Nordpresse

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Nordpresse
Logo de Nordpresse
Logo de Nordpresse.

Adresse nordpresse.be
Slogan « Les infos que vous aimez bien »
Commercial  Oui
Publicité  Oui
Type de site Information parodique, parfois qualifiée de trompeuse
Langue Français
Inscription  Non
Siège social Bruxelles
Drapeau de la Belgique Belgique
Propriétaire ASBL NP Infos
Créé par Vincent Flibustier (nom de plume)
Classement Alexa 68,828 (classement global, avril 2022)
État actuel Actif

Nordpresse (par opposition à Sudpresse) est un site d'information parodique belge. Commençant par parodier Sudpresse, le site utilise également des noms de domaines ressemblant à ceux de médias français pour crédibiliser ses informations. Sa ligne éditoriale reprend les grandes lignes de l'actualité polémique qui fait réagir sur internet.

Plusieurs médias français pointent des ambiguïtés de la part du site web, certaines de ses publications s'éloignant selon eux de la parodie pour se rapprocher de la tromperie volontaire ou du canular dénué d'aspects humoristiques. Selon le fondateur de Nordpresse, c'est un moyen d'éduquer ses lecteurs et de leur apprendre à ne pas se faire piéger.

Histoire et évolution du site

Le site est fondé en avec la volonté de parodier les journaux publiant uniquement des faits divers et « une certaine presse qui ne se gêne pas pour faire des articles vraiment bas de plafond »[1].

Dirigé par Vincent Flibustier, un animateur radio, blogueur, journaliste[2] conférencier et formateur[3] belge né en 1990, le site a connu plusieurs statuts juridiques. Il a été administré par la SPRL Nordpresse Productions[4], puis par une société basée en Estonie[5]. Depuis juillet 2021, l'ASBL NP Infos prend en charge la gestion du site[6] sous l’administration de Vincent Flibustier[7]. Nordpresse publie des articles satiriques et parodiques, des billets et des publireportages.

Selon Vincent Flibustier, Nordpresse a été créé lors d'un « petit élan de colère un soir » après avoir lu un article de SudPresse qui ne l'avait pas convaincu. Le but initial était selon lui de « piquer leur public et faire du "sous-SudPresse", du crétinisme absolu. Pour aller plus loin dans le pute-à-clics dans le fait divers ignoble et sordide et stupide » et précise « que le meilleur moyen d'aller encore plus loin, c'était de les inventer ! »[8]. La RTBF indique que le site parodique évolue alors peu à peu vers un concept plutôt porté sur la critique des médias en général et un esprit éducatif[8].

Canulars reconnus

En avril 2015, Nordpresse crée un faux site de campagne qui annonce la candidature de Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle de 2017. L'infox est ensuite reprise par le journaliste Jérôme Béglé et relayée par l'hebdomadaire Le Point via une alerte sur les téléphones de ses abonnés[9].

En , Nordpresse, alors peu connu sur la scène médiatique française, acquiert de la notoriété grâce à Christine Boutin qui décide, en réaction à un article parodique dans lequel était écrit qu'elle avait déclaré « que les enfants victimes d'attouchements par des prêtres devaient eux aussi être punis » de porter plainte pour diffamation et juge opportun de démentir l'information de manière véhémente. Cette information est relayée par plusieurs médias belges et français, contribuant à l'augmentation de la popularité de Nordpresse[10]. En juin 2016, Nordpresse publie un canular qui annonce la mort de Michael Schumacher [11].

En , Nordpresse prétend avoir communiqué des informations erronées au Parisien, dont il critique le professionnalisme, pour alimenter un article sur le prochain soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle. Si les proches de Manuel Valls démentent aussi l'information, Le Parisien, quant à lui, nie avoir utilisé Nordpresse comme source : dans son article, le quotidien cite en effet uniquement l'entourage de Manuel Valls[12],[13],[14]. En juillet 2017, le site satirique publie une fausse addition de près de 150 000 euros du repas entre les couples Macron et Trump dans un restaurant de la Tour Eiffel. L'infox devient virale après avoir été reprise au premier degré par le site d'extrême droite La Gauche m'a tuer[15].

