhi Langdun. Comme de coutume, l'empereur Qing confère le titre de Gong au père du dalaï-lama[17].

L'amban (selon Melvyn Goldstein) ou le Régent (selon Dorje Tseten) demande à l'empereur Guangxu d’omettre, à la sélection du 13e dalaï-lama, le tirage au sort dans l'urne d'or qui avait été instauré en 1793 par l'empereur Qianlong[18]. Cette exemption lui est accordée[19]. Pour Anne Chayet, si l'urne fut utilisée, son verdict ne contraria jamais le choix des moines, les Qing n'ayant plus la force d'imposer cette contrainte et elle ne fut pas utilisée lors de la désignation du 13e dalaï-lama[20]. Pour Matthew Kapstein, le consensus vite trouvé autour de la reconnaissance du 13e dalaï-lama par la hiérarchie guélougpa, permet d'éviter d'avoir « à faire appel à cette loterie abominée qu'était pour eux l'urne d'or »[16]. Gilles van Grasdorff considère que la désignation du dalaï-lama sans utiliser cette procédure est le signe du peu d'influence des ambans mandchous sur le gouvernement tibétain[21][Passage problématique].

Intronisation[modifier | modifier le code]

Le 13e dalaï-lama est intronisé au palais du Potala en 1879[22], et selon Dorje Tseten lors d'une cérémonie avalisée par un édit de l'empereur Guangxu[23]. Selon l'historien Max Gordon Oidtmann, les ambans de Lhassa ne se sont peut-être pas impliqués directement dans le choix du 13e dalaï-lama, mais ils se sont impliqués à coup sûr dans l'installation de l'enfant de trois ans sur son estrade au palais du Potala deux ans plus tard. Sunggui, l'amban en chef depuis 1874, rédigea un mémoire bilingue relatant les deux journées de festivités de 1879, mémoire où il souligne les moments au cours de la cérémonie où la dynastie Qing a été reconnue. Le premier jour, le jeune dalaï-lama fut amené devant l'effigie de Qianlong et, sous la conduite de Sunggui, il accomplit devant elle « les trois génuflexions et les trois prosternations ». Le lendemain, dans la grande salle Dug'eng du Potala, l'édit d'avalisation de l'empereur fut lu à haute voix puis le dalaï-lama ainsi que le régent accomplirent à nouveau le ketou (kowtow) et s'inclinèrent dans la direction de la cour impériale[24][réf. à confirmer].

Accession au pouvoir[modifier | modifier le code]

Selon Gilles van Grasdorff, Thupten Gyatso, âgé seulement de 12 ans, intronise le 9e panchen-lama en 1888[25]. Selon Tsering Shakya, en 1902 le dalaï-lama ordonne le 9e panchen-lama dans le temple du Jokhang[26].

À l’âge de 18 ans, le , il reçoit les rênes du gouvernement du Tibet[22], des mains du nouveau régent, Lobsang Trinley (1886-1895), qui avait remplacé Ngawang Pelden[27].

Selon Roland Barraux, les témoins de l'époque soulignent qu'il fit preuve, dès le début de son règne, d'intelligence, d'habilité, de religiosité et de diligence. Répondant à une pétition du clergé tibétain adressée au nouveau chef temporel et spirituel dénonçant le népotisme dans l'attribution des fonctions monastiques et l'insuffisance de formation des membres du Kashag et de l'Assemblée, il décida d'en revenir aux règles édictées par le 7e dalaï-lama : l'hérédité ne devait pas prédominer dans le choix d'un ministre, et pour les hauts fonctionnaires, les candidats devaient avoir démontré leur connaissances et études[28].

Toutefois, selon Laurent Deshayes, une fois au pouvoir, le jeune souverain manifeste la fermeté de son caractère en rappelant les principaux monastères guélougpa à leurs responsabilités : « A l'avenir, si vous faites preuve de négligence, vos noms seront détruits »[29]. L'historien Matthew Kapstein indique que le treizième dalaï-lama approuvait les objectifs du mouvement Rimé[16], une école de pensée du bouddhisme tibétain.

L'affaire des « chaussures enchantées »[modifier | modifier le code]

En 1898, le 9e Démo Rinpoché et ses partisans souhaitant reprendre leur pouvoir et leur prestige perdus[30] et se trouvant désormais en butte à la vengeance de leurs ennemis, auraient tenté d'atteindre le dalaï-lama au moyen de magie noire bouddhiste au cours de ce qu'on appelle « l'affaire des chaussures enchantées »[31]. Démasqués, ils sont arrêtés. Norbu Tsering et Nyagtrü Lama, jetés en prison, meurent ou sont assassinés. L'ancien régent meurt alors qu'il est aux arrêts. D'après Melvyn Goldstein, il fut plongé, à ce que l'on dit, dans un énorme récipient de cuivre rempli d'eau jusqu'à ce qu'il se noie. Selon Jamyang Norbu, écrivain tibétain en exil militant pour l'indépendance[32], s’il est possible qu'un officiel zélé ait pu être responsable d'une telle action, ce n'est qu'une rumeur sans substance[33]. Ses domaines sont confisqués par le gouvernement, lequel déclare que sa lignée de réincarnation ne sera pas reconnue à l'avenir[34]. C'est la première fois que des mesures aussi radicales sont prises à l'encontre d'un régent. Pour l'historien (et ancien président du Gouvernement de la région autonome du Tibet) Dorje Tseten[35], Thubten Gyatso s'est servi de ses serviteurs et sorciers pour faire accuser injustement ses opposants, montrant par là un esprit calculateur[36]. Selon Melvyn Goldstein, le Dalaï-lama aurait été averti du complot par un certain Tertön Sogyal, lequel, en retour, aurait reçu des biens de Démo Rinpoché et gagné les faveurs du dalaï-lama. À Tengyéling, le monastère de Démo Rinpoché, on affirme que l'accusation a été fabriquée de toutes pièces par ses ennemis[37].

Selon Thubten Ngodup, en , le 11e kuten avertit le dalaï-lama au cours d'une transe que sa vie est en danger, l'incitant à la plus grande prudence. Malgré ses conseils, le dalaï-lama, précédemment énergique, tombe malade régulièrement, se fatiguant rapidement. Interrogé à nouveau, le kuten précise que la magie noire est en jeu et il demande qu'une paire de bottes détenues par le tertön Sogyal soit démontée. On interroge Sogyal, qui pense aux bottes que lui a remises Shaö Trulkou à l'attention du dalaï-lama. Pris d'un mauvais pressentiment, il les a conservées et essayées un jour, mais s'est mis alors à saigner du nez et a décidé de les abandonner dans un coin. Suivant les conseils du kuten, les bottes sont démontées, et l'on découvre dans une semelle un pentacle maléfique, associé au nom et à la date de naissance de Thubten Gyatso, ainsi que des substances réputées néfastes. Une enquête est menée, l'ancien régent Démo Rinpoché et ses complices avouent, sont arrêtés, mis en résidence surveillée ou écroués, la plupart mourant rapidement de mort naturelle ou de suicide, comme Shaö Trulkou qui se défenestre[38] (selon Thubten Ngodup) ou est précipité du haut du Potala (selon Jean Dif)[39].

Alors que depuis le décès du huitième dalaï-lama au début du XIXe siècle, les pontifes n'ont régné en tout que trois ans environ, leur décès prématuré permettant aux régents de régner, Thubten Gyatso, en frappant le régent Démo, sa famille et ses partisans, vient de couper court à toute velléité de captation du pouvoir[40]. Après cette affaire le dalaï-lama est « libre de constituer son gouvernement tel qu'il l'entendait »[16].

Abolition de la peine de mort sauf en cas de haute trahison[modifier | modifier le code]

Gara Lama Sonam Rabten

Les tibétologues Charles Bell, Matthew Kapstein, Alex McKay, Katia Buffetrille et Ram Rahul, indiquent que le 13e dalaï-lama a aboli la peine de mort au Tibet. Matthew Kapstein précise qu'il interdit aussi les sanctions de mutilation et « en tant que bouddhiste convaincu, il tenta aussi d'interdire l'abattage des animaux »[41][pertinence contestée],[42],[43],[44],[45].

Concernant l'abolition de la peine de mort, Bell ne fournit pas de date, McKay précise « aux alentours de 1898 », la tibétologue Katia Buffettrille, quant à elle, donne 1898. De même, pour Ram Rahul, le dalaï-lama abolit la peine capitale par décret en 1898 [46]. Jean Dif retient aussi la date de 1898 pour l'abolition de la peine de mort, mais précise que celle-ci reste toutefois applicable en cas de haute trahison[39]. McKay déclare qu’en raison de l'abolition de la peine de mort, « les exécutions étaient rares, en particulier au niveau de l'État »[47].

Selon Damien P. Horigan, qui cite comme source le sinologue Franz Michael, l’abolition intervint vers 1920, date avant laquelle le dalaï-lama évitait de se mêler des affaires de peine capitale en raison de son rôle religieux[48],[49].

Jean-François Leclere, pour sa part, indique les deux dates : 1898 et vers 1920 au plus tard[45].

L'écrivain indépendantiste Jamyang Norbu, de son côté, place l'abolition de la peine capitale en 1913, arguant que cela est rapporté par de nombreux voyageurs et que le Tibet est le premier pays au monde à le faire[50].

L'historien Laurent Deshayes rapporte qu'en 1912 le ministre Tsarong Wangtchoug Gyelpo et son fils furent mis à mort sur ordre de l'assemblée tibétaine (tsongdou) en raison de leur compromission avec les Chinois[51]. Pour Elmar R. Gruber et Namgyal Lhamo Taklha, il s'agit d'un assassinat qui peina le dalaï-lama, auquel le ministre était resté loyal[52],[53].

Selon McKay, il y eut des cas isolés de peine capitale dans les années qui suivirent 1898. Il évoque la mort, en 1924, de l'instructeur militaire indien Padma Chandra, lequel, cherchant à se réfugier en Inde quand le dalaï-lama démit les officiers soupçonnés d’implication dans un coup d’État, fut tué par des troupes tibétaines lancées à sa poursuite. Pour Dundul Namgyal Tsarong, il aurait résisté lors de son arrestation, les troupes ont tiré le tuant[54]. McKay mentionne également l'exécution d'un jeune homme impliqué dans le vol du cheval de l'administrateur du Tibet occidental[55].

Bell rapporte que le dalaï-lama lui avait déclaré que « depuis qu'il était arrivé au pouvoir, il n'avait autorisé aucune peine de mort sous aucune circonstance que ce soit ». Bell précise toutefois que « le châtiment infligé pour un meurtre avec préméditation est si sévère habituellement que le coupable ne peut guère y survivre très longtemps »[56]. Ainsi, lorsque le complot de l'ancien régent Demo Rinpoché fut découvert et que l’Assemblée nationale tibétaine (tsongdu) réclama la peine de mort contre ses instigateurs, le dalaï-lama refusa, déclarant son opposition à la peine de mort en raison des principes bouddhistes[57]. De même, Gara Lama Sonam Rabten, arrêté par le gouvernement tibétain pour avoir aidé les Chinois durant le conflit sino-tibétain de 1917, fut condamné à la prison à vie pour trahison[58].

L'Office de l'agriculture[modifier | modifier le code]

Selon Melvyn C. Goldstein, pendant la première décennie du XXe siècle, le 13e dalaï-lama, sur les recommandations, dit-on, du représentant de la Chine impériale, créa un nouvel office gouvernemental et promulgua de nouvelles lois qui changèrent radicalement la structure du servage. La fonction de l'Office de l'agriculture (Sonam Lekhung tibétain : སོ་ནམས་ལས་ཁུངས, Wylie : so nams las khungs), était de trouver de nouveaux bras et de nouvelles terres. Avec le temps, le nombre de serfs (mi ser) qui s'étaient enfui et ne voulaient pas demander de franchise (« bail humain ») où n'étaient pas en mesure d'en obtenir une, était devenu considérable. Parallèlement, en raison du sous-peuplement, nombre d'anciennes tenures restaient inoccupées. L'Office fut autorisé à délivrer une franchise à tout ancien serf en fuite depuis trois ans. Ces individus sans seigneur devinrent de ce fait les serfs de l'Office lui-même. Pour la première fois, un serf avait la possibilité, sur le plan juridique, de changer de seigneur et d'éliminer l'attachement à la terre. En contrepartie, le serf devait payer un droit minime de 5 zho pour les hommes et de 2 zho 1/4 pour les femmes. Il y eut foule pour obtenir la franchise et devenir serf de l'Office de l'agriculture. Cependant, la portée de cette innovation devait bientôt être réduite pour ne pas porter préjudice au système de servage. Les serfs bénéficiant de la franchise furent rattachés à des domaines ou à des villages de serfs dépendant du gouvernement et manquant de bras[59].

Relations tibéto-russes[modifier | modifier le code]

Le départ de Lhassa en 1904

Vers 1895, Thubten Gyatso souhaite établir des relations avec la Russie tsariste pour faire contre poids aux Britanniques[16]. En 1898, Agvan Dorjiev est désigné comme « représentant semi-officiel  » du Tibet à Saint Pétersbourg[60]. Il devint un des enseignants du 13e dalaï-lama avec lequel il débattait, gardant ce poste jusqu'à la fin des années 1910. Il contribua probablement également à protéger le jeune dalaï-lama des intrigues de la cour de Lhassa. Il était très proche de son disciple, avec lequel il entretenait des relations suivies[61],[62].

Au printemps 1900, Dorjiev retourna en Russie avec six autres représentants tibétains du dalaï-lama . Ils voyagèrent à travers l'Inde et rencontrèrent le tsar au palais Livadia, en Crimée[63]. « À leur retour ils apportèrent à Lhassa des armes et des munitions russes ainsi que – assez paradoxalement – un superbe jeu de robes épiscopales comme un cadeau au Dalaï-lama »[64]. En 1904, Thubten Gyatso le sollicite afin d'obtenir l'autorisation de séjourner en Russie ; le gouvernement tsariste refusa pour éviter un différend avec les Britanniques[60].

Le règne du 13e dalaï-lama est marqué par le grand jeu international, lutte pour la suprématie en Asie centrale, entre la Russie tsariste et l'Inde britannique, dont les empires respectifs sont en expansion[22]. L'intérêt accru de la Grande-Bretagne pour l'établissement de liens avec le Tibet a pour aboutissement l'invasion de celui-ci par une force expéditionnaire en 1904[65]. Refusant, malgré les demandes insistantes du pouvoir chinois et de son amban, de négocier en position d'infériorité avec les forces expéditionnaires britanniques marchant sur Lhassa[66], le dalaï-lama, déguisé sous la robe cramoisie d'un simple moine[67], s’enfuit en Mongolie-Extérieure où il espère obtenir l'appui du Tsar. Il se retrouve dès lors « déposé » par Pékin[66].

Conflit tibéto-britannique[modifier | modifier le code]

Le panchen-lama et son entourage à Calcutta en 1906

La méfiance entre le dalaï-lama et le panchen-lama, traditionnellement proche, s'est accrue sous l'effet du conflit tibéto-britannique. Shigatsé étant plus près de l'Inde britannique que Lhassa, le panchen-lama, second dans la hiérarchie du bouddhisme tibétain, était considéré par les Britanniques comme un substitut potentiel au gouvernement de Lhassa et au dalaï-lama[68].

Le 13e dalaï-lama à Darjeeling en 1910

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les Anglais décrièrent le 13e dalaï-lama en des termes dépréciatifs. Selon eux, il ne méritait aucun respect, car il était réfractaire à leurs projets[69].

Au physique, Thubten Gyatso est un homme de haute taille, à la puissante carrure, et aux yeux d'une obliquité peu commune. C'est le portrait qu'en brosse le journaliste anglais et correspondant du Times accompagnant l’expédition de Younghusband en 1904 Perceval Landon dans son livre À Lhassa, la ville interdite, paru en 1905[70]. Il précise n'avoir à son sujet que des sources chinoises qui « le dépeignent comme un entêté, un esprit assez vain, non sans force de caractère, et impatient de toute espèce de joug »[71].

Francis Younghusband, qui allait mener une expédition militaire au Tibet en 1903, proposa au panchen-lama le statut de chef du Tibet, sa candeur contrastant avec la prétendue attitude réfractaire du dalaï-lama. Cependant, Younghusband n'obtint pas la permission des dirigeants britanniques et le panchen-lama ne manifesta pas d'intérêt pour sa proposition. Toutefois, en 1905, les Britanniques écrivirent au dalaï-lama alors en Mongolie lui demandant de ne pas rentrer à Lhassa avant un retour au calme, le menaçant d'une nouvelle action militaire. Dans le même temps, coïncidant avec la visite du prince de Galles en Inde, le panchen-lama est invité à Calcutta, ce qu'il ne put refuser à cette période critique de l'histoire du Tibet, provoquant les soupçons de Lhassa et amenant les Chinois à le dénoncer[68].

Premier exil[modifier | modifier le code]

Séjour à Ourga[modifier | modifier le code]

Le dalaï-lama est au milieu d'une retraite spirituelle de trois ans quand les Britanniques, qui l'ignorent, envahissent le Tibet[72]. L'oracle de Néchung, consulté, indique que la retraite doit être interrompue et que le dalaï-lama doit partir pour la Mongolie[73], où il se rend pour un pèlerinage de convenance, rencontrer ses disciples et donner des enseignements, ce qu'il commence durant son voyage. Trois mois après son départ de Lhassa, il arrive à Ourga, l'actuelle Oulan-Bator en Mongolie-Extérieure, où 10 000 Mongols l'attendent à l'entrée de la ville. L'année suivante, il rencontre des milliers de fidèles en Mongolie, Bouriatie, Kalmoukie et Sibérie, et donne de nombreux enseignements. Il réside en 1904 dans l'un des temples du monastère de Gandantegchinlin. Il préside les célébrations du Monlam en 1905 et en 1906. Pour Claude Arpi, cela contribua à développer les relations avec le peuple mongol et son chef spirituel, le Bogdo Khan[74],[75]. Pour Jean Dif, il finit par se brouiller avec son hôte, dont il raille la vie dissolue et qui, de son côté, est mécontent de voir la majeure partie des offrandes des pèlerins aller désormais au pontife tibétain[39] dont la popularité, apparemment, éclipse la sienne[76].

Selon Dorje Tseten, à Ourga, le dalaï-lama espère obtenir une aide de la Russie tsariste, mais cette dernière vient d'être vaincue dans la guerre russo-japonaise et signe la Convention anglo-russe de 1907, ne permettant au dalaï-lama d'obtenir cette aide[77]. L'amban Youtai est limogé par les Qing pour incompétence pour n'avoir pas participé aux négociations tibéto-britanniques et avoir laissé la convention de Lhassa se conclure sans l'aval de Pékin. Zhang Yintang est nommé à sa place. Ces mesures auraient convaincu le 13e dalaï-lama d'accepter l'invitation de l'empereur et de l'impératrice douairière de se rendre à Pékin. L'exploratrice Alexandra David-Néel rapporte que, dans son voyage, le dalaï-lama s'était « prévalu de la règle qui veut que, par respect, on ne doive jamais laisser passer un Dalaï-lama sous une voûte, pour exiger que les portes des murailles des villes qu'il lui fallait traverser sur sa route soient démolies ». « Les autorités chinoises avaient alors accédé à cette extravagante prétention ». Alexandra David-Néel ajoute que « les autorités chinoises […], ayant pris conscience de leur absurdité, […] s'étaient abstenues au retour du dalaï-lama dans son pays, de lui témoigner la moindre marque de déférence, ce dont, me disaient ses familiers, il avait été furieux. »[78].

