Commerce en ligne

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Icône représentant un charriot sur un site de commerce en ligne.
Icône représentant un charriot sur un site de commerce en ligne.

Le commerce en ligne[1] ou commerce électronique[2] est l'échange pécuniaire de biens, de services ou d'informations par l'intermédiaire des réseaux informatiques, notamment Internet.

Dans le cadre du commerce interentreprises, les commerçants utilisent depuis de nombreuses années des réseaux de type échange de données informatisé (EDI). Des transactions électroniques se réalisent également sur les réseaux téléphoniques mobiles. Ce commerce par mobile se dit commerce mobile.

Dans un contexte de contraintes environnementales fortes, le développement de la vente à distance tend à transformer les problématiques de logistique liées au monde du commerce.

Le terme « commerce en ligne » comprend également la circulation mondiale des données.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’émergence du commerce en ligne est directement liée à l’apparition du web au début des années 1990. Le 11 août 1994, Phil Brandenberger, un habitant de Philadelphie, passe la première commande en ligne en utilisant un système de paiement sécurisé par carte bancaire. Le New York Times couvre l’évènement et souligne que « derrière un petit clic pour un individu se cache un grand pas pour l’économie. »[réf. souhaitée] Ce premier achat de 12,48 dollars pour un album de Sting représente la première pierre d’un édifice qui depuis ne cesse de croitre.

En France, le commerce en ligne s'est développé tout d'abord via le Minitel sur lequel étaient présents de grands noms de la vente par correspondance, comme la Redoute ou les 3 Suisses[3],[4].

L'arrivée d'Internet a rapidement mené au développement d'un modèle d'entreprise différent[5]. À la fin des années 1990, ce modèle économique est rendu célèbre par Amazon, EBay et AOL, des sociétés profitant d'une bulle des capitalisations boursières des jeunes sociétés sans équivalent dans l'histoire, qui finit en krach, phénomène touchant aussi des nombreuses petites sociétés de biotechnologies[réf. nécessaire].

Le Parlement européen et le Conseil ont adopté le 8 juin 2000 une directive européenne sur le commerce en ligne nommée « Directive 2000/31/CE du Parlement européen et du Conseil relative à certains aspects juridiques des services de la société de l’information, et notamment du commerce en ligne, dans le marché intérieur ». Celle-ci a été transposée en France par la loi pour la confiance dans l'économie numérique de 2004. Ce cadre juridique français concernant la collecte d’informations nominatives destinées à la prospection commerciale est lourd[Selon qui ?]. En effet, les dérogations au principe de consentement préalable sont extrêmement restrictives pour prospecter les particuliers et les professionnels par courriel[réf. nécessaire]. Pour respecter cette loi, les vendeurs de fichiers ont souvent recours à des prestataires localisés en dehors du territoire national puisque la loi française ne s’y applique pas[réf. nécessaire].

L'arrivée de la téléphonie mobile a introduit une nouvelle rupture, avec une tarification quantitative à la donnée, on parle aussi de « commerce mobile ».

En 2017, le rapport « Baromètre du numérique » du CREDOC[6] indique ainsi que 61 % des Français ont effectué au moins un achat en ligne dans l’année. L’étude indique également que cette proportion a plus que doublé en passant de 11 % à 61 % entre 2003 et 2017. Depuis 2013, la majorité (> 50 %) des Français effectuent des achats en ligne.

Variétés des relations vendeur-acheteur[modifier | modifier le code]

Reposant sur la nature de la relation vendeur-acheteur, ces types sont :

  • l'échange électronique entre entreprises et gouvernement, souvent appelé B2G, acronyme anglais de business to government (« d'entreprise à gouvernement ») ;
  • le commerce en ligne entre entreprises, souvent appelé B2B, acronyme de l'anglais business to business (« d'entreprise à entreprise ») ;
  • l'échange électronique entre une entreprise et ses employés, souvent appelé Intranet ou B2E, acronyme de l'anglais business to employee (« d'entreprise à employé ») ;
  • le commerce en ligne à destination des particuliers, ou B2C, acronyme de l'anglais business to consumer ou business to client (« d'entreprise à consommateur » ou « d'entreprise à client ») : il s'agit de sites web marchands ;
  • le commerce en ligne entre particuliers, ou C2C (se prononce ci-tou-ci), acronyme de l'anglais consumer to consumer : il s'agit de sites web de vente entre particuliers.