Le , Nordpresse diffuse un faux tweet de Nicolas Dupont-Aignan où est écrit « Rien n'indique à ce jour si le clandestin malien qui a «sauvé» l'enfant à Paris ne cherchait pas à le kidnapper. Laissons l'enquête se poursuivre avant de considérer Mamoudou Gassama comme un héros ». Suite à ce montage, l'homme politique indiqua sur son vrai compte twitter sa volonté de porter plainte pour « usurpation d'identité et diffamation » contre le site satirique. En réponse à cela, Nordpresse publie le 28 mai un article parodique « On avoue : Nicolas Dupont Aignan est un canular de Nordpresse »[16].

En 26 décembre 2018, Nordpresse diffuse un faux tweet de Marlène Schiappa où est écrit « La majorité des Français vivent avec 3000€ par mois, cela permet de vivre bien je pense ». La citation fait polémique et a été partagée plusieurs milliers de fois pendant les fêtes de fin d'année[17].

Le 5 juillet 2020, Nordpresse a prétendu avoir piégé Ségolène Royal. L'AFP précise qu'il s'agissait en réalité d'un canular déjà réalisé sur l’ancienne ministre socialiste en 2015 par l’humoriste Gérald Dahan[18].

Le , L'AFP rapporte que Nordpresse réalise un canular affirmant que Les Républicains appelaient à cesser d'envoyer "des chèques de zéro euro" à Valérie Pécresse après sa défaite au premier tour de l’élection présidentielle. En moins de 24 heures, le faux tweet avait déjà cumulé plus de 29 000 j'aime et plus de 5 000 retweets[19]. D'après Vincent Flibustier, l'objectif de la fake news était de montrer la facilité avec laquelle la désinformation se répand sur les réseaux sociaux à cause notamment du biais de croyance[20]. Selon Libération, l'intox a été partagée au 15 avril plus de 11 000 fois[21] et likée par 56 000 personnes alors que les explications fournies le même jour par son auteur ne plafonnaient qu'à 450 partages et 2 000 likes[22].

Débats et critiques

Nordpresse utilise à plusieurs reprises des noms de domaine ressemblant à des médias français comme FranceInfoTele.com ou LeCanardEnchaine.net afin de crédibiliser ses articles[23],[24].

Selon Jean-Jacques Jespers, professeur de déontologie de l'information à l'ULB, Nordpresse est « un contre-exemple » de site d'information parodique car il mélange vraies et fausses informations, conduisant à l'absence de contrat de lecture clair : selon lui, « le lecteur doit savoir à quel type d’information, satirique ou non, il a affaire »[1].

Un article sur Numerama met en doute l'objectif du site « que les internautes multiplient les sources d’information », faisant un parallèle avec les activités de l'usine à trolls Internet Research Agency pendant l'élection présidentielle américaine de 2016.

Sur La Libre, un éditorialiste estime quant à lui que l'auteur du site créé des « calembours bas de gamme » et recherche « la notoriété à tout prix »[25].

Libération et Arrêt sur images[26] remarquent que le fondateur n'hésite pas à partager ses canulars sur les pages Facebook de militants d'extrême droite afin qu'ils soient relayés ; celui-ci répond : « un imbécile apprend plus en comprenant qu’il s’est fait piéger qu’avec des articles de « fact-checking » qu’il ne lit pas, parce qu'il pense que "les grands médias mentent"[27]. » Interrogé dans l'émission Complément d'enquête concernant le fait que ses articles sont parfois relayés par la « zemmousphère », Vincent Flibustier assume tout en avouant néanmoins qu'il joue un jeu dangereux[28].

Procès contre Sudpresse

Procès pour divulgation d'informations personnelles

En 2016, Sudpresse publie une cartographie des musulmans de Belgique. En réaction à cela, Nordpresse publie pendant quelques heures un article nommé « la carte de l'endroit où vit ce journaliste qui a écrit cet article pour Sudpresse ». Sudpresse décide en conséquence de porter plainte pour divulgation d'informations personnelles, ce que conteste l'avocat de Nordpresse[29],[30],[31].

