Beur

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Page d’aide sur l’homonymie Pour les articles ayant des titres homophones, voir Beurre et Beure.

« Beur » (féminin « beurette ») est un néologisme qui désigne une personne née sur le territoire français dont les parents sont des immigrés d'Afrique du Nord, plus particulièrement du Petit Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie).

Ce terme est apparu dans la langue vernaculaire des cités dans les années 1980[1]. Il a ensuite été popularisé par Nacer Kettane co-fondateur et animateur en 1981 de la radio associative Radio Beur, puis, en 1982, dans un article de Mustapha Harzoun et Edouard Waintrop publié dans le quotidien Libération sous le titre Un petit Beur et des youyous. Le 3 décembre 1983, le terme apparaît en une de Libération à propos de la Marche pour l'égalité et contre le racisme : Paris sur "Beur", La marche des jeunes franco-arabes "pour l'égalité" traverse Paris. La Marche pour l'égalité et contre le racisme, rebaptisée Marche des Beurs[2] revendiquait une carte de séjour de dix ans et le droit de vote des étrangers. "Cette Marche qui a relié Marseille à Paris entre octobre et décembre 1983 est restée dans les mémoires notamment pour sa force symbolique : c'est la première fois que les descendants d'immigrés maghrébins interviennent sur la scène publique pour prendre la parole, un geste fort et porteur de beaucoup d'espoir quant à leur reconnaissance"[3].

En 1984, Jean Djemad et la chorégraphe Christine Coudun fondent une des premières compagnies de danse hip-hop qu'ils nomment Black Blanc Beur. L'expression black-blanc-beur sera reprise en 1998 à l'occasion de la victoire de l’équipe de France de football lors de la Coupe du Monde de football de 1998 et sera dès lors utilisée comme équivalent de "Multiracial", en parlant de la France.

Le terme a été créé en verlan, argot codé des banlieues qui procède à l’inversion des syllabes d'un mot de base, en inversant l’ordre des syllabes du mot "arabe : a-ra-beu, donnant beu-ra-a, puis, par contraction, "beur"[4].

Ce terme, progressivement rejeté par les jeunes issus de l'immigration maghrébine[5],[6], a été abandonné (seul son descendant, le mot "rebeu", verlan du verlan "Beur" est encore utilisé) et remplacé par le terme « musulman », «  générique fourre-tout où l'emporte finalement l'appartenance religieuse »[7].

Culture beur et discriminations[modifier | modifier le code]

Utilisé dans le langage courant pour désigner de façon « policée » une personne d'origine maghrébine, le terme beur peut être perçu comme ayant une connotation péjorative ou raciste du fait de sa proximité phonétique avec le lexème beurre[8]. Par ailleurs, il crée une distinction entre Français selon le lieu de naissance de leurs parents. Enfants d’immigrés, les Beurs sont parfois désignés par l'expression « immigrés de deuxième génération », en opposition aux « primo-arrivants »[9], ce qui est une antinomie : en effet, une personne née sur un territoire donné, n'est pas immigrée dans ce territoire.

Dans le langage administratif, on utilise le plus souvent l'expression plus neutre Français issu de l'immigration.

Selon certains auteurs, les Beurs auraient créé un ensemble de comportements, de modes de vie, des modes vestimentaires, une littérature, un cinéma avec ses films culte, de la musique, un humour etc., qui constitueraient la culture beur[10] espace supposé d'expression d'un mal-être de se sentir « partagé entre deux cultures », ainsi que de difficultés rencontrées dans leurs relation avec leur famille, souvent encore très marquée par leur pays d’origine, et la société française[11].

En littérature, selon Laura Reek, "La lutte pour la reconnaissance n’est pas finie, et des écrivains tels que Karim Amellal, Azouz Begag, Rachid Djaïdani, Faïza Guène ou Ahmed Kalouaz y sont encore engagés, chacun à sa façon. Car la diversité habite la diversité. De Lakhdar Belaïd à Mouloud Akkouche, d’Ahmed Kalouaz à Azouz Begag, de Farid Boudjellal à Ramdane Issad, de Tassadit Imache au duo frère-sœur Mabrouk Rachedi-Habiba Mahany…, on peut tout voir et tout lire. La littérature de la post-migration algérienne est aujourd’hui protéiforme : polar en banlieue, littérature de jeunesse, bande dessinée, roman philosophique, roman social, roman à deux, témoignage, autofiction, nouvelle… De par leur nombre et la variété de leurs écrits, les écrivains d’origine algérienne volent, aujourd’hui, de leurs propres ailes."[12]

Stéréotype de la beurette[modifier | modifier le code]