Commerce entre particuliers (C2C)[modifier | modifier le code]

Dans ce cas, trois systèmes d'échanges coexistent :

Commerce entre entreprises et particuliers (B2C)[modifier | modifier le code]

Parmi les principaux biens et services vendus par Internet aux particuliers on peut citer :

  • les biens culturels : livres, CD et DVD, etc. ;
  • les appareils technologiques : PC, électronique, hifi, etc. ;
  • le tourisme et les voyages : billets de train, d'avion, locations, etc. ;
  • les produits de grande consommation avec les supermarchés en ligne ;
  • les produits d'imprimerie : faire-part, cartes de visites, plaquettes, supports commerciaux ;
  • les produits d'habitats, vêtements, puériculture, etc.
  • les prestations de services à domicile : ménage, travaux, bricolage, coiffure, etc.

Ainsi que des systèmes de vente spécialement adaptés au monde Internet :

Commerce entre entreprises (B2B)[modifier | modifier le code]

Il existe également des produits vendus en ligne exclusivement aux professionnels comme :

  • le textile, un employé pouvant commander en ligne un vêtement professionnel personnalisé (à sa taille, avec son nom brodé sur le vêtement) ;
  • le vin ;
  • des traceurs, des copieuses de plan, des scanneurs, etc., pour bureaux d'études ;
  • du matériel BTP (mètres, lasers, etc.) ;
  • véhicule utilitaire (fourgons, camions, véhicules frigorifiques, etc.).

Services en ligne[modifier | modifier le code]

Enfin, de nombreuses entreprises proposent des services sur Internet, payants ou non :

Marketing[modifier | modifier le code]

De manière générale, toute entreprise ou particulier voulant créer une boutique en ligne pourra utilement faire appel à un prestataire spécialisé dans le commerce en ligne, afin d'étudier son marché, sa concurrence et donc son positionnement sur le web.

Ventes combinées[modifier | modifier le code]

Dans le monde du commerce en ligne, l'expression anglaise click and mortar (ou encore bricks and clicks) fait référence à des entreprises qui proposent de façon complémentaire :

  • de la vente par Internet (activités « en ligne ») ;
  • et de la vente en magasin ou en point de vente « physique » (distribution classique).

Ces expressions anglaises sont construites par analogie avec l'expression usuelle brick and mortar (« brique et mortier »). On pourrait donc traduire cette expression en français par « clic et magasin » ou encore « Internet et magasin ».

Ces modèles de distribution s'opposent à des modèles du « tout virtuel » où seul le commerce en ligne est proposé aux clients. Certains opérateurs en « tout virtuel » semblent réorienter une partie de leur stratégie de distribution vers du click and mortar.

Ventes multicanaux[modifier | modifier le code]

Développer une stratégie multicanale permet d'associer Internet, la télévision numérique, les services mobiles et les magasins physiques. L'intérêt d'un tel dispositif est d'exploiter le nombre croissant de consommateurs qui utilisent pour leur achat, de multiples canaux de distribution interactifs.

Cette forme de distribution permet également de faire face à certains obstacles inhérents aux caractéristiques du canal électronique. Certains consommateurs sont rétifs à payer en ligne et souhaitent par exemple pouvoir payer en magasin. Une stratégie multicanale a également un intérêt du point de vue logistique en utilisant le réseau de magasins comme un stock et transforme ceux-ci en points retraits. Plusieurs acteurs du commerce en ligne ont opté pour une telle stratégie : Meilleurtaux, Pixmania, LDLC, etc. Des acteurs traditionnels de la distribution ont quant à eux mis plus de temps à combiner le canal électronique et le canal physique. On peut citer comme exemples, la Fnac et Darty.

Dans tous les cas la stratégie multicanale nécessite une organisation particulière sur de nombreuses fonctions : gestion logistique, système d'information, relations client, prix, promotion, fidélisation, etc. Il s'agit désormais de l'e-business.

Différence entre commerce en ligne et e-business[modifier | modifier le code]

Bien que l'un des piliers de l’e-business soit le commerce en ligne, ces deux termes ont des significations totalement différentes.

