Unités de montagne de la Gendarmerie nationale

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Unités de montagne de la Gendarmerie nationale
Image illustrative de l'article Unités de montagne de la Gendarmerie nationale
Écusson des unités de montagne

Création 1958
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Logo Gendarmerie Nationale Francaise.jpg Gendarmerie nationale
Rôle Secours en montagne

Surveillance du milieu montagnard

Police Judiciaire et Renseignement en montagne

Police Militaire et Police aux Armées pour les troupes de montagne

Défense militaire en montagne

Fait partie de Gendarmerie départementale
Composée de UCTM, CNISAG, 16 PGHM, 5 PGM
Départ d'une équipe de secours en hélicoptère H145
Assistance à un randonneur égaré à l'aide de l'application GendLoc - PGHM de La Réunion

Les pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et pelotons de gendarmerie de montagne (PGM) sont des unités de la gendarmerie nationale française spécialisées dans le secours aux victimes en milieu périlleux : la montagne. Ces unités exercent également d'autres missions en rapport avec cet environnement.

Présentation[modifier | modifier le code]

Les pelotons de gendarmerie de haute montagne, ou PGHM, ont été créés à la suite d'un tragique accident. En effet, le 22 décembre 1956, deux jeunes hommes, un Parisien et un Belge commencent l'ascension hivernale du mont Blanc par l'éperon de la Brenva. La météo se dégrade rapidement et les deux hommes se retrouvent bloqués sur un sérac, au milieu d'une tempête. Ils sont suivis à la jumelle depuis le sommet, à la longue vue depuis Chamonix. Leur calvaire de cinq jours est suivi par près de 200 journalistes, français et belges. Les professionnels de la montagne déclarent ne pas vouloir risquer leur vie pour des inconscients. Lionel Terray organise alors une caravane de secours. Lors d'une brève accalmie, un hélicoptère de l’armée française, avec quatre membres d'équipage tente de sauver les deux alpinistes, mais il s'écrase dans le massif. Lionel Terray décide alors de sauver en priorité l'équipage de sauvetage. À cause du mauvais temps et des importants moyens militaires envoyés en Algérie, le 3 janvier 1957 les autorités décident d'abandonner les secours. Ce n'est finalement que le 20 mars 1957 que les deux corps sans vie des alpinistes sont découverts. En 1958, les autorités déclarent la création d'unités spécialisées pour l'assistance et le secours aux victimes en montagne. Le premier de ces centres du Groupe spécialisé de haute montagne (GSHM) est installé à Chamonix[1].

L'action de la gendarmerie en montagne repose essentiellement sur des unités spécialisées chargées de missions de secours et de police judiciaire. La gendarmerie nationale possède des unités spécialisées, les Pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et des Pelotons de gendarmerie de montagne (PGM).

Ces pelotons sont composés de gendarmes formés au Centre national d'instruction au ski et à l'alpinisme de la gendarmerie (CNISAG) implanté à Chamonix[2]. La formation du personnel spécialisé « montagne » comprend, dans une première partie, des cycles de formation militaire, techniques et spécifiques, dans une seconde partie, des cycles de formation du diplôme d'État d'alpinisme (guide de haute montagne) et du diplôme d'État de ski alpin, et, dans une dernière partie, des stages de formation au sauvetage en montagne, au commandement et à la gestion de crise.

Les PGHM sont implantés dans la plupart des départements des massifs alpins et pyrénéens ainsi qu'en Corse et sur l'île de La Réunion. Ils ont une compétence territoriale étendue au département et, en tant que de besoin, aux massifs sur lesquels ils ont vocation à intervenir. Ils sont spécialement destinés aux missions de secours, aux enquêtes judiciaires concomitantes et à l'exercice de la police administrative.

Les PGM sont situés dans les Vosges, le Jura et le Massif central. Ils disposent d'une compétence territoriale et exercent des missions identiques aux PGHM. Seules les dotations en matériels diffèrent.

L'action de la gendarmerie repose aussi sur des brigades territoriales (brigades de montagne et de haute montagne) qui doivent pouvoir exercer leurs missions quelles que soient les conditions atmosphériques sur l'étendue de leur circonscription, et qui peuvent participer à des missions d'aide et d'assistance. Ces unités reçoivent également le renfort saisonnier, en été et en hiver, d'escadrons de la gendarmerie mobile (escadrons spécialisés « montagne ») dans les stations de sport d'hiver et d'altitude.

Le 1er août 2014, l'unité de coordination technique montagne (UCTM) est créée à Chamonix. Cette unité, composée d'officiers, ayant l'expérience du commandement de PGHM et de gradés supérieurs de la spécialité montagne, dépend directement de la Direction nationale de la Gendarmerie nationale. Ses missions s'inscrivent dans une logique de démarche qualité et de réduction des risques et consistent à appuyer les unités spécialisées montagne (CNISAG, PGHM et PGM) de la gendarmerie et à les évaluer.