Dans Des Beurettes aux descendantes d’immigrants nord-africains, Nacira Guénif-Souilamas relève que la forme féminine de « beur » le terme « beurette » est « employé pour nommer les filles de migrants, et plus largement des jeunes femmes assignées à une culture et un environnement familial stigmatisés comme rétrogrades et machistes et dont il faudrait les sauver[13]. »

Porteuse d’une très forte charge érotique, le terme devient par la suite une figure récurrente du film pornographique français au début des années 2000, comme le relève Fatima Aït Bounoua « Tapez “Beurette” [dans Google] et là, vous aurez uniquement une liste de sites pornographiques… Et alors ? me direz-vous. Alors ? Le problème n’est pas l’existence de ces sites porno (bien sûr que non) mais le fait qu’il n’y ait que ces sites. Autrement dit, la Beurette est devenue, de fait, une catégorie sexuelle. Elle est classée parmi les autres catégories : «gros seins», «fétichiste», «partouze», etc. Étrange, non ?” ». Dans leur essai paru en 2013 Voiler les beurettes pour les dévoiler : les doubles jeux d’un fantasme pornographique blanc, les sociologues Éric Fassin et Mathieu Trachman approfondissent cette analyse en décryptant les trois éléments fantasmatiques de la figure clichée de la beurette : transgression religieuse (abandon de la religion par le dévoilement), domination raciale et domination sociale[13].

Selon le chercheur Nicolas Bancel, l'imagerie ethnographie des femmes indigènes photographiées nues, et souvent de manière grivoise, imprègne durablement l'imaginaire colonial. L'historienne Christelle Taraud rappelle qu'« une semaine après la conquête d’Alger, la France réglemente la prostitution pour mettre en place un marché du sexe » contribue aussi à fixer durablement dans les esprits un « imaginaire érotico-violent » qui perdure dans les productions pornographiques contemporaines[14].

Personnalités et groupes représentatifs de la culture beur[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnalités françaises sont présentées par les médias comme représentatives de la culture beur. On peut citer les auteurs Farida Belghoul[15], Azouz Begag[15] et Ramdane Issaad[16], le chanteur Rachid Taha[17], les acteurs Jamel Debbouze[18], Salim Kechiouche[19], Saïd Taghmaoui [20], Roschdy Zem[21] ou Leila Bekhti [22] les réalisateurs Mehdi Charef[23],[24] et Yamina Benguigui[25], les footballeurs Zinédine Zidane, Karim Benzema, Adil Rami, Hatem Ben Arfa et Samir Nasri[26], le président du R.C.T. Mourad Boudjellal[27] et des associations comme Ni putes ni soumises ou Kelma.

Certaines personnalités reprennent à leur compte le terme « beur », comme Smaïn, dont le premier one-man-show en 1986 est intitulé A Star is beur, le groupe Zebda (beurre, en langue arabe), créé après avoir joué dans le film Salah, Malik : Beurs[28], ou Rim'K, auteur et interprète de la chanson « Dans la tête d'un jeune Beur »[29], ou encore le rappeur et animateur de radio Lionel D et son morceau Pour toi le Beur sorti en 1990[30].

D'autres critiquent l'emploi du terme, comme le réalisateur Rachid Bouchareb[31] et le rappeur Ali qui le récusent[32], ou l'acteur Sami Bouajila qui le nuance[33].

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Bachmann et Luc Basier, "Le verlan : argot d'école ou langue des Keums ?", Mots les langages du politique, Vol 8, Numéro spécial. L'Autre, l'Etranger, présence et exclusion dans le discours., sous la direction de Gill Seidel, ENS éditions, mars 1984, p. 169-187.
  • Farida Belghoul, Georgette (roman), Paris, Barrault, 1986 (ISBN 2-7360-0050-1)
  • Jean-Marc Terrasse, Génération Beur etc : La France en couleurs, Paris, Plon, 1989 (ISBN 2-259-02052-6)
  • Alec G. Hargreaves, La littérature beur : Un guide bio-bibliographique, New Orleans : CELFAN Édition Monographs 1992
  • Michel Laronde, Autour du roman beur. Immigration et identité, L’Harmattan, 1993
  • Nacira Guénif-Souilamas, Des beurettes aux descendantes d'immigrants nord-africains, Grasset/Le Monde 1999.
  • Hafid Gafaïti, Cultures transnationales de France. Des « Beurs » aux… ? L’Harmattan, 2001
  • Nora Barsali, François Freland, Anne-Marie Vincent, Générations Beurs. Français à part entière, Éditions Autrement, 2003
  • Philippe Bernard, La crème des beurs. De l’immigration à l’intégration, Seuil, 2004
  • Stéphanie Marteau, Pascale Tournier, Black, blanc, beur... : La guerre civile aura-t-elle vraiment lieu ? Albin Michel, 2006 (ISBN 2-226-17496-6)
  • Yvan Gastaut (préface de Lilian Thuram), Le métissage par le foot: L'intégration mais jusqu'où ?, éditions Autrement 1er mai 2008.
  • (en) Alec G. Hargreaves, Voices from the North African Immigrant Community in France. Immigration and Identity in Beur Fiction. New York - Oxford: Berg 1991/1997
  • (en) Laura Reeck, Writerly Identities in Beur Fiction and Beyond. Lanham, MD: Lexington Books 2011
  • Laura Reeck, "La Littérature Beur et ses suites", Hommes et migrations, 1295|2012, 2014