Premier séjour au monastère de Kumbum (1908)[modifier | modifier le code]

Les tensions à Urga entre le Bogdo Gegen et le dalaï-lama devenant intenables, ce dernier quitte la ville courant 1907[79]. Il se rend ensuite dans l'Amdo et séjourne au monastère de Kumbum, où il rencontre le 5e Taktser Rinpoché[80], grand oncle paternel du futur 14e dalaï-lama[81].

Séjour sur le mont Wutai et à Pékin[modifier | modifier le code]

Henri d'Ollone offrant une écharpe de félicité au 13e dalaï-lama lors d'une audience dans un temple du Wutai Shan en 1908.

Au printemps 1908, il s'arrête en route sur le mont Wutai dans la province du Shanxi où il procède à des cérémonies religieuses et rencontre des diplomates étrangers dont Agvan Dorjiev qui rentra en Russie et demanda à Alexandre Petrovitch Izvolski, ministre des Affaires étrangères russe, la permission de construire le Temple bouddhiste de Saint-Pétersbourg, une représentation non officielle du dalaï-lama dans la capitale de la Russie tsariste[82], William Woodville Rockhill, ambassadeur américain à Pékin[83] a qui il offrit une xylographie du Sūtra du Diamant comportant un colophon de sa main et une thangka représentant Tsongkhapa[84]. Il le rencontra plusieurs autres fois à Pékin où il eut un autre entretien avec lui. Il écrivit un portrait de lui particulièrement précis[85]. Lors de son séjour sur le Wou-T'ai-Chan, il rencontre aussi Henri d'Ollone , lequel remarque son intelligence : « Il avait compris que l'appui des nations européennes lui serait utile pour résister à la fois à la Chine et à l'Angleterre »[86],[87].

Pour Gilles van Grasdorff, le dalaï-lama vient à Pékin en « souverain indépendant, non en vassal destitué ». Un premier entretien est annulé entre l'empereur et le dalaï-lama, ce dernier refusant de se prosterner puis de s'assoir sur un siège plus bas que celui de l'empereur. Un second rendez-vous se tient finalement le 14 octobre, Thubten Gyatso pliera simplement le genou devant l'impératrice Cixi et Guangxu[88]. Pour l'ambassadeur américain présent à Pékin lors de cet entretien : « Le dalaï-lama avait été traité avec tout le cérémonial dont tout souverain indépendant aurait pu être gratifié  »[89]. La tibetologue Françoise Wang-Toutain considère que lors de cette entrevue la relation chapelain / donateur a cessé[90]. Selon Jean Dif, il espère parvenir à une entente avec l'empereur Qing Guangxu et à rétablir son autorité au Tibet. Les humiliations ne lui sont pas épargnées : on l'oblige à plier le genou devant l'impératrice pour marquer sa sujétion, on lui décerne des titres honorifiques empoisonnés, on lui garantit le paiement d'une rente comme à un haut fonctionnaire, il est traité comme un vassal[39].

Selon Melvyn Goldstein, arguant que l'amban ne transmet pas fidèlement ses avis, il demande à ne plus avoir à passer par son intermédiaire. L'empereur refuse mais l'autorise à rentrer à Lhassa car, entre-temps, les accords passés avec la Grande-Bretagne et la Russie ont réaffirmé que le Tibet faisait partie de la Chine[91]. Toutefois, Fabienne Jagou fait remarquer que les deux parties reconnaissaient la « suzeraineté de la Chine sur le Tibet »[83],[92]. Durant son séjour à Pékin, l'empereur et l'impératrice meurent, respectivement le 14 et le 15 novembre 1908. Le prince Ch'un, devenu régent de l'empire, demande au dalaï-lama de célébrer les rites funéraires conformément à la religion de la famille impériale. Le dalaï-lama conduit donc les rituels funéraires et redige l’éloge funèbre[89]. Par ailleurs, il obtient satisfaction pour certaines de ses demandes et quitte Pékin le 21 décembre[93].

Second séjour au monastère de Kumbum (1909)[modifier | modifier le code]

Sur le chemin de retour à Lhassa, le dalaï-lama, en 1909, fait halte à nouveau à Kumbum[94], où, selon ce que rapporte le missionnaire catholique flamand Louis Schram alors dans la région[95], il « fait une entrée digne d'un potentat oriental ». Mongours, Tibétains et Chinois accourent lui rendre hommage. Mais les rapports avec les moines et leur abbé, Achia Rinpoché, réincarnation du père de Tsongkhapa, se dégradent très vite : les montures de la suite sont laissées en liberté dans les cultures, des disputes éclatent à propos des offrandes de moutons et de farine, mais surtout le dalaï-lama veut se mêler de l'administration du monastère, ce que l'abbé refuse catégoriquement. Devant l'attitude menaçante des moines, l'amban de Xining dépêche sur place une troupe de soldats pour s'interposer, permettant ainsi au dalaï-lama et ses gens de quitter le monastère pour se réfugier à Xining où, toujours selon Schram, « il faisait triste figure » en 1909[96].

Gyalo Thondup explique qu'il n'est pas très apprécié à Kumbum où sa réforme des monastères, dont la discipline laissait à désirer, se heurta à l'hostilité des moines. Il fut soutenu par le 5e Taktser Rinpoché qui, devenu lui aussi impopulaire, partit pour Lhassa avec le dalaï-lama en 1909[97].

Programme d'intégration du Tibet au reste de la Chine (1905-1911)[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu le départ des troupes britanniques moyennant le paiement d'une indemnité, la dynastie Qing, quoique affaiblie, décide de jouer un rôle plus actif dans la conduite des affaires tibétaines. Pour préserver ses intérêts, elle met en œuvre, de 1905 à 1911[98], un programme d'intégration du Tibet au reste de la Chine aux plans politique, économique et culturel[99].

On projette une ligne de chemin de fer reliant le Sichuan au Tibet[100]. On prévoit de former une armée de six mille hommes et de séculariser le gouvernement tibétain en créant des commissions gouvernementales non ecclésiastiques. On projette un hôtel des monnaies, la construction de routes et de lignes téléphoniques et la mise en exploitation des ressources locales. À Lhassa, une école s'ouvre en 1907 et un collège militaire en 1908[101],[102]. Un service postal chinois comptant cinq bureaux de poste est établi au Tibet central et les premiers timbres sont émis (avec des inscriptions en chinois et en tibétain)[103],[104]. En 1909, un journal bilingue, le Journal vernaculaire du Tibet, le premier de son genre, est imprimé à Lhassa sur des presses importées de Chine. Il paraît tous les dix jours et chaque numéro est tiré à 300 ou 400 exemplaires[105],[106]. Son objectif, à la fois éducatif et de propagande, est de faciliter les réformes administratives engagées par Lian Yu et Zhang Yintang[107].

Ce programme est toutefois réduit à néant par l'éclatement de la révolution chinoise de 1911, l'effondrement de l'empire Qing et l'élimination de Chao Ehr-feng[108].

Retour à Lhassa (1909)[modifier | modifier le code]

Après son retour à Lhassa le , comprenant que le Tibet ne peut lutter seul contre les prétentions chinoises, il établit le Bureau des Affaires étrangères du Tibet, chargé des relations extérieures, limitées dans un premier temps au Népal, à la Mongolie et au gouvernement britannique des Indes[109]. Le Népal avait établi une légation à Lhassa en 1856, faisant suite à la Mission diplomatique népalaise ouverte en 1792.

Selon Max Oidtmann, à la fin de l'hiver 1910, le gouvernement impérial des Qing est furieux contre Thubten Gyatso qui a coupé les vivres à son représentant, l'amban, en violation des accords de ravitaillement. C'est que le gouvernement tibétain vient de constater la brusque dissolution, par les administrateurs Qing, des domaines qu'il possède dans le Kham, et le dalaï-lama craint de voir son autorité temporelle retirée[110][réf. à confirmer].

Thubten Gyatso, inquiet des visées chinoises, envoie un message à Pékin :

«  Nous vous adressons ce message, nous les Tibétains opprimés. Tout va bien en apparence à l'extérieur, mais à l'intérieur de gros vers dévorent en fait de petits vers. Nous avons agi avec franchise, mais ils se sont quand même emparés de nos cœurs. Des soldats ont été envoyés au Tibet, y provoquant une grande inquiétude parmi la population. Nous avons déjà envoyé un messager à Calcutta. Je vous prie de rappeler l'officier chinois et ses soldats récemment arrivés au Kham. Si vous ne le faites pas, il y aura des troubles graves[111]. »

Arrivée de l'armée impériale à Lhassa (1910)[modifier | modifier le code]

L'empire Qing dépêche à Lhassa une armée dont l'amban justifie l'arrivée en affirmant qu'elle a pour mission de sécuriser les routes et le commerce conformément aux traités signés en 1904 et 1906[112]. Selon Max Oidtmann, il s'agit d'une colonne de secours, partie du Sichuan et conduite par Zhao Erh-Feng, venu à Lhassa pour faire respecter l'accord de 1906[110][réf. à confirmer].

Selon l'homme politique et historien tibétain en exil K. Dhondup, un des premiers numéros du Journal vernaculaire du Tibet, paru alors que le 13e dalaï-lama était de retour à Lhassa, annonçait en août 1909 l'arrivée de Zhao Erfeng en ces termes[113] : « N'ayez pas peur de l'amban Chao et de son armée. Ils ne feront aucun mal aux Tibétains, mais à d'autres peuples. En y réfléchissant, vous vous souviendrez combien vous vous êtes sentis honteux quand les soldats étrangers sont arrivés à Lhassa et vous ont tyrannisés. Nous devons tous être forts en raison de cela, sinon, notre religion sera détruite ». Cependant, ajoute K. Dhondup, lorsque l’armée chinoise entra dans Lhassa le 12 février 1910, elle tira au hasard dans la ville, blessant et tuant un certain nombre de policiers et de gens[114]. Laurent Deshayes, pour sa part, indique qu'un soulèvement antichinois, orchestré par Ganden, Séra et Drépoung, éclate, qui n'a d'autre effet que d'accélérer l'avancée de l'armée du général Zhong Yin, lequel prend la ville sans grands combats[115]. Yabzhi Punkhang, le chef du tout nouveau bureau des Affaires étrangères, est fait prisonnnier et deux de ses fonctionnaires sont tués. Sachant que Zhao a l'intention de le faire prisonnier et souhaitant éviter aux habitants de Lhassa de verser leur sang en le défendant contre les soldats, le dalaï-lama décide de fuir et de nommer un régent pour le remplacer[116].

Fuite en Inde (1910)[modifier | modifier le code]

Thubten Gyatso en 1910 ou avant

En février 1910, quand l'armée impériale arrive à Lhassa contre la volonté des Tibétains[117],[118], le dalaï-lama, accompagné de membres de son gouvernement et protégé avec un détachement de cavaliers, s'enfuit, cette fois-ci en Inde britannique, son ancien ennemi[119]. Grâce aux combats d'arrière-garde menés par le jeune favori Namgang (le futur général Tsarong Dzasa) à Jagsam[120], ils arrivent à échapper à leurs poursuivants en traversant Dromo dans la vallée de Chumbi et atteignent le Sikkim par le col de Jelep La (en)[22]. Le 25 février, les Chinois non seulement déposent à nouveau le dalaï-lama en réaction à sa fuite mais aussi le privent de son statut de réincarnation, mesure qui est affichée publiquement à Lhassa[121]. Un gouvernement tibétain prochinois est constitué, qui est reconnu par les Anglais soucieux d'éviter une confrontation avec l'empire mandchou. Les démarches faites par le dalaï-lama pour obtenir l'intervention des puissances étrangères (Grande-Bretagne, France, Russie et Japon) sont restées lettre morte[39].

Deuxième exil[modifier | modifier le code]

Sonam Wangfel Laden en haut à gauche, au premier rang, Sidkéong Tulku Namgyal, Charles Bell et Thubten Gyatso
Thubten Gyatso (à droite), Charles Bell (à gauche) et Sidkéong Tulku Namgyal (debout) en mars 1910, à Calcutta.

Après sa fuite en Inde, le dalaï-lama s'installe à Darjeeling. Sonam Wangfel Laden (Laden La), un Sikkimais qui parle anglais et tibétain et sert d'agent de liaison avec les Britanniques, organise la rencontre du dalaï-lama avec lord Minto, le vice-roi des Indes, et son séjour à Darjeeling[122]. Londres, qui exige qu'il cantonne son action aux seules affaires réligieuses, s'oppose à son déplacement en Russie[39].

Thubten Gyatso noue des liens d'amitié avec l'agent politique tibétophone du gouvernement britannique au Sikkim, Charles Bell, qui lui rend visite quasiment chaque semaine durant les trois ou quatre premiers mois. Bell brosse le portrait suivant du monarque alors âgé de 34 ans : il a le teint sombre, le visage marqué légèrement par la variole, les oreilles grandes et bien plantées, les yeux proéminents, d'un brun sombre, les sourcils relevés, le nez petit et légèrement aquilin, des mains petites et soignées. Sa morphologie et ses traits reflètent l'humilité de ses origines mais il se meut et parle avec la dignité naturelle propre à sa race[123],[124].

Alexandra David-Néel accompagnée de son interprète Lama Kazi Dawa Samdup rencontre le 13e dalaï-lama à Kalimpong. Elle est reçue en audience le 15 avril 1912. Le dalaï-lama lui conseille fortement d'apprendre le tibétain, un avis qu'elle suivra[125]. Elle reçoit sa bénédiction (comme elle demande à ne pas s'agenouiller devant lui, on convient qu'elle n'aura qu'à incliner la tête pour se faire bénir)[126], puis le dalaï-lama engage le dialogue, lui demandant comment elle est devenue bouddhiste. Alexandra provoquera son hilarité en affirmant être la seule bouddhiste de Paris, et son étonnement en lui apprenant que le Gyatcher Rolpa, un livre tibétain sacré, a été traduit par Philippe-Édouard Foucaux, un professeur au Collège de France. Elle demande nombre d'explications complémentaires que le dalaï-lama s'efforce de lui fournir, lui promettant de répondre à toutes ses questions par écrit[127].

Pendant les trois années que dure son exil, Thubten Gyatso s'instruit énormément en matière politique, ses vues sur le monde s'élargissent et il échafaude une nouvelle vision du Tibet[128],[129]. Pendant son séjour, il se met secrètement en rapport avec la résistance tibétaine intérieure et prépare une insurrection[39].

Proclamation de la république chinoise à Lhassa (1912)[modifier | modifier le code]

En octobre 1911, les Chinois se soulèvent contre la dynastie Qing et en février 1912, Yuan Shikai devient président de la république de Chine. Les garnisons mandchoues sont massacrées dans les provinces révoltées. À l'annonce de la Révolution chinoise de 1911, les soldats de la garnison de Lhassa se soulèvent, arrêtent l'amban Lian Yu et appellent les autres troupes disséminées dans le Tibet à gagner Lhassa[130]. Le général Zhong Yin prend la tête du mouvement. Un conseil représentatif provisoire assume le pouvoir et une constitution est élaborée. La république chinoise est proclamée à Lhassa le 7 mars 1912[131].

Combats et règlements de comptes à Lhassa[modifier | modifier le code]

La chute de la dynastie mandchoue est un heureux coup du sort dont le dalaï-lama tire parti immédiatement. Il crée, en secret, un ministère de la guerre et met sur pied une force armée pour reprendre le pouvoir[132],[130]. Sous la conduite de Dasang Damdul Tsarong, nommé commandant en chef (chida) et envoyé depuis l'Inde par le dalaï-lama, des volontaires tibétains prennent Shigatsé et Nadong, avant de gagner Lhassa, désormais divisée en une partie nord tenue par les Tibétains et une partie sud tenue par les Chinois[133]. Les combats forcent Zhong à se retrancher au monastère de Tengyéling, transformé en forteresse et dont les moines lui sont favorables. Les monastères, qui sont entrés en rébellion, demandent le départ immédiat de tous les ressortissants chinois[131]. En Chine, Canton, les provinces du Hubei et du Yunnan proposent d'envoyer des troupes au Tibet, ce qui amène Londres à avertir Pékin que la question tibétaine pèsera lourd dans la reconnaissance officielle de la nouvelle république. Les troupes de secours ne dépasseront pas le Mékong[134].

Entre-temps, chez les dirigeants tibétains, l'heure est sombre. Le ministre Tsarong Wangtchoug Gyelpo, soupçonné d'être favorable aux Chinois bien qu'ayant la confiance du dalaï-lama – il avait participé à la convention commerciale (Trade Regulation Agreement) entre la Grande-Bretagne, la Chine et le Tibet en 1908 à Calcutta –, est victime d'un complot. Alors qu'il participe à une réunion de haut niveau au Potala, il est arrêté, traîné dans les grands escaliers de pierre et décapité. Son fils, amené sur les lieux voir la tête de son père, est décapité à son tour. Plusieurs autres hauts responsables sont également exécutés[135].

Finalement, le vice-roi des Indes, Charles Hardinge, envoie Sonam Wangfel Laden négocier un cessez-le-feu et différents accords[122]. En avril, après s'être rendus, trois mille soldats chinois et leurs officiers sont autorisés à quitter le Tibet pour l'Inde[136]. Nombreux sont ceux qui se perdent en route ou qui meurent de faim ou de froid[137].

Retour au pouvoir et selon Laurent Deshayes « épuration »[modifier | modifier le code]

Au cours de l’été 1912, à Phari-Dzong, le 13e dalaï-lama rencontre Agvan Dorjiev, lequel l’accompagne au monastère de Samding, avant le retour du hiérarque[138], en janvier 1913, à Lhassa. Selon Jean Dif, le treizième apporte, dans ses bagages, une baignoire, la première à être introduite au Tibet[139].

Selon l'histoirien russe Alexander Andreyev, le 13e dalaï-lama va désormais exercer une autorité politique qui n'avait pas été vue depuis le règne du 5e dalaï-lama. L'épuration commence. Selon Laurent Deshayes, vers 1913, les compagnes tibétaines des soldats chinois laissées pour compte sont lapidées ou mutilées, celles qui ont pu fuir échouent lamentablement à Calcutta[140],[141]. En 1914, le monastère de Tengyeling est démoli pour collusion avec les Chinois et le général Zhao Erfeng[142]. Les traîtres sont bannis et les moines restants répartis entre différents monastères. Il sera plus tard transformé en école de médecine et d'astrologie tibétaine[143].

Le 13e dalaï-lama en compagnie de Thutob Namgyal (en), roi (chogyal) du Sikkim, en 1911, à Darjeeling.