Effectifs[modifier | modifier le code]

Un Eurocopter EC 145 de la Gendarmerie nationale aux Monts d'Olmes
Hélicoptère de secours de la gendarmerie française en action sur le massif du Sancy

La gendarmerie compte environ 280 militaires (20 officiers et 260 sous-officiers de gendarmerie) spécialistes « montagne » répartis dans 22 unités :

  • 16 pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) :
Ville Département Situation
Chamonix Haute-Savoie Massif du Mont-Blanc
Briançon Hautes-Alpes Oisans, massif des Ecrins, massif des Cerces
Grenoble Isère Alpes
Bourg-Saint-Maurice Savoie Alpes
Modane Savoie Alpes
Annecy Haute-Savoie Alpes
Jausiers Alpes-de-Haute-Provence Alpes
Saint-Sauveur-sur-Tinée Alpes-Maritimes Alpes
Pierrefitte-Nestalas Hautes-Pyrénées Pyrénées
Bagnères-de-Luchon Haute-Garonne Pyrénées
Oloron-Sainte-Marie Pyrénées-Atlantiques Pyrénées
Savignac-les-Ormeaux Ariège Pyrénées
Osséja Pyrénées-Orientales Pyrénées
Corte Haute-Corse Corse
Ajaccio Corse-du-Sud Corse
Saint-Denis La Réunion La Réunion
  • 5 pelotons de gendarmerie de montagne[3] (PGM) :
Ville Département Situation
Xonrupt-Longemer Vosges Massif des Vosges
Hohrod[4] Haut-Rhin Massif des Vosges
Morez Jura Massif du Jura
Murat Cantal Massif central
Le Mont-Dore Puy-de-Dôme Massif central

Missions des spécialistes montagne[modifier | modifier le code]

Départ d'une équipe de secours - PGHM de La Réunion

À travers toutes ces unités, la gendarmerie participe, soit à titre exclusif, comme à Chamonix, soit en collaboration avec les CRS ou les services de sécurité civile et sapeurs-pompiers, aux plans départementaux de secours en montagne.

Elle exerce trois types de missions :

  • missions de police administrative consistant en missions de police-liaison, en missions de veille au respect des réglementations : environnement, sécurité d'activités, etc. et en missions de secours (surveillance, prévention, information, secours et assistance) ;
  • missions de police judiciaire, une procédure judiciaire étant établie lors d'accident ayant entraîné une atteinte corporelle ou la mise en cause d'un professionnel de la montagne. En dehors de ces cas, un procès-verbal de renseignement judiciaire. Cette mission peut également s'exercer lors des enquêtes diligentées à la suite de catastrophe et bien sûr lors de crimes ou délits en montagne ;
  • missions militaires : renseignements aux autorités militaires, présence militaire, interventions directes, police aux armées et police militaire pour les troupes en et de montagne. Les personnels peuvent être détachés pour constituer des « prévôtés montagne » ou des unités à techniques de police ou/et de secours en milieu montagnard pour des forces militaires ou sous mandat militaire.
Nissan NP 300 de la gendarmerie nationale

Plus concrètement, ses missions sont :

  • secourir les personnes en difficulté,
  • rechercher les personnes disparues ou décédées,
  • contrôler le respect des diverses réglementations et constater les infractions,
  • surveiller le secteur montagneux,
  • participer aux commissions de sécurité (refuge, domaine skiable, ouvertures de route…),
  • prévenir les accidents et informer le public,
  • mener les enquêtes consécutives à des accidents en montagne,
  • réaliser des expertises et des missions de renseignements au profit des magistrats et des divers autorités civiles ou militaires,
  • si le besoin se présentait : pour le domaine militaire sur le territoire : accueillir les troupes en montagnes, les renseigner et y effectuer la police ou/et intervenir directement.

Combattants, ces gendarmes sont surtout des secouristes mais aussi des enquêteurs qui opèrent en étroite collaboration avec d’autres intervenants (gendarmes pilotes d’hélicoptère, pilotes de la sécurité civile, gendarmes maîtres de chiens, médecins, etc.)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Langenieux-Villard, Jean Guibal, Les 100 mots des Alpes, Presses Universitaires de France, , p. 57.
  2. « Centre national d'instruction au ski et à l'alpinisme de la gendarmerie (CNISAG) » sur le site de la gendarmerie nationale
  3. « http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/cegn/content/download/716/7338/file/PGM.pdf », sur http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr (consulté le 29 avril 2015)
  4. En remplacement de Munster depuis 2012 : Peloton de gendarmerie de montagne du Haut-Rhin

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]