Le commerce en ligne permet à un marchand de vendre tout simplement en ligne ses produits, il s'agit donc de vente par correspondance sur Internet. Le commerce en ligne ne garantit pas le succès du site en lui-même, car il n'offre que des fonctionnalités limitées au panier, et assure d'une manière basique la gestion du catalogue en ligne. Il ne traite pas les problèmes fondamentaux liés aux développements d'une communauté verticale autour du site, la fidélisation de la clientèle, l'instauration de la confiance client/marchand, l'optimisation des ventes, l'analyse du comportement du client, le SAV, etc.
Avec 22 % de croissance en 2009[7][réf. non conforme], le commerce en ligne tend vers une convergence de la toile et du mobile[8].

L’e-business comporte la mise en œuvre en amont pour concrétiser une vente et assurer la fidélisation du client. Il est composé de « relations d'échanges » d'ordre différent (mailing, actions de fidélisation, promotions, service après-vente, etc.). Une solution e-business est un ensemble d'outils qui d'une part permettent de créer un site de commerce en ligne et d'autre part mettent à la disposition du marchand tous les moyens nécessaires pour prospecter et fidéliser les clients (listes de cadeaux, points de fidélité, remises en espèces, chèques cadeau, coupons de remise, parrainage, affiliation, etc.).

Commerce en ligne dans l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Règlementation et sources officielles[modifier | modifier le code]

Le Parlement européen et le Conseil ont adopté le une directive européenne sur le commerce en ligne (Directive 2000/31/CE du Parlement européen et du Conseil relative à certains aspects juridiques des services de la société de l’information, et notamment du commerce en ligne, dans le marché intérieur). Celle-ci a été transposée en France par la loi pour la confiance dans l'économie numérique de 2004.

La directive européenne avait été précédée par des politiques isolées d'états membres de l'union comme la France. Par exemple, à partir d', Francis Lorentz a effectué une mission sur le commerce en ligne[9] pour le compte du gouvernement français et qui a été présenté, le 8 mai 1998, par le ministre de l'Économie Dominique Strauss-Kahn[10].

Au mois de mai 2016, de nouvelles dispositions ont été prises par la Commission européenne dans le but de favoriser davantage le commerce en ligne entre les différents pays de l'Union européenne. Ces directives consistent à lutter contre la discrimination géographique, à multiplier les options de paiement en ligne[11], à favoriser une meilleure transparence des délais et frais de livraison et à inciter à la collaboration entre les différents organismes de protection des droits des consommateurs.

Commerce en ligne transfrontalier[modifier | modifier le code]

Au gré de la mondialisation, Internet est devenu un vecteur important du commerce en ligne. Pourtant, les questions relatives à l'achat de produits à l'étranger révèlent des difficultés, notamment en cas de litige.

Les pays européens doivent pour leur part transcrire dans leurs législations nationales les directives touchant ce domaine, ce qui rendra homogène les règles applicables entre chaque pays de l'Union européenne.

Dans le cadre du business to consumer (B2C) et lorsqu'un achat a lieu en dehors de l'Union européenne, il convient d'être prudent, d'identifier avec qui l'on fait affaire et de vérifier les conditions de la vente. En cas de litige grave, le seul recours pourrait être le dépôt d'une plainte à la fois dans le pays de l'acheteur et dans celui du vendeur. Le droit français protège les consommateurs en indiquant qu'un acheteur ne saurait être privé de son droit à déposer plainte dans son pays de résidence.

Lorsqu'il s'agit de business to business (B2B), le droit de la consommation laisse plutôt la place au droit du commerce international.

Quand un produit est acheté à l'étranger, les droits de douane et la TVA (ou son équivalent) sont à acquitter, comme si le produit était acheté sur le sol national.

En pratique :

  • pour tous les achats effectués à l'intérieur de l'Union européenne, il n'y a pas de droits de douane et la TVA qui s'applique est celle du pays d'achat du produit. Il peut donc être intéressant d'acheter dans les pays européens dont la TVA est plus faible (par exemple, lorsque celle de l'Allemagne était de 15 %). Attention pour la France, les départements et territoires d’outremer sont considérés comme territoires d’exportation par rapport à la France métropolitaine
  • pour tous les achats effectués en dehors de l'Union européenne, les droits de douane et la TVA sont à acquitter à l'entrée sur le territoire. Comme l'acheteur n'est généralement pas présent au moment où la commande passe la frontière (le plus souvent il s'agit d'un aéroport), les services postaux sont assermentés pour encaisser ces taxes. En général ces taxes sont appliquées sous la forme de forfait ou de manière globale (coût du produit + port par exemple) ce qui peut renchérir de beaucoup le coût final de l'achat. Les sociétés privées sont mieux organisées pour ce travail que les services postaux traditionnels.