Afin de supporter les frais de justice, Nordpresse lance une campagne de dons où il récolte 2 879 euros[32]. Le , le tribunal de première instance de Bruxelles déclare la plainte de Sudpresse comme irrecevable[30]. Le , la Cour d'appel de Bruxelles contredit ce premier jugement et condamne Vincent Flibustier à titre personnel à 1 000 euros de dommages et intérêts ainsi qu'à 1 728 euros pour frais de justice. La Cour souligne alors que le blogueur exposait le journaliste à la vindicte populaire[33].

Affaire du "père du kamikaze du Bataclan"

En février 2016, Sudpresse publie un article affirmant que le père d'un des kamikazes du Bataclan tient un magasin à Liège. En réaction, Vincent Flibustier publie un article dans Nordpresse qui détaille l'identité, la photo et la ville de résidence de l'auteure de l'article et diffuse un enregistrement téléphonique avec le responsable liégeois de la rédaction Sudpresse. Il affirme également avoir porté plainte contre Sudpresse pour incitation à la haine. En parallèle Sudpresse porte plainte contre Vincent Flibustier pour harcèlement envers la journaliste et diffusion d'un enregistrement téléphonique clandestin[34],[35].

Procès de l'appel au boycott des partenaires commerciaux

Le , Nordpresse fait à nouveau face à Sudpresse qui engage une action en cessation contre le journal satirique, à la suite de nombreuses publications critiquant l'utilisation des faits divers par les différents journaux du groupe Sudpresse. Ces publications viennent elles-mêmes en réponse à un article titré « Laura a crié après sa maman » : les détails sordides du viol collectif d'une jeune fille de 13 ans à Hensies, publié par SudInfo[36]. Une première audience a eu lieu le . Comme lors du procès précédent, Vincent Flibustier a fait un appel aux dons en vue de financer tout ou partie de ses frais judiciaires. Le jugement en première instance est rendu le . Vincent Flibustier est lui relaxé à titre personnel. Sudpresse doit alors lui verser 1 440 euros d’indemnité de procédure. Cependant, le tribunal ayant retenu le caractère lucratif de la société Vincestonian qui gère le site satirique, Nordpresse a été condamné pour dénigrement et pour pratiques commerciales malhonnêtes[36]. Elle doit donc en conséquence verser 2 051 euros à Sudpresse. Le tribunal a également retenu que le placement de cette société située en Estonie pouvait être considéré comme une forme d'optimisation fiscale, ce que conteste Vincent Flibustier dans un droit de réponse. Ce dernier précise n'avoir voulu que séparer ses activités Nordpresse du reste de ses activités professionnelles[37],[38]. Un arrêt de la cour d'appel de Liège confirme le le jugement rendu à charge de Nordpresse en première instance[39].

Polémiques

Décès de Johnny Hallyday et fermeture de la page Facebook

La page Facebook du site est désactivée après une blague sur la mort de Johnny Hallyday postée le , « Tout Johnny bientôt réuni dans un seul coffret », avec la photo d'un cercueil, plusieurs jours avant son décès qui a lieu le . L'article a été signalé par de nombreux utilisateurs qui l'ont jugé offensante ; elle est réactivée par la suite mais son fondateur Vincent Flibustier dénonce le fait que les pages Facebook de sites d'extrême droites n'aient pas autant de problèmes qu'un site humoristique[40]. Le , le site annonce sur sa page Facebook secondaire que sa page principale qui comptait 204 000 fans est définitivement supprimée pour violation des conditions d'utilisation[41]. À l’époque, la page faisait partie des 147 bloquées définitivement ou temporairement par Facebook selon Le Monde[42].