Fin de la relation prêtre-protecteur ou proclamation d'indépendance du Tibet ?[modifier | modifier le code]

En 1912, à la suite d'une lettre de Yuan Shikai s'excusant des exactions commises par les forces chinoises et souhaitant restaurer le rôle du dalaï-lama, celui-ci répond qu'il ne demande aucun titre du gouvernement chinois car il entend exercer seul son pouvoir spirituel et temporel au Tibet[144],[145]. Cette lettre est depuis lors considérée comme une déclaration officielle d'indépendance par les Tibétains, ce que rejettent les autorités chinoises[146],[5], pour d'autres elle ne l'est que dans l'esprit[147]. Pour la tibétologue Fabienne Jagou, le dalaï-lama déclare officiellement que les relations sino-tibétaine basées sur la relation prêtre-protecteur (Chö-yon) existant depuis le XVIIe siècle entre le 5e dalaï-lama et l'empereur mandchou, sont rompues depuis que l'armée impériale a envahi le Tibet en 1910[148]. Pour la tibétologue Françoise Robin, le 13e dalaï-lama proclame la rupture des liens de suzerain à vassal qu'entretenaient la Chine mandchoue et le Tibet, du fait qu'une république chinoise avait remplacé le régime dynastique bouddhique des Mandchous[149]. Pour Alfred P. Rubin, un expert américain en droit international, les déclarations d'indépendance du Tibet n'étaient aucunement des déclarations politico-juridiques mais simplement l'affirmation par le 13e dalaï-lama que la relation prêtre-protecteur (mchod-yon) entre les dalaï-lamas et les empereurs chinois s'était éteinte du fait de la fin de l'empire[150]. Pour l'historien Patrick French, il s'agit de l'équivalent d'une déclaration d'indépendance[151].

Le 11 janvier 1913, le Tibet et la Mongolie signent un traité bilatéral à Urga, reconnaissant mutuellement leur indépendance[5],[152]. Selon Charles Bell, le Kashag et le 13e dalaï-lama n'ont jamais reconnu cet accord[153],[154]. Toujours selon Bell, la communauté internationale n'a pas reconnu l'indépendance de la Mongolie, ni celle du Tibet[155]. Selon Barry Sautman, la Mongolie n'était pas reconnue en tant qu'État en 1913. Elle avait proclamé son indépendance fin 1911 alors que de nombreux territoires et provinces de Chine faisaient sécession à la suite de la chute de la dynastie des Qing. La Mongolie ne fut reconnue que des décennies plus tard par la Russie et la Chine. Le Tibet et la Mongolie en 1913 n'étant pas reconnus comme États par les autres États, le fait pour l'un et l'autre de se reconnaître mutuellement n'a guère d'importance[156].

Pour les Tibétains, le , le 13e dalaï-lama fit une proclamation réaffirmant l'indépendance du Tibet[157],[158]. Pour les Chinois, cette prétendue « proclamation de l'indépendance du Tibet » n'est qu'un discours à usage interne sur le bouddhisme qui a été publié sous forme de lettre en 1932. Pour des spécialistes de l'histoire moderne du Tibet, la déclaration de 1913 parle non pas d'une « petite nation religieuse et indépendante » mais d'une région (bodljongs en tibétain, « nation » étant rgylkhab)[159].

La Convention de Simla (1913-1914)[modifier | modifier le code]

Conférence de Simla, octobre 1913. Derrière, debout, à sa gauche Archibald Rose et à sa droite Charles Bell. Assis, de gauche à droite : Wangchuk Tsering, les délégués chinois B. D. Bruce, Ivan Chen, sir Mac Mahon, les délégués tibétains Longchen Shatra, Trimon et Tenpa Dhargay (dronyer-chenmo)

Le dalaï-lama se donne pour but de définir le statut international du Tibet et donc de normaliser ses relations avec la Chine. Il insista auprès des Britanniques pour organiser une conférence tripartite avec la Chine, dont ils seraient les médiateurs. Les Britanniques considérèrent la requête, car les troupes mandchoues avait menacées la frontière de leur empire colonial[160].

Le dalaï-lama choisit pour le représenter à la conférence Paljor Dorje Shatra, son premier ministre expérimenté. Il est assisté de Trimon qui rassembla des documents originaux précis sur le statut légal du Tibet, en particulier sur ses frontières occidentales, vus et signés par sir Henry Mac-Mahon, le plénipotentiaire britannique assisté de Charles Bell. Le dalaï-lama donna quatre instructions à Shatra : (1) Le Tibet gère ses affaires intérieures ; (2) Ses relations extérieurs seront menées en consultation avec les Britanniques ; (3) Il n'y aura aucun amban ni représentant officiel de la Chine au Tibet ; (4) Le territoire tibétain s'étend à l'est jusqu'à Dartsedo et au nord-est jusqu'au lac Kokonor[161].

Le premier jour, Shatra ajouta à ces points la reconnaissance de l'indépendance du Tibet et du dalaï-lama comme chef politique et spirituel du Tibet. Il demanda aussi que le Tibet comprenne les régions tibétophones du Kham et de l'Amdo, et l'invalidation des conventions de 1906 et 1908 car le Tibet n'y était pas parti prenante. Une indemnisation fut demandée à la Chine pour les destructions à Lhassa et dans le Kham lors de l'invasion de Chao Erfeng[162].

La position de la Chine est diamétralement opposée. L'émissaire chinois Ivan Chen prétendait que le Tibet était une partie de la Chine, depuis la conquête de Gengis Khan, ce qui avait été confirmé par l'acceptation de titres octroyés par l’empereur mandchou Shunzhi au 5e dalaï-lama. De plus, les Tibétains avaient plusieurs fois sollicité l'aide des Mandchous, ce qui fut accordé à chaque fois par l'empereur, citant les invasions dzoungares et gourkhas. Au sujet de Chao Erfeng, son gouvernement avait agi conformément au traité de 1908, envoyant des troupes pour protéger les comptoirs commerciaux. Il ajouta comme « preuve » de l'appartenance du Tibet à la Chine le payement par cette dernière de la compensation prévue par le traité de 1904. Il revendiqua une escorte de 2 600 hommes pour l'amban afin de contrôler les affaires intérieurs et extérieurs du Tibet. Pour lui, le statut du Tibet devait répondre à l'accord de 1906, et la frontière sino-tibétaine être fixée à Gyama, à cent cinquante miles à l'est de Lhassa[163].

Le délégué tibétain réfuta la position de la Chine point par point, documents sur les taxes à l'appui concernant les frontières, et expliquant que le Tibet n'avait pas demandé à la Chine de payer la compensation liée au traité de 1904, et qu'il n'en avait pas été informé. Pris entre deux positions opposées, Mac-Mahon proposa pour être « juste entre les deux parties » de diviser le Tibet en « Tibet extérieur », correspondant au Tibet central et occidental et « Tibet intérieur », correspondant à l'Amdo et à une partie du Kham. Le « Tibet extérieur » devait être autonome, la Chine ne devant interférer ni avec son administration ni dans la sélection du dalaï-lama, et n'y avoir aucune troupe ni amban. Shatra accepta la proposition, mais le délégué chinois s'engagea dans une manœuvre dilatoire, laissant le temps aux délégués tibétains et britanniques de discuter de leurs frontières. La Chine ne fut participa pas cette partie de la négociation menée par Mac-Mahon et Shatra qui déboucha sur la ligne McMahon qui fut fixée le 24 mars 1914[164].

Un projet de convention fut paraphée le 27 avril 1914. Bien qu'Ivan Chen parapha ce projet, il reçut l'ordre de ne pas signer le document final. En conséquence, la Grande-Bretagne et Tibet signèrent la Convention le 3 juillet 1914[165].

Réformes à partir de 1912[modifier | modifier le code]

Le dalaï-lama a beaucoup appris durant son exil en Inde et en Chine. À ses contacts amicaux avec Charles Bell, l'officier de liaison britannique pour le Sikkim, le Tibet et le Bhoutan, il doit sa connaissance du monde occidental[166]. Dès 1913, il engage des réformes pour moderniser le Tibet et éliminer certaines caractéristiques oppressives du système monastique[22].

Interdiction des châtiments physiques[modifier | modifier le code]

Après son retour de l'exil, dans sa proclamation d'indépendance, le 13e dalaï-lama annonce l'interdiction des amputations de membres. La déclaration est tout à fait précise : « Divers châtiments physiques sont interdits : ainsi, l’amputation de membres était pratiquée en guise de punition. Dorénavant, des traitements aussi sévères sont interdits ». Des exemplaires de la proclamation sont envoyés dans tout le Tibet et doivent être gardés dans le bureau de chaque district[167].

Religion bouddhiste[modifier | modifier le code]

Le dalaï-lama entreprend une série de réformes de la communauté religieuse. L'administration des monastères est confiée davantage à des administrateurs laïcs. La discipline est renforcée[168].

Administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : gouvernement tibétain.

Lors de son séjour en Inde, Thubten Gyatso a organisé un ministère de la Défense et un ministère des Affaires étrangères. Il considère qu'il est préférable de s'entourer de collaborateurs de valeur pour édifier un Tibet moderne, plutôt que de choisir des représentants dans les grandes familles tibétaines[169].

Campagne de modernisation[modifier | modifier le code]

Pour Helen R. Boyd, le 13e dalaï-lama reconnaissait l'importance de la modernité[170]. Ses différents voyages (en Mongolie, en Chine et en Inde) lui firent prendre conscience des évolutions politiques et technologiques du monde et du retard du Tibet. Entouré de dévoués fonctionnaires et de Dasang Dradul Tsarong, il décida d'engager des réformes politiques et sociales[171],[172]. Pour Laurent Deshayes, la figure de proue du mouvement moderniste est Tsarong. Celui-ci, qui porte l'uniforme de l'armée anglo-indienne, rêve de routes carrossables, de lignes télégraphiques et même d'une flotte fluviatile. L'armée est, à ses yeux, la clé de voûte de la modernisation et la garante du territoire[173].

Mesures[modifier | modifier le code]

Les quatre Tibétains de Rugby[modifier | modifier le code]
Lungshar, Möndro, Ringang, Kyibu II et Gongkar au palais de Buckingham le 28 juin 1913 après avoir été reçus en audience par le roi George V

En 1912, le 13e dalaï-lama envoie quatre garçons des familles aristocratiques tibétaines pour recevoir une instruction à l'École de Rugby en Angleterre[174]. Ils y reçoivent une formation scientifique ou technique[22] afin de constituer une avant-garde de modernisateurs, une fois rentrés au Tibet[175]. Ces étudiants (W. N. Kyipup, K. K. Möndo, S. G. Gokharwa et R. D. Ringang), sont chapeautés par le conseiller Lungshar.

L'école anglaise de Gyantsé[modifier | modifier le code]
Une classe de l'école anglaise à Gyantsé, 1923-1926

En 1924, un éducateur britannique, Frank Ludlow, inspecteur des écoles en Inde, est invité par le gouvernement tibétain pour fonder une école anglaise à Gyantsé, sur le modèle des grammar schools[172]. L'école ouverte en 1923, est fermée trois ans plus tard en 1926[174]. Ce fut la première école anglaise du Tibet[22],[176].

Poste tibétaine[modifier | modifier le code]

En 1913, le dalaï-lama fonde à Lhassa le premier bureau de poste tibétain[22], lequel prend la suite d'un des cinq bureaux de poste chinois mis en place au Tibet central en 1909 et restés en fonction jusqu'à fin 1911[177]. Une première série de timbres tibétains est émise, à une date que l'on suppose être décembre 1912[178], en remplacement des timbres impériaux chinois. Toutefois, faute d'une adhésion à l'Union postale internationale, une surtaxe est imposée à la sortie du territoire (c'est-à-dire en Inde)[179].

Création d'une armée tibétaine moderne[modifier | modifier le code]
Soldats tibétains portant le drapeau du dalaï-lama[réf. nécessaire] (à droite) et le drapeau du Tibet (à gauche).

Après son retour au Tibet, le dalaï-lama veut, pour moderniser l'armée du Tibet, recruter un homme par famille, créer des centres d'entrainement autour de Lhassa et acheter des armes[111]. Il demande aux Britanniques de lui fournir des armes, des uniformes et des instructeurs pour former une armée tibétaine moderne[180]. En 1914, il entreprend de moderniser l’armée tibétaine en augmentant les forces militaires et en organisant leur entraînement[22]. Il confirme sa décision, prise en exil, de créer un haut commandement, dont il confie la direction à Dasang Dradul Tsarong. On doit au dalaï-lama la création du drapeau du Tibet à partir des différents drapeaux des armées des frontières[181]. Entre 1914 et 1917, Yajima Yasujiro, un commerçant et ancien militaire japonais qui séjourna à Lhassa dans les années 1910, est engagé par Tsarong en tant qu'instructeur de 200 soldats tibétains. Il supervise la construction de casernes de conception japonaise pour les Kusoung Magar, les gardes du corps du dalaï-lama, avant de rentrer au Japon en 1920[182].

Selon Gyeten Namgyal, un tailleur de Lhassa, les divisions de l'armée tibétaine possédaient chacune leur bannière, mais il n'existait pas de drapeau national tibétain. Le 13e dalaï-lama dessina un projet, annoté afin d'en expliquer le symbolisme lié aux lions des neiges, à l'épée de la sagesse et aux bannières de la victoire. Plusieurs prototypes furent réalisés, et l'un fut approuvé[183]. De nouveaux uniformes et drapeaux militaires conçus et approuvés par le dalaï-lama furent fabriqués à l'hiver 1916[184].

Dans les années 1920, des instructeurs soigneusement sélectionnés sont formés par des officiers britanniques et indiens au Tibet occidental[185]. En outre, des militaires sont envoyés en Inde pour y étudier le maniement de l'artillerie lourde et des mitraillettes[186]. Délégué par la Grande-Bretagne à Lhassa entre novembre 1920 et octobre 1921, Charles Bell arrive avec plus de vingt chevaux chargés d'armes[187]. Avec le soutien du dalaï-lama, il obtient de la tsongdou d'augmenter le nombre de militaires pour obtenir un effectif de 17 000 soldats[188].

Création d'une garde personnelle[modifier | modifier le code]
La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ? (janvier 2016)

Selon Leigh Ingram-Seal, cantonnée à Lhassa et commandée par un général (depon), la garde personnelle du dalaï-lama est mal formée, insuffisamment équipée et armée (mitrailleuses légères Bren, mortiers et fusils). Forte de 500 hommes, dont les 25 gardes du corps personnels du dalaï-lama, elle aurait été portée à 1000 hommes en 1959. En plus de faire fonction de garde rapprochée, elle était présente, en tenue d'apparat, aux cérémonies officielles[189].

Développement de la médecine tibétaine et de la santé publique[modifier | modifier le code]

Influencé par son médecin personnel et préoccupé par la nécessité d'améliorer l'accès des Tibétains aux soins de santé[190], le dalaï-Lama prend des mesures pour préserver la médecine tibétaine traditionnelle en nommant des moines de différents monastères à cette tâche et en créant un deuxième collège médical à Lhassa, l'Institut de médecine et d'astrologie tibétaine ou Men-Tsee-Khang[22] achevée en 1916. Plus tard, il a ordonné que l'armée tibétaine, les monastères et les familles nobles fournissent des quotas établis pour la formation de nouveaux médecins tibétains. Par exemple, chaque monastère au Tibet devait envoyer deux étudiants étudier au Men-Tsee-Khang, l'un se spécialisant en médecine, et l'autre en astrologie. Ces efforts pour développer la formation ont été accompagnées par des réformes mineures dans la pratique de la médecine afin de fournir un meilleur accès à des soins médicaux à tous les niveaux du système de classe. Une clinique publique, destinée principalement à devenir un centre de formation pour les nouveaux médecins, a été fondée à Lhassa, et pendant environ 15 ans, le gouvernement a organisé des programmes de santé publique pour les femmes et les enfants envoyant des médicaments aux femmes enceintes, aux nouvelles mères et aux bébés dans tout le Tibet. Les rares médecins formés au cours de cette période qui sont encore en vie rapportent que les médecins ont été affectés à des monastères et des communautés dans le besoin, et beaucoup ont reçu un rang gouvernemental[190].

En 1916, Tekhang Jampa Thupwang demanda au 13e dalaï-lama, dont il était le médecin personnel, l'autorisation de bâtir un collège de médecine et d'astrologie à la place du monastère de Tengyeling détruit. Comprenant les avantages d'une telle institution pour les riches et les pauvres, les aristocrates et les paysans, il vérifia lui-même les blocs d'impression du rGyud-bZhi. Il convoqua Tekhang Jampa Thupwang, lui donna son accord, fondant ainsi le Men-Tsee-Khang, et le nomma directeur[191]. Selon Sanderson Beck, le gouvernement tibétain paya les frais des étudiants et fournit gratuitement des médicaments aux pauvres[192]. Le dalaï-lama aurait pris l'initiative, en 1916, de faire ouvrir au sein du Men-Tsee-Khang un hôpital public qui donnait des soins médicaux gratuits[193]. Cette même année, il nomma Khyenrab Norbu directeur du Collège médical de Chakpori et administrateur du Men-Tsee-Khang[194].

En 1920-21, Khyenrab Norbu fut formé à la mise en place de la vaccination antivariolique par le Dr Robert S. Kennedy[176],[195]. L'année suivante, l'armée tibétaine à Gyantsé était vaccinée dans ce qui correspondrait à la première initiative biomédicale d'État au Tibet[196].

Fondation de la police à Lhassa[modifier | modifier le code]

En 1923, il établit un siège principal de police à Lhassa[22] et fait appel au Sikkimais Sonam Wangfel Laden, bras droit de Charles Bell, pour le diriger[122],[197].

Liaison télégraphique au réseau anglo-indien[modifier | modifier le code]

En 1925, grâce aux connaissances techniques acquises par Kyibu II, un des quatre jeunes stagiaires militaires envoyés se former en 1913 en Angleterre, une liaison télégraphique est installée à Gyantsé, permettant la connexion au réseau anglo-indien[198],[199].

Ministère de la monnaie, de l'arsenal et de la production électrique[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Billets de banque tibétains.

Dès 1912, le dalaï-lama envisage de créer une monnaie sur papier réservée au Tibet. Afin de permettre cette émission une réserve d'or est constituée pour servir de garantie. En 1925, trois cents lingots d'or sont entreposés dans le Palais du Potala. Les premiers billet sont mis en circulation juste après la « déclaration d'indépendance ». Plusieurs imprimeries sont créées[111]. En 1925, le dalaï-lama confie le ministère gouvernemental regroupant la monnaie, l'arsenal et la production électrique à Thupten Kunphel-la, un moine issu d'une famille d'humbles paysans[5].

La centrale hydroélectrique de la vallée de Dodé située au nord de Lhassa, est la première centrale hydroélectrique du Tibet. Elle fut créée par Ringang[200], qui démarra le projet en 1924 et mit en service la centrale en 1927[201].

Véhicules et voie de circulation[modifier | modifier le code]

Avec le dalaï-lama, Thupten Kunphel-la est un des deux Tibétains à posséder une voiture, une Austine A40. Pour sa part, le dalaï-lama possède une Austin Baby 1927 et une Dodge orange, qui lui ont été offertes[202]. Une rampe (à présent asphaltée) est aménagée sur la Colline Rouge du Potala pour lui permettre de les utiliser[203].

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Limites[modifier | modifier le code]

L'historien Pierre Chapoutot voit dans ces innovations (un embryon d’armée, un drapeau, un service postal, une monnaie, une station de radio, une centrale électrique et trois automobiles) « quelques signes très limités de modernisation » dans un pays qui « n'avait pratiquement pas évolué depuis le Moyen Âge »[pertinence contestée][204]. Pour Laurent Deshayes, le dalaï-lama n'a pas réussi à moderniser son pays : « trois voitures inutilisées, un embryon de réseau électrique et un hôtel des Monnaies sont en 1933 les derniers vestiges de cette volonté d'ouverture ». L'industrie est inexistante alors que le Tibet est riche en ressources minières. Les techniques agricoles sont archaïques (on retourne la terre avec un pieu de bois). Comme il n'y a pas de route, les marchandises sont transportées à dos d'homme comme à dos d'animal[205].