Seuls les livres, qui bénéficient d'une TVA et de droits de douane très faibles, ne sont jamais bloqués par les douanes ou par les services postaux, car le coût du recouvrement serait plus élevé que les taxes elles-mêmes[réf. nécessaire].

Circulation des données[modifier | modifier le code]

Les géants du numérique tels que Google, Amazon, Facebook ou Microsoft ont largement profité du vide réglementaire autour de la question de la circulation des données pour bâtir un oligopole. Pour perpétuer cette situation, ils ont investi depuis le début des années 2010 dans un intense travail de lobbyisme auprès des responsables de la politique économique et commerciale des États-Unis. Il s'agit pour eux de défendre la libre circulation des données et le refus de toute obligation de localisation du stockage des informations personnelles pour limiter l’intervention des États dans leurs activités[12].

Les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont des approches divergentes. Un premier groupe rassemble les pays en faveur d’une économie numérique presque entièrement dérégulée, dont notamment les États-Unis, le Japon et l’Union européenne, tandis qu'un autre réunit des pays en développement, comme la Malaisie, la Thaïlande, le Nigeria ou encore le Bangladesh, intéressés par le commerce en ligne mais opposés à la vision dérégulatrice défendue par les pays du Nord. Les États-Unis ont multiplié dans la décennie 2010 les accords de commerce et d’investissement de nouvelle génération, tant pour contourner les blocages persistant au sein de l'OMC que pour créer un cadre normatif mondial aligné sur leurs intérêts stratégiques dans le cadre de la « nouvelle économie »[12].

Impacts[modifier | modifier le code]

Impacts environnementaux et défis logistiques[modifier | modifier le code]

Le caractère « virtuel » ou « immatériel » du commerce en ligne pourrait laisser croire que le commerce en ligne est respectueux de l'environnement. Quelques études, encore peu nombreuses, tendent hélas à faire douter des effets vertueux du commerce en ligne dans ce domaine. Selon une étude sur le commerce en ligne de livres, aux États-Unis, 73 mégajoules (MJ) par livre sont consommés par le commerce en ligne, alors que seulement 53 mégajoules le sont par le commerce traditionnel ; au Japon, dans la ville de Tokyo, le commerce en ligne nécessite 9,3 MJ par livre tandis que le commerce traditionnel en consomme 1,6 MJ[13].

Dans le cadre de la Convention citoyenne pour le climat, un moratoire sur les zones commerciales se traduit par une circulaire envoyée aux préfets pour leur recommander de ne pas artificialiser des terres agricoles; mais il ne prend pas en compte les entrepôts de l'e-commerce[14]. Le gouvernement lance à l'automne 2020 une mission visant à faciliter et accélérer l'implantation de ces derniers[15].

Les livraisons de marchandises en ville constituent un enjeu majeur de la mobilité urbaine durable. En effet, elles représentent plus du tiers des émissions urbaines de CO2, des émissions de NOx, de particules et de pollution sonore, ainsi que de la congestion urbaine. Pour que le développement des ventes par Internet ait un impact favorable, il faut que des solutions adaptées soient trouvées pour le maillon terminal de la chaîne logistique[16].

L'optimisation de la chaîne logistique passe notamment par le regroupement des expéditions en points de livraison localisés à proximité des clients[17]. Les grandes entreprises de vente par correspondance ont développé des modes de distribution en points de dépôt, au travers des filiales spécialisées comme Mondial Relay (3 Suisses International), Sogep (La Redoute), ou Distrihome (Yves Rocher)[18].

Selon une étude menée par The Shift Project en 2020, l'optimisation de la distribution des achats en ligne permettrait une décarbonation significative de cette étape finale. Elle peut s'inscrire dans une réduction de 60 à 70 % les émissions de gaz à effet de serre dues aux transports en zones périurbaines, sur dix ans. Elle passerait, par ordre d'efficacité, par le développement du vélo (15 à 30 %), du covoiturage, des transports en commun, du commerce en ligne et du télétravail[19].