Coupe du monde de football de 2018

Le , pendant la soirée de célébration de la victoire de la coupe du monde de football de 2018 en France, NordPresse diffuse « Bilan meurtrier à Paris : 89 morts, 13 000 voitures brûlées, 123 tués légers ». Plusieurs médias publient des démentis sur les chiffres fantaisistes et les images détournées, Le Monde, qui compare le site parodique au Gorafi français, précise que « si de nombreux utilisateurs prennent cette publication au second degré, une partie prend « l’information » au sérieux »[43]. Le site d'actualité belge DH.be dit qu'« avec son titre cocasse » la « fake news » a fait 15 000 partages sur les réseaux sociaux[44].

Affaire Benalla sur Facebook

Au moment de l'affaire Benalla, le domaine se retrouve sur liste noire par Facebook rendant le partage des publications sur site impossible[45],[46],[47]. Nordpresse prend la parole dès le lendemain pour dénoncer une « censure de Facebook » et une « censure politique » de la part du sommet de l'État français[48],[49]. Certains internautes et responsables politiques dénoncent une censure de la part de Facebook[50],[51]. Facebook dément rapidement[52], indiquant par ailleurs que le site internet ne supprime pas les fausses informations et que ce ne peut pas être la raison du blocage. L'équipe du Gorafi, réfutant tout lien de parenté avec leur site internet[53],[54], indique la possibilité que les pratiques du site Nordpresse, masquant son nom de domaine afin de piéger le lecteur, soient à l'origine de son blocage sur Facebook[55].

Peu après, le président Emmanuel Macron qui sort de son silence sur l'affaire commence sa déclaration par « Alexandre Benalla n'a jamais détenu les codes nucléaires », une allusion ironique sur un article parodique de Nordpresse où le général Pierre de Villiers affirmait « qu'il avait dû donner les codes nucléaires à Alexandre Benalla lors de sa première rencontre avec le proche du président » qui a piégé le député Les Républicains Éric Pauget, qui avait relayé l'information sur Twitter[56],[57].

L'affaire relance surtout le débat sur le contenu de Nordpresse, dont les canulars sont relayés au premier degré. Arrêt sur images qualifie le site d'ambigu, avec des canulars confinant aux « fake news », ce qui le différencie de sites comme Le Gorafi[58],[27],[59],[60].

Les publications de Nordpresse durant l'affaire Benalla relancent également une polémique entre Vincent Flibustier et le blogueur belge Marcel Sel. Cette polémique rejaillit à son tour sur le parti Ecolo belge, Vincent Flibustier se présentant aux élections communales de la Ville de Bruxelles sur leur liste. Durant cette polémique, il reçoit le soutien du député Benoît Hellings qui affirme que « Vincent Flibustier apporte un indéniable plus dans le débat public local »[61]. Le , il annonce son retrait de la liste électorale en se disant « victime de harcèlement en ligne depuis des semaines[62] ».

Propos concernant l'affaire Steve Caniço

Le , le corps de Steve Caniço est retrouvé à Nantes dans la Loire plus d'un mois après sa disparition. Selon Libération, Nordpresse suggère sur Facebook que la police aurait volontairement ralenti les recherches afin d'éviter une autopsie approfondie en publiant « Ce qui est bien avec un cadavre qui a passé un mois dans l'eau c'est qu'il a suffisamment pourri pour empêcher toute autopsie précise. ». Ce discours tenu à l'époque concernant cette affaire est contredit par le pilote de la navette fluviale qui retrouva le corps et qui assure avoir vu des embarcations des autorités dédiées à la recherche du corps « tous les jours » après l'annonce de sa disparition. Un policier ayant participé aux recherches rappelle aussi que des corps peuvent être retrouvés très tard dans la Loire et peuvent parfois ne jamais réapparaitre[63].

Accusations d'antisémitisme

En 2016, selon La Libre, Belga et Sudinfo, Nordpresse publie l'article Report de l’incinération de Shimon Peres, le four était un bosch[25] . Celui-ci crée une polémique puisqu'il parut peu de temps avant l'enterrement de l’ancien président israélien. En conséquence, Vincent Flibustier déclare son intention de stopper Nordpresse pour se diriger "vers d'autres horizons" et projets. Le site reste finalement en ligne et son créateur publie un message sur le site où il revient sur l'affaire dans un texte intitulé « Nordpresse continue et non, les juifs n’ont pas le monopole des limites de l’humour », il publie également un message Facebook sur le site où il revient sur l'affaire « Franchement, j'ai eu envie d'arrêter tant ce que j'ai lu depuis 24h est débile. Dans le camp de ceux qui ont trouvé ça "Horriblement choquant" et dans le camp de ceux qui y ont vu l’œuvre du grand complot. Franchement, c'est à se tirer une balle parfois. Ce post est long, mais il explique pas mal de trucs, je trouve fatiguant de voir un tel antagonisme partout et tout le temps, une telle violence de propos. Tout n'est pas blanc ou noir »[64].