Les réformes introduites par le 13e dalaï-lama sont affaiblies par lui-même par l'adoption de certaines mesures comme l'octroi au clergé de la possibilité de servir dans le Kashag, la plus haute instance gouvernementale, et ce faisant de faire obstacle à ses projets[206].

N'étant pas ouvert à une modernisation tous azimuts, le 13e dalaï-lama interdit l'importation de cigarettes, ordonnant au service des douanes de saisir cigarettes et tabac. Il fait interdiction aux fonctionnaires et aux nobles tibétains de porter des vêtements à l'occidentale, notamment lors de réunions ou de cérémonies gouvernementales. L'étalage ostentatoire de richesses et le port de joyaux dispendieux par les dames de la noblesse sont également prohibés[207].

Alexandra David-Néel, séjournant incognito à Lhassa en 1924, constate la quasi disparition du numéraire dans les provinces centrales du Tibet : la monnaie nationale, le tranka, « pièce mince en argent, d'un titre très bas », a presque complètement disparu ; le tagmipa, sabot d'argent de 50 taels, « d'usage courant sous les Chinois », n'est plus qu'un mythe ; la monnaie de cuivre fondue par le gouvernement n'a cours que dans la capitale et ses alentours ; les pièces d'or, frappées au « minuscule » l'hôtel des Monnaies, ne circulent pas ; les billets de banque, une rareté, sont refusés par les commerçants. Les Lhassapas attribuent cette disparition ou cette rareté au paiement des vieux fusils achetés à l'Inde britannique, où à la thésaurisation du gouvernement tibétain[208].

Coup d'arrêt[modifier | modifier le code]

Selon Melvyn C. Goldstein, la campagne de modernisation inspirée par Tsarong et sa coterie de jeunes aristocrates tibétains – ce qu'il nomme « la faction militaire pro-occidentale »[209] – se heurte à de fortes oppositions. D'une part celle des élites monastiques et aristocratiques, qui possèdent la majeure partie du Tibet sous la forme de domaines féodaux : elles rechignent à payer de nouveaux impôts pour financer la création de l'armée. D'autre part, celle des dirigeants religieux qui voient dans la modernisation un vecteur d'athéisme et de laïcité et un danger pour la domination du bouddhisme et de l'école gélougpa : il s'efforcent de convaincre le dalaï-lama que les jeunes officiers tibétains sont une menace et pour le bouddhisme tibétain et pour le pouvoir et l'autorité de son chef.

Au milieu des années 1920, le dalaï-lama vide le programme de modernisation de l'essentiel de sa substance en destituant les officiers pro-modernisation et en fermant l'école anglaise[210]. Melvyn Goldstein donne comme élément déclencheur, un incident, survenu en 1924, « qui renversa à nouveau le cours de l'évolution politique du Tibet et déboucha sur la rétrogradation de presque tous les commandants de l'armée y compris de Tsarong, et mit un terme au programme, à peine engagé, de modernisation du Tibet ». Une rixe entre soldats et des membres du nouveau corps de policiers à Lhassa fait une victime, un policier. Sur l'ordre de Tsarong, le commandant en chef de l'armée, le meurtrier est amputé de la jambe et meurt le lendemain, son complice a l'oreille coupée. Tête et jambe sont exposées à l'entrée du marché Tromzikhang (en) à Lhassa[211]. Comme le dalaï-lama a interdit les châtiments corporels, Tsarong est démis de toutes ses fonctions, et remplacé à la tête de l'armée par Dorjé Tsegyal Lungshar[212].

De même, l'initiative de créer une force de police à Lhassa échoue en raison de l'opposition des lamas qui y voient un empiètement de leur prérogative du maintien de la paix[213]. Selon Jiawei Wang et Nyima Gyaincain, le Sikkimais Sonam Wangfel Laden est prié de retourner en Inde, on démet tous les officiers de police pour ne conserver que cinquante agents de police, placés sous la direction du maire de Lhassa[214].

La tentative de bâtir une armée forte et bien formée est un échec, non seulement en raison d'oppositions domestiques mais aussi parce que les Britanniques refusent de fournir des armes efficaces et en quantité suffisante[215].

Voyant dans l'école anglaise de Gyantsé l'intrusion de valeurs étrangères remettant en cause leur monopole sur l'éducation de la jeunesse et craignant que son succès ne réduise le nombre de recrues[172], les monastères font pression pour que la grammar school tibétaine ferme[216] et, en 1926, « le dernier symbole du partenariat britannique disparaît »[1]. Désormais, il n'y a plus de programme d'enseignement de l'anglais au Tibet[217].

Selon Jiawei Wang et Nyima Gyaincain, pour montrer sa détermination, il fait même démolir la villa de style occidental que les Britanniques lui avaient construite dans le parc de Norbulingka[218].

Pour Laurent Deshayes, en 1925, le mouvement militariste a échoué, perdant son inspirateur, et le courant anglophile est lui aussi décapité. La rupture du dalaï-lama avec la Grande-Bretagne est consommée et « le mouvement d'ouverture va céder la place au repli »[1].

« Le temps des favoris » (1924-1933)[modifier | modifier le code]

Après la discontinuation du programme de modernisation, Thubten Gyatso n'écoute plus guère les avis de son cabinet ni ceux de l'Assemblée. Il s'entoure d'ambitieux, c'est le « le temps des favoris » pour reprendre l'expression de Laurent Deshayes. Son neveu, Langdun Kunga Wangtchoug, devient premier ministre en 1926. Âgé de 19 ans à peine, il n'a aucune expérience en matière politique si bien que le Tibet se retrouve sans dirigeant compétent[219].

Le moine Kunphéla devient le rival du ministre laïc Tsarong et du secrétaire aux finances Lungshar. Ce dernier, a qui le 13e a confié la direction de l'armée en 1929, est démis de ses fonctions militaires en 1931 et remplacé par Kunphéla, désormais à la tête du Drabshi Lékhoung, le service rassemblant l'arsenal, la centrale hydro-électrique et l'Hôtel de la Monnaie. Au faîte de son ascension au pouvoir, Kunphéla crée, en 1932, le Drongdrag Maggar, un régiment d'apparat privé, fort de 1 000 hommes issus de la noblesse[220].

Ses investigations sur la Société des Nations[modifier | modifier le code]

Selon Leo D. Lefebure, professeur en théologie, le 13e dalaï-lama n'aurait pas cherché à faire adhérer le Tibet à la Société des Nations (SdN) ni, plus généralement, à obtenir de reconnaissance internationale de l'indépendance proclamée[221].[pertinence contestée]

L’historien tibétain Tsering Shakya affirme cependant que Charles Bell mentionne, dans ses lettres écrites en septembre 1927 et janvier 1928, les efforts des Tibétains pour s’informer au sujet de la SdN, et des possibilités d’y être admis. Il semble que le dalaï-lama ait demandé à Sonam Wangyal (Palhese), un Tibétain qui s’était rendu en Angleterre, de se renseigner sur la SdN. Bell lui permit de rencontrer le Dr George Freeland Barbour, un universitaire lié à l’Union de la SdN, un groupe de pression de la SdN[216],[222].

Une lettre du dalaï-lama à Palhese montre qu’il était en consultation avec lui et que sa démarche était légitime. Bien que le Tibet ait joui d'une reconnaissance de facto et du statut d’un État pleinement indépendant à cette époque, des obstacles auraient pu venir de la Russie, du Royaume-Uni et de la Chine. La Chine aurait émis des objections à l’admission du Tibet. L’intérêt du Royaume-Uni était de créer un État tampon et d'isoler l’Inde britannique, une nécessité d’autant plus grande que la révolution russe s’étendait en Asie centrale. Dans le même temps, le Royaume-Uni ne pouvait risquer d'antagoniser la Chine, et tout soutien des Britanniques aurait été perçu par la Russie comme une ingérence[216],[223].

Dans sa réponse à Palhese, le Dr Barbour écrit : « Je ne doute guère que le Tibet soit reconnu comme État totalement autonome », et il était certain que le Tibet serait admis à la SdN sans difficulté. Palhese posa quatre questions au Dr Barbour : « La SdN causerait-elle du tort à la religion tibétaine ? » « La SdN essaierait-elle d'obliger le Tibet à harmoniser ses coutumes propres avec celle des autres nations ? » Les autres États membres de la SdN voudraient-ils envoyer des représentants au Tibet ? Et la plus importante : « Si les Chinois menaçaient d’envahir le Tibet, la SdN aiderait-elle le Tibet ? », ajoutant, « si nous ne pouvons être réassurés sur ce point, nous nous serions dépensé pour rien ». Dans sa réponse, le Dr Barbour suggère à Palhese de rencontrer des responsables plus importants, comme Lord Robert Cecil ou le Pr Gilbert Murray. Dans sa réponse aux 2 premières questions, il explique que les différentes nations ont des religions et coutumes diverses, et que la SdN ne se mêlait pas des coutumes internes de ses membres. Concernant la 3e question, il était difficile d’y répondre, car rien dans le pacte de la Société des Nations ne correspondait à ce point. Sur le 4e point, il note que l’article 10 de la convention de la SdN énonce que[216],[224]: « Les Membres de la Société s’engagent à respecter et à maintenir contre toute agression extérieure l’intégrité territoriale et l’indépendance politique présente de tous les Membres de la Société. En cas d’agression, de menace ou de danger d’agression, le Conseil avise des moyens d’assurer l’exécution de cette obligation »[225]. Il écrivit cependant : « Je pense que si votre pays était menacé, la SdN essaierait certainement de le protéger – mais l'éloignement des frontières de votre pays rendrait probablement impossible l'envoi d'une aide militaire. La question de savoir si une pression morale effective pourrait être exercée sur la Chine est liée à l'avenir incertain de la Chine elle-même et à la nature inconnue du gouvernement ou des gouvernements qu'elle peut avoir dans les années qui viennent. Entre temps, la Chine a été admise au conseil de la SdN, elle s'est donc très clairement engagée à respecter la liberté d'autres États »[216],[226].

En décembre 1927, Palhese répond à Balbour qu’il ne fera rien de plus, qu’il va repartir au Tibet en février et qu’il prendra l’avis de Lhassa. Avant son départ, il demande à Charles Bell de rencontrer Gilbert Murray de sa part. Un rendez-vous est pris, mais on ignore s’il a eu lieu. Palhese est parti quelques jours plus tard pour le Tibet[216].

Renonciation à l'adhésion à la Société des Nations[modifier | modifier le code]

Selon Tsering Shakya, en 1927, le gouvernement tibétain renonce finalement à faire une demande d'adhésion à la Société des Nations (SdN), pressentant que la communauté internationale ferait pression sur lui pour qu'il mette fin au système politico-religieux (la non séparation de l'Église et de l'État)[227]. Pour Laurent Deshayes, le dalaï-lama n'est plus intéressé à obtenir une reconnaissance internationale, la déclaration d'indépendance lui paraissant suffisante[228].

Reconnaissances du 6e Taktser Rinpoché et du 16e karmapa[modifier | modifier le code]

Vers 1925, le 13e dalaï-lama reconnaît Thupten Jigme Norbu, alors âgé de trois ans, comme 6e Taktser Rinpoché[229]

En 1932, Rangjung Rigpe Dorjé reçoit la confirmation de sa reconnaissance et la cérémonie de la coupe de mèche de cheveux du 13e dalaï-lama à Lhassa. Le jeune karmapa ayant enlevé la coiffe qu'il porte, le 13e dalaï-lama s'étonne que l'enfant n'ait pas retiré sa seconde coiffe, que l'assistance ne voit cependant pas. Il avait vu la Coiffe adamantine du karmapa, démontrant sa réalisation spirituelle et l’authenticité du karmapa[230]. Le dalaï-lama écrit pour l'occasion une prière de longue vie pour le karmapa, lequel reste quelque temps à ses côtés au Norbulingka[231].

Testament[modifier | modifier le code]

Thubten Gyatso en 1932

Lors des célébrations du nouvel an tibétain de 1932, le 14e kuten, Lobsang Sonam, entre en transe et avertit le dalaï-lama de sa fin imminente, lui révélant sa maladie et insistant pour qu'il donne sans attendre des directives concernant la stabilité future du pays[232]. En décembre 1932, soit un an avant sa mort, le dalaï-lama laisse un testament politique qui, selon Claude B. Levenson[233], même s'il semble obscur dans sa formulation, est maintenant considéré comme prémonitoire par ses avertissements d'une redoutable clarté[234],[5]. Dans ce testament, rédigé à la demande du gouvernement, il insiste en particulier sur la nécessité de ménager l'Inde et la Chine, d'entretenir une armée garante du territoire, de refouler le communisme pour éviter au Tibet le sort de la Mongolie[235] :

« Le gouvernement de l'Inde nous est proche, et il dispose d'une grande armée. Le gouvernement de la Chine a lui aussi une grande armée. En conséquence, nous devons fermement maintenir l'amitié avec les deux pays, ils sont tous deux puissants (…) En outre, les temps sont aujourd'hui aux cinq sortes de dégénérescence dans tous les pays. La plus grave, c'est la manière de faire parmi les Rouges. Ils ne permettent pas de mener les recherches pour trouver la nouvelle incarnation du Grand Lama d'Ourga. Ils se sont saisis et emparés de tous les objets sacrés des monastères. Ils ont obligé les moines à devenir soldats. Ils ont brisé la religion, de façon à ce que jusque son nom soit effacé. Avez-vous entendu toutes ces choses qui se sont passées à Ourga ? Et elles continuent.

II se peut qu'un jour, ici, au cœur du Tibet, la religion et l'administration séculière soient attaquées simultanément de l'intérieur et de l'extérieur. À moins de sauvegarder nous-mêmes notre pays, il arrivera que les dalaï-lamas et les panchen-lamas, le père et le fils, les dépositaires de la Foi, les glorieuses Réincarnations, seront jetés à terre et leurs noms voués à l'oubli. Les communautés monastiques et le clergé verront leurs propriétés détruites. Les us administratifs des Trois Grands Souverains religieux (Tri Songtsen Gampo, Trisong Detsen et Tri Ralpachen) seront affaiblis. Les fonctionnaires ecclésiastiques et séculiers verront leurs domaines saisis et leurs autres biens confisqués. Ils seront eux-mêmes réduits en servitude par l'ennemi, ou contraints à l'errance comme des vagabonds. Tous les êtres vivants sombreront dans la misère et la terreur, et la nuit tombera lentement sur la souffrance du monde. Ne soyez pas traîtres à la Foi ni à l'État en travaillant pour un autre pays que le vôtre. Aujourd'hui, le Tibet est heureux et connaît un certain bien-être. Le reste repose entre vos mains. Tout doit être organisé en connaissance de cause. Œuvrez en harmonie l'un avec l'autre, ne prétendez pas faire ce que vous ne pouvez pas. »

Décès[modifier | modifier le code]

La fin du 13e dalaï-lama est mal connue. Son agonie commence en novembre 1933 et seuls son favori, Kunphéla, son médecin personnel et l'oracle de Nétchoung sont à son chevet. Après un remède prescrit par l'oracle et administré par Kunphéla, il plonge dans un coma délirant et meurt à l'aube du 17 décembre[235].

En novembre 1933, il convoqua le photographe de la mission du Népal à Lhassa et lui commanda un portrait pour ses disciples. Les Tibétains y virent un signe annonçant la proximité de sa fin. À la mi-décembre, le dalaï-lama attrapa un gros rhume qui se transforma en quelques jours en une pneumonie qui l'a emporté[236].

Sa dépouille est embaumée, revêtue d'une robe de brocard doré et assise dans la position du lotus sur un trône d'or au palais de Norbulingka afin que les Tibétains puissent lui rendre hommage et déposer des écharpes de félicité à ses pieds[237].

Bilan[modifier | modifier le code]

Thubten Gyatso était appelé le Grand Treizième car depuis Kelzang Gyatso, le Septième dalaï-lama, il était le premier à vivre si longtemps et aussi parce que son objectif était de sortir le Tibet de l'influence chinoise[60],[238],[239].

Pour Laurent Deshayes, le 13e dalaï-lama a échoué non seulement à faire reconnaître son pays mais aussi à le moderniser : à sa mort, il ne reste plus que trois autos inutilisées, un réseau électrique embryonnaire et un Hôtel de la Monnaie pour témoigner de sa volonté d'ouverture. Les ressources minières restent inexploitées, l'industrie est inexistante, la métallurgie est artisanale ou localisée, les techniques agricoles sont archaïques (on retourne la terre avec un pieu), l'élevage de boucherie est inexistant en raison des interdits religieux, le transport des marchandises se fait à dos d'homme et d'animal, la roue étant interdite. « Enraciné dans ses croyances, le vieux Tibet a résisté[240]. »

Remarquant l'ouverture par la Chine et par l'Inde britannique de représentations diplomatiques à Lhassa après la mort du dalaï-lama, précisant que le gouvernement tibétain n'avait rien cédé de son héritage, poursuivant son œuvre de réorganisation intérieur, Roland Barraux se demande si Thubten Gyatso n'a pas réussi à titre posthume l'ambition de son règne : la reconnaissance internationale et l'amélioration de l'administration gouvernementale[10].

Pour la spécialiste d'Alexandra David-Néel Joëlle Désiré-Marchand[241], le XIIIe dalaï-lama est « considéré comme un grand chef d'État »[242].

Exercice du pouvoir[modifier | modifier le code]

Charles Bell, qui fut l'ami et le confident du 13e dalaï-lama, notamment de 1910 à 1912, en Inde, le décrit comme étant à l'époque « indubitablement un homme au caractère trempé, dont toutes les actions obéissaient à une ligne de conduite claire et cohérente, même si certains pouvaient y voir de l'entêtement »[243].

Plus tard, dans un livre publié en 1946, Bell le qualifie d'« autocrate absolu » tant dans le domaine de la religion que dans celui du gouvernement séculier du Tibet[244]. Il ajoute que le fait qu'il soit considéré comme une divinité (il est l'incarnation de Cherenzig, le Bouddha de la compassion), vaut au dalaï-lama une position de domination absolue au Tibet[245]. Bell va jusqu'à écrire qu'il « était un dictateur, et cela encore plus vis-à-vis du pays qui était le sien que Herr Hitler et Signor Mussolini vis-à-vis du leur »[246] Alex McKay affirme que Bell fait référence ici à l'étendue de son pouvoir, et non à son usage[247]. Charles Bell ajoute que, s'il ne disposait pas des moyens de diffusion de ces deux personnages pour se faire entendre, il avait le pouvoir de récompenser aussi bien que de punir les Tibétains dans leur vie présente comme dans leur vie à venir, de faire en sorte qu'ils renaissent sous la forme d'un être humain plutôt que sous celle d'un animal, et que cet être humain soit dans une position sociale élevée ou, mieux encore, qu'il soit moine ou nonne[248].

Missions diplomatiques chinoise et britannique à Lhassa[modifier | modifier le code]

Norbu Döndrub, Trimon et Tsarong à la mission britannique à Lhassa le 28 septembre 1936.

Après le décès du 13e dalaï-lama, une mission chinoise de « condoléances » dirigée par Huang Musong arrive à Lhassa en 1934 avec l'autorisation du gouvernement tibétain[249]. Elle laissera derrière elle deux agents de liaison munis d'un émetteur-récepteur radio[250]. Thomas Laird voit dans cette initiative le début de la constitution d'une représentation diplomatique chinoise[251].