Conséquences spatiales[modifier | modifier le code]

Le commerce en ligne est un phénomène récent en pleine évolution[20] ; il est donc difficile d'en appréhender les conséquences spatiales directes. Les commerces de proximité, notamment dans les centres-villes, déjà touchés de plein fouet par le développement des centres commerciaux et hypermarchés, craignent un impact direct de cette nouvelle forme d'achat sur leur activité. Cette crainte semble dans les années 2010 épargner les commerces alimentaires. Ainsi, on constate, lors des enquêtes nationales sur la mobilité des Français, que les lieux et les déplacements pour les achats courants (particulièrement alimentaires) ont très peu évolué[21].

Les conséquences spatiales du développement de commerce en ligne restent au stade d'hypothèse. Trois scénarios pourraient être imaginés : un renforcement des commerces en périphérie au détriment des centres-villes (phénomène edge city), au contraire un réinvestissement des centres-villes, ou finalement une redistribution dans le territoire des activités commerciales qui ferait disparaître le schéma classique centre-ville/périphérie[22].

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

Spécifications techniques[modifier | modifier le code]

Des spécifications techniques ont été adoptées pour le commerce en ligne, avec ebXML, abréviation de l'anglais Electronic Business using eXtensible Markup Language. Ces spécifications s'appuient sur le langage de balisage XML. Ce standard est édité par l'OASIS.

ebXML est devenu une spécification technique internationale (ISO/TS 15000) en 2004. L'ONU supporte ebXML avec l'organisme UN/CEFACT, qui a imposé cette spécification à l'Union européenne.

Commerce en ligne délégué[modifier | modifier le code]

La délégation consiste en une prise en charge complète du développement et de la gestion du commerce en ligne d'une marque ou d'une enseigne, sous forme d’un partenariat pluriannuel, avec le souci constant du respect de l’image et de l’univers de la marque.

À l’intérieur de cette opération, un opérateur partenaire offre une expertise globale dans chaque domaine du commerce en ligne que chaque marque ne pourrait s’offrir isolément (création de la boutique en ligne, marchandisage en ligne, marketing électronique, logistique, service client, service de paiement, gestion du back-office, etc.).

Mesure du volume[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de statistiques officielles sur le commerce en ligne en France, mais des estimations reposant sur des sources différentes : panels de sites marchands, montant des transactions cartes bancaires, plateformes de paiement. Le commerce en ligne y représente un montant de transactions de l'ordre de 20 milliards d'euros, ou 25 milliards d'euros si l'on inclut les services bancaires et le négoce de titres financiers en ligne[23][réf. non conforme]. Le commerce en ligne représente moins de 5 % du total du commerce de détail en France. Ce pourcentage est assez voisin à ceux des pays européens. Aux États-Unis, on estime que le commerce en ligne représente 6 % du commerce de détail en 2008[24][réf. non conforme].

En France la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), une fédération volontaire nationale de commerce en ligne et de commerce à distance propose des indices de mesures[25].

Au niveau mondial, le commerce en ligne représenterait un billion (mille milliards) de dollars en 2012 selon eMarketer (en)[26]. En 2017, le commerce en ligne représenterait 2 304 milliards de dollars à l'échelle mondiale[27].

On commence à mesurer l'incidence de la progression du commerce en ligne sur les ventes du commerce en magasin. Aux États-Unis, on note ainsi en 2016 une baisse d'affluence dans les grandes surfaces et on craint un reflux des effectifs de salariés du secteur. Walmart, géant national, a par exemple fermé 269 magasins en janvier de cette même année[28].

En 2017, un sondage de Médiamétrie estime que la France a compté 27 millions d'acheteurs en ligne et que ceux-ci ont dépensé 81 milliards d'euros[29]. En 2019, cette somme atteint 103,4 milliards d’euros[30].

Sécurité, responsabilité du vendeur et aspects juridiques[modifier | modifier le code]

Le commerce électronique a connu plusieurs lois successives, qui - pour la plupart - sont la transposition en droit français des directives de l'Union Européennes. Aujourd'hui, le commerce électronique est réglementé en tant que contrat à distance par les articles L.221-1 et suivant du Code de la consommation[31].