Le , Nordpresse publie une fake news expliquant sans aucun fondement réel que Bernard Henri-Lévy aurait porté plainte pour un motif futile contre un SDF et aurait obtenu 1 900 euros de dommages et intérêts. Selon Rudy Reichstadt l'article en question contient plusieurs poncifs antisémites et les commentaires des lecteurs montrent que non seulement ils prennent l'information au premier degré mais montre de la « haine antijuive[65]».

En 2017, la ligue belge contre l’antisémitisme a émis le souhait de porter plainte contre Nordpresse à la suite d'une vidéo présentant « les diamantaires juifs d’Anvers comme éludant l’impôt »[66].

Le , Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, signale au procureur de Paris le site campdeconcentration.com créé en partie par Nordpresse. Il reproche à celui-ci de « banaliser de manière outrancière » la Shoah. Meyer Habib, député du 8e arrondissement de Paris dénonce un « nouvel antisémitisme pernicieux et décomplexé ». Nordpresse réagit en disant qu'il souhaite au contraire vouloir lutter contre l'antisémitisme à travers « une parodie créée sans la moindre intention de haine » par « quelqu'un qui la combat tous les jours »[67]. En réponse aux accusations d'antisémitisme, Vincent Flibustier se défend en soutenant dans un article d'Arrêt sur images que le parodique, le trash et "piéger les gens" sont une méthode qui "les amènent à l'information"[31].

Accusations de harcèlement et de plagiat

Après l'annonce de la parution d'un article consacré à Nordpresse, le site Arrêt sur images affirme avoir reçu de nombreux messages de journalistes et d’intervenants de l’éducation aux médias qui demandant à garder l'anonymat « par crainte des réactions de Flibustier ». Ils affirment en privé être « victimes de harcèlement, renouvelé à chaque critique de leur part. ». Le journal reconnait qu'il existe une « bagarre » entre Vincent Flibustier et ses détracteurs évoquant les réseaux sociaux où « certains ont déjà épinglé Nordpresse pour ses fausses nouvelles ou ses plagiats de tweets humoristiques » et qui « souhaiteraient notamment qu'il ne soit plus le bienvenu dans les écoles pour exposer sa vision particulière du monde médiatique ». Arrêt sur images précise que selon leurs informations, « Nordpresse a déjà envoyé des messages d’une grande violence à ses détracteurs, et parfois à leurs relations d'affaires ou associatives »[31]. Par ailleurs Vincent Flibustier, s'estimant lui-même harcelé[68]par Marcel Sel, créa un site internet à son nom dans le but de dénoncer le chroniqueur belge. Le site, nommé marcelselmharcele.ovh, archive les messages envoyés publiquement par Marcel Sel qui ciblent directement Vincent Flibustier et Nordpresse via le réseau social Twitter. Le blogueur satirique a également porté plainte contre le polémiste pour harcèlement[69]ce que Marcel Sel qualifia de « manœuvre d’intimidation »[70].

