Rachid Taha

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Rachid Taha
Description de cette image, également commentée ci-après
Rachid Taha en 2011.
Informations générales
Naissance
Sig, wilaya de Mascara, Drapeau de l'Algérie Algérie
Décès (à 59 ans)
Les Lilas, Seine-Saint-Denis, Drapeau de la France France
Activité principale Chanteur
Genre musical Rock, raï chaâbi, techno, rock 'n' roll, punk[1],[2]
Années actives 1980 - 2018
Labels Naïve
Site officiel http://rachidtahaofficial.com/

Rachid Taha (arabe : رشيد طه), né le à Saint-Denis-du-Sig (aujourd'hui Sig) et mort le aux Lilas (Seine-Saint-Denis), est un chanteur algérien ayant résidé durant la majorité de sa vie en France. Sa musique est inspirée par différents styles, tels que le raï, le chaâbi, la techno, le rock 'n' roll et le punk.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Le père de Rachid Taha est originaire de Sidi Aïch (dans la région de Béjaïa) et sa mère est originaire de Mascara[3]. Il déménage pour l'Alsace à Sainte-Marie-aux-Mines, avec ses parents en 1968, puis vit quelque temps à Lépanges-sur-Vologne dans les Vosges[4] où, élève turbulent, il est mis chez les sœurs par sa famille[5] au lycée Jeanne d'Arc de Bruyères. À cette époque, il apprend réellement à écrire l'arabe et parler l'arabe littéraire, notamment en écoutant les chansons d'Oum Kalsoum[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Après des études de comptabilité[6] et différents petits boulots, Rachid Taha s'installe à Rillieux-la-Pape, où il travaille à l'usine Thermix. Il y rencontre Mohammed et Moktar Amini[5], et il forme avec eux en 1981 le groupe Carte de séjour qui prendra sa forme définitive avec l'arrivée en 82 de Jérôme Savy, prônant l'intégration et la tolérance envers les immigrés (ils participent notamment à la Marche pour l'égalité et contre le racisme de Marseille à Paris [5]) et sortant un premier album intitulé Rhorhomanie en 1984. En 1982, il ouvre également une boîte de nuit nommée Au Refoulé dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon[5]. En 1986, Taha et Carte de séjour ont défrayé la chronique en reprenant Douce France, une chanson que Charles Trenet interprétait en 1943 pour soutenir le moral des prisonniers français et des jeunes gens réquisitionnés pour le STO dans les territoires du Troisième Reich[7]. Le texte de la chanson fut distribué aux députés de l'Assemblée nationale. Le groupe se dissout en 1989 et Rachid Taha entame une carrière solo avec la sortie de son premier album Barbès en 1991[8].

En mai 1998, il sort Diwân qui compile des compositions chaâbi de Dahmane El Harrachi (Ya Rayah), de Hadj El Anka, de Akli Yahyaten, ainsi que Nass El Ghiwane et Farid El Atrache. Rachid Taha revendique fréquemment l'héritage de Cheikha Rimitti, dont il a repris de nombreux rythmes et mélodies. Quelques mois plus tard, en novembre 1998, il sort l'album live 1, 2, 3 Soleils en compagnie de Khaled et Faudel (notamment sur les tubes Ya Rayah et Abdel Kader)[9]. Il devient un chanteur mondialement connu notamment avec le titre Ya Rayah[10]. En février 1999, une réédition de l'album comprend deux titres supplémentaires dont la reprise de la chanson Comme d'habitude de Claude François[11].

En 2004, il sort l'album Tékitoi, qui reçoit un bon accueil dans la presse en France[12] et aux États-Unis[13]. Cet album reprend le tube Rock the Casbah du groupe punk britannique The Clash, dans une adaptation Rock el Casbah qui fut unanimement acclamée[13],[14] : Mick Jones ayant déclaré préférer la version de Taha[4], qu'ils ont chantée ensemble plusieurs fois sur scène, notamment lors d'une session de l'émission Taratata sur France 4[15].

En 2008, Rachid Taha interprète le rôle principal de Là où je pense, un court-métrage réalisé à l'occasion de la collection Écrire pour un chanteur, lancée par Canal+. Cette même année, il collabore avec Rodolphe Burger pour le titre Arabécédaire et publie son autobiographie, Rock la Casbah[16].

Dans deux interviews publiées en 2006 et 2007, Rachid Taha a signalé avoir entrepris des démarches en vue d'obtenir la nationalité française[17],[5], et déclare en 2010 « se sentir totalement français »[18]. Pourtant dans Rock la Casbah, publié en 2008, il affirme n'avoir jamais voulu demander la nationalité française en mémoire de son oncle tué par les militaires français pendant la guerre d'Algérie[19]. En 2012, il assure ne toujours pas avoir la nationalité française[20].

Rachid Taha en concert lors du festival Couleur Café de 2007 (Bruxelles).

En 2013 sort son neuvième album solo, Zoom produit par Justin Adams[21], qui contient notamment des hommages à Elvis Presley et Oum Kalsoum. Avec cet album, Rachid Taha fait encore une fois le tour du monde en donnant des concerts[22]. Il s'entoure de nouveaux musiciens : Maxime Delpierre (guitare), Juan de Guillebon (basse) et Kenzy Bourras (claviers). Les autres, fidèles au chanteur, complètent l'équipe : Guillaume Rossel (batterie), Idriss Badarou (basse) et Hakim hamadouche (mandoluth).