En France, la loi Chatel du a renforcé la protection des cyberconsommateurs. Les professionnels de la vente à distance sont ainsi tenus d'indiquer une date limite de livraison et en cas de retard de plus d'une semaine le consommateur peut dénoncer la commande par lettre recommandée avec accusé de réception. Le remboursement des sommes versées doit alors intervenir dans les meilleurs délais et au plus tard dans les 30 jours suivant la date à laquelle le consommateur a exercé ce droit. L'offre de contrat, via des conditions générales de vente acceptées lors de l'achat par le client, doit préciser notamment l'existence d'un droit de rétractation, ses limites éventuelles, voire son absence[32]. Le remboursement sous forme d'avoir ne peut plus être imposé. Les services qui permettent de suivre l'exécution de la commande, d'exercer le droit de rétractation ou de faire jour la garantie ne peuvent être surtaxés.

L'État français met également en place, depuis 2008, de nombreuses règles légales[Lesquelles ?] pour d'une part limiter l'affluence de sites pirates et d'autre part mettre en place un prélèvement fiscal sur les entreprises qui doivent donc se déclarer[réf. nécessaire].

Le commerce en ligne induit un ensemble de questions sur l'interopérabilité informatique, entre les systèmes informatiques des clients et des fournisseurs, ainsi que des établissements financiers qui interviennent dans les règlements.
L'interopérabilité informatique repose de plus en plus sur l'emploi de métadonnées dans la plupart des composants informatiques (langage XML, bases de données, progiciels de gestion intégrés, qui peuvent être couplés au commerce en ligne pour une synchronisation en temps réel, informatique décisionnelle et hypercubes OLAP, etc.).