En réaction, en 1934, le gouvernement britanniques des Indes envoya à Lhassa Norbu Döndrub, secrétaire politique au Sikkim[252]. En août 1936, Basil Gould (en), Hugh Richardson et Freddie Spencer Chapman (en) sont envoyés à Lhassa, accompagnés de soldats, pour établir une station radio sans fil[253],[250], ouvrant la première mission britannique à Lhassa[254],[255].

Son stupa[modifier | modifier le code]

Le stupa du 13e dalaï-lama au palais du Potala est situé dans une chapelle du palais rouge. Le gros-œuvre en fut bâti pendant l'inter-règne du 5e Réting Rimpoche[256]. Haut de 14 m (soit 86 cm de moins que le stupa du Grand 5e), il est couvert d'or et de pierres précieuses[257].

L'école anglaise de Lhassa (1944)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éducation au Tibet.

Devant la nécessité d'avoir des responsables ayant reçu une éducation anglaise pour pouvoir faire fonctionner des émetteurs radios, l'usine hydroélectrique et autres équipements modernes, une école dispensant un enseignement en partie en tibétain, en partie en anglais, fut ouverte à Lhassa le 31 juillet 1944, à la demande du gouvernement tibétain. Le régent Taktra Rinpoché la justifia comme étant la continuation de la politique du 13e dalaï-lama[258],[259]. L'école, toutefois, ne fonctionna que pendant six mois.

Destruction de sa maison familiale en 2011[modifier | modifier le code]

