Paul Janet (philosophe)

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Paul Janet
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Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Paul-Alexandre-René JanetVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Paul Janet, né à Paris le et mort à Paris le , est un philosophe français. Il devient professeur de philosophie morale à Bourges (1845-1848), à Strasbourg (1848-1857), puis de logique au lycée Louis-le-Grand à Paris (1857-1864). À partir de 1864, il occupe la chaire de philosophie à la Sorbonne. Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

Ses travaux concernent essentiellement la philosophie, la politique et l'éthique en s'inscrivant dans la lignée de l'éclectisme de Victor Cousin[1] et, à travers lui, de Hegel.

On lui doit en outre (avant Bergson) des considérations novatrices sur la durée de la vie. Il postule l'idée selon laquelle le temps passe plus vite au fur et à mesure que l'on grandit, cela étant dû au fait que l'homme a une vision subjective de la temporalité. Concrètement, le temps passe plus vite car « lorsque l’on a 10 ans, une année représente 10 % de notre vie, et semble vraiment une durée très longue. En revanche, à 50 ans, une année ne représente plus que 2 % de notre vie, et peut sembler durer 5 fois moins longtemps »[2].

Dans son œuvre principale, La Morale, il développe une philosophie éthique qu'il qualifie lui-même d'eudémonisme rationnel « opposé d'un côté à l'eudémonisme utilitaire, et de l'autre au formalisme trop abstrait de la morale de Emmanuel Kant, mais en même temps les conciliant l'un et l'autre »[3]. Antonin-Gilbert Sertillanges reprendra à son compte cette conception[4]. Paul Janet qualifie également sa doctrine de déontologisme en le reliant cependant à un éclectisme éthique visant à concilier aussi bien Aristote que Kant ou John Stuart Mill.

Pour y parvenir, il part du principe selon lequel le bien moral suppose un bien naturel qui lui sert de fondement. Ce bien naturel n'est pas le plaisir mais l'excellence, ce qu'il y a de meilleur dans les biens extérieurs, puis dans le corps humain, puis dans l'âme. Et ce qu'il y a de meilleur dans l'âme est « la personnalité, c'est-à-dire la volonté raisonnable » en tant qu'elle s'unit avec la personnalité des autres hommes dans la fraternité et avec des biens impersonnels comme le beau, le vrai, le saint[5]. La distinction entre bien et plaisir signifie que tout plaisir n'est pas forcément un bien mais non que tout bien ne soit pas un plaisir en quelque façon. Il y a du plaisir à agir comme le voulait Aristote et l'action excellente apporte donc le plaisir le plus élevé, ce qui revient au bonheur, de sorte qu'il n'y a pas à opposer comme Kant la valeur morale et la nature humaine, ce qui serait contradictoire, mais plutôt à les accorder comme l'ont compris, selon Janet, les utilitaristes comme Bentham ou Mill. Seulement le bonheur n'est pas comme le pense Bentham le résultat d'un calcul aboutissant à combiner un maximum de plaisirs, c'est « la plus haute joie, le plus pur plaisir ».

Mais cette doctrine du bonheur est aussi une doctrine du devoir, c'est-à-dire de la loi qui consiste à chercher notre perfection, notre plus haut accomplissement moral possible qui est aussi le bonheur comme joie la plus haute. Comme le bien moral découle du bien naturel, « le devoir consiste à faire le bien. - Le bien consiste à faire son devoir. En d'autres termes, le devoir consiste à rechercher ce qui est naturellement bon ; et l'acte moralement bon est celui qui est fait par devoir. » ce qui s'accorde avec la doctrine morale de Kant.


Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Janet, La Morale, Préface, p. XIII
  2. « Pourquoi le temps semble passer plus vite avec l'âge ? - SciencePost » (consulté le 31 juillet 2015)
  3. La Morale, Préface, p. XII
  4. La revue des deux mondes, 1911, tome 4, p. 604
  5. La Morale, Préface, p. VII

Liens externes[modifier | modifier le code]

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