En 2015, Rachid Taha écrit en collaboration avec Kenzy Bourras des musiques de films français et fait aussi des apparitions dans ces films[23]. En 2016, Rachid Taha reçoit un trophée des Victoires de la musique pour l'ensemble de sa carrière[24]. En 2017, tout en donnant des concerts, il s'associe avec son ami Rodolphe Burger et crée le groupe CousCous Clan[25]. Un nouveau batteur, Franck Mantegari, remplace Guillaume Rossel à ses côtés. En 2018, il se produit à l'Institut du monde arabe à Paris pour donner un concert unique en hommage à Dahmane El Harrachi[26].

Rachid Taha a beaucoup collaboré avec le guitariste britannique Steve Hillage du groupe Gong, ce dernier a produit 8 de ses albums en plus de jouer la guitare et de s'occuper du mixing sur plusieurs d'entre eux[27].

Maladie et mort[modifier | modifier le code]

Rachid Taha souffrait de la maladie d'Arnold Chiari, diagnostiquée en 1987, à l'âge de 27 ans[28]. Il déclare : « J’en ai marre que les gens me prennent pour quelqu’un de « bourré » sur scène. Alors que ce sont les symptômes de la maladie d’Arnold Chiari. Je titube, car je perds l’équilibre. Je vacille. Cela génère un dérèglement dans le corps. »[29]

Rachid Taha meurt dans son sommeil dans la nuit du 11 au 12 septembre 2018, aux Lilas (Seine-Saint-Denis)[30],[31], des suites d’une crise cardiaque[32].

Il est enterré à Sig[33]. Ses amis lui ont rendu un hommage à Paris alors que la mort de l’artiste continuait de susciter de nombreuses réactions en France, pays où il est arrivé à l’âge de 10 ans[34],[5].

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Rachid Taha.

Avec Carte de séjour[modifier | modifier le code]

En solo[modifier | modifier le code]

Albums en public[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Rachid Taha a composé quelques bandes originales pour le cinéma ou la télévision :

Il a également joué dans quelques films et téléfilms :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvain Siclier, « Rachid Taha, le punk du raï, est mort », sur lemonde.fr,
  2. « Rachid Taha a donné chair aux combats d'une génération », sur humanite.fr,
  3. Taha Rachid sur www.arab-art.org
  4. a b et c Rachid Taha, à bâtons rompus dans l'émission Décibels du 17 mai 2008 sur France Culture.
  5. a b c d e et f Douce transe dans Libération du 20 mars 2007
  6. Anne-Laure Herbet, « Rachid Taha, l'artiste, qui a grandi en Alsace, est mort d'une crise cardiaque à 59 ans », sur francetvinfo.fr, .
  7. Manuel Perreux, « Le véritable sens de la reprise de "Douce France" par Rachid Taha n’a rien de doux », sur slate.fr,
  8. « Rachid Taha : qui se souvient ? », sur liberation.fr,
  9. « Décès de Rachid Taha : 1, 2, 3 Soleils, ce phénomène raï qui a fait danser la France », sur rtl.fr,
  10. « Rachid Taha et les Trans Musicales, une histoire d’amour », sur ouest-france.fr,
  11. « Mort de Rachid Taha, chanteur du métissage musical », sur lemonde.fr,
  12. « Tékitoi », sur lesinrocks.com,
  13. a et b (en) Shock the Casbah, Rock the French (and Vice Versa) dans The New York Times du 13 mars 2005.
  14. « Rachid Taha, c’était le rockeur de la Casbah », sur leparisien.fr,
  15. Rock el Casbah à Taratata sur France 4 (vidéo)
  16. Avec Dominique Lacout, aux éditions Flammarion.
  17. Emmanuel Marolle|, « Rachid Taha : "Français tous les jours et algérien pour toujours" », sur leparisien.fr,
  18. Hervé Dols, « Entretien avec Rachid Taha », L'œil paca.fr, hiver 2010-2011
  19. Rachid Taha, Rock la Casbah, éditions Flammarion, page ???[précision nécessaire] 2008
  20. Jules Crétois, « L'Interrogatoire à Rachid Taha », sur babelmed.net,
  21. Rachid Taha : « La République a baissé les bras » sur Mondomix le 2 avril 2013.
  22. « Zoom, Rachid Taha », sur telerama.fr
  23. « Rachid Taha », sur allocine.fr
  24. « L’engagé Rachid Taha, ambassadeur de la musique chaâbi et de la scène rock, en cinq chansons », sur europe1.fr,
  25. « Couscous Clan », sur histoire-immigration.fr,
  26. « Rachid Taha chante Dahmane El Harrachi », sur imarabe.org,
  27. « Violons du Caire, funk et ordinateurs. Steve Hillage, le directeur artistique, explique sa démarche de mariage des genres », sur liberation.fr,
  28. « Mort de Rachid Taha : le chanteur souffrait d'une maladie rare depuis 30 ans », sur femmeactuelle.fr,
  29. « Rachid Taha souffrait de la maladie d’Arnold Chiari : Courage et dignité | El Watan », El Watan,‎ (lire en ligne)
  30. « Décès de Rachid Taha, rock star made in France », sur lefigaro.fr,
  31. « Le chanteur Rachid Taha est mort », sur huffingtonpost.fr,
  32. « Le chanteur Rachid Taha est décédé », sur leparisien.fr,
  33. « Le chanteur Rachid Taha enterré en Algérie sur la terre de ses ancêtres », sur jeuneafrique.com,
  34. « Hommage à Rachid Taha - Hassina Mechaï : "Il revient à ma mémoire" », sur afrique.lepoint.fr,

Liens externes[modifier | modifier le code]

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