En France, la loi Grenelle II ajoute (en 2010) que quand ils sont vendus sous la seule marque d'un revendeur, ce dernier doit « pourvoir ou contribuer à la collecte, à l'enlèvement et au traitement des déchets d'équipements électriques et électroniques en substitution de la personne qui fabrique, importe ou introduit sur le marché national ces équipements (...) quelle que soit la technique de vente utilisée, notamment la vente à distance et la vente électronique »[33].
Les organisations de consommateurs, dont l'association Consommation Logement Cadre de vie dans un rapport publié en mars 2015 (enquête[34] faite auprès de 22 grands sites Internet marchands)[35], dénoncent le non-respect de l'obligation légale de reprise « un pour un » des équipements électriques et électroniques par près de la moitié des distributeurs en ligne, ce qui freine le bon recyclage des déchets. En 2015, 27 % des sites interrogés ne pratiquent pas cette reprise obligatoire et 23 % des autres obligent illégalement l’acheteur à souscrire une livraison payante spécifique (de l'ordre de 20 euros par produit)[36]. De plus l’affichage obligatoire de l’éco-participation payée par le consommateur pour financer le recyclage n’est pas respecté par 18 % des sites interrogés. La CLCV a déjà assigné en justice plusieurs distributeurs pour ces raisons et pourrait en poursuivre d'autres[36].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier d'Auzon, Le droit du commerce électronique , Puits Fleuri, 2004, (ISBN 978-2867392344).
  • Bernard Eben, E-commerce: tout savoir avant de créer une boutique en ligne , Eyrolles, 2015 (ISBN 978-2212140873).
  • Henri Isaac, e-Commerce : Vers le commerce connecté, Pearson Education, 2017 (ISBN 978-2326001428).
  • Gérard Haas, Guide juridique de l'e-commerce - 7 règles à connaître pour la sécurisation juridique et la valorisation d'un site e-commerce, Éd. ENI, 2012 (ISBN 9782746075726)[37].
  • Francis Donnat, Droit européen de l'internet (réseaux, données, services), LGDJ 2018 (ISBN 978-2-275-06118-4), p. 127 et s.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Terme recommandé en France par la DGLFLF, et au Canada par l'OQLF.
  2. L'un des termes recommandés au Canada par l'OQLF.
  3. « La Redoute, une entreprise longtemps en avance sur son temps », sur lesechos.fr
  4. « Minitel: Ces 3615 qui ont changé nos vies », sur www.20minutes.fr
  5. Passer du Minitel à Internet, pas si facile ! Lionel Jospin prône une "migration du Minitel vers Internet". Cette transition risque d'être plus difficile qu'il n'y parait. Tant du point de vue économique que culturel, L'Usine Nouvelle, no 2607, 4 septembre 1997.
  6. CREDOC, Enquêtes sur les Conditions de vie et les Aspirations - Baromètre du numérique 2017
  7. Kelkoo Center for Retail Research, .
  8. Alain Laidet, E-commerce Paris : 30000 visiteurs autour de l'innovation, Classe Export, no 191, septembre 2010, page 40.
  9. L'équipe de la mission « Commerce en ligne » (photo du ).
  10. Mesures pour le développement du commerce électronique, www.minefi.gouv.fr (consulté le ) [lire en ligne].
  11. « Les nouvelles règles des boutiques en ligne et commerces électroniques », sur Blog Riche, (consulté le 31 janvier 2020).
  12. a et b Cédric Leterme, « Bataille autour des données numériques », Le Monde diplomatique, .
  13. (en) Williams E. et Tagami T. « Energy Use in Sales and Distribution via E-Commerce and Conventional Retail. A Case Study of the Japanese Book Sector », Journal of Industrial Ecology, vol.6, no 2, 2003, p. 99-114
  14. Gaspard d'Allens, « Face à Macron, les citoyens de la Convention pour le climat se rebiffent », sur Reporterre, .
  15. Gaspard d'Allens, « Au lieu d’un moratoire, l’État lance une mission… pour multiplier les entrepôts Amazon », sur Reporterre, .
  16. Mobilité urbaine durable : les données, PUCA / CGEDD, , 133 p., PDF (lire en ligne), p. 5.
  17. « Fiche fret » [PDF], sur The Shift Project, .
  18. « Le défi logistique du commerce électronique. Comment se transforment les problématiques de logistique avec le développement de la vente à distance ? » (version du 1 février 2012 sur l'Internet Archive), Sénat (France), p. 25.
  19. Francisco Luciano (dir.), Décarboner la mobilité dans les zones de moyenne densité, The Shift Project, , 118 p., PDF (lire en ligne), p. 21-29.
  20. « La montée en puissance du commerce en ligne », Les Échos (consulté le 14 juin 2018).
  21. Nora Mareï, Anne Aguiléra, Leslie Belton Chevallier et Corinne Blanquart, « Pratiques et lieux du e-commerce alimentaire », Netcom, nos 30-1/2,‎ , p. 119–138 (ISSN 0987-6014, DOI 10.4000/netcom.2349, lire en ligne, consulté le 14 novembre 2017).
  22. Alain Rallet, « Commerce électronique et localisation urbaine des activités commerciales », Revue économique, vol. 52, no 1,‎ , p. 267–288 (DOI 10.3406/reco.2001.410289, lire en ligne, consulté le 14 novembre 2017).
  23. ACSEL.
  24. NBER.
  25. « Fevad, la Fédération du e-commerce et de la vente à distance », sur Fédération du e-commerce et de la vente à distance.
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  27. « Chiffre d'affaires de l'e-commerce dans le monde », sur Le Journal du Net (consulté le 30 juin 2020).
  28. « Aux États-Unis, l'e-commerce cannibalise les galeries commerciales », sur Le Journal du Net, (consulté le 27 avril 2016).
  29. « Commerce en ligne : en 2017, les Français ont dépensé 81 milliards d'euros », L'Expansion,‎ (lire en ligne, consulté le 7 février 2018).
  30. « L'e-commerce a généré 103,4 Mrds d’euros en 2019 en France », sur Libre Service Actualités (consulté le 30 juin 2020).
  31. « Articles L.221-1 et suivants du Code de la consommation », sur Légifrance (consulté le 24 septembre 2020).
  32. Coudriou, « Les conditions générales de vente (CGV) pour sites marchands », sur Editioneo, .
  33. « Article L541-10-2 du Code de l'Environnement, modifié par La loi Grenelle II du 12 juillet 2010 - art. 191, sur légifrance »
  34. CLCV(2015) [http://www.clcv.org/images/CLCV/fichiers/dechets/Enquete-reprise-DEEE-mai2015.pdf Déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) La CLCV enquête (Dossier de presse), mai 2013
  35. Communiqué CLCV : Sites de vente en ligne : la reprise gratuite des anciens appareils toujours difficile, mis en ligne 21 mai 2015
  36. a et b News intitulée DEEE ; La reprise gratuite négligée par la vente en ligne, Recyclage-Récupération ; 28 mai 2015, consulté 2015-06-04
  37. Gérard Haas et Stéphane Astier, Guide juridique de l'e-commerce : 7 règles à connaître pour la sécurisation juridique et la valorisation d'un site e-commerce, Saint Herblain, Éd. ENI, , 194 p. (ISBN 978-2-7460-7572-6 et 2746075725, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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