Langdun devant sa maison

Selon une source au Tibet, la demeure ancestrale du 13e dalaï-lama, construite il y a plus d'un siècle, a été détruite par les autorités chinoises le . Elle était située à proximité de la rivière Kyi chu, au sud de Lhassa. Cette zone étant sous la juridiction du centre militaire de Lhassa, les autorités municipales, alertées par des membres de la famille Langdun demandant à ce qu'elle soit épargnée, n'ont rien pu faire alors que la maison avait été déclarée « structure historique à protéger »[260],[261].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Deshayes 1997, p. 286 (La rupture avec la Grande-Bretagne).
  2. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, The Treasury of Lives : « His attempt to build a strong and well-trained army could not be realized, not only because of internal opposition but because the British refused to supply adequate and sufficient weapons. Other reforms could not be carried out because Tibet's economy could not sustain the cost. »
  3. (en) Robert Buswell, Jr. (en), Donald Sewell Lopez, Jr., The Princeton Dictionary of Buddhism, Princeton University Press, 2013, (ISBN 1400848059 et 9781400848058), p. 909 : « The thirteenth DALAI LAMA of Tibet, remembered as a particularly forward-thinking and politically astute leader. »
  4. (en) Gyalo Thondup, Anne F Thurston, The Noodle Maker of Kalimpong: The Untold Story of the Dalai Lama and the Secret Struggle for Tibet, PublicAffairs, 2015, (ISBN 1610392906 et 9781610392907), p. 7 : « The young Dalai Lama had been a forwardthinking reformer almost from the time he assumed the throne in 1895 at the age of nineteen. »
  5. a, b, c, d et e Barraux 2002[réf. incomplète]
  6. Gilles van Grasdorff, L'Histoire secrète des dalaï-lamas, 2009, p. 204 : « En novembre 1932, Thubten Gyatso porte sur le Tibet un regard visionnaire, quand il rédige, d'une écriture nerveuse, ces quelques mots, court extrait de ce qui va devenir son testament […] ».
  7. Sam van Schaik, Tibet : A History, 2011, p. 181 : « The thirteenth Dalai Lama… But he was also a visionary »
  8. Philippe Blanc, Tibet d'hier et d'aujourd'hui, Guy Le Prat, (ISBN 2-85205-623-2), p. 82.
  9. Deshayes 1997, p. 295 : « Il a pourtant échoué à faire reconnaître son pays par la communauté internationale et n'a pas davantage réussi à le moderniser. »
  10. a et b Barraux 2002, p. 308-309
  11. (en) Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso, mai 2013
  12. Glenn H. Mullin, Les Quatorze Dalaï-lamas, préface du XIVe dalaï-lama, traduction Philippe Beaudoin, éditions du Rocher, 2004, (ISBN 2268050300), p. 431
  13. Thubten Ngodup Nechung, l'oracle du Dalaï-lama, avec Françoise Bottereau-Gardey et Laurent Deshayes, Presses de la Renaissance, Paris, avril 2009, (ISBN 978-2-7509-0487-6), p. 211-212.
  14. (en) Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, The Treasury of Lives (adaptation de l'article "The Thirteenth Dalai Lama, Thubten Gyatso", in The Dalai Lamas : A Visual History, Martin Brauen dir., Serindia, Londres, p. 137-161 : « Since there were no other candidates, the regent submitted the name of the boy and the details of discovery to the Manchu Guangxu Emperor (r. 1875-1908), who sent his official endorsement. The young boy and his parents were taken to Lhasa accompanied by an escort of one hundred Tibetan soldiers and monks ».
  15. The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, op. cit. : « The party rested at Tsel Gungtang (tshal gung thang), a monastery fifteen miles from Lhasa, for three months, while the city prepared to welcome the new Dalai Lama. While at Tsel Gungtang, the Regent, members of the Kashak, the abbots of the three great monasteries, the Amban Songgui, who was the Qing representative in Tibet from 1874 to 1879, and the Gorkha representative in Tibet known as the Vikal, all came to pay their respects. »
  16. a, b, c, d et e Matthew Kapstein, Les Tibétains, Vie et mort du Grand Treizième p. 263.
  17. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933,op. cit., « The impending arrival of the new Dalai Lama in early 1878 caused great excitement in Lhasa. Every building in the city was painted with fresh coats of whitewash and rooftops were strung with new prayer flags. The boy was brought to the Potala Palace where the Paṇchen Lama performed the haircutting ceremony (gtsug phud) in the Nyeryo (nyed yod) Chamber and bestowed the name Jetsun Ngawang Lobzang Tubten Gyatso Jikdrel Wangchuk Chokle Namgyel Pelzangpo […]. The Thirteenth Dalai Lama generally came to be known by his abbreviated name of Tubten Gyatso […]. The young Dalai Lama's family was ennobled and took the name of Yabzhi Langdun (yab bzhis glang mdun). As was customary, the Qing Emperor bestowed the title of Gong (公) on the father of the Dalai Lama. »
  18. Goldstein 1989, p. 44
  19. (en) Dorje Tseten, On the Thirteenth Dalai Lama Ngawang Lozang Thubten Gyatso (translated by Chen Guansheng), in China Tibetology Magazine, no 32004, 2005 : « The Regent asked the emperor for the permission to omit the lot-drawing process. […] The child candidate for the Dalai Lama listened to Emperor Guangxu's imperial edict about the permission to omit the lot-drawing process at Tsel Gungtang monastery. »
  20. Anne Chayet, Le Tibet est-il chinois ?, p. 68.
  21. Gilles van Grasdorff La Nouvelle Histoire du Tibet, p. 229.
  22. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) The Thirteenth Dalai Lama, Thupten Gyatso, sur dalailama.com, le site officiel du 14e dalaï-lama.
  23. Dorje Tseten, op. cit. : « Emperor Guangxu issued an imperial edict to approve the enthronement ceremony of the thirteenth Dalai Lama. »
  24. (en) Max Oidtmann, Playing the Lottery with Sincere Thoughts: the Manchus and the selection of incarnate lamas during the last days of the Qing, sur le site Academia.edu, p. 31-32 : « A number of continuities between the ritual practices of the high Qing and of the Guangxu and Xuantong periods should be noted. The Lhasa ambans may not have been directly involved in the selection of the 13th Dalai Lama, but they were certainly involved in the installation of the three-year-old incarnation on his dais in the Potala Palace two years later. Sunggui, the chief amban since 1874, composed a bilingual memorial describing the two-day festivities in 1879 wherein he points out the moments in the ceremonies where the dynasty was recognized. On the first day the young Dalai Lama was taken before the image of Qianlong and Sunggui led him in performing the “three genuflections and nine prostrations” (a full kowtow) before it. On the next day, in the great Dug’eng Hall of the Potala Palace the emperor’s congratulatory edict was read out, the Dalai Lama, together with the regent, again performed the ketou and bowed in the direction of the court. »
  25. Gilles van Grasdorff, La Nouvelle Histoire du Tibet, p. 223.
  26. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso .1876 - d.1933, sur The Treasury of Lives : « In 1902, the Dalai Lama ordained the Ninth Paṇchen Lama in the Jokhang. »
  27. (en) Matthew Kapstein, The Tibetans, chap. 5 (The Life and Times of the Great Thirteenth), p. 89 : « The regent during this time was Tatsak Ngawang Pelden (r. 1875- 1886), following whose death the Demo Khutughtu Lozang Trinlé (r. 1886-1895) was elevated to that post. »
  28. Barraux 2002, p. 254
  29. Deshayes 1997, p. 224 (La prise de pouvoir de Thoubten Gyamtso). Deshayes cite Charles Bell, Portrait of a Dalai Lama, Londres, Wisdom Publications, réédition de 1987, p. 55.
  30. (en) K. Dhondup, The water-bird and other years: a history of the Thirteenth Dalai Lama and after, 1986, Rangwang Publishers, p. 8 : « the desire of the Demo Tulku and his followers to recapture the lost power and prestige drove them into the dark world of black magic and sorcery. »
  31. Chen Qingying, Le régime de réincarnation du dalaï-lama, China Intercontinental Press, 2005, 182 pages, p. 148 : « Dans l'histoire, cette affaire fut appelée l'incident Daingyailing ou l'incident des chaussures enchantées ».
  32. Il est présenté comme tel sur le site Dreams of Tibet, auquel il a donné un interview : « among the minority of Tibetan exiles who are for total independence ».
  33. (en) Jamyang Norbu, From darkness to dawn, 17 mai 2009 : « There is a possibility that an overzealous official could have done something like that, but there is no evidence beyond the rumour. »
  34. Goldstein 1989, p. 41-43, The Early Years of the Thirteenth Dalai Lama : « Demo Rimpoche died while under house arrest in Lhasa and is said to have been killed by being immersed in a huge copper water vat until he drowned. Norbu Tsering and Nyagtrü Lama were imprisoned and either died or were killed there. The government confiscated the estates of the Demo labrang and declared that the Demo incarnation line would not be recognized in the future. »
  35. Wei Jing, Le Tibet, cent questions et réponses, in Le Tibet est-il chinois ?, p. 253.
  36. Dorje Tseten, op. cit. : « in 1898, three years after the thirteenth Dalai Lama assumed temporal power, in spite of the Amban's objections and Qing court's dissatisfaction, he discharged Demo Hutuktu from his post of regent and prosecuted him, ordered the confiscation of all his estates and property and put the Demo under house arrest. Such a radical measure had never been adopted by any of his previous Dalai Lama. Only three years after his assumption of secular rule, he used his personal attendants and sorcerers to set up an unjust charge against his opponents. This also showed that he was adept at scheming and very calculating. »
  37. Goldstein 1989, p. 43
  38. Thubten Ngodup, op. cit., p. 213-215.
  39. a, b, c, d, e, f et g Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (suite 2).
  40. Deshayes 1997, p. 225
  41. Matthew Kapstein Les Tibétains p. 269
  42. (en) Charles Bell, Tibet Past and Present, Motilal Banarsidars Publ., 1992, 326 p. (1re édition : 1924), p. 236 : « capital punishment has been abolished in Tibet. Tibetans who murder their fellows are not executed. »
  43. (en) Alex McKay, Introduction, dans The History of Tibet: the modern period: 1985-1959, the encounter with modernity, edited by Alex McKay, RoutledgeCurzon, 2003, p. 32, note 2 (voir aussi note 5) : « Note 2 : The death penalty was abolished around 1898. ».
  44. Florence Perret, La répression est très féroce, 24 heures (entretien avec Katia Buffetrille), 25 mars 2008 : « à la fin du XIXe siècle, des réformes ont été entreprises par le 13e dalaï-lama (1876-1933), qui a même aboli la peine de mort en 1898. »
  45. a et b (en) J. F. Leclere, The Third World Day against Death Penalty, reproduit sur World Tibet News, 11 octobre 2005 : « Tibet government restricted and abolish[ed] for the first time the death penalty in 1898 and by about 1920. Before that time the Dalai Lama would avoid any direct involvement in case of capital punishment, because of his religious role ».
  46. (en) Ram Rahul, The Government and Politics of Tibet, Vikas Publications, 1969, p. 14 : « He abolished capital punishment by a decree in 1898 ».
  47. (en) Alex McKay, Tibet and the British Raj: the frontier cadre, 1904-1947, Routledge, 1997, p. 109, 114 : « The 13th Dalai Lama had abolished the death penalty in Tibet, so executions were rare, particularly at state level »
  48. (en) Damien P. Horigan, A buddhist perspective on the death penalty of compassion and capital punishment, American Journal of Jurisprudence, 1996 : « He also reformed Tibet's feudal legal system. Among the changes was the abolition of the death penalty by about 1920. Before that time the Dalai Lama would avoid any direct involvement in cases of capital punishment because of his religious role ».
  49. Franz Michael, Rule by Incarnation: Tibetan Buddhism and Its Role in Society and State, 1982, p. 70, 109.
  50. (en) Jamyang Norbu, Independent Tibet - The Facts, Phayul, 5 mars 2010 : « Tibet abolished capital punishment in 1913 (noted by many foreign travelers [3]) and was one of the first nations in the world to do so. »
  51. Deshayes 1997, p. 266
  52. (en) Elmar R. Gruber, From the Heart of Tibet, Shambhala Publications, 2010, (ISBN 0834822296 et 9780834822290), p. 15 : « But the Dalai Lama was grieved by the assassination of Wangchug Gyalpo Tsarong, who had been loyal to him ».
  53. Born in Lhasa, p. 17
  54. Dundul Namgyal Tsarong, In the service of his country: the biography of Dasang Damdul Tsarong.
  55. (en) Alex McKay, Introduction, dans The History of Tibet: the modern period: 1985-1959, the encounter with modernity, edited by Alex McKay, RoutledgeCurzon, 2003, p. 32, note 2 (voir aussi note 5) : « Note 2 : The death penalty was abolished around 1898. Isolated cases of capital punishment did, however, take place in later years; see, for example, M. Goldstein, a History of Modern Tibet, 1913-1951: The Demise of the Lamaist State (Londres/Berkeley: University of California Press, 1989), pp. 126-30 in regard to the death of Padma Chandra. But for an example of a more despotic kind, see Oriental and India Office Collection (hereafter OIOC), L/P&5/7/251, in regard to the execution of a youth involved in stealing the western Tibetan administrator's horse ».
  56. (en) Charles Bell, Tibet Past and Present, Motilal Banarsidars Publ., 1992, 326 p., p. 143 (1re édition : 1924) : « The Dalai informed me that he had not allowed any capital sentence to be inflicted since he assumed power. This no doubt is so, but the punishment for deliberate murder is usually so severe that the convict can hardly survive for long ».
  57. (en) Jamyang Norbu, From Darkness to Dawn, site Phayul.com, 19 mai 2009 : « The first clear indication of the Dalai Lama’s enlightened intentions for his nation’s future came after his enthronement in 1895. The former regent Demo Rinpoche after relinquishing power began to plot with his two brothers, Norbu Tsering and Lobsang Dhonden, to murder the Dalai Lama. The plot was discovered and Demo and his two brothers arrested. An outraged National Assembly (tsongdu), called for the death penalty but the Dalai Lama rejected their decision declaring his opposition to capital punishment on Buddhist principles. »
  58. (en) Carmen Meinert, Gangkar Rinpoché between Tibet and China : A Tibetan Lama among Ethnic Chinese in the 1930s to 1950s, 'Buddhism Between Tibet and China, Matthew Kapstein, Wisdom Publications Inc, 2009, (ISBN 0861715810 et 9780861715817), p. 219.
  59. (en) Melvyn C. Goldstein, Serfdom and Mobility: An Examination of the Institution of "Human Lease" in Traditional Tibetan Society, in The Journal of Asian Studies, vol. 30, no 3, mai 1971., p. 522et p. 533 : « serfs (mi ser). […] However, during the first decade of this century the Thirteenth Dalai Lama—the first Dalai Lama to actually accede to political power in over one—hundred years—on the advice, it is said, of the Manchu emperor of China’s representative, created a new governmental office and promulgated new laws which drastically altered the structure of serfdom. This new office was called the Agricultural office (so nams las khungs). Its function was to look after “extra men and extra lands” (mi 11mg dang :a llzag). Over the years, the number of serfs who had run away and either did not want to ask for “human lease” or were unable to obtain it, had become considerable. Similarly, because of underpopulation, large segments of previously dispensed land were not being used. The new Agricultural Oflice was created to address itself to these problems. One of its most important innovations was a law authorizing it to accept any persons who had been in the state of having no lord for three years. In other words, it was authorized to issue “human-lease” documents to any former serf three years after his initial flight. These lordless individuals then became serfs of the office itself. For the first time, therefore, it was legally possible for a serf to change lords and to eliminate the linkage to land. These serfs were issued formal “human lease” documents and the annual monetary fee they had to pay was the relatively small sum of 5 aka (cf. p. 531) for men and 2% aim for women. When such individuals were asked “who is your lord?” (Iqbyed rang gi dpon po :14 red) they invariably replied: The Agriculture Office (nga so namr la: khungs gi mi klmngr yin). During the early years after this innovation, these serfs had unquestionably the fewest obligations and the most personal freedom and, consequently, people flocked to obtain “human lease” from that office and become its serfs. Subsequently, other government offices also began to issue these documents. However, these changes did not persist in this form. Eventually, a new restrictive practice called klmb gon g gzer was introduced and the potential threat to the system of serfdom greatly diminished. Khab gon g gzer literally translates as “to fasten a needle to a lapel,” and the analogy is well taken. The new practices consisted of the Agricultural Office attaching their “human-lease” serfs to estates or to corporate government serf villages which were short of labor and had petitioned that office for aid. »
  60. a, b et c Kim Yeshi Tibet Histoire d'une tragédie, 2009
  61. (en) Helen Hundley, Tibet's part in the 'great game (Agvan Dorjiev), History Today, 1993, Vol. 43, p. 45-50.
  62. (en) Patrick French, Younghusband: The Last Great Imperial Adventurer, p. 186. (1994). Reprint: Flamingo, Londres. (ISBN 0-00-637601-0).
  63. (en) Helen Hundley, Tibet's part in the 'great game. (Agvan Dorjiev), History Today, Vol. 43 (Oct. 1993), p. 45-50.
  64. (en) Spencer Chapman, Lhasa: The Holy City, Readers Union Ltd., Londres, 1940, p. 131.
  65. Goldstein 1989, p. 44-45
  66. a et b (en) Melvyn Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, p. 23-24.
  67. Perceval Landon, À Lhassa, la ville interdite, Préface de Michel Jan, Le Serpent de mer, 2002, 406 p., p. 252 (traduction en français de l'édition originale de 1905). : « La nouvelle que la Russie était battue en Corée avait atteint Lhassa. Celle du combat du Karo la y causa la consternation. Mais le Dalaï Lama fit observer que l'Armée Dorée, ainsi qu'on appelle l'escorte de moines du grand pontife, n'avait pas encore donné. Au besoin, il armerait tous les habitants mâles de Lhassa. Telle était la situation lorsque le Dalaï Lama reçut la nouvelle que le djong de Gyangtsé avait été réoccupé par les Anglais, et qu'ils allaient se mettre en marche dans la direction de la capitale. Il ne perdit pas de temps. Déguisée sous la sale robe cramoisie d'un simple moine, l'enveloppe mortelle de Tubdan Gyatso prit la fuite… »
  68. a et b Glenn H. Mullin, op. cit., p. 484-486
  69. Glenn H. Mullin, Les Quatorze Dalaï-lamas, préface du 14e dalaï-lama, traduction Philippe Beaudoin, éditions du Rocher, 2004, (ISBN 2268050300), p. 531
  70. http://catalog.hathitrust.org/Record/001258795
  71. Perceval Landon, À Lhassa, la ville interdite, préface de Michel Jan, Le Serpent de Mer, 2002, 410 p., p. 241 (édition originale : 1906). « Quant au Dalaï Lama, nous n'avons sur lui d'autres références que celles de source chinoise, qui, le dépeignent comme un entêté, un esprit assez vain, non sans force de caractère, et impatient de toute espèce de joug. Au physique, c'est un homme à. puissante carrure et de haute taille, dont les yeux sont d'une obliquité peu commune. »
  72. (en) Sushama Londhe, A Tribute to Hinduism: Thoughts and Wisdom Spanning Continents and Time about India and Her Culture, Éditeur Pragun Publications, 2008, (ISBN 8189920669 et 9788189920661) p. 225 : « Claude Arpi (1 949 -) is a French dentist-turned-Tibetologist, author of Fate of Tibet: When Big Insects Eat Small Insects (1 999) ».
  73. Glenn H. Mullin, op. cit., p. 460.
  74. Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, préfacé par le Dalaï Lama, Calmann-Lévy, 2000, (ISBN 2702131328), p. 113-116.
  75. Matthew Kapstein, Les Tibétains : « Au début de l'année 1904, alors que le Britannique approchait de Lhasa, le dalaï-lama, pour l'heure retiré dans l'isolement d'une retraite religieuse partit pour la Mongolie avec Dorjieff. »
  76. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, sur The Treasury of Lives : « The Dalai Lama's stay in Urga had caused a serious rift with Jetsundampa, the ruler of Mongolia. It would seem that the popularity of the Dalai Lama eclipsed that of the Jetsundampa, who had refused to meet the Dalai Lama on his arrival in Urga. The Jetsundampa had asserted that it was more appropriate for the Dalai Lama to come to him. »
  77. Dorje Tseten, On the Thirteenth Dalai Lama Ngawang Lozang Thubten Gyatso, op. cit. : « After the Qing court rescinded his titles, he stayed at Urga (present day Ulan Bator) of Outer Mongolia for some time in the hope of getting help and support from the Tsarist Russia. Just at this time, Russia was defeated in the Japanese-Russian War and the Convention Between Great Britain and Russia was signed in 1907. This left the Dalai Lama unable to get any help from Russia. »
  78. Le vieux Tibet face à la Chine nouvelle (1953), p. 980, in Alexandra David-Néel, Grand Tibet et Vaste Chine, Plon, 1999.
  79. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, sur The Treasury of Lives : « Increasing tension between the two lamas made staying in Urga untenable. […] as a result of the above mentioned tensions with the Jetsundampa, the Thirteenth Dalai Lama left Urga some time in 1907. »
  80. Mary Craig, Kundun: une biographie du dalaï-lama et de sa famille, préface du 14e dalaï-lama, traduction François Vidonne, Presses du Châtelet, 1998, (ISBN 2911217330), p. 58.
  81. (en) Gyalo Thondup, Anne F. Thurston, The Noodle Maker of Kalimpong: The Untold Story of the Dalai Lama and the Secret Struggle for Tibet, Public Affairs, 2015, 384 p., p. 7 : « my great uncle, Taktser Rinpoche »
  82. (en) Aleksandr Andreïev, Soviet Russia and Tibet: The Debarcle of Secret Diplomacy, 1918-1930s p. 49
  83. a et b Jagou 2004, p. 50
  84. (en) Susan Meinheit, Library of Congress, Gifts at Wutai Shan: Rockhill and the Thirteenth Dalai Lama, JIATS, no 6, décembre 2011, THL #T5717, p. 411
  85. Barraux 2002, p. 277-278 : « C'est un homme d'un indubitable intelligence et habileté, d'une compréhension rapide et d'une grande force de caractère. Il a les visions larges, probablement en raison de ses expériences diverses au cours des dernières années. Il est d'une grande dignité naturelle. Il semble profondément impressionné par les lourdes responsabilités de sa charge de chef suprême de sa religion, et plus encore peut-être que par celles de ses devoirs temporels. Il réagit rapidement et impulsivement mais de bonne humeur et aimablement. A tout moment, je l'ai trouvé l'hôte le plus attentionné, d'une conversation agréable et d'une parfaite courtoisie. Il parle vite et sans hésitation, mais d'une voix très basse. […] Il est de taille plutôt courte et de stature mince. Son teint est un peu plus sombre que celui des Chinois et d'un brun rougeâtre. Son visage, qui n'est pas véritablement large, est piqueté des marques de la variole mais profondément : il s'éclaire de la façon la plus agréable quand il sourit et montre ses dents, saines et blanches. Au repos, sa figure est impassible et prend un air plutôt hautain et rébarbatif. Son nez est étroit et légèrement aquilin, ses oreilles larges : ses yeux sont brun sombre et plutôt effilés avec une obliquité prononcée ; ses sourcils lourds montent loin vers les tempes lui donnant une expression narquoise et un style mondain qui est encore accentué par sa moustache et la petite mouche sous sa lèvre inférieur. Ses mains sont étroites et bien modelées ; sur son poignet droit, il porte habituellement un rosaire aux perles de bois de santal rouge cloutées d'argent. Quand il marche, il se déplace lentement, avec un légère flexion due sans doute aux longues séances en position de jambes croisées sur des coussins. Son vêtement usuel est la robe rouge sombre portée par les lamas avec un gilet de brocart d'or et un châle carré de même tissu, couvrant ses épaules et tombant par-devant jusqu'à la ceinture. »
  86. Barraux 2002, p. 277 : « Le Français Henri d'Ollone, en mission d'exploration aux confins sino-mongols et sino-tibétains, fut frappé de l'intelligence de Thubten Gyatso. »
  87. Goldstein 1989, p. 47 : « After spending a year in Amdo, the 13th Dalai Lama received an invitation to visit the emperor in Peking. »
  88. Gilles van Grasdorff La Nouvelle Histoire du Tibet, 2006 p. 248
  89. a et b Virginie Larousse Les 13 premiers dalaï-lamas ; 5 siècles sur le toit du monde Le Monde des religions, 16 octobre 2014
  90. Françoise Wang-Toutain L’Histoire du Tibet du XVIIe au XXIe siècle Groupe d’information internationale sur le Tibet, 2012 « Les liens si étroits établis par les premiers empereurs mandchous avec les maîtres tibétains s’amenuisent inexorablement. Il ne reste qu’un vernis. En 1908, lorsque l’impératrice Cixi et son neveu Guangxu reçoivent le XIIIe dalaï-lama, la relation chapelain / donateur n’a plus cours. »
  91. Melvyn Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, op. cit., p. 27 : « Arguing that the amban did not faithfully transmit his views to Beijing, the Dalai Lama requested permission to petition the throne directly (i.e., to bypass the amban as was done before the 1792 reforms). Beijing, however, was in no mood to loosen its control over the unpredictable and independent-minded thirteenth Dalai Lama and rudely refused, although it agreed to his return to Tibet to rule. The Anglo-Chinese and Anglo-Russian conventions had reaffirmed that Tibet was a part of China ».
  92. Convention entre la Grande-Bretagne et la Russie relative à la Perse, l'Afghanistan et le Tibet
  93. Barraux 2002, p. 279
  94. (en) Gyalo Thondup, Anne F. Thurston, The Noodle Maker of Kalimpong: The Untold Story of the Dalai Lama and the Secret Struggle for Tibet, Public Affairs, 2015, 384 p., p. 29 : « The Great Thirteenth, as he came to be known, spent two extended periods at the Kumbum monastery. In 1904, when the British military expedition led by Sir Francis Younghusband fought its way into Lhasa and demanded the right to trade, the Thirteent Dalai Lama fled first to Mongolia and then, in 1906, took refuge in Kumbum. He returned again in 1909, after he had visited Beijing and was en route back to Lhasa. »
  95. Louis Schram (Flemish "Lodewijk Schram"). Louis Schram in Xining (1883-1971). Missionary in Gansu province (China) and anthropologist of the Monguor people, Kuleuven.
