Lionel Terray

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Lionel Terray

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Biographie
Nationalité Drapeau de la France France
Naissance 25 juillet 1921,
Grenoble
Décès (à 44 ans),
arêtes du Gerbier dans le massif du Vercors
Carrière
Discipline(s) Alpinisme
Compagnon(s) de cordée Louis Lachenal
Ascension(s) notable(s) première répétition de la face nord de l'Eiger, première ascension du Fitz Roy, du Makalu et du Jannu

Lionel Terray est un alpiniste français né le à Grenoble et mort le aux arêtes du Gerbier dans le massif du Vercors. Il constitue, avec Louis Lachenal, l'une des meilleures cordées françaises de l'après-guerre, réalisant notamment la première répétition de la face nord de l'Eiger en 1947. Il participe en 1950 à l'expédition française à l'Annapurna, première conquête d'un sommet de plus de 8 000 mètres. Il mène par la suite de nombreuses expéditions dans le monde, réussissant notamment les premières ascensions du Fitz Roy en Patagonie, ainsi que du Makalu et du Jannu dans l'Himalaya.

Il est aussi l'auteur d'un des plus célèbres ouvrages de récits d'alpinisme : Les Conquérants de l'inutile.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Lionel Terray naît le à Grenoble, dans le quartier Saint Laurent. Originaire d'une famille aisée[1] qui aurait aimé le voir progresser dans d'autres professions que celle de guide de haute montagne[réf. nécessaire].

Ses débuts en montagne sont très précoces : à trois ans et demi, il chausse les skis pour la première fois[2]. À 5 ans, il se blesse en escaladant des rochers dans le parc de la maison de ses parents[1].

Il passera toute son enfance et son adolescence à braver les interdits parentaux et ceux du collège pour aller grimper en montagne. À 11 ans, il réalise ses premières ascensions — faciles — à proximité de Grenoble. Il découvre Chamonix à l'âge de 12 ans où son père est envoyé suite à une maladie. Il gravit le Belvédère, traverse la Mer de Glace, le glacier des Bossons, puis monte au refuge du Couvercle. L'un de ses cousins, officier à l'École militaire de haute montagne, le conduit à l'aiguillette d'Argentière, sur la face Sud-est du Brévent, aux Grands Charmoz et à la Petite Aiguille Verte[1].

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est à Chamonix. Il effectue, à l'été 1940, une course sur l'arête sud du Moine, qui va sceller sa passion pour l'alpinisme. Au cours de l'hiver 1940-1941, il remporte de nombreux succès en ski alpin. Il se classe deuxième ou combiné descente-slalom et troisième au combiné quatre épreuves au championnat de France cette année-là[1].

Dans les années 1940, il s'installe comme agriculteur dans la vallée de Chamonix[1].

Carrière d'alpiniste[modifier | modifier le code]

En , il entre à Jeunesse et Montagne, une formation militaire dans laquelle il rencontre Gaston Rébuffat[1].

« La conversation nous amena à parler de nos projets ; les siens me parurent complètement extravagants !… Sa conception de l'alpinisme, aujourd'hui courante, était très en avance sur son époque, et pour moi entièrement nouvelle. »

Il se marie en 1942 avec Marianne (une institutrice de Saint-Gervais-les-Bains), et complète l'hiver les revenus de la ferme avec les gains des saisons de ski.

Il participe à la guerre avec la fameuse Compagnie Stéphane[1] à ski sur le front de Maurienne.

En 1945, l'alpinisme devient toute sa vie. Il est instructeur à l'École de Haute Montagne puis, l'hiver, moniteur de ski[1] et, par la suite, guide, un choix profondément réfléchi afin de garder son indépendance et de ne point être sous le diktat de chefs... enfin libre.

« Né au pied des Alpes, ancien champion de ski, guide professionnel, alpiniste de grande course, membre de huit expéditions dans les Andes et l'Himalaya, j'ai consacré toute ma vie à la montagne, et, si ce mot a un sens, je suis un montagnard. »

À cette époque, Lionel réalise ses premières courses avec Louis Lachenal[1], c'est le début de grandes épopées sur les plus grandes faces des Alpes et notamment les faces nord des Grandes Jorasses et de l'Eiger[1].

En 1946, Lionel Terray devient instructeur de ski à l'ENSA. Puis, il quitte la France pour le Québec, prenant alors la casquette d'entraîneur de l'équipe nationale de ski.

La tombe de Lionel Terray au cimetière de Chamonix-Mont-Blanc.

Il revient en France en 1949 et s'installe finalement comme guide indépendant[1].

En 1950, il participe à la célèbre expédition française à l'Annapurna[1], aux côtés de Maurice Herzog, Louis Lachenal, Gaston Rébuffat, Marcel Ichac (cinéaste), Jean Couzy, Marcel Schatz, Jacques Oudot (médecin), Francis de Noyelle (diplomate), Adjiba (Sherpa).

En 1952, il réalise, avec Guido Magnone, la première ascension du Fitz Roy, montagne considérée encore aujourd'hui comme une des plus difficiles au monde.

Peu de temps avant son décès, un reportage spécial de l'émission Les Coulisses de l'exploit fut consacré à son ascension du mont Huntington, en Alaska, film dont il est le narrateur principal.

Le , avec son ami Marc Martinetti, Lionel Terray fait une chute mortelle à la fissure en Arc de Cercle[3], aux Arêtes du Gerbier, dans le Vercors. Sa tombe se trouve à Chamonix.

« Si vraiment aucune pierre, aucun sérac, aucune crevasse ne m'attend quelque part dans le monde pour arrêter ma course, un jour viendra où, vieux et las, je saurai trouver la paix parmi les animaux et les fleurs. Le cercle sera fermé, enfin je serai le simple pâtre qu'enfant je rêvais de devenir… » C'est ainsi qu'il conclut Les Conquérants de l'inutile.

Aujourd'hui, un collège est nommé en son honneur, à Meylan, ainsi qu'un certain nombre de gymnases à travers la France. Plusieurs rues portent également son nom (notamment à Seyssins, Voiron, Oullins, Bron, Mions, etc.).

Ascensions marquantes[modifier | modifier le code]

Ouvrages et films[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l A. Berbesa, Biographie de Lionel Terray
  2. L. Terray admet cependant « Le souci d'objectivité m'oblige à penser que [mon comportement] a dû ressembler à celui de la grande majorité des enfants de cet âge et s'est borné à quelques minuscules glissades, ponctuées de chutes et de pleurs. » Les Conquérants de l'inutile. Coll. 1000 soleils. p. 18
  3. Gerbier : Fissure en Arc de Cercle, camptocamp.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • La Voie Terray documentaire de Gilles Chappaz, 2007 (trailer sur TVmountain)
  • Lionel Terray, archive INA, 20 octobre 1965

Liens externes[modifier | modifier le code]