En mai 2016, Vincent Flibustier publie un article qui indique le lieu de résidence d'un des journalistes de Sudpresse qui avait publié une carte des musulmans de Belgique, s'ensuit alors une longue bataille judiciaire entre le groupe de presse et le créateur du site satirique[71]. L'avocat de Vincent Flibustier défend son client en affirmant que les informations diffusées par Vincent Flibustier ne « révéle rien de sa privée mais uniquement ce qu'il partage déjà lui-même publiquement »[71]. L'avocate de Sudpresse prétend quant à elle « que les données divulguées étaient à caractère personnel et que le journaliste avait été harcelé sur Facebook à la suite de cette divulgation. »[71]. Concernant cette affaire, Sudpresse rapporte en 2020 que la Cour d'appel de Bruxelles condamne Vincent Flibustier à titre personnel pour « atteinte à la réputation, à l’honneur et à l’image d’un journaliste »[72]. La Cour aurait souligné qu'il n'est pas question d'un appel au lynchage[source insuffisante] mais que Vincent Flibustier « exposait le journaliste à la vindicte populaire »[72].

En 2016, Sudpresse dévoile où habitait le père d'un des kamikazes du Bataclan[73]. Vincent Flibustier publie alors un article dans Nordpresse qui indique l'adresse d'une de leurs journalistes[73]. Dans cette affaire, Sudpresse indique avoir déposé en retour une plainte pour « harcèlement au préjudice d’une journaliste de Sudpresse »[35].

Éducation aux médias et à l'esprit critique

Transition vers une démarche pédagogique officielle

Depuis 2016, Vincent Flibustier propose des formations à des destinations des élèves et des enseignants[74] dans le cadre de conférences sur « l'histoire et la méthodologie de Fake news » afin de renforcer le système d'éducation aux médias[75]. Le but est de former les internautes à l'esprit critique, les « rendre un peu moins cons » et de pousser les gens à tout vérifier[2].

Depuis juillet 2021, le site est géré par l'ASBL NP Infos. Les statuts de l'association précisent que l'association a pour but « d’éduquer les citoyens et les internautes aux médias, spécialement à leur apprendre à distinguer l’information des fake news, notamment en diffusant un site internet parodique reproduisant des fausses nouvelles ; De diffuser des informations sous formes de vidéos, de photos, d’articles écrits. »[7].

Avis divergents et controverses

Cette sensibilisation dans les écoles secondaires belges suscite quelques débats. Cette action pédagogique débute tout d'abord avec l'ASBL Enseignons.be, l'administrateur de l'association confie à l'époque n'avoir reçu que des « retours 100% positifs » d'élèves et d'enseignants. Le député Benoît Hellings affirme quant à lui que Vincent Flibustier permet « le développement de l’esprit critique chez les jeunes à l’heure du numérique » dans les écoles communales[61]. Cependant, une professeure affirme ne plus vouloir collaborer avec Vincent Flibustier lui reprochant de manquer de nuance ou de rigueur estimant que son « esprit critique n'est pas assez constructif pour un jeune public »[2]. Un groupe de journalistes de L'Avenir invité à une de ses conférences précise que Vincent Flibustier sait aborder les questions essentielles de la désinformation et les différents types de fake news face aux adolescents mais lui reproche néanmoins un ton pouvant être léger, un manque de nuance et s'interroge si le conférencier n'alimente pas lui-même le complotisme[76]. Selon Vincent Flibustier, le partenariat entre lui et l'association Enseignons.be cesse en 2019[77].

En 2019, Vincent Flibustier affirma dans une conférence en ligne portant sur les Fake news que les organismes de fact-checking cherchaient à être "les gardiens de la vérité, à exposer leur vérité" en ne diffusant que rarement des liens qui renvoient vers d'autres médias. Selon lui, le but serait de garder les lecteurs sur leur site afin « qu'ils voient un maximum de publicité ». Cette information fut contredite par les journalistes de la rubrique Checknews qui prouvèrent que Libération proposait pour sa part plusieurs liens vers d'autres médias concurrents dans ses articles[78]. La même année, Conspiracy Watch accuse Vincent Flibustier de s'être « illustré à nouveau par des propos mensongers » lors d’une conférence de formation aux fake news[18].

En 2021, lors de l'émission d'Arrêt sur images portant sur la rentabilité des Fake news, la journaliste et éducatrice aux médias Aude Favre remit en cause l'utilité de sa théorie de l'inoculation qui a pour but de diffuser un maximum de fausses informations dans le but de pousser les internautes à développer leur l'esprit critique[79].

Références

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Articles connexes