  96. (en) Louis M. J. Schram, with Owen Lattimore, The Monguors of the Kansu-Tibetan Frontier: Their Origin, History, and Social Organization, Édition réimprimée, Kessinger Publishing, 2006, p. 385 : « The reason alleged by the opium smoker should be well known among lamas and Living Buddhas. It was the same that was used by the Dalai Lama at Kumbum in 1909. In autumn he arrived at Kumbum with the traditional splendor of an Oriental potentate. Monguors, Tibetans, and Chinese ran to Kumbum to honor him. The Dalai Lama and his retinue were savage and arrogant; their animals were turned loose among the crops in the fields. Every day troubles arose over the sheep and flour offered by the mandarins, and the Dalai Lama, swayed by foolish pride and insolence, insisted on transferring three lama officials of Kumbum. Achia, defending his rights, denied the Dalai Lama permission to interfere with his administration of the lamasery. [...] The lamas of Kumbum, breathing fire and brimstone, prepared their weapons and called together lamas of neighboring monasteries. The officials of Hsining (the Amban, the General, the tao-t’ai, and the prefect) were in a hurry, and went to Kumbum with troops in order to prevent a clash. The Dalai Lama left [...]. The Dalai Lama cut a sorry figure in Hsining in 1909. »
  97. Gyalo Thondup, Anne F. Thurston, The Noodle Maker of Kalimpong, op. cit. :« The Thirteenth Dalai Lala was not entirely popular with the monks of Kumbum. [...] His reforms began in the monasteries, where discipline had often become lax. [...] Kumbum was one of the monasteries that had fallen into moral decay, and during his two stays there the Thirteenth Dalai Lama set out to reform it, insisting on enforcing strict monastic discipline, expelling particularly wayward monks and punishing many others. While many of Kumbum's monks bridled at the reforms, my great uncle supported the strict new regime and thus won the Dalai Lama's respect. When the Thirteenth Dalai Lama left Kumbum to return to Lhasa in 1909, my great uncle, Taktser Rinpoche, left Kumbum, too. My great uncle's support for the Dalai Lama's reforms had made him unpopular with his fellow monks. »
  98. (en) Heather Spence, British policy and the 'development' of Tibet 1912-1933, Doctor of Philosophy thesis, Department of History and Politics, Faculty of Arts, University of Wollongong, 1993, p. 7.
  99. Melvyn Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, op. cit., p. 26 : « The invasion of Tibet and the Lhasa Convention of 1904 dramatically altered Chinese policy toward Tibet. Until then, the Qing dynasty had shown no interest in directly administering or sinicizing Tibet. The British thrusts now suggested to Beijing that unless it took prompt action, its position as overlord in Tibet might be lost, and with Tibet under the British sphere of influence the English would be looking down from the Tibetan plateau on Sichuan, one of China's most important provinces. The Qing dynasty, although enfeebled and on the brink of collapse, responded with surprising vigor. Beijing got the British troops to leave Tibetan soil quickly by paying the indemnity to Britain itself and began to take a more active role in day-to-day Tibetan affairs. Britain's casual invasion of Tibet, therefore, stimulated China to protect its national interests by beginning a program of closer cultural, economic, and political integration of Tibet with the rest of China. »
  100. Heather Spence, British policy and the 'development' of Tibet 1912-1933, Doctor of Philosophy thesis, Department of History and Politics, Faculty of Arts, University of Wollogong, 1993, p. 7 : « During this period three Chinese proposals threatened radically to transform the status of Tibet: the construction of a railroad from Szechuan to Tibet, the enrolment and instruction of Tibetans into the Chinese army, and the transformation of Tibet into a Chinese province. »
  101. Goldstein 1989, p. 47 : « The ambans also set out to transform the government in Tibet and to sinicize the elite. Plans were laid to train a large army and secularize the Tibetan government by creating lay governmental boards. Roads and telegraph lines were planned, and resource exploitation was considered; a Chinese school was opened in Lhasa in 1907, and a military college in 1908. »
  102. Deshayes 1997, p. 251
  103. Melvyn Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, op. cit., p. 28 : « A Chinese postal service was established and Tibet's first stamps were produced (in Chinese and Tibetan script). »
  104. (en) Geoffrey Flack, Chinese Imperial : « For approximately two years, five Chinese Post Offices operated in Central Tibet and a Chinese Post Office at Chambo (Eastern Tibet) was open in 1913 and 1914. Initially the Post Office used regular Chinese Imperial stamps, but in 1911 a set of eleven stamps (surcharged in three languages) was introduced for Tibet. »
  105. Deshayes 1997, p. 252
  106. Bai Rusheng, The earliest Tibetan newspaper in Tibet, China Tibet Information Center, 2005-07-01 : « The "Vernacular Paper in Tiber" was a publication appearing once every ten days, with 300 to 400 copies per issue. »
  107. Bai Runsheng, op. cit. : « But in Tibet the old customs had taken such a deep root that it was difficult to get effective results through administrative reformation. So Lian Yu and Zhang Yintang thought that to publish a newspaper in the vernacular language would get better results than to make speeches in narrow spheres. This was why they founded the "Vernacular Paper in Tibet." Aiming at educating people in patriotism and intelligence. The paper took "Xun Bao", a newspaper of Sichuan, and other government-funded newspaper of other provinces as its models, It was the first modern newspaper in Tibetan areas ».
  108. Heather Spence, British policy and the 'development' of Tibet 1912-1933, Doctor of Philosophy thesis, Department of History and Politics, Faculty of Arts, University of Wollogong, 1993, p. 7 : « This Chinese forward movement disintegrated with he outbreak of the 1911 revolution in China and the subsequent public execution of Chao Ehr-feng in December 1911. »
  109. Barraux 2002, p. 280, 282, 318.
  110. a et b (en) Max Oidtmann, Playing the Lottery with Sincere Thoughts: the Manchus and the selection of incarnate lamas during the last days of the Qing, sur le site Academia.edu, p. 1.
  111. a, b et c Gilles van Grasdorff La Nouvelle Histoire du Tibet, 2006 Une monnaie pour l'indépendance… p. 264 et suivantes
  112. Barraux 2002, p. 210
  113. (en) Elliot Sperling, “The Chinese Venture into K'am, 1904–11 and the Role of Chao Erhfeng”, in The History of Tibet : The modern period :1895-1959, the encounter with modernity, ed Alex McKay
  114. (en) K. Dhondup, The water-bird and other years: a history of the Thirteenth Dalai Lama and after, 1986, Rangwang Publishers, p. 33 « But his stay in Lhasa was to be short. A second exile was in front of him. As a prelude to this, there appeared in Lhasa for the first time a newspaper published by the Chinese in Tibetan. One of the issues said: "Do not be afraid of Amban Chao and his army. They will not harm Tibetans, but other people. If you recollect, you will remember how ashamed you felt when the foreign soldiers arrived in Lhasa and oppressed you with much tyranny. We must all be strong for this purpose, otherwise our religion will be destroyed." […] On 3rd January 1910, the advance unit of the Chinese army reached the banks of Kyichu river where the Manchu Amban waiting for them. That very afternoon they burst into Lhasa. They randomly fired in the city, wounding and killing a number of policemen and people ».
  115. Deshayes 1997, p. 258
  116. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, sur The Treasury of Lives : « Yabzhi Punkhang (yab gzhis phun khang, d.u.) who was the head of the newly created Tibetan foreign office, was taken prisoner and two of his officials were killed. The Dalai Lama, informed that Zhao intended to take him prisoner, and fearing that there would be bloodshed in Lhasa as the public would try to protect him from the Chinese soldiers, decided to leave Lhasa. On the night of the third day of the first Tibetan month, the Dalai Lama summoned the Ganden Tripa, Tsemonling Ngawang Lobzang, and appointed him Regent. »
  117. (en) Hugh Richardson, Tibet and Its History, 1984, p. 99 « The invasion of 1910 is a turning point in the relations between China and Tibet and marks a break with previous Chinese policy. This was the first Chinese army to reach Lhasa against the will of the Tibetans. »
  118. Barraux 2002, p. 284
  119. Melvyn Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, op. cit., p. 28 : « No one intervened, so as that army entered Lhasa in February 1910, the Dalai Lama again fled into exile, this time south to his former enemies in British India. »
  120. Goldstein 1989, p. 52 : « his capture was prevented only by a determined rear-guard action at the Jagsam crossing organized by the Dalai Lama's twenty-two year-old favorite, Namgang, later to become an important political figure. »
  121. Goldstein 1989, p. 52 : « On 25 February, the Chinese responded to the dalai Lama's flight to India by again deposing him. This time they deprived him not only of his temporal position but also of his status as an incarnation. The abusive and demeaning disposition order was posted publicly in Lhasa. »
  122. a, b et c Joëlle Désiré-Marchand, Alexandra David-Neel : de Paris à Lhassa, de l'aventure à la sagesse, Arthaud, 1997, (ISBN 2700311434 et 9782700311433), p. 181
  123. (en) Charles Bell, Portrait of a Dalai Lama: the Life and Times of the Great Thirteenth, Wisdom Publications, 1987 (publié initialement sous le titre de Portrait of the Dalai Lama, Londres, Collins, 1946).
  124. (en) Charles Bell, Tibet Past and Present, Motilal Banarsidass Publ., 1992, 376 p. (1re édition : 1924), p. 111.
  125. Jean Chalon, Le Lumineux Destin d'Alexandra David-Néel, Librairie académique Perrin, 1985, p. 195-201.
  126. Joëlle Désiré-Marchand, Alexandra David-Néel. Vie et voyages, seconde édition revue et augmentée, Arthaud, 2009, p. 161.
  127. Jean Chalon, op. cit., p. 196-197.
  128. Goldstein 1989, p. 53-54
  129. Jiawei Wang et Nyima Gyaincain, Le Statut du Tibet de Chine dans l'histoire, China Intercontinental Press, p. 120 : « l'Angleterre lui organisa des visites dans différentes parties de l'Inde; puis elle fit des arrangements pour qu'il s'installe à Darjeeling, et elle lui fournit gratuitement des chambres et des articles de nécessité courante. Charles Bell, qui connaissait bien le Tibet, lui rendit visite quasiment à chaque semaine durant les 3 ou 4 premiers mois (…). Ceci montre que Charles Bell travailla fort pour tenter de ranger le XIIIe dalaï-lama du côté de la partie britannique. »
  130. a et b Goldstein 1989, p. 58-59
  131. a et b Deshayes 1997, p. 264
  132. Melvyn Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, op. cit., p. 30.
  133. (en) Dundul Namgyal Tsarong, In the Service of His Country: The Biography of Dasang Damdul Tsarong, Commander General of Tibet, Snow Lion Publications, 2000, 149 pages, p. 36-37.
  134. Deshayes 1997, p. 265
  135. (en) Dundul Namgyal Tsarong, op. cit., p. 38-39 : « Meanwhile, a serious situation had developed among the Tibetan leaders. […] Although Shapé Tsarong was a man trusted by the Dalai Lama who had participated in the signing of the Trade Regulation Agreement between Great Britan, China, and Tibet in 1908 at Calcutta, the current situation had brought him overwhelming criticism. […] while participating at a high-level meeting at the Potala Palace, he was arrested and dragged down the long stone steps. He was beheaded there at the foot of the Potala. As arranged previously, his son was also arrested and was brougt to see his father's head before being executed on the same spot. Others executed […] were Karung Tsashagpa, Secretary to the Cabinet Ministers; Phunrabpa, Secretary General; Mondhong, the Treasurer, and a few other officials. »
  136. Goldstein 1989, p. 59 : « By April 1912, the Tibetans had prevailed: about three thousand Chinese troops and officers surrendered and were permitted to leave Tibet via India. »
  137. Deshayes 1997, p. 267
  138. (en) Alexandre Andreyev, Soviet Russia and Tibet.
  139. Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (suite 2).
  140. Deshayes 1997, p. 267 : « L'épuration commence. […] Les compagnes tibétaines des soldats chinois ont été laissées pour compte : celles qui ont pu fuir échouent lamentablement à Calcutta, celles qui restent sont lapidées ou mutilées. »
  141. Deshayes 1997, p. 267 : « Le monastère de Tengyéling est détruit pour trahison ».
  142. (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, with a new epilogue by the author. Translated from the German by Richard Graves. With an introduction by Peter Fleming, First Tarcher/Putnam Hardcover Edition, 1997 (ISBN 0-87477-888-3) : « The penalties for political offenses are very strict. People still speak of the monks of Tengyeling, who forty years ago sought to come to terms with the Chinese. Their monastery was demolished and their names blotted out ».
  143. (en) Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : « The Tengyeling monastery was disendowed; traitors were banished, and the rest of the monks were distributed to other monasteries ».
  144. Gilles van Grasdorff La Nouvelle Histoire du Tibet, 2006
  145. (en) Brief History Of Tibet.
  146. (en) Ram Rahul, Central Asia: an outline history, Concept Publishing Company, 1er janvier 1997, 170 p. p. 52-53 : « On return to Lhassa from India in the spring of 1912, Dalai Lama Thubten Gyatso issued a proclamation which the Tibetans regarded as the declaration of the independence of Tibet. »
  147. (en) Bradley Mayhew, Michael Kohn, Tibet, Lonely Planet, 2005, 360 p., p. 32 : « Tibetans have since read this reply as a formal declaration of independence. It certainly was in spirit if not quite in letter. »
  148. Jagou 2004, p. 52
  149. Françoise Robin, Le vers libre au Tibet : une forme littéraire de l'intime au service d'un projet collectif, in D'un Orient l'autre, actes des 3es journées de l'Orient, Bordeaux, 2-4 octobre 2002 (ss dir. de Jean-Louis Bacqué-Grammont, A. Pino, S. Khoury), Peeters Publishers, 2005, 606 p., p. 573-601, p. 583 : « vingt-deux jours après son retour à Lhassa en janvier 1913, il proclame la rupture des liens de suzerain à vassal qu'entretenaient la Chine mandchoue et le Tibet, puisqu'une république chinoise avait remplacé le régime dynastique bouddhique des Mandchous (note 30 : On trouvera ce texte (considéré par les Tibétains comme une déclaration d'indépendance, ce que rejettent les autorités chinoises), dans Goldstein 1993: 60-61). »
  150. (en) Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State, in Maryland Series in Contemporary Asian Studies, no 3, 2009 : « A US international law scholar who studied Tibet’s “declarations of independence” found they were not political-legal declarations at all, but merely the 13th Dalai Lama’s affirmations that the mchod-yon (priest-patron) relationship between Dalai Lamas and Chinese emperors had been extinguished due to the end of the empire. [Note :] Alfred P. Rubin, “Tibet’s Declarations of Independence,” AJIL 60 (1966):812-814 and Rubin, “A Matter of Fact,” AJIL 60 (1966):586. »
  151. Patrick French, Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, p. 111.
  152. Jagou 2004, p. 53
  153. (en) Tom Grunfeld, The Making of Modern Tibet, M. E. Sharpe, 1996, p. 65.
  154. (en) Charles Bell, Tibet Past and Present, Oxford, Clarendon Press, 1924, p. 150-151.
  155. (en) Charles Bell, Tibet Past and Present, 1924, p. 150-151 « But the Dali Lama denied that the letter - which enjoined Dorjieff to work for the Buddhist religion, a common request - justified anything in the nature of a treaty. Nor does it appear that the Lama or his government ever ratified the document », et p. 229 « the Government of Lhasa, which replied to the following effect: 'The Dalai Lama never authorized Dorjieff to conclude any treaty with Mongolia' ».
  156. (en) Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State 2009 : « Norbu claims Tibet had a mutual recognition treaty with Mongolia in 1913 and the Simla treaty of 1914 with Britain, but Tibet was not recognized by any established state in the modern era, the era that matters to the modern concept of statehood. Mongolia was not a recognized state in 1913. It proclaimed independence in late 1911, when many Chinese provinces and territories were declaring they were separate, because the Qing Dynasty had just collapsed. Mongolia was not recognized until decades later by Russia and China (…). The treaty [with Mongolia] was apparently inspired and executed with Russian interests at the fore; yet, whether that is so is not the main point, because Tibet and Mongolia were not recognized as states. Thus, for them to recognize each other had no more significance than the present-day mutual recognition by South Ossetia and Abhazia (…) ».
  157. Anne Marie, Blondeau, Katia Buffetrille, Le Tibet est-il chinois ?, p. 77.
  158. (en) The Status of Tibet, DIIR, 1996 : « After returning to Lhasa, the Thirteenth Dalai Lama issued a proclamation reaffirming the independence of Tibet on February 14, 1913. »
  159. (en) Tibet's "independence day" is just a farce, sur le site Tibet Online, 15 février 2013 : « As a matter of fact, the document unveiled by Students for a Free Tibet last May was sheer fabrication, way apart from the original document, which was an internal speech on Buddhism and published in the form of a letter in 1932. […] In this book, Shakabpa, who was for Tibet's independence, said the 13th Dalai Lama described Tibet as a "small, religious and independent nation" in a 1913 declaration of Buddhism. But researchers on modern history and Tibetan studies claim the exact word the Dalai Lama used in this all-Tibetan declaration was "region" (bodljongs in Tibetan) instead of "nation" or "country" which translated into "rgylkhab" in Tibetan. »
  160. Jagou 2004, p. 52-53
  161. Claude Arpi Tibet, le pays sacrifié, préfacé par le Dalaï Lama, Calmann-Lévy, 2000 (ISBN 2702131328), p. 138-139.
  162. Claude Arpi, op. cit., p. 139
  163. Claude Arpi, op. cit., p. 139-140
  164. Claude Arpi, op. cit., p. 140-141
  165. Claude Arpi, op. cit., p. 142-145
  166. (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, with a new epilogue by the author. Translated from the German by Richard Graves. With an introduction by Peter Fleming, First Tarcher/Putnam Hardcover Edition, 1997 (ISBN 0-87477-888-3) : « The late ruler had learned much during his long journey in India and China, and it was to his friendhip with Sir charles Bell that he owed his knowledge of the Western World. […] As a political liaison officer for Sikkim, Tibet and Bhutan, he had got to know the Dalai Lama in his flight to India. This was the beginning of a close friendship between the two men, which lasted for many years ».
  167. (en) Jamyang Norbu, From Darkness to Dawn, site Phayul.com, 19 mai 2009. Celui-ci cite la référence suivante : Shakabpa, W.D., Tibet: A Political History, Yale, 1967, p. 248 : « After His return from exile, on the eighth day of the fourth month of the water Ox Year (1913) the Great Thirteenth, in his declaration of independence, announced the ending of what we might now call “cruel and unusual” punishments – in addition to his earlier abolishment of the death penalty. The statement is quite specific. “Furthermore, the amputations of citizens’ limbs has been carried out as a form of punishment. Henceforth, such severe punishments are forbidden.”[13] Copies of the proclamation were sent out throughout Tibet, and copies had to be maintained in the office of every district ».
  168. Philippe Blanc, op. cit., p. 83.
  169. Laurent Deshayes et Frédéric Lenoir L'Épopée des Tibétains : entre mythe et réalité, Fayard, 2002, p. 151 et suivantes
  170. (en) Helen R. Boyd, The Future of Tibet: The Government-in-exile Meets the Challenge of Democratization, vol. 55 de Asian thought and culture, (ISSN 0893-6870), Peter Lang, 2004, (ISBN 0820457272 et 9780820457277), p. 59.
  171. Matthew Kapstein, Les Tibétains, p. 269.
  172. a, b et c Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, sur The Treasury of Lives.
  173. Deshayes 1997, p. 282
  174. a et b (en) Catriona Bass, Education in Tibet: policy and practice since 1950, Zed Books, 1998, (ISBN 1856496740 et 9781856496742) p. 2 : « At the beginning of the twentieth century, the Tibetan government itself, under the Thirteenth Dalai Lama, made a number of short-lived attempts to develop a modern secular education system in Tibet. In 1912, the Thirteenth Dalai sent four boys from Tibetan aristocratic families to be educated at Rugby School in England. » […] « Thus, a few years later, a British educationalist, Frank Ladlow, was invited by the Tibetan government to establish a school in Gyantse, based on the English public school system. The school opened in December 1923 but ran for only three years.7 »
  175. (en) British Intelligence on China in Tibet, 1903-1950, Formerly classified and confidential British intelligence and policy files, Editor: A.J. Farrington, Former Deputy Director, OIOC, British Library, Londres, IDC Publishers, 2002, p. 2 : « A fascinating group of files offers minute detail in an attempt to turn four young Tibetans into a vangard of "modernisers" through the medium of an English public school education ».
  176. a et b (en) Alex McKay, “The Birth of a Clinic”? The IMS Dispensary in Gyantse (Tibet), 1904–1910, Med Hist., 2005, April 1; 49(2): 135–154 : « An English school existed in Gyantse in the period 1923–26; it was closed as part of a general Tibetan movement against modernization at that time ».
  177. (en) Geoffrey Flack, Chinese Imperial : "From 1909 to late 1911 China occupied Tibet and the Dalai Lama and his Government fled to India. For approximately two years, five Chinese Post Offices operated in Central Tibet and a Chinese Post Office at Chambo (Eastern Tibet) was open in 1913 and 1914. Initially the Post Office used regular Chinese Imperial stamps, but in 1911 a set of eleven stamps (surcharged in three languages) was introduced for Tibet."
  178. (en) Complete series of six stamps, issue 1912 : « The first stamps of Tibet have been most likely first issued in December 1912 in Lhasa (c.-à-d. « Les premiers timbres du Tibet ont été très vraisemblablement émis en décembre 1912 à Lhassa ») ».
  179. Deshayes 1997, p. 268
  180. Sam van Schaik, op. cit., p. 196
  181. Kim Yeshi, Tibet. Histoire d'une tragédie, Éditions La Martinière, février 2009, p. 226-285, (ISBN 978-2-7324-3700-2).
  182. Michael Harris Goodman, Le Dernier Dalaï-Lama ?, 1993, p. 128-129.
  183. Kim Yeshi, Gyeten Namgyal, le tailleur des hommes et des dieux in, Tibet. Histoire d'une tragédie, Éditions La Martinière, février 2009, p. 226-285, (ISBN 978-2-7324-3700-2). « Gyalwa Rinpoche fit un dessin et jeta ses idées sur le papier. Les symboles étaient les lions des neiges, l'épée de la sagesse et les bannières de la victoire. Des notes expliquaient le symbolisme. Le plan fut remis au Namsa Chenmo qui fit plusieurs prototypes. L'un d'eux fut approuvé et j'exécutai le travail, entièrement à partir de brocarts »
  184. (en) Dundul Namgyal Tsarong, Ani K. Trinlay Chödron, In the Service of his Country. The Biography of Dasang Damdul Tsarong. Commander General of Tibet, Snow Lion Publications, Ithaca, New York, 2000, (ISBN 1559391510 et 9781559391511), p. 51 : « 1916. All through the winter, preparations were underway: new uniforms and Tibetan military flags, which had been designed and approved by His Holiness, were made. His Holiness had also given a detailed description of the Tibetan national flag, written in his own hand. »
  185. Robert W. Ford, Tibet Rouge. Capturé par l’armée chinoise au Kham, Olizane, 1999 (édition originale en 1957) (ISBN 2-88086-241-8), p. 18 : « L'influence anglo-indienne s'était imposée dans les années 20, quand des instructeurs soigneusement sélectionnés furent formés par des officiers britanniques et indiens au Tibet occidental. »
  186. Jiawei Wang et Nyima Gyaincain, Le statut du Tibet de Chine dans l'histoire, China Intercontinental Press, 2003, 367 p., p. 152.
  187. Jiawei Wang et Nyima Gyaincain, (4) Around the Gansu Delegation's Entry Into Tibet, The historical Status of China's Tibet : « In order to discourage the local government of Tibet from improving relations with the government of the Republic of China and prevent the 13th Dalai Lama from getting closer to the motherland, Britain sent Charles Bell, the British political officer in charge of Sikkim, and others to Lhasa in 1920. Charles Bell arrived with more than 20 horseloads of weapons. »
  188. Deshayes 1997, p. 283
  189. (en) Leigh Ingram-Seal, Tibetan Army 1960s : « Dalai Lama Personal Bodyguard "Kusung Magar". Based at Lhasa for guard duty, ceremonial parades; ceremonial uniforms, poorly trained, poorly equipped & armed, under command of a general "Depon". Armed with Bren light machine guns, howitzers, and rifles. Normally had 500 troops in 1950, including 25 strong Dalai Lama Personal Guard. Reported to be increased to 1,000 troops in 1959? »
  190. a et b (en) Craig R. Janes, The Transformation of Tibetan Medicine, Medical Anthropology quarterly, 1995, 9, p. 6-39. : « Influenced by his personal physician and concerned about the need for expanded health care, the Dalai Lama authorized the building of a second medical college in Lhasa (sman rtsis khang; hereafter written as Mentsikhang), which was completed by 1916, and later ordered that the Tibetan army, monasteries, and aristocratic families each meet established quotas for training new Tibetan doctors. For example, each monastery in Tibet was ordered to send two students to study at the Mentsikhang, one to specialize in medicine per se, the other to specialize in astrology.4 These efforts at expanding training were accompanied by minor reforms in the practice of medicine so as to provide greater access to medical care at all levels of the class system. A public clinic, intended primarily as a training facility for the new doctors, was established in Lhasa, and for about 15 years the government organized women's and children's public health programs that sent medicines to pregnant women, new mothers, and infants throughout Tibet. The few physicians trained during this period who are still alive report that doctors were assigned to needy monasteries and communities, and many were given government rank. »