Expressions[modifier | modifier le code]

  • « Beur ou ordinaire » : cette expression est détournée de la publicité pour le beurre (« beurre ou ordinaire »), diffusée à la fin des années 1980. La première fois que cette expression apparaît, c’est en 1991, dans « Armées d’Aujourd’hui » (mensuel du Ministère de la Défense), comme titre d’un article ; ce titre est créé par Jean-Pierre Steinhofer pour l’article dans lequel il dénonce le caractère discriminatoire de la politique nouvellement mise en place dans l’armée pour privilégier les appelés beurs pour la promotion dans les grades supérieurs d’appelés du contingent (caporal, caporal-chef et sergent) et pour l’attribution des permis de conduire. Cette expression est ensuite reprise dans le titre d’une pièce de théâtre créée en 2000 pour dénoncer le racisme.
  • « Black Blanc Beur » : expression vulgarisée dans les années 1990, pour désigner la France multi-ethnique (par comparaison au drapeau bleu, blanc, rouge) ; cette expression provient peut-être du titre Black and white blues, chanson de Serge Gainsbourg interprétée par Joëlle Ursull à l'Eurovision en 1990 (elle obtint la deuxième place); ou de la compagnie de danse hip hop du même nom créée par Jean Djemad et Christine Coudun en 1984 [34] .
  • Collabeur : néologisme popularisé par Lydia Guirous. Selon elle, les intégristes ne supportent pas les personnes comme elle, qui sont critiques vis-à-vis d'eux et qui sont d'origine musulmane. Ils sont considérés comme des traîtres et sont donc comparables aux « collaborateurs français sous l'Occupation. Comme ils restent aux yeux de certains français des « beurs », ils sont surnommés les « collabeurs » ou « colla-beurs ». Ce néologisme a été inventé par Marc Édouard Nabe le 13 août 2004[35]. Il se diffuse ensuite sur les réseaux sociaux[36],[37]. Lorsqu'il s’agit d’une femme, c'est « la pire des insultes. C’est bien pire que d’être une pute… C’est être une traîtresse qu’il faut punir et humilier en place publique comme cela a été tristement le cas à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour ces gens, toute personne d’origine maghrébine qui refuse le communautarisme et qui évolue avec un mode de vie français est un « collaborateur » ».
  • Dans son livre Histoire secrète de SOS Racisme, Serge Malik se définit comme un « faux beur », un « margarine ».
  • Le (la) « Beur de service » : expression utilisée pour désigner une figure emblématique utilisée dans certains média, celle d'un enfant d'immigré ayant réussi ses études et son « intégration », malgré les problèmes économiques de sa famille ; il s'agit d'une critique des média, mais l'expression est également parfois utilisée pour désigner un enfant d'immigrés ayant été nommé à un poste important en sous-entendant que sa nomination est plus due à son origine ethnique qu'à ses compétences.
« On ne me reconnaissait aucune compétence particulière, sinon celle d'être né Mourad. Mon identité me servait de brevet d'énarque. »
Mourad Ghazli, Ne leur dites pas que je suis français, ils me croient arabe, éd. Presses de la Renaissance, 2006
  • Un autre dérivé du terme a fait son apparition, par exemple les « beurgeois » (mot-valise, pour « beurs embourgeoisés »)
  • Un couple mixte franco-arabe est appelé jambon-beur[38],[39],[40]

Films[modifier | modifier le code]

Presse et médias[modifier | modifier le code]