  191. Tenzin Choedrak; Gilles Van Grasdorff, Le Palais des arcs-en-ciel : les mémoires du médecin du dalaï-lama, Albin Michel, 1998, (ISBN 9782226106216), p. 60
  192. (en) Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : « The Government paid the expenses of students and gave the poor free medicine ».
  193. (en) Alex McKay,"The Birth of a Clinic"? The IMS Dispensary in Gyantse (Tibet), 1904–1910, Med Hist. 2005, 49(2): 135–154 : « Their first public health initiative came only after the expulsion of the Chinese from Tibet in 1912, with the opening of a public hospital within the Men-se-Khang college in Lhasa in 1916. Medical services there were provided free of cost. The initiative for this hospital appears to have come from the Dalai Lama, who in a reversal of his previous flight, had gone into exile in British India in 1910 to escape Chinese domination. There he came under the authority of the Political Officer Charles Bell, who apparently influenced him to experiment with a number of aspects of modernity on his return to Tibet in 1913. The beneficent aspect of a public hospital would naturally have appealed to Buddhist sensibilities. Rechung Rinpoche, op. cit., note 10, p. 25. »
  194. Rev. Khyenrab Norbu (1883-1962 A.D.).
  195. Historical linkages and connections within the collections « Medical Officer who was his companion on the Mission, Lt Robert Kennedy, »
  196. (en) Alex McKay, Biomedicine in Tibet at the Edge of Modernity, Medicine between science and religion: explorations on Tibetan grounds, Vincanne Adams, Mona Schrempf, Sienna R. Craig, p. 46.
  197. (en) Parshotam Mehra, compte rendu de Nicholas Rhodes, Deki Rhodes, A Man of the Frontier: S. W. Landen La (1876-1936): His Life and Times in Darjeeling and Tibet, Mira Bar, Kolkata, 2006, xi + 89 p. : « he was the first non-Tibetan to raise from scratch and command Lhasa's police force (1923-4) ».
  198. Barraux 2002, p. 291
  199. (en) Martin Brauen, Patrick A. McCormick, Shane Suvikapakornkul, Edwin Zehner, Janice Becker, The Dalai Lamas: a visual history, Serindia Publications, 2005, (ISBN 1932476229 et 9781932476224), p. 147 : « Kyibu, who had studied telegraphy, established a telegraph line from Lhasa to Gyantse, thus enabling Tibet to communicate with the outside world. »
  200. (en) W. D. Shakabpa, Derek F. Maher, One hundred thousand moons, vol. 1, p. 804
  201. (en) Wolfgang Bertsch, The Production of Tibetan Banknotes, The Tibet journal, Library of Tibetan Works & Archives, 24 (1) 1999, p. 30 : « In that period Rigzin Dorje Ringang who had received his education at Rugby in England and who had studied electro-engineering at the University of London and in Birmingham, was working as chief engineer for the mint and was also in charge of the hydro-electric power station in the Dode valley. In 1924 he ordered a 125 HP generator and coining presses from British firms. In 1927 the generator was installed at the hydro-electric power station in the Dode valley, while the modern machinery was destined for the extension of the Trabshi mint, north of Lhasa, which was reopened in November 1931 with Tsarong. »
  202. (en) Tsepon Wangchuk Deden Shakabpa, Tibet : A Political History, Potala Publications, New York, (ISBN 0-9611474-1-5), 4e édition 1988, p. 267 : « The real strong man was Kunphela, with whom even the Kashag ministers were careful. He was the only man, apart from the Dalai Lama, who had his own private car. It was an Austin A-40, and when Kunphela drove about Lhasa, he created quite a sensation. »
  203. Jean Dif, Carnet de route d'un voyage au Tibet, septembre-octobre 2004 : « nous effectuerons en voiture l’ascension de la Colline Rouge, sur laquelle s’élève le palais. Nous empruntons, à droite, une rampe asphaltée. Elle fut aménagée pour permettre au 13e dalaï-lama d’y utiliser les premières automobiles introduites au Tibet, sous son règne et pour son usage. Notre véhicule nous laisse, à peu près à mi-chemin de l’entrée du haut, sur l’arrière des bâtiments ».
  204. Pierre Chapoutot, Géopolitique du Tibet : Tibet imaginaire, Tibet réel, en part. chapitre « L'illusion de l'indépendance », site Cafés géographiques, 27 févriers 2002 : « (…) le Tibet de 1945 n’avait pratiquement pas évolué depuis le Moyen Âge, abstraction faite de quelques signes très limités de modernisation : un embryon d’armée organisé à la japonaise, un drapeau, un service postal, une monnaie, une petite station de radio, une petite centrale électrique (hors d’usage…) et trois automobiles… ».
  205. Deshayes 1997, p. 295-296
  206. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, sur The Treasury of Lives : « The Dalai Lama also weakened his own reforms by some of his policies. Before his rule as Dalai Lama, monks could not serve in the Kashak. This barred the clergy from direct interference in the highest decision making body of the government. The Dalai Lama allowed monks to become members of the Kashak, and later, those monk officials obstructed his reforms. »
  207. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, sur The Treasury of Lives : « Not open to all modernizing trends, the Dalai Lama banned the import of tobacco and the customs office was ordered to seize all cigarettes and tobacco. The Dalai Lama also banned aristocrats from wearing Western style dress, especially when attending government meetings and functions. He forbade ostentatious displays of wealth and the wearing of expensive jewellery by aristocratic ladies, saying that doing so created unnecessary jealousy and rivalry among the people. »
  208. Alexandra David-Néel, Voyage d'une Parisienne à Lhassa, in Grand Tibet et Vaste Chine, récits et Aventures, Plon, édition 1999, p. 499-500.
  209. Goldstein 1989, p. 422-424 : « the destruction of the pro-Western military clique in the mid-1920s ».
  210. (en) Melvyn C. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon: China, Tibet, and the Dalai Lama, Berkeley, University of California Press, 1997, p. 35 : « All this, however, sent shock waves through the monastic and aristocratic elites who held most of the land in Tibet in the form of feudal estates with hereditarily bound serflike peasants. Modernization was expensive, and they found themselves facing new tax levies to support the military buildup. Modernization, moreover, was also perceived by the religious leadership as an ideological threat to the dominance of Buddhism in Tibet, and thus to what they felt was the unique character of the Tibetan theocratic state. Equating modernization with Western atheism and secularism, the conservatives believed that it would diminish the power and importance of Buddhism. In their view, Tibet had coexisted with China for centuries with no adverse consequences for the domination of Buddhism (and the Geluk sect) in Tibet, so why, they questioned, was it now necessary to transform Tibet in these radical ways? Key conservative officials therefore campaigned to convince the Dalai Lama that the military officers were a threat to Buddhism and to his own power and authority. By the mid-1920s, their efforts had succeeded, and in one of the pivotal policy decisions of modern Tibetan history, the thirteenth Dalai Lama gutted the heart of the reform program by demoting the entire group of promodernization officers and closing the English school. Overnight, Tibet lost its best chance to create a modern polity capable of coordinating international support for its independent status and defending its territory ».
  211. Goldstein 1989, p. 121-124 : « In 1924 an incident occurred that again reversed the direction of Tibet's political development, resulting in the demotion of almost all the army commanders including Tsarong, and ending the incipient program of modernization of Tibet. (…) In early May 1924, a fight between some soldiers and policement ended with the fatal stabbing of a policemen. (…) Tsarong punished the guilty soldiers on the spot: the soldier who killed the policemen had one of his legs amputated above the knee, and the soldier who helped him had his right ear cut off. The former died and his head and limb were publicly displayed on the left and right of the entrance to the Thromsikang Lhasa marketplace beside the Barkor and Jokhang Temple ».
  212. Barraux 2002, p. 299, « […] l'amputation d'une jambe pour un soldat, d'une oreille pour un second. Le lendemain, le premier était mort. La foule promena son corps dans la ville. Le dalaï-lama s'était opposé aux châtiments corporels. Tsarong fut cette fois démis de toutes ses fonctions et quitta le pays pour un séjour au Népal et en Inde. Il fut remplacé à la tête de l'armée par Dorjé Tsegyal Lungshar, qui dirigeait le département des finances depuis son retour d'Europe où il avait accompagné les quatre premiers officiers tibétains formés en Angleterre. »
  213. (en) Parshotam Mehra, compte rendu de Nicholas Rhodes, Daki Rhodes, A Man of the Frontier : S. W. Landen La (1876-1936): His Life and Times in Darjeeling and Tibet, Mira Bar, Kolkata, 2006, xi + 89 p. : « Sadly for him, and for Tibet, the experiment was a non-starter, largely because of the dalai lamas' stiff opposition. Not only did it encroach upon their vested interest to maintain law and order, but it also took away their freedom, they felt, to manage things their own way. In the final count, however, it was the Dalai Lama who refused to take a stand and, fearing for the worst, caved in to the monks' bullying and blusters to save his own throne ».
  214. Jiawei Wang et Nyima Gyaincain, Le Statut du Tibet de Chine dans l'histoire, China Intercontinental Press, 2003, 367 p., p. 160 : « En conséquence, Seunam Ladenla quitta le Tibet pour l'Inde. Tous les policiers furent démis de leurs fonctions, et on sélectionna cinquante policiers qui furent placés sous la direction du maire de Lhassa. Le système de police du Tibet, concocté par les Britanniques, avorta donc ».
  215. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, sur The Treasury of Lives : « His attempt to build a strong and well-trained army could not be realized, not only because of internal opposition but because the British refused to supply adequate and sufficient weapons ».
  216. a, b, c, d, e et f Tsering Shakya, Tibet and the League of Nations with Reference to Letters Found in The India Office Library, under Sir Charles Bell's Collections in The History of Tibet: The modern period:1895-1959, the encounter with modernity, Alex McKay, p. 329-336.
  217. Goldstein 1989, p. 421 : « after 1926 there was no program to teach English in Tibet […]. »
  218. (en) Jiawei Wang et Nyima Gyaincain, The historical Status of China's Tibet, China Intercontinental Press, également reproduit sur china.com.cn, p. 143, chap. 5 (The 13th Dalai Lama Awakens), 1997 : « To stop the British before it was too late, he closed the British schools in Gyangze and banned Tibetan officials and civilians from wearing Western suits. As a token of his resolution, he ordered the dismantling of a Western-style villa put up by the British for him in Norbu Lingka ».
  219. Tsering Shakya, The Thirteenth Dalai Lama, Tubten Gyatso b.1876 - d.1933, sur The Treasury of Lives : « At the time Kunga Wangchuk was only nineteen years old and lacked experience in political affairs. This appointment left Tibet without an experienced and able leader ».
  220. Deshayes 1997, p. 287-288
  221. (en) Leo D. Lefebure, 200 years in Tibet: glimpses in fact and film, in Christian Century, vol. 115, no 8, 3 novembre 1998, p. 258-263 : « […] the 13th Dalai Lama had not sought to join the League of Nations or to obtain widespread international recognition of the independence of Tibet ».
  222. Tsering Shakya, op. cit., p. 331 : « It appears that the Dalai Lama was very clearly aware of the existence of the League of Nations; Sir Charles Bell stated "Tibetans call the League of Nations "The Assembly in Europe." Recently, when I was reading through Sir Charles Bell’s Collection, (Eur. F80 5d 8 vi) in the India Office Library I came across nine letters written between the period 28th Sept 1927-9th January 1928. These nine letters refer to Tibetan attempts to acquire more information about the League of Nations and the possibility of admission to it. After retiring from office, Bell came back to Britain and requested permission for his friend, Palhese to come to England with him on a vacation. This he did, with permission from the Dalai Lama, and he was issued with a Tibetan passport. It seems that this time the Dalai Lama may have instructed Palhese (Sonam Wangyal) to inquire about the League of Nations. While in London (Sir Charles) Bell made arrangements so that Palhese could correspond with some leading authorities on the League of Nations. A friend of (Sir Charles) Bell, Mary Scott introduced Palhese to Dr. Barbour who was an academic closely associated with the "League of Nations" Union, a powerful pressure group which championed the cause of the League of Nations, and had considerable influence. »
  223. Tsering Shakya, op. cit., p. 331-332 : « It is clear from this statement that Palhese was in full consultation with the Dalai Lama and was acting legitimately […] From Palhese's letter it is clear that Tibet regarded itself to be an independent nation. If Tibet did join the League of Nations the independent status of Tibet would have had to be explicitly recognised by all member states. Although Tibet did enjoy de-facto recognition and the status of a fully independent state during the period, the crucial question or obstacles would have been Russia, Britain and China. China would have objected to Tibetan admission. Britain's continuing interest in Tibet was to create a buffer state and to insulate British India. The need for a buffer state became increasingly important as the Russian Revolution spread in Central Asia. At the same time, Britain could not afford to antagonise China and any British support would have been regarded by the Russians as British interference. »
  224. Tsering Shakya, op. cit., p. 332-333 : « In his reply to Palhese's question, Dr. Barbour writes. "I have little doubt that Thibet would be recognised as a fully self-governing state. So there should be no difficulty there." Dr. Barbour was confident that as things stood Tibet would be admitted to the League of Nations and foresaw no difficulty. […] In his letter to Dr. Barbour, Palhese posed four questions. The first question was: "Would the League of Nations harm the Tibetan religion?" The second question, "Would the League of Nations try to make Tibet bring her internal customs into harmony with those of other nations?" The third question raises the matter of whether other member-states would want to send their representatives to Tibet. The fourth question was regarded as the "most important of all:" "If the Chinese should threaten to invade Tibet, would the League of Nations help Tibet?" and Palhese continued: "Unless we could be reassured on this point, our expense would be for nothing." […] Dr. Barbour replied to Palhese's letter on 9th December. He suggested that Palhese should arrange to meet with higher authority, such as Lord Robert Cecil or Professor Gilbert Murray. Dr. Barbour gave very clever answers to the questions raised by Palhese. In his answer to the first two questions, he stated that the League of Nations membership was composed of different nations, many of whom had different religions and customs. Therefore the League would not interfere with the internal customs of its members. With regard to the question of Tibet having to permit foreign representatives and travelers, Dr. Barbour stated that it was difficult to answer this question as there was nothing in the League of Nations' covenant to say that members should accept representatives from other nations. […] Finally we come to the "most important" question; "If the Chinese should threaten to invade Tibet, would the League of Nations help Tibet? » If Tibet had been elected into the League of Nations then she would have been recognised as an independent state. Article 10 of the covenant stated. »
  225. Extraits du pacte de la Société des Nations
  226. Tsering Shakya, op. cit. p. 335 : « I think in the event of your country being threatened, the League would certainly endeavour to protect her - but the remoteness of the frontiers of your country would probably make it impossible to send military help. The question whether effective moral pressure could be brought to bear on China, if she ever meditated aggression is bound up with the doubtful future of China herself and the unknown character of the government or governments which she may have in the coming years. Meantime China has gained her place on the council of the League, so is very clearly pledged to respect the freedom of other states ».
  227. (en) Robert Barnet, Lhasa: Streets with Memories, Columbia University Press, 1er juin 2010, 219 p., p. 138 : « Page 15. Tibet and the League of Nations: The Tibetan decision to reject Gilbert Murray's suggestion in the 1920s that they apply to join the League of Nations is documented in Tsering Shakya, "Tibet and the League of Nations," The Tibet Journal X, no. 3 (1985):48-56. The Tibetan government sent an official to London to assess the proposal in 1927 but finally decided to turn it down, anticipating that the international community would pressure it to end the politico-religious system. »
  228. Deshayes 1997, p. 286.
  229. (en) Alexander F. Remington, Thubten Jigme Norbu; Brother of Dalai Lama Advocated for Tibet, Washington Post, 13 septembre 2008
  230. Mick Brown, The Dance of 17 Lives (en), p. 39.
  231. Lama Kunsang & Marie Aubèle, L'Odyssée des Karmapas, La grande histoire des lamas à la coiffe noire, 2011, éd. Albin Michel. (ISBN 978-2-226-22150-6), p. 281.
  232. Thubten Ngodup, op. cit., p. 219.
  233. Traductrice du 14e dalaï-lama, cf. Carine Bécard, Claude Levenson, dévouée au Dalaï Lama, France Info, 25 novembre 2007 : « Claude Levenson est sa traductrice en langue française depuis bientôt 30 ans. Une collaboration dont elle a tiré plusieurs ouvrages. »
  234. Claude B. Levenson, La Chine envahit le Tibet : 1949-1959, éditions Complexe, 1995, (ISBN 2870275803), p. 11-12. La citation est précédée de « Arrivé à mon âge, mieux vaudrait renoncer au pouvoir ecclésiastique et temporel pour consacrer le bref temps qui m'est encore imparti dans cette vie à la dévotion religieuse. Nombreuses sont mes vies futures, et j'aimerais pouvoir me vouer entièrement aux choses spirituelles. Jusqu'ici, j'ai accompli ma tâche au mieux de mes capacités, mais j'aurai bientôt cinquante-huit ans, il me sera alors plus difficile de continuer à mener de front mes activités religieuses et profanes. Qui ne le comprendrait ? », et suivi de « Considérez ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire, et accomplissez votre tâche sans douter, à la manière voulue par le Maître Omniscient, comme si toute chose se déroulait sous son regard. Agissez dans cet esprit, et tout ira bien (…). Ceux qui se détourneront de la Loi et de la tradition pour emprunter une voie mauvaise, ceux qui ne se préoccupent que de leurs propres intérêts en aidant uniquement ceux qui leur plaisent et pas les autres, ceux qui sont indignes de confiance aujourd'hui et ne s'astreignent pas au bien, ceux-là n'atteindront pas leurs buts et seront châtiés par les Protecteurs. Réfléchissez sérieusement à ce que j'ai écrit, rejetez irrévocablement le mal et conformez-vous au bien. »
  235. a et b Deshayes 1997, p. 294-296
  236. Mullin, op. cit., p. 497.
  237. (en) Patricia Cronin Marcello, The Dalaï-Lama : A Biography, Greenwood Publishing Group, 2003, 173 p., p. 15 : « The Thirteenth Dalai Lama was embalmd, dressed in a gold brocade robe, and seated in the Lotus position on a golden throne in the Norbulingka […]. The people […] filed past the body to pay homage and lay katas at the departed ruler's feet ».
  238. Philippe Paquet, L'ABC-daire du Tibet :Dalaï-lama
  239. Claude B. Levenson La Chine envahit le Tibet : 1949-1959
  240. Deshayes 1997, p. 295
  241. Joëlle Dériré-Marchand : Les Mayas s’invitent au Salon du livre d’Île-de-France.
  242. Joëlle Désiré-Marchand, Alexandra David-Néel, Vie et voyages : Itinéraires géographiques et spirituels, Éditions Flammarion, 704 pages, p. 162.
  243. (en) Charles Bell, Tibet Past and Present, Motilal Banarsidass Publ., 1992, 376 p., p. 123 : « He is undoubtedly a man of strong character, and, though some may account him headstrong, a clear and consistent line of policy runs through all his actions ».
  244. (en) Charles Bell, Portrait of a Dalai Lama : the Life and Times of the Great Thirteenth, Wisdom Publications, 1987 (publié initialement sous le titre de Portrait of the Dalai Lama, Londres, Collins, 1946), p. 136 et 198 : « he was developing into, and later on became, an absolute autocrat in both the religious and the secular administration of Tibet », « The Dalai Lama was not only the autocrat of the State, he was the autocrat of the Church also. »
  245. Charles Bell, op. cit., p. 198 : « he was regarded as Tibet's patron deity, this gave the Dalai Lama an overpowering position in Tibet. »
  246. Charles Bell, op. cit., p. 197 : « The Dalai Lama was indeed an absolute dictator; more so as regards his own country than Herr Hitler and Signor Mussolini in theirs. »
  247. (en) Alex McKay, The History of Tibet: The modern period : 1895-1959, p. 33 : « Bell is, of course, discussing the extent of power, not the use of it. »
  248. Charles Bell, op. cit., p. 197 : « To gain his position he could not make use of oratory, as they did ; still less of the radio […]. But he had greater resources than either oratory or wireless. For he could reward or punish, both in this life and in future lives […]. The Dalai Lama can help to secure that you will be reborn as a human being in a high position, or, better still, as a monk or nun in a country where Buddhism flourishes. »
  249. (en) Robert Barnett, Lhasa: Streets with Memories, Columbia University Press, 2006, (ISBN 9780231136808), p. 21.
  250. a et b (en) Heather Spence, British Policy and the 'development' of Tibet 1912-1933, Doctor of Philosophy thesis, Department of History and Politics, Faculty of Arts, University of Wollingong [Australie], 1993, x + 362 p. : « The Nanking government saw in the Thirteenth Dalai Lama's death the opportunity to send a 'condolence' mission to Lhasa. When the mission returned to China, two liaison officers with a wireless transmitter remained at Lhasa. In a counter-move, a rival British Mission was quickly established by Hugh Richardson ».
  251. Thomas Laird, avec le Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Une histoire du Tibet : conversations avec le Dalaï Lama, Plon, 2007, (ISBN 2259198910), p. 293.
  252. Barraux 2002, p. 307
  253. (en) Christopher Hale, Himmler's crusade : the Nazi expedition to find the origins of the Aryan, John Wiley & Sons, 2003 : « in August 1936 the British sent the new political officer, Sir Basil Gould, on a mission to Lhasa. He was accompanied by Hugh Richardson and F. Spencer Chapman, his private secretary, and a military contingent […]. With him were Lieutenants E. Y. Nepean and S. G. Dagg of the Royal Corps of Signals. It was their job to set up a British wireless station in Lhasa to counter the Chinese radio left by Huang. »
  254. (en) Alex McKay, The Establishment of the British Trade Agencies in Tibet : A Survey, in Journal of the Royal Asiatic Society (1992), Third Series, 2, p. 399-421 : « After 1936 a mission was stationed in Lhasa. The last British official in Lhasa, Hugh Richardson, departed in 1950 following the Chinese invasion of Tibet ».
  255. Heather Spence, op. cit. : « He remained in Lhasa, the first white representative to function in the capital, from 1936-1940 and again from 1946, having held a number of offices in the intervening years. (…) He returned to Lhasa after the end of the war as British representative (...). »
  256. (en) The Fifth Reting Hutuktu Thubden Jampal Yeshe Tenpai Gyaltsen (1912-1947), sur le site HH RETING HUTUKTU : « During that time he constructed both the base and the main structure of the wish-granting auspicious golden memorial stupa […] of the 13th Dalai Lama Thubden Gyatso [...]. »
  257. (en) Attractions of the Potala, site TibetTravel.info : « The thirteenth Dalai Lama’s stupa chapel is the hall where the stupa of the Thirteenth Dalai Lama (1876-1933) is housed. People started to build his stupa after his death in the fall of 1933, so it's the latest building in Potala Palace. Taking three years, the stupa is comparable with the Great Fifth's stupa. It is 14 meters (46 feet) in height, which is only 0.86 metres lower than the Fifth Dalai Lama’s. Made of a large amount of silver, covered with about 600 kilograms of gold and studded with lots of coral, amber, agate, diamond and other precious jewelries. »
  258. Goldstein 1989, p. 421 : « Because of the need for English-educated officials to operate the wireless units, hydroelectric works, and other modern technology, the shapes, with the Chigyab Khembo Ngawang Tenzin, approached Tak-tra with a plan to open a school. He quickly agreed, rationalizing that such a school was merely an extension of the late Dalai Lama's policy. In January 1944, the Kashag asked the British Mission in Lhasa for help in finding a good headmaster; on their advice, RA Parker was hired. The new school was to combine Tibetan education for part of the day with English education for the remainder. […] The school was officially opened on 31 July. […] "Now it is necessary for us to continue the great idea and the important decisions of the late Dalai Lama. We are here to establish this school where one can study both Tibetan and English." ».
  259. Goldstein 1989, p. 421 : « A few aristocrats continued to send their children to India for schooling, and a few children of officials were tutored at the British Mission, but after 1926 there was no program to teach English in Tibet ».
  260. (en) Chinese Authorities Eliminating the 13th Dalai Lama's Home, Tibet Post, 16 juin 2011 : « Sources say that the demolition began on the 10th of June, and was completed within short time. Family members had earlier appealed to the Lhasa city government to protect [the residence] from demolition, but their calls went unheeded. The concerned city authorities stated that they were helpless to stop the demolition because the area fell under Chinese military control. »
  261. (en) 13th Dalai Lama's Home Demolished, Radio Free Asia, 15 juin 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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