Mots équivalents dans d'autres cultures[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Solé, « Black-blanc-rebeu », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  2. Antiracisme à travers les Unes de «Libé», Libération, 3 décembre 1983
  3. « Descendants d'immigrés maghrébins, éternel étrangers ? : la fabrique du mot "Beur" », sur franceculture.fr, (consulté le 11 juillet 2018)
  4. Christian Bachmann, Luc Basier,, Le verlan : argot d’école ou langue des Keums, Mots Les langages du politique, No 8, L'Autre, l'Etranger, présence et exclusion dans le discours., sous la direction de Gill Seidel, Lyon, E.N.S. Editions, , 232 p. (ISSN 0243-6450, lire en ligne), p. 169-187
  5. Gérard Noiriel, Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXe-XXe siècle): Discours publics, humiliations privées, Fayard, 2007
  6. Anne Dujin, « La "beurette", icône républicaine devenue objet sexuel », lemonde.fr, 9 décembre 2017.
  7. Descendants d'immigrés maghrébins, éternel étrangers ? : la fabrique du mot "Beur", France Culture, 25 mai 2018
  8. Propos d'étymologie sociale 2: Des mots en politique, Maurice Tournier, extrait: « (...) le terme, échappant au verlant originel, trouve dans certains discours de vieilles valeurs péjoratives, tant l'analogie avec notre beurre, dont les immigrés couvrent leurs tartines, est évidente »
  9. Une « question de la seconde génération » en France ? Le rôle de l'école dans la formation d'une identité minoritaire - par Patrick Simon [PDF]
  10. Jean-Marc Terrasse, Génération Beur etc. : la France en couleurs, Paris, Plon, (ISBN 2-259-02052-6, lire en ligne)
  11. SergeusMhuysqa, « La culture "beur" et ses modes d'expression », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  12. Laura Reeck, « La Littérature Beur et ses suite », Hommes et migrations 1295 | 2012,‎ mis en ligne le 31 décembre 2014, p. 120-129 (lire en ligne)
  13. a et b Carole Boinet, « Pourquoi la “Beurette” dérange-t-elle ? », lesinrocks.com, (consulté le 3 avril 2016)
  14. Sonya Faure, « Colonies : les racines d’un racisme nommé désir », sur liberation.fr, (consulté le 23 septembre 2018)
  15. a et b Habiba Sebkhi, « le cas de la littérature "beur" », Itinéraires et contacts de cultures, no 27,‎ 1er semestre 1999 (lire en ligne)
  16. Alec Hargreaves, « La littérature issue de l’immigration maghrébine en France : une littérature ‘mineure’ ? », sur LIMAG (consulté le 13 septembre 2010)
  17. Gilles Médioni, « Rachid Taha / Tékitoi? », L'Express, (consulté le 13 septembre 2010)
  18. Marianne Meunier, « Jamel Debbouze », Jeune Afrique, (consulté le 13 septembre 2010)
  19. « Sortie du nouveau TÊTU spécial Beurs », Têtu, (consulté le 23 septembre 2010)
  20. « Saïd Taghmaoui », allocine
  21. Mouna Izddine, « Un beur extraordinaire », Maroc Hebdo (consulté le 23 septembre 2010)
  22. Leïla Bekhti, « Leïla Bekhti : "Je ne veux pas jouer la beurette de service" - Closermag.fr » (consulté le 9 mars 2013)
  23. Patricia Toumi-Lippenoo, « La littérature beure », Africultures, (consulté le 13 septembre 2010)
  24. Fabrice Venturini, Mehdi Charef : conscience esthétique de la génération "beur", Paris, Séguier, 2005.
  25. Mouna Izddine, « Yamina, pionnière du cinéma beur », Maroc Hebdo (consulté le 13 septembre 2010)
  26. Suzanne, « Benzema, Nasri, Benarfa : ces beurs qui inquiètent la France », Le Buteur, (consulté le 3 octobre 2010)
  27. Laïdi Ali, « Toulon : aux bons Beurs du FN », L'Express, (consulté le 13 septembre 2010)
  28. François Alvarez, « Zebda, biographie », MTV, (consulté le 13 septembre 2010)
  29. Dans son album L'Enfant du pays, 2004.
  30. Pierre-Antoine Marti, Rap 2 France : les mots d'une rupture identitaire, L'Harmattan, (ISBN 2-7475-9576-5, lire en ligne)
  31. « Rachid Bouchareb - Cinémathèque française », BiFi (consulté le 23 septembre 2010)
  32. « Interview Ali », Abcdr du son, (consulté le 23 septembre 2010)
  33. « Sami son œuvre », Les Inrockuptibles, (consulté le 23 septembre 2010)
  34. http://www.blackblancbeur.fr/
  35. Lecture du texte sur les Collabeurs par Marc Edouard Nabe
  36. tribune de 2007 sur agoravox
  37. Le monde 8 janvier 2014
  38. Jambon-beur Les couples mixtes BD de Farid Boudjellal
  39. The Star, the Cross, and the Crescent: Religions and Conflicts in Francophone litterature from the Arab world de Carine Bourget page 62
  40. Encyclopedia of Contemporary French Culture de Alexandra Hughes et Keith A Reader page 66
  41. Karim Bourtel, « L’armée s’ouvre timidement aux Beurs », sur Le Monde diplomatique,